Le patriarcat et la mésempathie : 2 – le sbire et le larbin comme séparation

Quelque soit la couleur de la peau, le comportement sexuel, le sexe, le summum de l’importance pour le sbire ou le larbin est la « pureté ». Le sbire voudra tout en uniforme, le larbin se confondra avec la parfaite concordance à ce qui a été établi par une entité supérieure, l’uniformisation. Attention, cela peut être blanc, noir, ou gris, ou brun : c’est la seule notion de PUR qui importe pour ces gens-là, sbire ou larbin, à laquelle ils se doivent de correspondre pour s’y retrouver (bon… c’est « tautologique, comme dirait Marx du travail, mais c’est une réalité : il leur faut cette image de pur pour souligner la pureté de leurs actes, c’est-à-dire : de ne pas se toucher le gland ou la vulve, tant pour le sbire que pour le larbin, à moins de quelques dissonances qu’on pourrait nommer « pornographiques »), sinon la colère leur monte à la tête et ils se justifient alors de ne pas correspondre à ce à quoi ils ne peuvent pas correspondre par la brutalité envers ce qu’ils ont identifié identique à leur connerie. Ce sont des gens qui se crispent au max parce qu’ils ne peuvent pas admettre qu’ils se trompent sur eux-mêmes. J’y vois encore une preuve à ma thèse selon laquelle plus on ne peut pas l’avoir raide et moins on peut bander, et moins on peut en jouir du plaisir, de sorte que tout ce qui vous montre le plaisir de ce vivre que vous n’acquerrez pas, vous saute à la figure, et intolérant à ce fait qui émane pourtant de vous-mêmes, vous ne pouvez en admettre la présence en autrui qui ne soit pas comme vous : mou. C’est dure de l’avoir molle quand on a face à soi une qui peut à volonté amoureuse devenir effroyablement dure. C’est in-to-lé-ra-ble. Aussi, il ne nous reste plus qu’une solution : tuer, maltraiter, violer, écraser, emprisonner, qui à la matraque, l’autre à coups de lois, l’existence.

Évoquer les dissemblances entre le sbire et le larbin suscite la demande d’en distinguer les contours. J’avais pensé à vous faciliter la tâche en faisant des tableaux ayant en abscisse, une coordonnée, et en axis, une intensité, mais je suis vraiment trop fainéant : je n’ai pas pu… et puis n’y aurait-il pas un surfait dans une telle présentation ? En tout cas, je n’en ai pas fait. Alors, on va procéder à autre chose.

Il s’agit de quoi : il s’agit d’entrevoir un monde qui aurait dépassé le stade patriarcal de la société humaine. Écoutez… si vous ne considérez pas que j’y participe, je comprendrai que vous n’éprouvez pas de plaisir à parcourir ces lignes. Mais, en fait, ce n’est pas grave : je ne changerai pas à moi tout seul le monde, je le sais, et je ne prétends pas détenir la vérité. On ne pourra pas non plus dire que je n’écrits pas par plaisir (ce qui est d’après moi, l’essentiel) et que je ne prouverai pas, par moi-même, ce que j’affirme et désire. Je veux dire : il est évident pour moi que si vous m’approuvez (si vous approuvez que la sexualité satisfaisante est un critère de qualité de la vie qui a été trop longtemps omis et qu’il faut lui donner la vigueur nécessaire pour une déploiement optimal) ma manière de faire (alors que j’ai le droit humain de pouvoir le faire, de me parfaire dans la manière de m’exprimer (et qui ne me permet pas, hélas, de pouvoir toujours me faire entendre)), tout cela ne prend sur moi de devoir supporter toutes ces injonctions, et partant, de me suicider : j’ai le droit de vivre et d’exister, comme tout un chacun (de près comme de loin, cette tolérance doit être « tolérante », sinon elle n’est rien)).

La complexité de loin décelable d’une différence entre un sbire et un larbin, s’évapore à mesure de la chaleur que nous avons de ne vivre plus des mirages. Et de toutes façons, ce n’est qu’une question de forme qu’ils adoptent dans la violence. Le sbire est de cette forme directe et immédiate : l’arme à l’état matériel ; le larbin vous cassera beaucoup plus les couilles et plus longtemps. L’un la chienlit ce sera les coups, l’autre c’est qu’il vous usera à la longue. En conséquence, le reniement à la vie sera différent : le larbin aura renoncé à la vie par la tête, et le sbire par la queue. Leur abord n’utilise pas la même carte. Comme je l’ai dis tout à l’heure, j’aurais bien voulu faire un tableau de leur correspondance (ou leur différence suivant le remplissage du verre), mais j’y ai renoncé, ma pensée ayant adopté un certain pessimisme sur les solutions que je pouvais apporter à l’humanité : elle est trop diverses pour correspondre à tout le monde. Malgré cette unilatéralité, j’attends aussi que tout le monde me corresponde, car je fais parti de la diversité, et même si j’étais le seul, je prouverais par moi-même l’existence de ce bonheur : la diversité. Ce n’est donc pas un sujet aussi complexe qu’il le parait : le double est une source de joie aux communs dieux pareille, car il est formé de deux uniques.

Je sais bien que j’ai un langage peu accessible, car il demande des efforts tels qu’aucun flic ne pourrait le comprendre. Cela répond à ma paranoïa qui repose sur le fait que je suis continuellement fliqué par la publicité, les flics et les quoi d’autres ??? Je m’aperçois tout à coup que je ne m’en étais jamais aperçu : si j’écrits de manière si complexe, c’est parce que les flics sont fainéants ? Non… ils ne sont pas « fainéants » : ils sont rigides, rigidifiés par le rigide et ce qui est le plus rigide selon eux, c’est le rêve de leur queue qui bande de désir pour la femme qu’ils aiment. Pour palier au trac, ils ont la matrique. Je sais qu’un jour ils vont me baiser la gueule, seulement parce qu’il ne me comprennent pas, qu’ils z’entravent que tchic à c’que j’bave. Vous savez… c’est comme dans le livre ôtant d’un air de fiction le gars qui lit un roman révolutionnaire et, de l’avoir lu, tombe dans le camp adverse. Panique abord ! Parce qu’ils ne me comprennent pas, j’ai quelque fois l’impression qu’ils vont me crucifier ! T’imagine? la crucifixion ? Ils en seraient capables, les bougres, le sbire avec son marteau et le larbin avec sa bénédiction ! Hegel a théorisé le maître et l’esclave, étant chacun le pan d’une vallée ; moi, j’ai théorisé sur le sbire et le larbin, comme chacun la calamité de cette vallée (la droite la gauche, comme ils disent). Dans le contexte actuel, cela peut s’indigéner, mais… je n’arrive pas à me défaire de cette maladie qui me fait voir comme tout observé et un brin voyeur à la fois. Et, surtout, c’est que je ne sais pas où j’ai chopé cette manie : culpabiliser de manière pré-antalgique. C’est aussi une idée complexe, mais ne vous fiez pas… elle n’est encore pas si complexe que ça ! C’est quoi le problème ? J’ai peur des flics, des beaux-penseurs, de ceux qui ne vont rien comprendre (ça… c’est bête), j’ai peur de leur prison. J’ai été emprisonné deux semaines, en semi liberté 12/12. Puis j’ai passé une nuit en garde-à-vue, c’est quasiment dégueulasse, une autre fois pareil ; et je connais leur pouvoir.

Mais prétendre que j’écris de cette manière parce que les flics sont cons, c’est un peu faible, non ? Non, j’écris parce que je jouis d’écrire, je jubile à la bonne idée, j’éclate de rire au bon mot, j’aime naviguer entre les rochers, avec ou à l’encontre du courant, avec le vent et mon amusement. Mais j’essaye aussi d’être sérieux, de dire des choses profondes à hauteur d’eau de dix centimètres pour ne pas ME noyer, non… j’écris parce que j’aime écrire, matérialiser mes idées sur un support en me servant de l’écriture, parce que j’y prends plaisir, aussi. Ô combien jalousé-je la puissance d’Isidore Ducasse ! Combien aurais-je (selon ce que j’en ai compris, mais je n’en suis pas si sûr) voulu de filles m’enlacer de leur chaleur à la fois !

J’ai l’impression de soulever une telle charge émotive chez le sbire comme chez le larbin, que je me demande de quelle manière ils vont s’y prendre pour me la retourner, compressée à dix pour un, de sorte que j’en meurs écrasé. Ils ne savent pas que je soulève en eux une telle charge… ils ont perdu leurs émotions, comme peuvent-ils s’en rendre compte ? Comme il faut des sons au mot, il faut des émotions aux charges (dès qu’elles existent, les émotions ont une charge, sinon on ne s’en apercevrait pas). Et avoir une charge sans émotions, sans mots, c’est de la dynamite écervelée. Il se crée une transe où la raison n’a plus de maître ou de dieu et on est à la merci de toutes leurs transgressions. Ils ne comprennent pas leur charge émotive, mais ils savent et sentent qu’elle demande à bouger, à frétiller, peut-être même à baiser. C’est difficilement tolérable, car alors on serait obligé de remettre en cause sa propre dépendance à la liberté muselée. Et conquérir cette liberté « libre » pour la conquérir, l’avoir sous ses mains, palpitante comme un cœur de dragon, impliquerait que vous renonciez totalement au mode de vie que vous aviez jusque là adopté. Je conçois que la décision est difficile à prendre, elle contient comme quelque chose d’irrémédiable en elle. Il faut savoir que la fin de l’aventure est décevante, mais que l’aventure, elle, elle est passionnante.

 

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