Axe rouge

(chanson)

Si le temps est comme l’eau qui coule
Autour de tes seins un amant qui glisse
De ses vagues caresses qui soulent
Du plaisir céleste dans ton corps s’immisce

Refrain
Balance ton dos qui bouge
Sur l’axe qui danse de ton plaisir
Émeut le mouv’ment rouge
Jusqu’à la perte de nos désirs !

Si le sang comme la chair abonde
Autour de tes reins un amant s’esquisse
Dont tu vas vagabonder de l’onde
Et vivace de ton entre-cuisse

Refrain

Tes baisers sur mes lèvres brûlent
Et ma bouche de ta chaleur captive
Les fesses de ton bassin ondulent
Où mélange la sève de nos salives

Refrain

Avec toi d’être un homme s’annule
Du conjoint des forces reste-t-il la trace ?
Ta peau est comme un crépuscule
L’horizon se lève et le jour s’efface

Refrain, refrain

le 16 novembre 2017

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Le patriarcat comme astreinte à l’inadaptation

Je pense que Marie-Madeleine, tenant dans sa main droite le pesant des couilles du Christ et de sa main gauche la hampe de sa verge, ses lèvres chaudes posées sur son gland ardent, devait être proche du paradis ; et la vulve et le vagin accueillant de cyprine, prête à se mélanger à lui, sachant que l’orgasme de son compagnon – qui se donne en totalité au plaisir qu’il ressent de ce mélange de la vie – attentif au crescendo des frottements réciproques, est proche du Saint-Esprit, lui qui est l’intégrité du Père.

La position même de la femme implique qu’elle doit être en transe pour pouvoir profiter de sa relation à l’homme ; sinon « ça peut pas l’faire ». Une des distinctions du patriarcat, est qu’il lui empêche cette transe à la fois par le viol et par l’obligation : la femme n’a ni le choix ni le temps ni l’opportunité d’être en transe… et il ne serait pas loin que le patriarcat refuse qu’elle entre en transe dans sa relation amoureuse, y perdant ce qu’il nomme son pouvoir : le viol d’autrui. Je regardais un graffiti d’une fille qui montre une fille, et c’est beau. Hébé, un mec est passé par là, et a graffé un sexe masculin au niveau de sa bouche et a marqué : « Suce ! ». C’est totalement idiot : le mec veut imposer à la femme un désir, non pas qu’elle refuserait, mais qu’elle refusera à lui, car il est violent et il se l’impose à nouveau par la violence. Il est interdit dans la compression de son propre désir qui se manifeste alors comme viol parce qu’il est interdit du désir de fondre avec l’autre et ne parvient qu’à violer ainsi celui de la femme.

Ce qu’il m’est difficile d’exprimer est que le désir de la femme est son acceptation de s’adapter comme immédiateté, car c’est dans cette immédiateté qu’elle retrouve l’affirmation de son plaisir, comme transe. Il ne peut y avoir d’amour sans transe : l’amour est une transe qui permet la jonction des désirs, leur affirmation et le plaisir qu’on a de les réaliser ensemble, produit commun (communion) décidé de manière commune d’une relation altruiste. La morale – qui sera toujours ici patriarcale – consiste à empêcher la transe amoureuse, de deux manières : la masculine et la féminine. Car la transe amoureuse est spécifique à chacun des deux sexes ; elle a des points communs, certes, mais elle contient une spécificité pour chacun d’eux, spécificité qui est organique, sexuée. La participation au temps y est un rien différente.

J’ai rencontré une fois une psychothérapeute reconnue et renommée qui posait la question du dimorphisme sexuel comme une aberration culturelle : selon elle, la femme serait plus petite, chenue, etc. à cause de la culture patriarcale. Il y a du vrai puisque qu’effectivement, dans le monde, la fille est moins bien nourrie, reçoit moins de bons-soins, etc. (et plus la culture est patriarcale, et davantage elle est spoliée de l’égalité de traitement à cause de son sexe), à ceci près qu’aujourd’hui, les filles reçoivent les mêmes soins, à peu de choses près, que les garçons, et que le dimorphisme sexuel persiste : si les garçons sont plus frêles, c’est parce qu’ils exécutent des tâches bien moins pénibles imposées par le travail qu’il y a un demi siècle, mais les filles ne sont pas plus fortes ! Entraînez dans une musculoserie une femme et un homme possédant une charpente identique (si vous en trouvez) aussi bien nourris d’hormones et de stéroïdes, et ce dimorphisme paraîtra toujours.

Il y a une spécificité sexuelle et c’est bien celle-ci qui donne l’attrait des apparences. J’insiste sur ce fait parce qu’on irait dénier ces apparences en les donnant comme conclusion physique à une morale sexuelle. Non, là où cette morale sexuelle exerce ses prérogatives, c’est dans la forme du « Non ! » de la rencontre, non pas de ce « non » qu’on dit à l’autre en refus, mais de celui, excédentaire, que l’on dit à sa propre aptitude à la transe de la relation sexuée, de ce « non » qui est le mot qui désigne qu’on refuse cette transe, de vous laisser envahir par le partage de cette transe, selon votre goût sensé libre.

La plupart des maladies psychiques, qui ne sont pour moi que des maladies affectives (de transe, donc) ne sont que des transes qui ont cessé de s’orienter vers la satisfaction paire pour ne plus s’occuper que de ce que la personne en transe considère comme UNE satisfaction : violer autrui ne donne pas cette satisfaction du mélange des transes amoureuses partagées. On sait que le trauma réside dans la négation de la négation de la personne (et c’est le viol), c’est-à-dire dans, à la fois l’impossibilité de pouvoir se mettre librement en transe pour partager (comme pré-disposition grégaire, sociale), de se voir refusé de pouvoir de se mettre en transe pour partager (comme individualité pensante, aimante et partageuse), de se voir imposé ou imposée de subir la transe malade d’autrui qui ne veut pas vous voir, vous, mais ne voit que son objet, UN objet de SA transe (comme dans le choix d’une marchandise !) poussé par la force de la sexuation poussée à un tel extrême qu’elle vous porte dans cette transe sexuée qui dépasse l’entendement car cette puissance qui obnubile l’entendement et, le consentement d’autrui et l’existence même d’autrui, est ici dans une puissance telle qu’elle obnubile, met en transe destructrice (comme un CRS qui trouve normal de frapper ses congénères, il a même signé un contrat d’argent et suivi une formation dans ce but).

On voit donc qu’il y a bien une transe partagée (on pourrait dire constructrice) et une autre non-partagée, destructrice.

Mais les deux points qui font la spécificité sexuelle ne sont pas ici. On dit par exemple que la femme a le pouvoir d’avoir plusieurs orgasmes… pourquoi pas ? Que son clitoris est 100 fois plus innervé que le pénis ! Heureusement ! imaginez un pénis aussi innervé qu’un clitoris et tentez d’éviter que le temps de frottement soit trop court pour satisfaire les DEUX sexes ! Il y a donc une équité physiologique quelque part comme moyen de rencontre des deux sexes. Ce sera dans le « Oui ! » que se résumera la jonction des plaisirs. Et j’ai peut-être quelque chose à dire à ce sujet.

Le plus étonnant est qu’avec des moyens totalement différents, cette jonction des plaisirs s’effectue dans l’exacte mesure de ce « Oui ! »; Que ce »Oui ! » soit absent (et il n’est pas un « Non ! ») et change la qualité du plaisir commun, de la communion. Avec DEUX sexes totalement différents, une jonction des plaisirs est possible, vécue quotidiennement, et renouvelée au bon vouloir des participants et sous des formes finalement assez variées ! Non… je ne tombe pas des nues… car, ne soyons pas innocents, cette jonction est bien rare dans ce monde (en gros 4 % des participants, guère plus) et les rires moqueurs peu tendres, à la mesure de la nostalgie de tels moments, et des grincements de dents aussi audibles que les difficultés que cela engendre dans la vie quotidienne, essentiellement organisée autour de cet antidote qu’est le travail.

Cette jonction ne peut s’opérer que dans une transe et, je le répète, l’objet du patriarcat est de l’empêchée par deux moyens : empêcher les possibilités d’entrer dans cette transe de sorte qu’elle soit constructrice de positivité grégaire, et empêcher qu’elle soit possible, sinon que selon ses propres formes qui seront destructrices, c’est-à-dire de transformer les aptitudes grégaires fluides de l’humain en coagulées, en minérales même, en cuirasse caractérielle. De cela, j’en ai déjà touché un mot. Je m’intéresse aujourd’hui à cette aptitude à cette jonction dans la transe amoureuse. D’ailleurs, que le patriarcat réduise tant cette réalisation, elle n’en réussira pas moins à quand même à transsuder de plaisir dans des formes bancales : le plaisir est comme la plante sous le macadam : elle le transperce de sa vitalité.

Dans la société patriarcale, malgré les meilleures dispositions possibles, l’erreur réside dans la manière de saisir cette jonction par l’homme, dans le vécu féminin, dans la transe amoureuse de la femme. Il faut poser d’emblée comme critère restrictif à cette compréhension que le patriarcat ne peut pas comprendre cette transe, non pas seulement parce qu’il y perdrait la source de son pouvoir, mais parce qu’il ne peut caractériellement pas la comprendre : il lui est impossible, structurellement, de comprendre la transe féminine à moins de la dégrader, de la vilipender, de l’écraser, de l’avilir, de la conspuer, de la sorcelliser : elle lui est intolérable, in-to-lé-ra-ble. Et pourtant, elle se vit comme on respire ! À moins d’être sclérosée, la femme la vit comme elle respire, avec les variations afférentes, bien évidemment.

Ce que l’homme patriarcal prend pour un pouvoir sur la femme n’est finalement que cette perception indirecte qu’il a de la jouissance féminine dont il se donne pour maître, alors qu’elle y participe à la mesure de la liberté qu’il lui laisse, et selon les capacités et, les aptitudes et les plaisirs liés à son sexe. Attention, j’ai bien conscience que cela n’est pas du nougat pour tout le monde… je parlais de 4 % tout à l’heure… ici je parlerai d’environ 10 à 15 % de plus, dans ce cas de figure.

C’est que la femme a une prédisposition spécifique à son sexe quant à cette jonction des plaisirs de la rencontre. Et parfois, elle est bien partageuse, en toute grâce et dans la mesure exacte de son acquiescement – cela va mieux en le disant. Mais ce dont je parle maintenant, est cette transformation affective qu’en fait l’homme en tant que prise de pouvoir sur elle (il me faut donner en aparté, le jeu féminin comme miroir de ce soit-disant pouvoir social de l’homme sur la femme, de la femme avec le désir de homme en le séparant du sien pour le lui rendre comme pouvoir. C’est de l’érotisme que j’ai nommé ailleurs « agricole » et qui est de bonne guerre dans de telles conditions : ici, dans le patriarcat, la femme est la dominée, et la latitude que cette situation lui laisse, ne lui laisse guère d’extension que celle qu’elle peut prendre dans un semblable périmètre).

Oui, je peux donner la conclusion à laquelle je suis arrivé dans cette longue étude de notre monde, qui a commencé vers l’âge de trois ans, quand que je me posais la question de l’origine de la source du plaisir de ma mère envers moi. L’entendement qu’en a Freud d’Œdipe nous cloisonne, alors que l’impossibilité de s’accoupler avec sa propre mère (pour un garçon… pour une fille, c’est différent… j’y reviendrai peut-être plus tard) étant d’un naturel si évident que se pose la question de son altérité, sinon que contextuelle, en ce sens où l’impossibilité d’aller voir ailleurs vous est interdite… auquel cas, en tant que féminin, il ne vous reste plus que votre mère… et il va falloir faire avec…. J’en suis rapidement arrivé à constater qu’il y avait en conséquence un contexte d’amour pour sa mère, que celui-ci permettait ceci mais pas cela. Encore que j’ai très tôt ressenti le même amour pour d’autres filles (dès avant un an et demi), et que, de comprendre la frustration éprouvée, demandait un agrandissement de sa propre perception du monde de sorte à voir plus large pour s’élargir (on est alors doté de peu de vocabulaire, comme vous pouvez le constater). Mais la question fondamentale de cet amour du féminin pour le masculin est restée très très très longtemps comme interrogation, car ma mère n’aimait pas mon père, mais ils baisaient ensemble de sorte à pondre et pondre et pondre encore des enfants, les cons. La sexualité avait donc une force bien plus importante et puissante que tout, de sorte que la recherche de satisfaction qui en est susceptiblement issue (outrepassant même les frustrations passées) vous pousse à vous adonner à cette rencontre dont vous n’aurez, finalement, qu’un piètre soulagement de votre demande initiale. Le désir de rencontre contient en soi le désir de satisfaction qui vous fait voir cette rencontre non plus comme un possible de satisfaction, mais toujours comme une satisfaction à renouveler malgré les échecs que vous avez essuyé du sopalin de vos déboires.

La question se pose, inexorablement, de reconnaitre en quoi cela est-il si déplorable ? et en quoi, comment, cela puit-il être que tant de reliquat stationnât sur le parvis alors que vous voulez vous élever dans les ondes célestes, comme des poids indésirables vous retiennent de porter vos pas à l’allégresse de la danse, cette transe qui vous allège de tous vos mots dans le plaisir du mouvement conjoint de la musique (autrui) et vous (avec les autres). La question est là : l’amour et pour qui. C’est cet amour et « pour qui » qui est la clé de la solution : le féminin ne s’y exprimera pas de la même manière que le masculin… cet amour s’en faisant la jonction. La satisfaction est en la corrélation.

L’inter-adaptabilité des sexes passe par ce qu’on nomme « amour », mais cela peut-être le désir d’autrui, c’est tout comme, dans une variabilité de l’intensité du vécu… et je n’en serai pas le juge. Personne ne parle de cette inter-adaptabilité des sexes comme LA source physiologique de l’amour, sinon Michel Odent. La spécificité des transes selon chacun des sexes permet cette jonction des plaisirs qui les augmente en un sens commun dont l’altitude ne demande pas de mesure. C’est le don de soi comme absolu qui en est le mètre et le ressenti réciproque s’égaye comme le souffle d’Éole se joue de ces graines de pissenlit dispersées dans l’espace. Cette inter-adaptabilité des sexes présente des particularités dont je me réserve de parler une autre fois.

Patriarcat : démission de l’empathie

Le régal passe par le don-participation, la communion. Il faut se donner totalement pour que le partenaire jouisse au mieux. Il faut se donner pour qu’elle jouissent. Telle est la formule. C’est ça la fin du patriarcat. Je vais vous expliquer…

La présente retenue de cette espèce de chose de soi qui ne veut rien lâcher, est le patriarcat. Ce n’est pas facile à comprendre, car il faut avoir vécu et ressenti la qualité de la misère de la pingrerie pour s’en faire une image, somme toute, assez proche. Plusieurs pistes se présentent à nous pour comprendre ce phénomène.

Qu’est-ce qui a pu provoquer ce désir d’être si mesquin chez l’homme (est-ce bien lui qui a inventé la valeur des choses ?) ? Parce que finalement, quoi qu’on en dise, c’est présentement celui qui a le pouvoir comme point d’appui à sa mesquinerie. Qu’est-ce qui a pu provoquer chez l’homme le désir d’être mesquin ? Comme il y a un cristal d’initialisation au début d’une explosion, quelque chose doit avoir provoqué cette catastrophe ; et pire, comment cela a-t-il pu se proroger et par quels moyens ? C’est à cause du caractère d’adaptabilité de la femme que l’homme s’est fourvoyé, car il l’a confondu avec ce qu’il pouvait faire d’elle ; c’est une erreur, trouver du régal à se mettre à la disposition du meilleur de toi pour que tu jouisses du meilleur de toi de sorte qu’elle jouisse de toi en entier qui est alors le meilleur (car intègre) est une disposition. Quand l’homme a l’impression qu’il fait ce qu’il veut de la femme, c’est du patriarcat, car il n’est pas assez intelligent pour intégrer que la position de la femme est aussi de jouir de la vie et qu’il doit bien y avoir un moyen pour le faire, sexuellement, avec le deuxième sexe : l’homme, pour elle.

Je dois avouer à mon lectorat que je ne suis pas capable ce soir de décrire ce que j’ai compris de la relation de la femme à l’homme que l’homme ignore bêtement et sexuellement. L’homme ne peut pas comprendre (je suis un homme) ce que vit la femme de son bord sexuel… et je me demande même si les mots existent dans cette société patriarcale qui puissent décrire ce vécu, selon elle. On ne connait aujourd’hui que le point de vue du mec qui est patriarcal, le point de vue masculin. La difficulté c’est que ce point de vue ne peut être le « contraire » de celui qui voit le monde selon le filtre féminin. Un contraire serait un opposé, or, il s’git d’un complémentaire, enfin… de deux complémentaires, à égale distance l’un de l’autre, toujours.

De plus, si nous ne nous représentons que le contraire de ce que l’homme en voit de la femme (c’est-à-dire, ce qu’il en voit présentement qui est cette disposition dans laquelle est aujourd’hui, à la fois vis-à-vis de lui, de la société, et de la vie en général), nous risquerions de perdre beaucoup d’aspects, de poésie féminines, car, à ne la voir que comme une femme mécontente d’éprouver du désir pour l’homme (en ce cas pour son sexe) c’est la dépraver ; et ce point de vue demande certaines corrections sévères vis-à-vis d’une telle oppression. Oui, la femme est sensible à ses sens et détenir un sens aussi proche du corps que le désir, rend réceptive à ce que son filtre d’amour du moment laisse passer. Bien crû, si l’homme veut profiter de la femme, celle-ci doit jouir de (ou trouver profit à) ce profit. A priori, le caractère absolument complémentaire des deux sexes pourrait, avec l’aisance du mélange d’une cyprine et d’une mouillure, induire à la fois les moments opportuns et à la fois les volontés adéquates pour un tel projet (qui consiste, rappelons-le, en un un accueil et une pénétration de sorte que le frottement conjoint, attentif et envoûtant provoque l’orgasme.

De quoi parle-t-on ? On parle de la jouissance réciproque malgré une différence des sexes : il y a une mesure de tout pour que ce phénomène s’opère. L’affect le plus évident est, bien sûr, l’empathie. Mais, la caractéristique de la fille est l’abandon, il ne peut être autrement, sinon il aura toujours une différence de perception entre le vécu et ce que l’on en vit. La caractéristique (punaise, j’ai cherché deux références de poids sur ce thème et ne les ai pas retrouvées….), c’est l’adaptabilité non pas comme source immédiate de jouissance, mais comme immédiateté-même de cette jouissance. Il faut pour cela une concordance, une harmonie des sens, qui induiront celle des gestes. Lorsque l’homme est jaloux de la jouissance de la femme jusqu’à la torturer, c’est qu’il lui jalouse son pouvoir de transe : d’être là, dans le moment, en toute puissance d’être. Nous en avons une exemplarité dans l’accouchement où loin de la protéger, de lui donner le sentiment de protection qui lui assure celui de la confiance en soi, nous l’éclairons de lumières vives, de bruits idiots et d’anti-odeurs sceptiques pour perturber, détériorer, médicaliser cette transe.

La haine de la transe s’est focalisée sur la femme, bien évidemment parce qu’elle s’y adonne comme de naturel, mais aussi parce que l’homme a perdu la capacité (qui est une qualité !) de se perdre, il ne peut pas se perdre ; il ne veut rien perdre, ni sa maîtrise ni celle qu’il a de l’autre. L’homme déteste la transe car il n’y maîtrise plus rien (alors qu’il est de toutes façons en transe en la refusant, que ce soit temporairement ou épisodiquement dans une crise de névrose ou continuellement dans le psychotisme). L’homme doit ré-apprendre à se perdre, sans contrepartie, sans réciprocité, sans retenue, sans même y penser ! Toute cette satanée d’énergie cérébrale qui gonfle son cerveau à lui demander d’écarter ses barreaux, provient de cette retenue, sans considération pour son environnement. Le sentiment de cloisonnement réfléchit en fausse couleur la liberté qu’il refuse de fondre de la chaleur de ses amours immédiats. Se donner et se perdre revient pour lui à une pseudo « perte de liberté » dont le pendant n’est que cette énergie qu’il refuse de perdre : il vit dans le refus d’un miroir ce qu’il craint de vivre en vrai. Il emprisonne, il enclot. Mais, il faut le dire, c’est le phénomène même de la cuirasse caractérielle ! dont la femme est dotée en correspondance, mais cette fois-ci, en contraire à ce que devrait être le non-patriarcat, alors qu’il demeure sous ses formes les plus charnelles : l’adaptabilité est une matière malléable, comme tout autre affect.

Tout cela dans le but de déniaiser le type : le sexe existe (et sous deux formes) qui cherche à se réunir (et selon deux formes) dans la prédisposition positive de jouir l’un de l’autre. S’il en est autrement, hébé, il faut réfléchir et pour réfléchir, il faut arrêter de travailler, et comme on arrêtera de travailler on cessera tout autant de perdurer le patriarcat sous cet aspect : le travail…. ce qui nous laissera du temps pour le vaste champ du reste qui doit être en proportion superficielle aussi intéressant ! On peut discuter, oui, mais cela n’apportera pas grand chose : il faut pratiquer le coït pour en connaitre la valeur… et je pèse le mot : la VALEUR, ce qui manque à tous et qu’on retrouve dans les objets.

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Il y a indubitablement un intérêt à savoir ou connaître le moment de l’institution de la valeur objectale, comme antagoniste, ennemie même, de la valeur fluide.

Selon moi, il y a donc deux valeurs : la fluide et l’objectale (ou minéralisée). L’objectale se reflète dans les objets jusqu’à leur donner une âme qui en fait des fétiches : ce qui était directement vécu, c’est changé en une représentation. La valeur fluide, en fait, n’existe pas : elle vit le cours de ses événements, sans contrepartie, sans réciprocité, sans retenue, sans même y penser ! en pure perte, mais comme émotion, aussi.

Comme actualité, aujourd’hui on s’entiche pour de « l’intelligence artificielle », c’est-à-dire : minéralisée (donc, totalement dépourvue de l’aptitude à l’émotion !), et on voudrait résoudre des problèmes humains, organiques, avec cette sorte d’outil ?

C’est son contenu (le vécu immédiat) qui en donne la consistance, sa qualité et sa quantité ne fait que confirme cette qualité ; dans la valeur minéralisée, le contenu contient la valeur sous forme de quantité et c’est cette quantité qui en donne la qualité. Ici nous avons un mouvement, là un minéral. Donc, à quel moment et pour quel prétexte la qualité de la valeur s’est-elle changer en quantité ?

Les conditions matérielles peuvent être décrites : pas de frigo, pas de radio, par de nucléaire, pas d’avion, de moteur à énergie fossile, on peut se demander s’il y avait un désir d’exploiter quelque chose… Si cela s’est passé peu après ce désir d’exploiter autrui,… pour quel profit « autoritaire » ? On fait fausse route.

Une allée se montre dans cette hypothèse selon laquelle ce serait un coup porté à l’adaptabilité féminine qui produit une telle altération que le ressenti masculin aurait demandé une retenue. À poser chacune de ces positions sur le plateau de l’équité, le fléau restera vertical. Si on demande un point d’origine à cette affaire, ce n’est pas de cette manière qu’il faut procéder : il doit y avoir un gagnant et il doit y avoir un perdant. Mais, précisément, cette notion de « perdant-gagnant » n’est-elle pas une spécificité du patriarcat, auquel cas, la donnée de base est imparfaite : s’il manque l’une, il manque l’autre. Or la perte n’est considéré dans le patriarcat que selon le côté de la femme (à moins d’une apparence), alors que c’est elle qui prend la majorité des coups. Ce serait donc le mec qui serait jaloux de ne pouvoir pas se perdre qui provoquerait cette retenue en tout, par tout et surtout sur tout. Mais cela ne me donne pas le cristal initial : comment, où et quand cela s’est-il passé ?

Nous n’avions alors que :
– la poterie, l’arc et la flèche, l’aiguille et le fil ;
– la confection du pain, du fromage et de la bière ;
– le tissu au moins comme décoration ;
– le jardinage et le bâton fouisseur ;
– pas d’araire ni autre charrue ;
– pas de traction animale et
– l’élevage des animaux.

Moi, j’ai pensé qu’il y a eu le mouvement conjoint de deux événements
– la mise en enclos d’animaux et d’abord femelles ;
– la mise en enclos d’animaux.

Lassé de voir « ses » animaux se faire la malle, le gugus’ a imaginé une solution qui consistait à les enfermer dans un enclos. a) Bien sûr comme il ne s’agissait que de profiter de la fertilité des femelles, il n’a d’abord été enfermées que des femelles. Mais on a constaté subitement qu’elles ne mettaient plus bas (où est le profit ?). On s’est demandé pourquoi… Un mouvement fortuit ? une décision ? quoiqu’il en soit, un mâle s’est retrouvé dans le parc des femelles… et cinq mois plus tard, on a bien constaté qu’Éole n’y avait été pour rien : il y a une cause à l’effet : le mâle a dû monter la femme pour qu’elle soit grosse…. [on n’avait pas pensé alors que les femelles pouvaient désirer le mâle, en souligné du plaisir]. Mais, en plus, b) il a PU imaginer le fait de construire un enclos et de sursoir à la liberté (de ne l’avoir pas à ; de me dire que je suis libre de l’être ; de me soustraire à l’avis de l’autre ; d’avoir perdu l’empathie contre son gré – on peut peut-être pensé qu’il avait tellement faim que le déplaisir de n’avoir rien à se mettre sous la dent, lui avait tressé l’idée de les empêcher de s’enfuir –; de le construire. Alors qu’alors l’homme était libre de se déplacer selon son bon vouloir (ce qui ne soustrait pas une certaine obligation qui suit celle de suivre le cours du mouvement et conséquemment son côté éphémère)) et, tout à coup, une chaîne s’est matérialisée dans la sédentarité. Cyniquement, on pourrait dire qu’on se rit de la sédentarité en riant d’elle.

C’est le fait de se savoir prisonnier de l’endroit dont on se sent tributaire qui vous rend coupable de la perte de votre propre liberté. Ce fait permet, inductivement, de vous permettre d’enclore « votre » bétail. L’idée est là.

Est-ce à ce moment où l’homme a vendu sa liberté pour de la sédentarité (on comprend qu’il s’agit ici d’une identité d’étude) qu’il a aussi inventé l’esclave initiale : la femme ? Le reste se dévidant à mesure que la pelote roule. Et donc, on est aujourd’hui et c’est c’est de lui dont il faut s’occuper. L’inversion des valeurs est celle-ci : « Il faut trouver la jonction (qui n’est pas véritablement importante) entre la vertu et l’absence de prise de risque (ce n’est pas véritablement important, parce qu’on peut se passer de cette connaissance pour modifier le présent) ». Mais je suis un homme beaucoup plus terre à terre : qu’est-ce qui a été modifié dans l’érotisme entre le paléolithique et le néolithique. L’érotisme c’est la relation entre deux personnes dont le résultat est l’excitation sexuelle reconnue et dont l’acceptation reste quelque fois à discuter.

C’est quoi l’autre et comment peut-on en jouir sans attenter à sa liberté ? En tous les cas, nous en possédons tous les moyens, dont l’amour. Dans ceux qu’on mettrait en commun, certains sans doutes trouveraient quelque part ou ailleurs une correspondance : grégaire, l’humain l’est et ne peut l’être pas.

Ce dont je parlais précédemment, c’était la relation entre les murs et l’encloisonnement. C’est quoi une sédentarisation ? C’est la construction d’une « maison » : qu’elle soit ronde verte ou en contre-bas, elle est immobile et donne l’aspect du pérenne parce qu’elle a des murs et les murs, c’est dur.

[J’ai tellement envie de bonheur que je serais de près prêt à croire en dieu si je le rencontrais] Bon, ce n’est pas parce que je ne le rencontre pas qu’il n’existe pas, je suis d’accord, mais alors… quid de dieu ? Quand je lisais les Grecs, petit, je me demandais pourquoi ils ne pensaient pas à répondre à leur question par l’existence, par le simple fait d’exister… pourquoi chercher plus loin ? Eux, ce plus loin, ça leur plaisait, mais moi ça me barbait sérieux : c’est tellement plus facile (maintenant je m’en rend compte) de jouir que ne de n’en rien faire, de l’existence. Je vais pas en faire un plat.

Je vois bien que je n’apporte pas de réponse à ma question : saurais-je un jour décrire la naissance du malheur humain ? Pour le moins, je tourne bien autour. Je n’apporte pas non plus de solution à savoir ce qu’il faut faire, sinon que quelques bribes d’idées que j’ai éparpillées ici et là dans cette longue étude sur le patriarcat. La toute première est la culture de l’empathie : cet affect doit devenir un arbre aussi gigantesque que la gaine de séquoia… qui pousse en forêt, en chacun de nous et selon soi. Quand elle est malade, on doit apprendre à soigner l’empathie, comme on soigne un bobo. C’est un changement de paradigme qui peut s’opérer en deux ou trois générations si on s’y prend dès avant la naissance, et pour la mère et pour le nouveau-né : comme on change de laine, on ne tricote pas le même pull. Si, en trois générations, 90 % des prisons ont été fermées, c’est que le plan est le bon !

Le patriarcat et la mésempathie : 2 – le sbire et le larbin comme séparation

Quelque soit la couleur de la peau, le comportement sexuel, le sexe, le summum de l’importance pour le sbire ou le larbin est la « pureté ». Le sbire voudra tout en uniforme, le larbin se confondra avec la parfaite concordance à ce qui a été établi par une entité supérieure, l’uniformisation. Attention, cela peut être blanc, noir, ou gris, ou brun : c’est la seule notion de PUR qui importe pour ces gens-là, sbire ou larbin, à laquelle ils se doivent de correspondre pour s’y retrouver (bon… c’est « tautologique, comme dirait Marx du travail, mais c’est une réalité : il leur faut cette image de pur pour souligner la pureté de leurs actes, c’est-à-dire : de ne pas se toucher le gland ou la vulve, tant pour le sbire que pour le larbin, à moins de quelques dissonances qu’on pourrait nommer « pornographiques »), sinon la colère leur monte à la tête et ils se justifient alors de ne pas correspondre à ce à quoi ils ne peuvent pas correspondre par la brutalité envers ce qu’ils ont identifié identique à leur connerie. Ce sont des gens qui se crispent au max parce qu’ils ne peuvent pas admettre qu’ils se trompent sur eux-mêmes. J’y vois encore une preuve à ma thèse selon laquelle plus on ne peut pas l’avoir raide et moins on peut bander, et moins on peut en jouir du plaisir, de sorte que tout ce qui vous montre le plaisir de ce vivre que vous n’acquerrez pas, vous saute à la figure, et intolérant à ce fait qui émane pourtant de vous-mêmes, vous ne pouvez en admettre la présence en autrui qui ne soit pas comme vous : mou. C’est dure de l’avoir molle quand on a face à soi une qui peut à volonté amoureuse devenir effroyablement dure. C’est in-to-lé-ra-ble. Aussi, il ne nous reste plus qu’une solution : tuer, maltraiter, violer, écraser, emprisonner, qui à la matraque, l’autre à coups de lois, l’existence.

Évoquer les dissemblances entre le sbire et le larbin suscite la demande d’en distinguer les contours. J’avais pensé à vous faciliter la tâche en faisant des tableaux ayant en abscisse, une coordonnée, et en axis, une intensité, mais je suis vraiment trop fainéant : je n’ai pas pu… et puis n’y aurait-il pas un surfait dans une telle présentation ? En tout cas, je n’en ai pas fait. Alors, on va procéder à autre chose.

Il s’agit de quoi : il s’agit d’entrevoir un monde qui aurait dépassé le stade patriarcal de la société humaine. Écoutez… si vous ne considérez pas que j’y participe, je comprendrai que vous n’éprouvez pas de plaisir à parcourir ces lignes. Mais, en fait, ce n’est pas grave : je ne changerai pas à moi tout seul le monde, je le sais, et je ne prétends pas détenir la vérité. On ne pourra pas non plus dire que je n’écrits pas par plaisir (ce qui est d’après moi, l’essentiel) et que je ne prouverai pas, par moi-même, ce que j’affirme et désire. Je veux dire : il est évident pour moi que si vous m’approuvez (si vous approuvez que la sexualité satisfaisante est un critère de qualité de la vie qui a été trop longtemps omis et qu’il faut lui donner la vigueur nécessaire pour une déploiement optimal) ma manière de faire (alors que j’ai le droit humain de pouvoir le faire, de me parfaire dans la manière de m’exprimer (et qui ne me permet pas, hélas, de pouvoir toujours me faire entendre)), tout cela ne prend sur moi de devoir supporter toutes ces injonctions, et partant, de me suicider : j’ai le droit de vivre et d’exister, comme tout un chacun (de près comme de loin, cette tolérance doit être « tolérante », sinon elle n’est rien)).

La complexité de loin décelable d’une différence entre un sbire et un larbin, s’évapore à mesure de la chaleur que nous avons de ne vivre plus des mirages. Et de toutes façons, ce n’est qu’une question de forme qu’ils adoptent dans la violence. Le sbire est de cette forme directe et immédiate : l’arme à l’état matériel ; le larbin vous cassera beaucoup plus les couilles et plus longtemps. L’un la chienlit ce sera les coups, l’autre c’est qu’il vous usera à la longue. En conséquence, le reniement à la vie sera différent : le larbin aura renoncé à la vie par la tête, et le sbire par la queue. Leur abord n’utilise pas la même carte. Comme je l’ai dis tout à l’heure, j’aurais bien voulu faire un tableau de leur correspondance (ou leur différence suivant le remplissage du verre), mais j’y ai renoncé, ma pensée ayant adopté un certain pessimisme sur les solutions que je pouvais apporter à l’humanité : elle est trop diverses pour correspondre à tout le monde. Malgré cette unilatéralité, j’attends aussi que tout le monde me corresponde, car je fais parti de la diversité, et même si j’étais le seul, je prouverais par moi-même l’existence de ce bonheur : la diversité. Ce n’est donc pas un sujet aussi complexe qu’il le parait : le double est une source de joie aux communs dieux pareille, car il est formé de deux uniques.

Je sais bien que j’ai un langage peu accessible, car il demande des efforts tels qu’aucun flic ne pourrait le comprendre. Cela répond à ma paranoïa qui repose sur le fait que je suis continuellement fliqué par la publicité, les flics et les quoi d’autres ??? Je m’aperçois tout à coup que je ne m’en étais jamais aperçu : si j’écrits de manière si complexe, c’est parce que les flics sont fainéants ? Non… ils ne sont pas « fainéants » : ils sont rigides, rigidifiés par le rigide et ce qui est le plus rigide selon eux, c’est le rêve de leur queue qui bande de désir pour la femme qu’ils aiment. Pour palier au trac, ils ont la matrique. Je sais qu’un jour ils vont me baiser la gueule, seulement parce qu’il ne me comprennent pas, qu’ils z’entravent que tchic à c’que j’bave. Vous savez… c’est comme dans le livre ôtant d’un air de fiction le gars qui lit un roman révolutionnaire et, de l’avoir lu, tombe dans le camp adverse. Panique abord ! Parce qu’ils ne me comprennent pas, j’ai quelque fois l’impression qu’ils vont me crucifier ! T’imagine? la crucifixion ? Ils en seraient capables, les bougres, le sbire avec son marteau et le larbin avec sa bénédiction ! Hegel a théorisé le maître et l’esclave, étant chacun le pan d’une vallée ; moi, j’ai théorisé sur le sbire et le larbin, comme chacun la calamité de cette vallée (la droite la gauche, comme ils disent). Dans le contexte actuel, cela peut s’indigéner, mais… je n’arrive pas à me défaire de cette maladie qui me fait voir comme tout observé et un brin voyeur à la fois. Et, surtout, c’est que je ne sais pas où j’ai chopé cette manie : culpabiliser de manière pré-antalgique. C’est aussi une idée complexe, mais ne vous fiez pas… elle n’est encore pas si complexe que ça ! C’est quoi le problème ? J’ai peur des flics, des beaux-penseurs, de ceux qui ne vont rien comprendre (ça… c’est bête), j’ai peur de leur prison. J’ai été emprisonné deux semaines, en semi liberté 12/12. Puis j’ai passé une nuit en garde-à-vue, c’est quasiment dégueulasse, une autre fois pareil ; et je connais leur pouvoir.

Mais prétendre que j’écris de cette manière parce que les flics sont cons, c’est un peu faible, non ? Non, j’écris parce que je jouis d’écrire, je jubile à la bonne idée, j’éclate de rire au bon mot, j’aime naviguer entre les rochers, avec ou à l’encontre du courant, avec le vent et mon amusement. Mais j’essaye aussi d’être sérieux, de dire des choses profondes à hauteur d’eau de dix centimètres pour ne pas ME noyer, non… j’écris parce que j’aime écrire, matérialiser mes idées sur un support en me servant de l’écriture, parce que j’y prends plaisir, aussi. Ô combien jalousé-je la puissance d’Isidore Ducasse ! Combien aurais-je (selon ce que j’en ai compris, mais je n’en suis pas si sûr) voulu de filles m’enlacer de leur chaleur à la fois !

J’ai l’impression de soulever une telle charge émotive chez le sbire comme chez le larbin, que je me demande de quelle manière ils vont s’y prendre pour me la retourner, compressée à dix pour un, de sorte que j’en meurs écrasé. Ils ne savent pas que je soulève en eux une telle charge… ils ont perdu leurs émotions, comme peuvent-ils s’en rendre compte ? Comme il faut des sons au mot, il faut des émotions aux charges (dès qu’elles existent, les émotions ont une charge, sinon on ne s’en apercevrait pas). Et avoir une charge sans émotions, sans mots, c’est de la dynamite écervelée. Il se crée une transe où la raison n’a plus de maître ou de dieu et on est à la merci de toutes leurs transgressions. Ils ne comprennent pas leur charge émotive, mais ils savent et sentent qu’elle demande à bouger, à frétiller, peut-être même à baiser. C’est difficilement tolérable, car alors on serait obligé de remettre en cause sa propre dépendance à la liberté muselée. Et conquérir cette liberté « libre » pour la conquérir, l’avoir sous ses mains, palpitante comme un cœur de dragon, impliquerait que vous renonciez totalement au mode de vie que vous aviez jusque là adopté. Je conçois que la décision est difficile à prendre, elle contient comme quelque chose d’irrémédiable en elle. Il faut savoir que la fin de l’aventure est décevante, mais que l’aventure, elle, elle est passionnante.

 

Le patriarcat et la mésempathie : 1 – le sbire et le larbin comme opérande

La société patriarcale est organisée selon le modèle suivant : il y a d’abord le chef qui délègue une partie de ses pouvoirs parfois à des sous-chefs ; il y a des sbires, avec un sous-chef spécial ; il y a des larbins, eux aussi avec un spécial sous-chef ; et les autres, dont les femmes et les enfants, que cette société cherche à rendre larbins ou sbires ou des riens-sociaux, bons au travail. Je parlerai plus tard du chef pour me consacrer aujourd’hui au sbire et au larbin.

Ils ont chacun la peur spécifique qu’ils retrouvent cachée derrière leur chef. Comme je l’ai déjà dit, le chef sert à cacher la peur de vivre (quand j’emploie ce mot « vivre » je ne l’utilise pas dans leur sens, bien sûr, mais dans quelque chose de beaucoup plus vaste, enivrant et généreux) qu’ils éprouvent chacun à sa manière et en conséquence la manière dont chacun va se protéger de cette peur selon ses prédispositions. Le sbire sera plutôt dans la violence physique, tandis que le larbin sera dans la violence « psychique » en ce sens où le moyen qu’il emploiera relèvera plus des « lois », de la bureaucratie que des fusils et de la tonfa. Mais tous deux, formant des « ordres », obéissent à des ordres. Ce qui distingue le sbire du larbin est la forme de leur violence.

Dans l’usage spécifiques que chacun d’eux fait de la violence, ils sont difficilement interchangeables, chacun ayant sa caractéristique, une sorte d’application de soi à une œuvre plus générale, plus grandiose que eux où s’annihile le sentiment qu’ils ont de leur petitesse. Ils ont vraiment, même lors de massacres, de tortures, d’emprisonnements, l’impression de participer à une œuvre grandiose, dont le chef est la boussolle et leur indique de la voix, en vociférant, la voie de la liberté qui mène à la défense de la patrie, de la famille, du travail, du chef. La gradation du visible des insidieux passe des « chemises brunes » aux anarchistes chez qui, plus on est chef et moins on affirme l’être ; il y a seulement que chacun se revendique, autant larbin que sbire, pour sa cause et que chacun est radieux de pouvoir varié les menus de ses dispositions, en considérant que la calomnie est, dans un milieu guindé ou libertaire, toujours la plus sinueuse.

Ne l’oublions pas, être sbire ou larbin correspond à une tentative de domination des affres éprouvées devant la femme, de la sexualité, et de cette terreur ressentie face à la joie de l’enfant joyeux ; sans s’avouer être empreint de cette peur qui colore pourtant l’ensemble de vos relations sociales. Des petits bonhommes (auxquels se sont mélangés dernièrement, à cause de l’égalité de l’aliénation des sexes, des femmes) bien rangés, en lignes et marchant au pas devant une tribune, ont une disposition caractérielle spécifique, formée de résignation, d’obéissance, d’impuissance et de ces « sentiments » contraires où le clinquant de l’uniforme et des médailles se compense dans le rutile des éclats d’une colère d’être réduits à ces mécaniques. Au cours de tels moments sociaux, on ne verra pas une gamine courir après un gamin ou une autre gamine : ça ferait « désordre » et un solo de batterie porterait des dissonances dans la concordance des pas.

Le larbin est souvent un spectateur puisque c’est le cul posé qu’il sent sa puissance. Mais il court parfois, comme un journaliste ou l’amuseur public. Les journalistes sont de la même famille que les prêtres, imams et autres rabbins, tous tenanciers d’une « bonne parole » qui leur vient (je vous le donne en mille) bien sûr d’en haut, d’un patriarche, ou d’un chef de parti.

Le sbire et le larbin travaillent… oui certes, mais avec quelques avantages, maigres, qui les différencient des autres riens-travailleurs : ils sont du côté du chef, sur le versant de la montée qui mène au chef. C’est important pour le moral. On voit, par exemple, souvent en ce moment, des sbires qui se rebellent contre le chef (en fait, ils essayent de lui faire ressentir la peur de se sentir seul face à la foule) pour obtenir d’autres avantages, c’est-à-dire d’autres impunités dans leur boulot de sbire que des larbins veulent cloisonner dans une rigueur démocratique : ils veulent être autonomes dans leur activité, car eux aussi ont la responsabilité de la bonne marche de cette organisation sociale. Si le chef, par l’intermédiaire des larbins (des lois) leur empêche l’exécution de leur activité telle que eux l’entendent, hébé… ils manifestent un mécontentement et ils font grève ! Grève de la police, pas mal non ? Ils déposent les armes… mais pas trop loin : ils ne se mettront jamais sur le versant des riens-travailleurs, à d’extrêmement rares occasions.

La prérogative du larbin, c’est le texte, tandis que le sbire voudrait fort bien s’en passer pour agir à sa guise. Le larbin c’est la laisse du sbire et c’est la raison pour laquelle le sbire n’aime pas le larbin : ces deux ordres se font une guéguerre larvée laissant des bribes d’arbitrage aux riens-travailleurs. Ces riens-travailleurs sont toujours craints, car ils trouvent aussi à se rebeller, parfois avec une extrême violence, contre les tristes conditions d’existence qui leur est données de vivre. Les dernières statistiques ne les désignent pas précisément, mais de ce tiers qui connait la pauvreté en France, ce ne sont certainement ni les sbires ni les larbins, ni les bourgeois qui leur dispute sans fin le bout de gras.

L’amuseur public a pour fonction de vous faire miroiter la position de sbire ou de larbin comme enviable de sorte à susciter en vous l’espoir de pouvoir, de cette manière (mais vous passerez alors « pratiquement » la barrière de votre classe sociale) vous rapprocher du chef, avec les avantages supposés que cela implique : argent, femmes, voiture, télé, scooter des mers, et j’en passe (d’autres, passant par des chemins plus épineux, choisissent de s’imposer comme chef dans les trafics de substances qui permettent d’oublier vos conditions pénibles d’existence). L’amuseur public est très important, car c’est lui qui vous distrait de ce que vous êtes : des riens-travailleurs devenus des gens importants à leur yeux, ne serait que comme captifs publicitaires, puisque c’est précisément la morale de cette société que vous ingurgitez avec ces délires imaginaires. L’amuseur public le sait et vous le savez, mais vous avez besoin de lui (comme lui de vous mais pas pour la même raison) pour ne pas reconnaître ce que vous êtes dans ce que vous n’êtes pas. Dès que la télé tombe en panne, on baise : en conséquence, bande d’hagards, la télé et ses amuseurs publics fonctionnent pour que vous ne baisiez pas ! C’est un art et c’est pour cela que je n’ai pas voulu de télé chez moi. Le rien-travailleur qui rentre du boulot, hagard déjà de toute cette énergie qu’il a due dépenser pour survivre à son travail (je veux dire le conserver pour le lendemain), imaginez-le sans télé ! La rien-travailleuse, croyez-vous qu’elle désire la cabriole quand elle a sué dans sa culotte toutes les eaux de son supplice, qu’elle a encore la charge des gosses et du linge et de la cuisine ? Non, bien sûr… et l’amuseur public, ce larbin d’images compensateur, dans un carré dont la surface va augmentant son emprise dans la maisonnée à mesure que le son devient quadriphonique, se présentant à vous pour vous distraire de vos souffrances, est accueilli à bras ouverts, bien mieux que dans ceux d’amoureux transis. À la fois, il tient tranquille dans son fauteuil le rien-travailleur et à la fois, finalement, il réussi à faire que la rien-travailleuse, une fois ses tâches accomplies dans les attributions de son lourd devoir, s’achève : lui, il ne la touche pas, elle y trouve du répit. L’habitude aidant, le samedi se dispense de plus en plus souvent de la gaudriole, et le dimanche suit le chemin de l’abstinence, comme le petit bateau de papier tombe dans une bouche d’égout après avoir été balloté par les eaux du caniveau. À mesure que la prostate se durcit, la calvitie se prononce et on se tond le crâne, comme des religieux ; la femme, résignée, se met à grossir, le sucre ne servant plus à rien de véritablement amoureusement dispendieux ou d’envoûtant. Et on oublie que le plaisir sexué a un jour existé en déprimant d’en inculquer l’absence « inévitable » à ses enfants. L’amuseur public fait du bon boulot.

Le médecin est un larbin qui maintient les gens au travail : qu’importe les conditions (la pollution radioactive, chimique, pétrolière, tous les trucs en -icide, le temps de transport, le bruit, les hormones, etc.), il n’a rien à dire sur ce qui vous rend malade… il tente juste de vous empoisonner pour que vous y retourniez. Il y a des chirurgiens qui ne savent rien de la relation entre un organe et le reste du corps (par exemple, des lithiases rénales avec un spasme chronique de l’uretère, des tachycardies avec le nerf vague qui doit être coincé quelque part de vague) : ils tranchent dans le vif dans le sujet et s’étonnent qu’il leur faille revenir six mois plus tard à l’ouvrage. Enfin… ils sont payés à l’opération, tout de même, sans compter leur accointance avec les industries pharmaceutiques. Ils ne connaissent rien des plantes qui nous ont pourtant guéri durant des milliers d’années, ni de ce qui, comme je l’ai dit plus haut, nous rend malade, dans cette vie de riens-travailleurs. Il est peut-être vrai que nous nous sommes endurcis face à ces conditions extrêmes qui vont crescendo et que le pouvoir des plantes qui nous nourrissent et nous oxygènent, sous cette latitude, risque d’être devenu un peu faible. Cette montée en force de l’aliénation environnementale n’en est pas à son apogée (il restera une inertie d’environ 75 à 100 ans si nous cessions aujourd’hui nos malversations à l’encontre de notre lieu de vie) et nous laisse entrevoir des réjouissances encore plus désagréables.

Je parle donc d’une organisation sociale patriarcale dont la base affective est la valeur minéralisée (au lieu d’être restée fluide, l’affectivité s’est coagulée dans des objets). C’est peut-être inhérent à l’être « humain », m’enfin… le résultat n’est pas mirobolant : tout est pourri par cette valeur, absolument tout : le sexe, la sexuation, la sexualité, l’amour, tout. Il faut travailler et en travaillant on perpétue cette organisation. Si on n’est pas d’accord, il n’est pas facile de s’en sortir, puisque TOUT est pourri par la valeur minéralisée.

J’ai émis l’hypothèse selon laquelle la valeur est un affect ; cet affect est lié à la satisfaction amoureuse ; les frustrations amoureuse et sexuelle coagulent la relation au monde par une structure psycho-musculaire qui permet de les supporter : cette structuration se retrouve dans la valeur minéralisée sur laquelle se reporte cette affectivité aliénée. S’en sortir passe par un assouplissement de cette structure, mais cela ne se fera quantitativement jamais en suffisance pour parvenir qu’avec le temps cela se déstructure : ce n’est que nos enfants qui profiteront de nos connaissances en la matière, eux seuls si nous savons les protéger de cette structure. De là l’objet de ce billet qui consiste à décrire cette structure neuro-musculaire : le chef, le sbire et le larbin, et les riens-travailleurs, chacun pour soi et intégré à un ensemble social.

Je ne renie pas que le sbire et le larbin, dans le cadre de cette société, ne soient pas indispensables : ils font régner l’ordre, ok, mais aussi une forme de concorde dans les tâches qu’ils accomplissent, ils arrondissent les angles des disgraciosités patriarcales. Mais ils sont loin de porter secours au désespéré, ils ne font que l’enfermer entre d’autres cloisons qui le laissent aussi seul que seul. Dans cette organisation patriarcale de la société humaine, la femme est le point focal de tous les coups, directement ou indirectement. Les hommes sont parvenus à une telle maturité qu’ils sont traités comme des enfants qui ne devraient pas l’être, comme des femmes à qui ont reproche de ne pas aimer les hommes, ou des hommes qui se griment en femme. Les hommes parlent fort, c’est le sexe fort (alors qu’on sait que celui qui en montre le plus, le montre le plus car il le peut moins… et il le sait) qui compense ce qu’il a perdu et qu’il sait avoir perdu. Ce qu’a perdu l’homme c’est sa tendresse pour la femme, à en devenir malade. Il a peur de perdre, de se perdre et il fait de cette peur son pouvoir. Un psychopathe achevé comme Hitler était un parfait impuissant, il le savait, se droguait pour le compenser, mais il était psychopathe, impuissant. Le besoin qu’il avait de dominer cette carence, relevant de son amour avorté pour sa mère qui ne le lui rendait pas selon ce qu’il en attendait et qu’il ne pouvait avouer – sexuellement – s’est cuirassé avec violence et toute affection est devenu impossible et l’outil de l’affection, l’empathie, est mort dans l’âme. Une cause supérieure s’est alors fait jour, demandant une « pureté » (dès que vous entendez ce mot « pureté », parez-vous du bouclier de la critique impitoyable : à savoir : que veux-tu rendre pur en toi ?) pour alléger sa propre misère de peintre raté et d’amoindri social. Il a suffit de trouver le terreau pour que des sbires et des larbins se mettent tout de suite à sa disposition : ce n’est QUE parce que ces sbires et ces larbins se sont mis à la disposition de ce psychopathe, que ce psychopathe a eu le triste succès qu’on lui a connu. L’indifférence au système qui régit cette société dans sa structure (dénoncée à l’époque pourtant par la psychanalyse, les humanistes et particulièrement par Wilhelm Reich – La Psychologie de masse du fascisme – et l’équipe qui sillonnait les quartiers pauvres pour permettre aux jeunes gens un accès plus aisé à une vie sexuelle satisfaisante) qui a trouvé en ce taré son paroxysme d’autoritarisme, dans la société patriarcale, intolérante à la satisfaction sexuelle, augmentée par la misère économique, a permis à quelques pelés de massacrer l’ensemble du monde. Et aujourd’hui encore, lorsqu’on sait que toutes les dispositions sociales qui avaient été adoptées après guerre en France, voulaient poser que cela ne se reproduise plus et que, malgré ce projet, les conditions reviennent à la charge par une dégradation de ces dispositions, la misère revient au galop, misère économique, affective, sociale (à mesure de la progression des « réseaux sociaux » la solitude a doublé, dans le même temps, passant de 3 à 6 millions de gens en France se disant seuls : sans conversation intime au moins une fois le mois). La religion émergente, l’islamisme n’est pas seulement une religion meurtrière, comme toutes les religions c’est d’abord l’interdit de la satisfaction lié au plaisir sexuel pair, librement consenti et coparticpatif… qui est pour elles l’enfer.

Les sbires et les larbins s’organisent en « ordres » qui les reproduit dans leur forme. On ne reverra pas un psychopathe resurgir pour donner corps à cette structure qui demande à se renouveler : le capitalisme est le petit doigt qui cache le patriarcat en mouvement. Aujourd’hui les sbires et les larbins, chacun pour soi, s’organisent en « ordre », avec un chef ne faisant plus office que d’organisateur, et non pas de führer. Et comme ils savent qu’ils sont complémentaires, ces ordres assaillent de toutes part les prérogatives de la liberté, laissant un champ suffisamment libre à l’autre pour que se matérialise une efficacité générale afin que les riens-travailleurs se voient obligés d’aller au travail.

On nous montre des détails de malversations (les éléments de la nature prenant le pas sur ceux des humains qui sont pourtant la source de leur propre malheur, eux ; comme si ces humains étaient de tout petits enfants que mère-nature maltraiterait, eux qui « maîtrisent » à merveille leur industrie pétrochimique et nucléaire, alimentaire et agricole, etc. !!!) sans fins pour nous détourner du fait que la misère sexuelle, affective et en conséquence sociale, progresse avec la solitude, la pauvreté matérielle, les conditions drastiques de comportements induits du matin au soir, des contraintes qui sont appliquées tout le long du jour à l’être « libre » par excellence : l’humain (rappel : pas la licence, la liberté). Le patriarcat change de forme, il est toujours en mouvement qui suit l’ordre des sbires et des larbins. Il s’agit d’une puissance matérielle, physique et psychique dans la mesure où elle demande une réponse des sujets approbative sous peine de souffrance pire que celles qu’elle provoque immédiatement. Un assassinat (toujours commis par un être perdu, si ce n’est un sbire) n’est pas même un comédon dans l’oreille d’un adolescent, comparé à la personne qui vit en excédent d’énergie que la sexuation permet de se défaire : s’il n’avait pas corporellement (structurellement) intégré l’apprentissage antérieur de ne pas se satisfaire sexuellement, lui-même, par des interdits inculpés par ses tuteurs, il aurait pu tomber amoureux de manière plus simple et plus évidente. Tous les assassinats, on le sait, ont la sexualité malade pour moteur. C’est ce que nous devons réapprendre pour qu’aucun sbire ou larbin ne retrouve dans un « ordre » un ordre pire que ceux qu’ils ont refusé de vivre par eux-mêmes.

Je vais poursuivre en parlant de la spoliation et de la falsification qui s’opèrent par une sorte de sbire et de larbin à la fois, ce qui en fait sa spécificité. Le voleur peut tout voler : une caresse, un baiser, une montre, un moteur, une plante, une roue, un espace, un terrain, une maison, une femme, un enfant, tout peut être objet de spoliation pour un voleur ou un spoliateur. Ce sera le pire de mes articles. Le falsificateur corrompt tout ce qu’il touche, c’est sa manie.

Quand le chef délègue au sbire et au larbin, l’un a besoin de l’appui intellectuel de l’autre et l’autre de l’appui musculeux de l’un, le spoliateur procède des deux à la fois. Le spoliateur est le més-empathique par excellence : c’est au stade suprême qu’il se fout de l’autre, de cette manière que l’on retrouve, par exemple, chez l’homme « politique ». Bien sûr, il y a le voleur des grands et des petits chemins, les « Loups », mais aussi les gens qui vous volent le plaisir de manger de bons légumes même bio, ou de respirer du bon air, de boire de la bonne eau et du bon vin. Seule l’obtention du résultat compte, qu’importe les modalités. On vole un vélo comme on vole le ciel en le striant des rejets des jets. On vous spolie de votre parole, comme on vous dit que le dépôt d’un bulletin de vote est de la démocratie, une fois chaque cinq ans, ou comme on vole un prépuce ou un clitoris pour la vie. Spolier est une manière de faire qui ne retourne d’aucune justification, sinon que celle du spoliateur : spolier. Mais de la même manière que le sbire et le larbin se complète, le voleur trouve son « anti-thèse » dans le gendarme, le flic : c’est un fait d’UNE société, de la société patriarcale.

Le procédé psychique est simple : il faut inférioriser autrui pour se sentir supérieur à lui et se permettre, « en bonne conscience », les malversations qu’on veut lui faire subir. Cette infériorisation est le poison de l’empathie et à la fois, ce qui détermine que cette empathie est malade. Sbire ou larbin, cette empathie est « néantisée » par la fonction que chacun d’eux se donne dans la société… et que cette société promeut et protège. Ce procédé s’apprend, mais il ne s’intègre que si un ressentiment envers autrui se coagule : tant que ce ressentiment reste fluide, l’empathie n’est pas atteinte dans ses fondements. Le contraire la mine. Cela s’apprend et si cela s’apprend, les modalités de son application doivent être détectées de sorte que la coagulation soit évitée ou qu’un antidote à cette coagulation soit mis en œuvre. Il faut reconnaître le système de la « mésempathie », il faut que cela soit l’objet de milliers de pages positives. Seule la méthode du sbire et du larbin est différente, le mode d’application de la mésempathie est dissemblable, mais le but de leurs gesticulations est d’inférioriser autrui pour compenser une perte d’empathie, leur propre perte d’empathie.

L’empathie est un affect grégaire humain, comme la valeur, l’amour, la tristesse, la nostalgie, la colère : elle permet de garder heureusement une cohésion au groupe, tout en le protégeant d’altérations internes. Comme affect, elle a besoin d’expression, que ce soit sous sa propre forme ou sous sa forme contraire (comme la haine pour la colère-amour, la dépression pour la nostalgie-tristesse, etc.) : c’est un besoin physiologique humain (plus généralement « d’animal à sang chaud » vivant en troupeau, car on le trouve chez ces animaux en part assez égale, finalement, mais beaucoup moins puissant que chez nous). On a faim d’expression empathique (ou d’une manifestation contraire par manque) comme d’un fruit. Le sbire ou le larbin (chacun à sa façon) possèderait une empathie sélective, alors qu’il ne possède plus d’empathie, car l’empathie ne peut pas être sélective : lorsqu’on n’aime pas les femmes, on est aussi raciste, anti-ceci et anti-cela, pour reporter au mieux ce qui vous en reste sur une cause pour laquelle on se dit se donner corps et âme, alors qu’on viole celle d’autrui ; ou sur la figure d’un chef. Dès le moment (malheureux) où l’homme a esclavagisé la femme (ce qui ne se peut qu’à des fins sexuelles), dès la naissance du patriarcat, l’empathie a déchu pour se réduire à un lambeau d’elle-même. Nous devons réapprendre à cultiver l’empathie, comme de bons jardiniers et de bonnes jardinières : l’enfant ne doit non seulement pas en perdre un milligramme, mais doit la voir grandir comme un bel arbre ; tous les enfants. Les cas de mésempathie extrême doivent trouver une solution, c’est-à-dire d’abord s’en rendre compte dans les comportements de sbire ou de larbin par laquelle elle se manifeste. Car dès ce moment-là, il a été possible de mettre en esclavage l’enfant, et n’importe qui d’autre, fort de cette « supériorité » de dominer la sexualité de la femme. À mon sens, les prémices existaient pour prendre pour prétexte que la grossesse résulte de l’accouplement, et particulièrement par le viol. Le sachant, il faut faire avec, pour que cela rentre dans les poubelles de l’histoire. L’abolition du patriarcat ne sera possible, certes qu’avec l’annihilation par ses contraires (l’empathie, la bienveillance, le bon-soin, etc.) de ses malversations, mais aussi par l’émergence d’une vie autre. On a déjà défait la trame, reste le fil ! Il est trop long pour que je m’en occupe tout seul… Cette vie aura alors admis la sexualité comme un affect grégaire dont l’expression est aussi indispensable que l’affect qui l’accompagne : l’amour.

Leçon sommaire d’anti-patriarcat

À qui donc je pourrais dire « Je t’aime » ce soir ?

Il faudrait une femme d’un mélange entre Elle, Elle sans sa phobie du sexe mâle, la douceur d’Elle, la fougue d’Elle et un peu de cette revendication féminine d’Elle et du don d’Elle, vaginalement habile comme Elle, aussi voluptueuse qu’Elle… dont l’ensemble m’accepterait pour son homme. Oui, c’est beaucoup, mais dans cette circonstance, on ne pourra jamais douter de ma sincérité.

Je propose un exercice intellectuel : «  La sincérité est-elle divisible ou non ? » Si elle n’est pas divisible, se pose à moi un véritable problème quantitatif ; si c’est oui, je les ai toutes aimées. La troisième hypothèse est que la sincérité est corruptible (ce qui serait très humain, finalement), alors ma réponse est : « Oui, j’ai été par beaucoup frustré, mais le plaisir que j’ai eu de vivre avec elles n’a, sur le plateau de la balance sociale, pas de commune mesure ».

J’ai été éduqué selon quoi les femmes n’aiment pas les hommes, car ils ont une bite, sont violents, intolérants et exigeants ; en plus ils rendent enceinte. J’aurais pu sous-entendre la demande « … comment, dans ces conditions a-t-il pu y avoir du plaisir avec eux ? », je pense même que je l’ai entendu crier de loin. Le « challenge » n’était pas facile à atteindre (le challenge correspondait à trouver le bonheur avec une femme) : le disparate des éléments me permettant de saisir la relation homme-femme (moi-elle, ou moi-toi) de manière évidente, étant dispersés dans des zones dont la relation intrinsèque était déjà compliquée, balafrait de graffitis le visage de la simplicité. Il a fallu que je puise dans à peu près soixante années de recherches, pour me rendre compte que ma mère était vraiment con, mon père encore plus ou au moins, autant, et que la société était complètement à côté des pompes qui chaussent de ses ailes d’Hermes, le bonheur. Jamais, ces personnes ne se sont gratifiées du plaisir qu’on éprouve de s’y adonner, du plaisir qui vous octroie celui de fondre intensément en elles, car elles vous le donnent : vous faites chair d’elles. Et ce bonheur de se marier à autrui du fait qu’il existe et que vous êtes pour le lui donner.

S’il y en a que j’ai plus aimée que d’autres, c’est simplement pour une question de temps : j’ai trouvé parfois trop court l’encours pour trouver un développement autrement guindé que par la pellicule d’une chrysalide. Il y a des femmes qui m’ont donné vraiment le plaisir d’avoir du plaisir d’elles. Même aujourd’hui je suis incapable de dire si oui ou non elles étaient complices, enfin un aujourd’hui d’hier, pas plus ! Mes frustrations se cachent sous le fait que j’adore la chair, mais j’adore aussi quand elle contient une forme de perversion qu’elle reconnaît comme source de plaisir, j’aurais le sentiment, alors, d’avoir une complice.

Le sentiment du plaisir est quelque chose de complexe dont les ramifications convergent vers ce point qu’il faut s’y adonner pour qu’il cesse de se compliquer, pour qu’il achève sa complexité dans sa disparition. À l’encontre de tout ce qu’on me demandait, j’avais décidé de ne pas me défaire de cette aptitude à simplifier les choses parce qu’on cesse de les complexifier. Ce n’est pas reconnu par la psychanalyse, mais il est possible de simplifier le complexe d’Œdipe ou de Jocaste ou du frère de la mère de mon aïeule : Nous vivons dans une société patriarcale, ce qui implique une domination de la femme par l’homme, sexuellement, socialement, affectivement (dans ce cas ce sera par défaut d’affection, bien sûr), de la malveillance à l’enfant et à la sexualité de l’enfance et de moi qui me branle en essayant de rester éveillé au monde… en fait pour ne pas perdre mon éveil au monde. Alors, je me suis beaucoup masturbé (en ces temps lointains, on avait la vaillance de l’âge), mais j’ai eu toujours un problème avec le sperme, l’éjaculât : que fallait-il en faire : sorti, il était là ! et ça laisse des traces… Bien des fois je me trouvais gêné : les filles n’ont pas ce problème sous leur jupes : elle peuvent avoir leur culotte mouillée, que nul ne s’en apercevrait ! Tudieu, impossible de savoir si elles éprouvent les mêmes émotions liquidifiantes que moi… Alors, je suis resté dans le brouillard, longtemps, très longtemps. Je voyais bien pourtant que des femmes m’aimaient pour le? mon? sexe et cela me donnait honte de moi : quoi, tu en es réduit à ne te satisfaire que de ton sexe ? Tout cela me laissait perplexe : quoi ? qui ? quand ? où ? comment ? pourquoi ? Dans un tel état d’isolement, il est difficile de savoir si on est seul ou pas.

Il y a des filles qui m’ont beaucoup aimé, à la folie… je n’ai hélas pas su m’y prendre pour que nous puissions en profiter au mieux, du fait de cette éducation à la noix qui a profilé mes sentiments selon le tréfilage de cette éducation de con, de cette morale à la con, de ce manque de folie à la noix (the Wilhelm Reich’s« core ») : dur comme du bois, sec comme un fond de verre, bruyant comme un tain t’amarre, fuyant comme une savonnette (on dit que les savonnettes sont fuyantes…), corrupteur comme une diarrhée verte, de celles qui vous laisse un acide piquant dans l’anus (c’est pas « savonneux », c’est glissant comme la glaire de la limace ou celle qui entoure les poissons qu’on sort de l’eau).

Admettre que la fille éprouve du désir pour mon sexe me paraissait d’un absolu démentiel, au sens de l’Inquisition qui ne voulait rien comprendre, qui ne comprenait rien et évitait de tout comprendre de ce « rien » à l’orgasme. On fait souvent front à des obstacles très difficile de fonctionnement qui vous laisse peu le pouvoir de vous en sortir. C’est déroutant. On traverse alors un champ d’incertitudes, une forêt de doutes, un bois d’érable, je veux dire, plus sérieusement, de ces remises en cause graves qu’on devait assumer seul et envers contre tous ! Quel cauchemar ! Les cauchemars sont faits pour que ce soit dur de l’avoir dure… encore une fois : comment ce sentiment de l’avoir dure peut-il se transcrire du côté fille ? Je ne l’ai jamais su. L’empirisme ne dit qu’il doit en être ainsi et que cela veut qu’il en soit ainsi, ou vaut mieux qu’il en soit ainsi. Je balance entre ces trois options…

J’ai découvert ce qu’on nomme le plaisir dans la gratitude que j’éprouve pour l’être avec lequel je viens de le partager. Dès lors qu’on se perd dans ce qu’on vit, on ne peut qu’être sincère : cela déculpabilise beaucoup de sentiments et d’âmes. Dès lors qu’on vit ce qu’on vit, on est dans le vrai : la comédie est un faux vrai. Ce qui m’a permis de dorer mes échecs de la couleur des bravoures, et on sait combien elle est diaphane, cette couleur. Il ne m’est pas facile de me résoudre à ceci que j’ai vécu l’ensemble de six dizaines d’années dans ce marasme de me situer en tant qu’homme (et de donner une place à la femme) dans ces amours que j’éprouvais plus ou moins longuement pour des femmes, souvent comme couillon. Les femmes auxquelles j’aspirais n’était pas à ma mesure : avec elles j’ai vécu des éclairs et je ne leur arrivais pas à la cheville. Mais… s’il ne tenait qu’à moi, je saurais leur faire valoir les qualités qu’elles peuvent découvrir avec profit en admettant que je suis aussi liquoreux, finalement. Vraiment, ce n’est pas d’avoir le plaisir court, il m’arrive d’éprouver parfois des émotions si prégnantes que je ne peux plus me retenir, un peu comme si je les aimais trop. Il y a des femmes très fortes de la sensation du vagin, je peux le certifier… et elles ne sont pas pour moi, pauvre branleur que je suis de ma mère toujours accrochée comme un poux à ma sexualité de bambin.

J’ai découvert dernièrement le corps des Africaines : en manière de féminité, les Blanches, vous pouvez vous l’accrocher : La femme aime l’homme. L’homme est con comme un manche, raide comme une guitare de corde, mais il n’a qu’une chose ! sa bite ! Alors l’homme se trouve un peu coincé aux entournures : comment être un mec sans ni l’être ni avoir à l’être ? De me poser la question, je ne peux y répondre de tant de restriction. Je peux imaginer plein de choses qui vous faisaient apparaitre que je vous aime à la folie, mais cela ne correspondrait pas à ce que vous êtes réellement et que je ne connais pas. Vous ne correspondez pas à mes fantasmes, et moi seul, certes, doit en assumer les conséquences, mais j’en serais souvent allégé d’en partager le fardeau. D’autant que je suis près à tenter de comprendre le vôtre (en fait, cela me donnerait ce frisson de me sentir dans votre culotte). Comme je le disais tout à l’heure, le plaisir est quelque chose de complexe, car il doit passer, si on s’y laisse prendre, par l’intellect. Moi, j’écris. Je sais que je peux faire mouiller des culottes et des slips : je connais le désir de chair et j’aime à m’y laisser fondre : quelle joie la complicité !

La femme n’éprouve pas le même sentiment que la jument face à l’étalon quand elle est en chaleur : ça n’a rien à voir. Je n’en détiens pas les preuves mais l’ordre du possible. J’exagère, bien sûr, je fais de l’emphase : le seul outil d’amour, c’est votre bite et qu’elle en soit folle peut effrayer de très courageux. Je pense que c’est le fantasme principal : qu’elles n’en veuillent que pour votre bite : vous éprouveriez une telle honte que beaucoup de choses vous échapperaient. J’éprouve une totale immersion de ce sentiment de peau que j’ai de la femme, de sorte que je ne peux pas rester objectif : quid de vous, quid d’elle, quid d’elle, quid de vous ? Non, une chatte est une chatte et c’est pour vous y rendre, corps et âme en y laissant le jus de la peau. Dans cette expérience d’électricité statique, on frotte le verre de la peau d’un chat et c’est la tige de verre qui attire ! L’expérience de la femme vis-à-vis de l’homme ne laisse aucune ambiguïté : les sexes sont faits pour se mélanger et nous avec.

Pardonnez-nous : nous sommes quand même à la recherche du plaisir, et nous admettons que vous ne le comprenez pas et qu’en somme, nous ne vous correspondrions pas. Certes, nous n’avons qu’un coup, mais le bénéfice doit être pour deux. Il y a quelque chose de judéo-chrétien dans cette équation, mais la disparition du truc date de plus longtemps. Il a commencé dès le moment où on a voulu forcer la femme à s’accoupler. Ce n’est pas que l’accouplement lui déplaise (elle est aussi bien pourvue en la matière que les hommes, ce me semble) mais qu’elle doive se donner à qui elle n’éprouve pas ce plaisir : pourquoi lui imposer ce pour quoi elle est disposée ? J’ai rencontré quelques femmes « froides », qui vous accueillent comme un frigo, avec indifférence. Vous recevrez quand même notre éjaculât ! Pas par peur de nous perdre, mais par plaisir de nous perdre. C’est quelque chose de complexe, encore une fois, mais d’éveillant.

C’est empiriquement que je suis arrivé à la conclusion qu’il y avait un rapport direct et immédiat entre « mon » plaisir et celui de la femme. Au point de refléter le contraire : le plaisir de la femme correspond à celui de l’homme. Oulala… Là, ce n’est plus l’odeur de la crémation, mais du corps du judéo-chrétien. Se faire un parti n’est pas facile… mais je ne comprendrais pas alors pourquoi les femmes sont attirées par les hommes… au point de se « corrompre » ? Là ça m’intéresse. En fait et encore une fois, c’est la morale patriarcale qui nous corrompt à ce point de gangrène. Oui, la femme a besoin du sexe de l’homme pour jouir – du sien – et l’homme en profite ! C’est consensuel.

 

 

Le patriarcat comme terreur

On parle du patriarcat comme d’une organisation sociale des gens. C’est faux : c’est une maladie sexuelle qui trouve dans une organisation sociale (dont le présent capitalisme est une de ses formes en mouvement) les moyens de pouvoir exercer son pouvoir de malade. Plus haut se trouve-t-on dans la hiérarchie de cette organisation de la maladie sexuelle « patriarcat » et plus la maladie sexuelle qu’elle corrobore est forte, plus on est malade. L’inverse n’est pas vrai (cette forme d’organisation aurait alors cessé d’exister) car cette maladie de la relation complémentaire des sexes et des plaisirs qui y sont liés, atteint tout le monde, sous toutes les latitudes et sous des variations dérisoires, sinon que dans l’expression de la violence qui y est liée. Le patriarcat est une organisation sociale qui est la conséquence à la maladie du même nom.

Dans l’absolu, le malade social n’a pas d’emprise sur son environnement, il doit s’agréger d’autres personnes aussi malades, mais dont la maladie ne permet pas une réflexion profonde quant à savoir comment assouvir sa faim de pouvoir. Les gens qui sont en hôpital psychiatrique n’ont pas réussi à s’agréger d’autres personnes : il faut avoir la dose précise de maladie qui permette encore une certaine lucidité sociale, une dose organisationnelle pour atteindre son but : spolier autrui du plaisir de vivre sans souffrance. Au regard de l’importance de l’exécution de ce programme, l’environnement, qu’il soit affectif ou géographique, n’a aucune importance : le malade y est aveugle, ou de cette cécité qui résulte de l’usage de filtres psychiques destinés à ne faire apparaître que ce qui peut mener au but.

Sur cette planète (qu’importe s’il en existe une autre, elle sera si lointaine !), au surplus de sa richesse organique, il y a deux êtres merveilleux : la femme et l’homme. Bien évidemment, pour les désigner sous cette distinction, ces deux merveilles sont dotées d’un sexe et de spécificités sexuelles relatives à ce sexe. Du fait qu’ils sont prévus pour se mélanger, il y a un affect social, l’amour, qui permet cette rencontre selon des critères et des modalités. La maladie du patriarcat est la domination d’un sexe sur l’autre de sorte que l’empathie (l’amour) n’a plus de prérogative dans cette rencontre : cette relation devient obligée, aujourd’hui pour la femme. Cela s’apprend et s’acquiert par l’apprentissage et les coups physiques ou psychiques (tous deux relatifs à l’affection) le plus tôt possible, même avant la naissance. Cette domination se reporte comme généralité sur tout ce que le plus violent (le plus malade) peut atteindre par l’intermédiaire de sbires et de larbins prédisposer à ses malversations pour satisfaire leur désir de pouvoir, en ce sens où ils sont incapables par eux-mêmes de le réaliser, sinon que par le truchement de ce « chef », ce « patriarche ». C’est une organisation sociale spéciale destinée à satisfaire les besoins de cette maladie : dominer autrui, et principalement la femme et l’enfant, sans avoir à donner de soi une contrepartie, surtout affective, car on en a été rendu incapable. Dans cette organisation malade, le chef fait de l’homme un cheval, il est un loup pour la femme et un tigre pour l’enfant.

On peut approcher cette maladie de plusieurs manières : comme un parasite, comme une entrave, comme un détournement d’énergie, comme un blocage, que ne sais-je encore, mais principalement comme une structure mentale et neuro-musculaire ne permettant pas de percevoir le monde (son propre environnement) autrement que par ce que permet d’en percevoir cette structure mentale et neuro-musculaire. La caractéristique fondamentale de cette structure est le réflexe de rigidification de l’organisme à l’émotion qui outrepasse ses capacités à l’accepter ; l’orgasme étant le parangon de cette capacité dans sa plénitude (encore qu’il faille peut-être savoir de ce quoi on parle : trouver chez l’autre sexe une telle présence qu’on ne peut que le gratifier d’en être le partenaire sexué). Tout ce qui touchera cette structure, de près comme de loin, tout ce qui la décrira, sera ou ignoré, ou bafoué (la femme et l’enfant en sont les plus belles manifestations et nous voyons ce qui en est fait), ou écrasé, torturé, violé, tué, par les sbires (directement) ou par les larbins (indirectement). Le patriarcat abhorre ce qui fait fondre de communier avec autrui : pour lui on communie par autrui, jamais d’autrui.

Ainsi, que la domination soit le fait, quelque fois, d’une femme, ne change rien au patriarcat.

Ce qu’on nomme « l’exploitation du capitalisme » décrit une forme du patriarcat en mouvement, dans cette maladie qui change de forme mais ni de fond, ni de fonds. Le patriarcat est né il y a environ 8 mille ans, avec la première esclave : la femme ; les esclaves qui ont suivi correspondant à ses conséquence affectives, psychiques et sociales. Peut-être s’agirait-il plus simplement de l’enfant que les prêtresses de la Déesse-Mère immolaient aux dieux ? Mais, le pli est prit : la désagrégation de l’empathie d’un vivant vis-à-vis d’un autre : cette empathie est alors suffisamment anémié pour que la souffrance d’autrui la surpasse et la laisse indifférente. Il faut une structure corporelle (psychique et neuro-musculaire) pour que cette raideur anesthésie cette empathie dont le plus jeune enfant est doté, innément, avant même le langage, par le signe.

Pour dominer la vie, il faut lui faire peur, lui incruster la peur dans les chairs et dans les os, dans son sang, de sorte qu’elle ne voit plus en vous que ce qui peut la soulager de cette peur, ne serait-ce que parce que vous cessez de l’effrayer ; il faut la terroriser, c’est-à-dire la raidir de manière pré-antalgique. Dès lors, le chef se présente comme le « sauveur », supposer éloigner de ce qui effraie ; et il sera d’autant plus rédempteur, que le mal aura été fait, psychiquement et physiquement, par des larbins et des sbires, comme intermédiaires – ce système ne permet pas de penser que le sauveur est leur maître à moins de renier la satisfaction de ne plus avoir à subir cette souffrance issue de cette rédemption dont il est l’image. Il y a deux faces à la souffrance : le pouvoir de faire souffrir est immédiatement relatif à celui de ne pas souffrir. Le sbire et le larbin sont des outils de cette souffrance sur autrui, dont on est séparé comme notre propre pouvoir est séparé de notre vie de terrorisé ou de torturé. Tous les procédés employés sont ignobles et répugnants, mais comme ils vont suivant le cours de la vie patriarcale (à laquelle on si habitué) et que nul ne connaît autre chose que cette présente vie (sinon qu’une vague intuition qu’il pourrait en être autrement), il y a une acceptation générale de ce système de souffreteux dont l’organisation sociale sait au mieux repousser les limites, en montrant des images de ce qui pourrait être encore pire.

La position sexuelle de la femme est particulière dans la maladie patriarcale. Elle-même y est malade et selon ses spécificités sexuelles. L’une, plus éthérée, sera d’une pudeur extrême, l’autre plus proche de sa chair, deviendra (ou sera montrée comme) une débauchée, à disposition de l’homme et de ce qu’il appelle sa satisfaction qui n’est pas d’orgasme, mais de domination sur autrui. On voit le « cul » de la femme partout, sous toutes les formes, en tous lieux, sur toutes les images, pour le plus petit prétexte marchand. On ne le dira pas aussi crument, bien sûr, pour ne pas choquer les âmes qui ne veulent rien savoir de la satisfaction liée aux organes sexuels, car ils en sont encore moins capables, affectivement, s’entend ; en rêve peut-être, dans la mesure où cela reste permis, encore qu’ils soient visibles partout sous cette forme de « cul ». Dans les formes de « cul » les plus crues, la femme se met (ou est mise) réellement à la disposition de cette « sexualité » masculine, et si, dans ce contexte, elle a bien raison, c’est que c’est la seule manière qui lui est permise d’y avoir accès et d’avoir accès à la sienne, en propre ; au surplus de la fragile possibilité de se refuser selon son affinité. Dans ce cas, son amour personnel est un amour universel pour celui, temporaire, qu’elle a choisit ou a été contrainte de choisir, ou accepté de choisir, pour se disposer à être un « objet » sexuel. Le moteur de la transaction est l’argent – l’objet de l’objet patriarcal –, on le sait ; et incidemment, on voit à quoi sert l’argent : comme moyen de transaction de domination sur autrui, que ce soit par le salariat (la valorisation du temps), la marchandise (la valorisation du fétichisme), le capitalisme (le patriarcat en mouvement comme valeur).

Une structure caractérielle cloisonne une certaine disposition de pouvoir réflexif : cette structure en sera les bornes (les bornes du connu sont aussi celles de l’inconnu). Une structure caractérielle sociale induit une manière sociale (générale) d’admettre ce qu’elle est capable de reproduire : elle-même. On ne verra pas un sbire se remettre en cause la matraque ou le fusil à la main, un larbin comprendre la nocivité de ses actions sur autrui et cesser de la commettre, un patron renoncer à la possibilité de choisir les personnes qui composent son équipe, un banquier voir les obstacles qu’il opère sur le cours de la vie, sinon que pour les peindre à coups de publicité. Personne ne sait faire socialement autrement que selon son intégration sociale ! Individuellement, l’être humain est peut-être génial, mais collectivement, c’est une bourre, une tare, alors qu’il possède au plus haut point les moyens de résoudre ce problème du vivre ensemble : le signe, le langage et l’écriture. Mais cette structure caractérielle obstrue l’accès à autre chose qu’elle-même, et pour « évoluer » plus aisément dans l’espace de sa matière, il lui faudrait s’assouplir, mais principalement, cesser de se transmettre à ses enfants, c’est-à-dire, comme il faut éviter de produire des déchets pour n’avoir pas à les gérer, à ne pas recréer cette structure neuro-musculaire chez l’enfant. On sait que les enfants n’ont que faire, jusque l’âge de 3 ou 4 ans de la couleur de peau, de la forme des uns et des autres, etc. et qu’ils deviennent rigides par la structuration que leur imposent leurs parents ou l’école, de sorte qu’ils acquièrent progressivement une sélectivité dans leur affectation en fonction de critères « moraux » (liés à l’affectivité , comme le fétiche est lié à la marchandise) qui n’ont plus rien de socialisant, mais d’extérieur : ce qui signifie la fin du plaisir issu d’une empathie qui fonctionne à suffisance.

Socialement, affectivement, sexuellement, le patriarcat est une maladie de l’échec comme elle est un échec elle-même : sans fin, les échecs se succèdent les uns aux autres en se présentant comme des solutions (en rêve !), alors qu’il ne s’agit que d’échec : centrales nucléaires ou usines SOVESO, kalachnikov ou tonfa, perturbateurs endocriniens ou truc-icides, mousse polyuréthane ou zovirax, goudronnage de parkings de supermarchés ou bétonisation des terres arables, tétines de biberon ou lait maternel, etc. En fait, tout est pourri, en écartant ce qui est « bio », peut-être. C’est un échec, et on rechigne à s’en apercevoir parce que de l’admettre porterait à des conséquences que LE patriarcat qui les produit, est incapable de concevoir, comprendre et mettre en œuvre. Et cela durera jusqu’à ce que mort s’en suive… ce n’est qu’une question de temps. Comme symptômes du patriarcat, tant que le sbire et le larbin seront de mise (en réalité sous forme de disponibilité débilitée d’affection et de sexualité), la maladie sera présente et représentera l’existence du patriarcat. Au lieu de nous montrer des maniements d’armes dans des films stupides et bruits, on devrait nous montrer les plaisirs de l’acquisition de l’harmonie dans le fait de jouer ensemble de la musique, de la chanter pour que résonnent nos cœurs à cette fonte du chœur de nos âmes ; ou de réaliser selon des dispositions collectives, un ouvrage telle la combite haïtienne. Comme conséquences de la maladie patriarcale, l’action du héros et le héros lui-même, ne nous montrent que l’incapacité de l’humain à régler « collectivement » ses problèmes.

En tant que commandement patriarcal, l’ennemi principal sur lequel nous devons focaliser toute notre attention, est le TRAVAIL. Le patriarcat que le capitalisme cache derrière son petit doigt, nous oblige à n’envisager toute activité inhérente à la vie que sous la forme du TRAVAIL. Le travail tue tout, bouffe tout, rend légitime toutes les malversations contre les gens et l’environnement, la violence des flics et la bêtise des politiques, l’absence absurde d’empathie des riches et la passivité des pauvres vis-à-vis de leur condition…. Le TRAVAIL que dis-je : LE travail !!! On peut se demander si un programme qui a pour leitmotiv « À bas le travail, cré non de diou ! » peut trouver une nuisance humaine quelque part ; et dès lors qu’on se le demande, il doit y avoir une solution pour éviter cette nuisance. Elle s’effectuera toujours par les injonctions d’un chef, que des larbins et des sbires trouvés sur le tas, se feront un plaisir d’exécuter. Ce système souffreteux (patriarcal) doit être écrit en gros sur la façade de notre grange pour éviter que certain deviennent subrepticement plus « égaux que d’autres ».