Pour une histoire de la pensée

Quitte à le montrer sous son aspect le plus idiot, ou imbécile, il faut ériger une histoire de la pensée de l’humain. Pourquoi idiot ? ou imbécile ? Ne serait-ce qu’il est encore loin, selon moi, de s’être compris lui-même, vu les dégâts qu’il produit dans sa propre socialisation et l’ensemble du monde qu’il pourrit par cette organisation sociale. On ne peut pas dire que l’humain a une pensée mature, principalement en collectivité. Je n’ai aucun mépris pour l’être humain, aucun : c’est un animal merveilleux.

L’histoire de la pensée (l’article a été écrit après mon post) à laquelle je pense n’est pas le « pourquoi » l’humain pense, mais le « comment » l’humain pense. On a glosé sur les capacités humaines à penser, son extraordinaire pouvoir d’abstraction, mais on ne sait pas comment il pense, cet humain. Et ce qu’on pense être « l’à partir de quoi il pense », son cerveau, est ridiculeusement surfait : rêver ne demeure qu’un rêve. Bien évidemment, je ne renie ni ne dénie le fait que cette pensée possède cette extraordinaire puissance sur nous-mêmes, et accessoirement sur la nature, puisque nous pensons en rêve et que nos relations sont assises sur ces rêves. Je pense qu’en décrivant le mode du rêve, on saisira qu’on puisse avoir d’autres plaisirs à acquérir que de faire souffrir autrui dans la faim, la misère sexuelle et l’inconfort.

On va chercher dans les connexions du cerveau la pensée. Ok, mais il ne s’agit que de connexions… le résultat est individuel, en rien collectif : on n’a pas encore mesuré le plaisir et la joie de jouer en groupe de la musique, par exemple, on en est resté à l’individu qui n’est rien sans le collectif. La structuration de la pensée est bien plus importante que des connexions qui présenteront au scanner toujours le même endroit illuminé pour telle ou telle pensée, mais rien sur la pensée elle-même. On montrera des émotions liées à la pensée, mais pas la pensée elle-même : le fait qu’on soit si touché par les images, visuelles ou verbales.

Hubert Reeve a noté que nous avons au surplus le nécessaire pour survivre, que l’épaisseur de notre néocortex est excédentaire par rapport à notre besoin en vue de notre seule survie, même dans la nature. Je ne pose seulement que la question de savoir ce que nous faisons de cet excédent ! En avons-nous conscience ? Non, bien sûr : nous sommes si fiers de penser ! de notre pouvoir d’abstraction ! Tout disparait devant cette prétention, surtout le malheur qu’elle produit et qu’elle cache à la fois.

Tout d’abord, penser angoisse celui ou celle qui pense. Savoir si c’est un acquis ou un inné, je ne sais, mais penser angoisse l’humain. Il s’agit d’une angoisse profonde qui s’ancre dans des protections PENSÉES qui deviennent une structure de penser le monde et nos relations sociales. L’histoire de « l’évolution de la pensée » passe par plusieurs structures de ce genre, qu’on nomme « civilisation » (dont on remarque qu’elles meurent toutes par l’excès d’un usage qu’implique cette structure : ici le bois, là le plâtre ou la chaux, ailleurs, la poudre à canon, le pétrole et le nucléaire, etc.) qui spécifient ces relations sociales par la structure de la pensée à ce moment d’existence. On peut parler des dieux ou des déesses : la structure de la pensée relative à l’un ou à l’autre est absolument différente et l’entendement du monde aussi bien, comme les relations sociales. Mais ces dieux et ces déesses ne sont que des ancrage de l’angoisse éprouvée du fait de penser et de vaquer dans le monde en pensant.

Penser angoisse dès lors qu’aucune solution à l’initiation de la pensée est posée, se découvre, arrive. La tension que soulève cette pensée irrésolue demande une détente : on trouve en partie dans la structure sociale, dans les ancres utiles à une telle détente, encore que, bien souvent, puisqu’il s’agit toujours de rêve, le plaisir ne soit pas encore là. Car penser mène aussi au plaisir, à la jouissance de la pensée. Lier par exemple la puissance de la pensée à la science est idiot : dans la science, la pensée ne fait que se suivre elle-même (à l’exemple des mathématiques qui vont maintenant chercher des cordes comme liens au monde) sans qu’elle découvre sa structure, comment elle pense, à partir de quels moyens, suivant quel schéma. Car la pensée « moderne » est toujours entachée de la pensée primitive, même avec ses portables et ses bombes atomiques : elle n’est pas sortie de savoir ce qu’elle est !

La pensée a été entachée de sa propre mouvance, elle traine après elle elle-même. Et ce phénomène est irréversible, il ne va que dans le sens du temps qui passe. On peut la reprendre mais seulement dans ce à quoi, matériellement, elle était attachée : la méthode sera la même, à moins d’avoir d’autres moyens pour penser. Je dis que le point charnière de l’humain dans sa progression au temps est le moment où il a transformé les avanies en coups du sort : ce qui était directement vécu s’est changé en une représentation « séparée » du vécu. Sa pensée s’est alors scindée en deux : la mystique et la mécanique. Robert Grave dans son intro à la Dame blanche, affirme que la poésie ne peut qu’être, en relation avec la Muse : cette transformation de l’avanie en coup du sort est la perte de la muse, de la poésie de la vie.

Initialement, la pensée est un contact avec la vie se retournant sur soi pour être partagé avec autrui qui vous le retourne à son tour. Dès lors que les avanies deviennent des coups du sort, le sort est jeté sur le sort qui prend alors l’allure de n’importe qui ou de n’importe quoi pour ancrer cette angoisse liée à la perte du sens poétique, de l’amour et de l’amitié. La pensée se jouit dans son énonciation et pour cela on raconte des histoires autour de ses sensations transmissibles par des mots ou des gestes, des images verbales ou gestuelles. Le mot résonne en nous à la fois comme moyen de transmission mais aussi comme transmission-même de la pensée d’autrui qui est destinée au partage, inévitablement. Le coup du sort cherchera le secret du sort pour rester un sort pour autrui et une puissance pour soi : le partage n’y est plus ! La logique a été étudiée comme mécanisme de la pensée, mais pas comme succession des moments de la pensée.

Lorsqu’on demande à une pie qui jacasse avec d’autres ce qu’elle pense de la pensée, elle vous répond : le présent. Le néocortex humain n’est qu’anticipation. Alors que le futur est toujours un présent qui arrive, pour l’humain le futur est un espoir. La pie a-t-elle des douleurs articulaires ? Elle est au présent. L’humain a-t-il de l’arthrite ? Il pense que cela va passer et vit et agit en conséquence. Mais cette anticipation regarde l’ensemble de la vie, mais comme la vie ne correspond pas à une quelconque anticipation, cela pose un problème à l’anticipateur qui va alors trouver des moyens de conjurer ou de conjuguer le présent à l’avenir. Le néocortex s’exprime ici avec son sens de l’histoire, de bâtir à partir du vécu, des mondes imaginaires tenant lieu de réels – c’est un être à l’extrême social, de ce fait : seul, il n’est rien. Le présent lui montre une certaine impuissance devant sa vie alors qu’il la compare au futur et ce futur n’ayant jamais aucune correspondance avec ses rêves sinon que le besoin que lui satisfait la vie de vivre dans le monde de la vie (le sorcier qui fait pleuvoir ne fait pas pleuvoir, on le sait, mais il pleut quand même !), il invente des conditions à ce futur, conditions aussi imaginaires que l’interprétation qu’il fait de son présent. Il pense avoir trouvé un antidote dans la « science », mais ce n’est qu’un antidote une fois encore imaginaire face à cette impuissance qu’il ressent de vivre. Confronté à cette imperfection, il trouvera alors une modestie en s’inventant un dieu qui lui sera supérieur et auquel (ou à laquelle, à moins de poésie) il vouera sa vie d’impuissant.

Lorsqu’on demande à un animal ce qu’il pense de la vie, il répond : le présent. Nous, nous pensons une image du présent. Alors que je suis en train de décrire (ou que je tente de décrire) ma pensée, il me faut la formuler pour le futur, celui où elle sera lue par autrui. Raconter une histoire (Jean le loup, la Belle au bois dormant, Terminator 3) repose sur l’acquis (les mots, le substrat culturel, la relation à autrui) et sur l’anticipation : les moyens d’atteindre la fin de cette histoire. Un singe, même Kanzi, ne peut raconter d’histoire imaginaire qui résume un entendement du vécu et cherche à le corroborer, il peut à peine dire ce qui s’est passé.

En fait, la transe que j’ai loupée, c’est de ressembler aux autres : j’ai tout perdu ! Les autres vivent en transe : boulot, reniement, obéissance, et j’en passe. Moi, j’en préfère d’autres et plus jouissives, mais qui n’ont pas coure dans ce monde… ou je ne sais pas m’y prendre ! J’ai cherché à vivre au plus près de la vie, comme dans une sorte de noyade alors qu’on y respire encore et j’ai rencontré bon nombre de bouées de sauvetage, de celles qui laissent bien la tête hors de l’eau ; mais aussi, dans le froid, la bouée est-elle la meilleure manière de mourir… cette tête hors de l’eau, doucement, en grelottant et par, finalement, anesthésie (celle qu’on refuse à ceux qui veulent mourir, qui doivent, pour eux-mêmes, mourir). Il en est des études sur les superstitions comme de celles sur la transe : de loin, avec la cuillère du diable.

La pire des colère est la colère imaginaire qui vous est extérieure : celle du vent, des cailloux, du père ou de l’Éternel : rien de tout cela n’existe, mais l’empreinte de l’imaginaire est telle qu’elle est plus puissante que la réalité. Car, dès le plus jeune âge, on subit un apprentissage à donner la plus grande mesure possible à cette dimension : vous entendez bien ce que je dis : on apprend à donner mesure à la dimension imaginaire. Cela ne nous sert à rien et nous éloigne même de la vie, en tant que vécu immédiat ou même prévisible. Mais plus on sait donner, extraite de l’énergie de ses propres émotions, de force à cet imaginaire et plus il vous envahit, comment dit-on déjà ? impérialistement. De sorte que les problèmes réels qui ont été jetés sur le réel par cet imaginaire ne trouveront jamais de solution sinon qu’imaginaire, ce qui fait du monde une poubelle d’imaginaires plastics, chimiques, -icides, nucléaire (bombes et centrales), pétrolière, etc. L’imaginaire se bat contre le réel avec ses propres moyens : l’imaginaire ; il ne comprend plus le monde que selon ses propres critères, trouvent des rustines (superstitions) à ses fuites devant ce réel, des « lois » de la nature. Dieu est la plus grande séparation de l’humain de sa vie (il était plus proche de la vie lorsqu’il en avait plusieurs, et beaucoup de féminin). Aujourd’hui, effectivement, le monde est humain : il baigne dans les images (l’argent compris, dont la valeur est extraite de la survaleur), se noie dans les images, ne vit que par les images. À peine l’accouplement reste-t-il une matière de chair satisfaisante ! L’invention de l’électronique et son aboutissement actuel (dont on attend avec fébrilité l’avenir dans une « intelligence » « artificielle » qui vous séparera encore davantage du vivant) n’est qu’un prolongement de la bureaucratie et du flicage qui ont commencé avec l’écriture, à Suze, il y a cinq mille ans. On le sait, mais il s’agit d’image qui cache d’autres images et quelle image que l’artificielle ! La prétention de l’image de dépasser le réel est rattrapé par le réel : tout dernièrement, on s’est aperçu que depuis plus de vingt ans (c’est-à-dire : depuis le début de l’affaire, quasiment) deux « failles » sont présentes dans l’ensemble minéral du parc électronique. L’humain ne reste qu’un bout de chair, sur une planète qu’il a pollué à l’excès, qu’il raffine ou non le silicium, parce qu’il refuse d’être ce bout de chair.

Un dieu n’a jamais tué personne, sinon que par la puissance de l’imaginaire ou des tueurs ou du tué ; une prière (même si ça fait du bien) n’a jamais été exaucée, sinon que par hasard ; bien qu’il soit destiné uniquement à sa propre satisfaction, un rêve reste en toute circonstance un rêve : le produit de l’imagination humaine. Ce qui ne rassure plus ceux et celles qui cherchaient dans cet imaginaire un répit à leur angoisse. L’image cache l’angoisse, mais l’angoisse demeure, et elle demeurera tant qu’elle ne sera pas dévoilée… mais voilà ! elle fait si peur qu’on ne la dévoilera jamais. Ce n’est pourtant, quand on l’a découverte, qu’une petite chose faisant partie de la vie, comme le fait de devoir manger, boire, aimer, dormir, savoir, s’occuper. Ainsi, cette histoire de mes vœux de la pensée qui n’est pas l’histoire des productions de la pensée, mais de celle de la conscience de soi et de l’image : nous sortons à peine de conditions qui ont créé l’écriture, nous avons les mêmes dispositions de pensée qu’il y a cinq mille ans, nos dieux sont les mêmes (bureaucratie, flicage, domination d’autrui), seuls les moyens ont évolué (ceux que l’on prend pour une évolution de la pensée, imprimerie comprise). Avec le patriarcat, nous avons perdu la Muse, le contact poétique avec le monde (quand je parle de poésie je ne parle pas de la dernière chanson de Johnny, vous comprenez l’implication du mot, n’est-ce pas ? la transe poétique, l’unique chose qui est propre à l’humain et que tous les autres animaux nous jalouse, encore qu’ils vivent, eux plus que nous, le présent au présent. En fait, ils ne nous jalousent pas de nos transes, puisqu’elles sont devenues si peu présentes, et qu’ils ont conservé – pour ne l’avoir jamais égarée, même dans la domestication – la capacité des leurs qui ne se sont pas perdues dans des leurres, des images de transe).

Nous sommes toujours dans le même état de pensée que celui qui a donné naissance aux rois, aux sorciers. Nous y baignons tant encore que cela parait normal qu’il en soit ainsi, malgré les malheurs qui suivent en cortège cet imaginaire. On parle des rois du pétrole comme jadis d’Alexandre l’ivrogne, sauf qu’aujourd’hui il s’agit de cocaïne et que la puissance de feu du premier se retrouve dans la puissance de pollution du second. Les sbires et les larbins sont toujours aussi prégnants dans leur présence qu’il y a huit mille ans. On évoque des stades de la pensée, entre Platon et le christianisme, par exemple, mais le système est le même : l’humain a toujours autant peur de vivre. Je me répète : l’évolution de la pensée telle qu’on nous la présente présentement n’est qu’une succession semblable à l’évolution des mathématiques qui aujourd’hui finissent dans les cordes. Ce n’est pas la pensée qui a évolué, mais la pensée de la pensée : laissant la pensée initiale, l’incarnée derrière son image, l’image qu’elle crée et derrière laquelle elle se cache… allez-vous en savoir pourquoi ? Bien sûr, je le sais, nous le savons tous, plus ou moins : la chair nous rattache tant à la réalité, avec ses exigences de faim, de soif, d’amour et d’amitié, d’occupation, de savoir, de confort, nous parait si terre-à-terre qu’elle ne peut que recevoir la médiocrité de l’imaginaire en partage, quand cela dénonce aussi la perte du réel de cette chair qui est pourtant bien réelle. Il faut la preuve d’une radiographie pour démontrer l’existence du cœur brisé ; des IRM pour démontrer qu’il faut reconnaitre le désarroi et le désespoir ; calculer le nombre d’âmes solitaires pour montrer combien cette société est inhumaine ; faire des lois sans effet contre le bruit pour l’admettre comme facteur de folie ; mesurer les particules fines pour continuer à les respirer ; sentir les échappements des moteurs à combustion interne pour ignorer l’odeur de la vie ; compter les désagrégations nucléaires pour ne pas même se rendre compte qu’on est impuissant devant leur intensité pour des mesures de temps frisant l’éternité ; nous tancer devant les étalages des supermarchés pour ne pouvoir choisir que du poison lequel nos nouveaux-nés-mêmes contiennent à leur naissance. Tout cela, c’est de la pensée de pensée, en rien de la pensée. La pensée aurait coupé court à toutes ces facéties pour continuer à se consacrer à sa consistance, la poésie, c’est-à-dire, la relation à autrui par l’usage de nos moyens : la pensée, l’amitié, l’amour. La relation au monde qu’avait un seul couple de Primitif, avec ses tabous et ses fétiches (c’est-à-dire ses craintes et ses ancrages), était intimement plus proche de la poésie que de celle de tous les spectateurs des télévisions du monde compilée.

Une histoire de la pensée ne peut commencer qu’au moment où on distingue deux, ou mieux, trois différences d’états à notre sujet. Aujourd’hui, ne nous souvenant plus d’un premier état, datant de l’époque où le mâle humain n’avait pas la mainmise sur l’expression sexuée de l’humain femelle pour lui attribuer le malheur du monde, nous ne pouvons qu’admettre qu’il n’y a qu’un et un seul état de la pensée, d’avant jusque maintenant. L’histoire de la pensée deviendra effective lorsque nous en auront commencer un second. La chair est certes faite de souffrance et d’usure, mais aussi de croissance et de plaisir : il nous faut penser dorénavant avec notre appendice de plaisir sexuel interne ou externe ; non plus faire jaillir la mort dans le minéral, mais la vie par l’organique ! Nous en avons le moyen, nous en sommes naturellement dotés Si les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, nous devons, nous, le réincarner.

 

 

 

 

 

 

 

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Dans mon rêve

Je t’imagine parfois dans mes bras et me demande si tu y avais ta place, ou moi, n’avoir pas trouvé la mienne.Et je n’ose continuer plus loin de peur de me faire encore plus mal, en espérant rattraper au vol l’image du bonheur. Tu es si douce loin de moi, comment pourrais l’être tu au contact de nos chairs ? Allaient-elles réellement s’accorder comme dans mes rêves ? Cela n’est pas possible : je surestime la capacité de l’amour humain, il se contente de moins encore ! Rien n’est parfait, comme en rêve, en ce monde de chairs, rien, ce qui laisse le champ à ce qu’on veut vivre, finalement…

Et je pense que c’est cela le fondement de la vie humaine : le champ libre. Quel champ ? quelle liberté ? On peut, par exemple laisser le champ libre de travail, mais cela a-t-il du sens quand on en attend de la farine, de la bière, du pain ? Il faut le « travailler » ce champ : est-ce que c’est (de) la liberté ? La formule est mal dite : « le libre champ à la liberté » : vous imaginez le « libre champ à la liberté » ? Pensez-vous que cela puisse être ? Je pense que c’est dans ce volume immense de la liberté que nous puisons la vérité de nos vies. Imaginez une orange par rapport à la terre, ensuite la terre par rapport au cosmos, maintenant imaginez-vous par rapport au cosmos : c’est grand, non ? C’est immense ! Alors mesure maintenant le volume de ton espoir, de ton amour et de ta chair, pour voir combien à peu près ça pèse. C’est petit… hein ? Et toi, aussi petit que ton voisin, tu tues, tu empues, tu empoisonnes, trucides, meurtris, anti-tout ! anti-rien : qu’est-ce que tu pèses par rapport à ton voisin ? ou ta voisine ? Tu sais pourquoi ? Parce que quand tu étais petit, on t’a affirmé que tu ne pouvais pas trouver du plaisir de ton appendice de plaisir interne ou externe sexuel et que tu as tardé à le vérifier, trop tardé. Alors t’es resté accroché à cet âge sexuel… qui n’était pas encore mature. Tu as dû maturer avec ça, mais le retour au délice ne se fait pas du jour au lendemain. Car, cette jonction entre ce délice et tes organes sexués correspondra à ce retour précisément, et tu aimerais beaucoup moins alors qu’on te les casse, tu comprends ? Ces délices.

L’accès au délice sexuel est autrement plus parlant au point de vue de la vérité du vécu, que d’en parler… je veux dire que certaines choses sont accessibles, et d’autres non. D’abord, il faut se sortir des médicaments, c’est-à-dire, tenter de se sortir par toi-même du merdier où on est. C’est un sac de vipères : la frustration d’avoir vécu ce que nous autres humains ne devrions-nous pas connaitre, rend certains violents, pas maladroits, violents. Il faut le dire, si c’est maladroit ; il faut trouver une autre solution pour le violent, et là, chacun sa méthode. Moi, je dis, on peut sur-gonfler sa verge ou son clitoris jusqu’au point où il faut se laisser aller, quitte à revenir si l’effet attendu s’estompe. En fait, il faut baiser pour baiser et on le sait, c’est un acte volontaire, voulu, admis, concédé, éprouvant parfois sur des points d’achoppement. C’est la galère, mais la galère ne sombre pas ! Il faut trouver un moyen d’excitation et le rechercher comme source de votre excitation. L’amour est la douceur des possibles, et on peut aimer le temps d’une chair, n’est-ce pas, quand on peut aimer les oiseaux, les fleurs, les vêtements, les bijoux et que ne sais-je encore ? À ce point où vous avez volontairement abandonné tout contrôle, jusqu’à ce que de cette perte de contrôle réel apparaisse et vous laisse pantois et pantoise. C’est une question de correspondance d’intensité : le plus gros donne son excédent et le plus petit fait ce qu’il peu… Arrive alors le moment où on prend conscience que la conscience de l’autre est une addition à la jouissance : on sait qu’on perçoit, qu’on se perçoit et qu’on perçoit. Et une sorte d’énergie progresse en volume de votre vagin et de votre verge. Vous vous demandez si vous êtes seul à percevoir cette intensité, si votre autrui a les mêmes sensations que vous. Il n’y a que perception comme solution… et là vous êtes perdu dans la sensation de l’autre. C’est juste à ce moment-là que l’orgasme arrive, comme un éblouissement, un vertige, une reconnaissance de la communion. C’est un moment un peu fou. Puis, vient le doux reflux et d’avoir eu le plaisir de ce mélange qui vous ôte de votre solitude.

Regardez maintenant le monde dans lequel nous vivons : pourquoi est-il si pourri ? Parce que nous avons oublié que le plaisir de la vie est son plaisir. Et cela depuis tout jeune, jusqu’à sept ans, en gros. Après c’est l’amnésie. Comment peut-on faire resurgir quelque chose dont on ne se souvient plus ? Nous savons de ce dont nous ne devons pas penser, nous le savons ! n’est-ce pas là le chemin à suivre, ce savoir ? Nous savons de quoi il retourne, ce que cela concerne, relève, rebondit, s’excite du sexe, nous le savons, que diable ! À ce stade, la timidité est de la peur, vous ne croyez pas ? Un peu de courage, que diable ! Il faut bien suivre la méthode, et anticiper qu’on va devoir lâcher prise. Ça comporte comme une règle absolue, sinon rien.

Nous sommes donc doté du savoir, par rapport aux autres animaux. La conscience ? Tout le monde en a en suffisance, et l’humain en excédent. L’âme : elle est aussi fugace que lorsqu’elle s’envole de la mort. Il ne reste pas grand-chose… Ce qui nous différencie des autres êtres vivants de cette planète, c’est que nous sommes doté du savoir, cette sorte de collectivisation du vécu. Chez les autres, ils tournent dans le bocal du temps ; nous, nous partagerons notre vécu sous forme d’images, tandis que les autres animaux ne le partage que dans la sensation (et sa mémoire). Et dans cet étrange deal de la nature, nous devons revenir à l’état d’animal, parfois : naissance accouchement, puberté (premier baiser), orgasme et d’autres encore, et quelques autres encore. Nous possédons le don de ressentir les images qu’autrui nous donne à voir : imaginez ! Le don d’un dieu ! ou peut-être d’une déesse.

 

C ‘est quand on a la muse qu’on poème

(chanson)

Dans mes rêves je te dis
des mots d’amour
Je les écrit sur la rondeur de tes
fesses
Sur le soyeux de tes seins et du galbe
de tes cuisses
Et les promènent comme une caresse
sur ton front et tes lèvres…

 

Ô ma muse, où es-tu ?
Loin d’ici ou bien de là
Et pourtant si loin

 

Et oui, ma muse doit être de chair, mais aussi d’autre chose, d’une étincelle ou de mon étincelle qui se reflète dans ses yeux. Elle doit avoir des seins sensible à la caresse, dont l’odeur du pubis rappelle le nard, et le goût de sa cyprine l’étendue des mers. J’aime à penser la douceur de ses cuisses sur mon visage, laquelle est parcourue par le bout de mon nez. Ses baisers ont le charme de la fondense, zut… fondance ? Oui, la gigue ! Et quand alors elle vous prend la queue dans sa main, c’est le plaisir suprême : elle m’aime ! elle aime ma queue ! La coquine monte et descend le long de la hampe cessant son mouvement à l’orée du gland sur son chaud mont de Vénus. Son baiser vous engouffre et la chaleur de sa bouche irradie cette extrémité de la verge. Un jour, vous arriverez à vous unir par le sexe, homme et femme, femme et homme, j’en suis sûr. Mais ça va prendre du temps ! Car ce qui importe c’est notre nombre : plus nous serons de corps, plus nous donnerons corps à notre cause, et moins leur puissance frustratrive aura la force de la persuasion, car mieux aura-t-on compris que c’est plus la frustration qui nous empoissonne que notre satiété sexuelle paire ? Non ? Cela, nous ne le savons pas encore très bien ; c’est pourtant un point d’appui sérieux, solide et suffisant pour affirmer que ma muse devrait être de chair.

C’est là la difficulté : plus on se sent proche de sa muse et moins elle est là, de chair et d’os. Non… ce n’est pas la solitude qui prive de la poésie, mais plutôt le savoir que ce n’est qu’un rêve ! Et c’est un peu désespérant, parfois : on l’aimerait si proche, en chair chaude, aimante et sexuellement, pensante et mémorisant, joueuse et un tantinet bavarde. À la question philosophique de savoir si le désir a droit, ou devoir de se retrouver dans la réalité, on doit répondre : par hasard. Et le hasard existe. Il existe en musique, en peinture, en sculpture, en plein d’autres choses, pourquoi pas dans la vie ? Faire du hasard un art, pourquoi non ? La ficelle peut aussi mener à cette notion que vous êtes responsable de votre propre hasard (on le comprend lorsqu’on n’entreprend rien pour le solliciter, par exemple) et c’est compliqué parce que
1- on ne peut comprendre ce qu’on ne sait pas quoi comprendre, à moins d’intuition
2- il y a des conditions matérielles au hasard sur lesquelles vous n’avez pas une grande prise et encore moins d’emprise : la matière elle-même contient le hasard, alors vous ?

Il faut certainement se bouger le cul, tant qu’on a la santé, il faut en profiter. Ben, moi, j’en profite plus bien, du hasard, je vous le dit ! Ma muse est d’or, ce soir j’ai la sauce cailloux. Tous les jours sans amour, sont des jours perdus et perdant. Et qui dit « perdre » dit, une nouvelle fois, le peu de cas que fait de vous le hasard. En fait, le hasard n’existe pas, ou alors il faut qu’il change de nom. Car le hasard a une fin, une finitude, aussi fugace que l’âme du bonheur, et cette étincelle enflamme le petit nid d’amour que vous entreteniez avec jalousie, qui, à son tour, va vous embraser suivant la consistance de votre bois. Le hasard à une fin pour chaque chose, mais elle seule. Drôle de bête. Il faut (ou bien le hasard doit toujours) être renouvelé. L’art du hasard a cette règle que l’on ne peut savoir quand il faut le provoquer, ou bien on peut le vouloir, mais ce sera de seconde main : on aurait dû le savoir avant pour qu’il n’arrive pas.

La manière de supprimer le hasard est autant de s’y fier ou d’en défier l’efficacité. Le hasard est l’énigme humaine. Il n’y aurait pas de hasard sans humain, ni d’humain sans hasard : il faut le savoir par cœur. Rappelez-vous ma métaphore de tout à l’heure relative à la grandeur de l’âme : il ne s’agit pas montrer ses dimensions, mais son volume multiplié par l’intensité de sa pression interne. Plus on est compressé par sa peau, sa propre peau, et moins on est sensible à l’extérieur. L’appendice de plaisir interne et externe sexuel est le moyen de décharge de cette pression lorsqu’il se mélange aux sensations de l’autre. Sinon, on continue de gonfler et, loin d’exploser (parfois de rage) on apprend à en sentir l’incommode. À ce point, les choses s’inversent : il y a une sorte de plaisir à n’en avoir pas, à supporter de n’en avoir pas, et transiger d’en avoir, à tergiverser parce qu’on en a pas, à regimber parce que qu’on a peur de n’en pas avoir, ou de trop près l’approcher (ça désoriente, c’est vrai), etc. On nomme cela : le caractère : la manière qu’on a adaptée pour survivre à l’absence de plaisir incarné mal adoptée.

Le caractère est quelle chose d’un peu complexe : il est à la fois une protection contre le plaisir interne et le plaisir externe ; et à la fois une limite à ces plaisirs, une limite d’intensité.
Protection : L’âme est une baudruche à la peau flexible dans le sens de l’épaisseur et souple dans l’intensité de son volume. L’anesthésie se produit par endroit, fille du manque de mouvement intégral, de l’ensemble du corps, sous formes de convulsions involontaires. C’est le « réflexe d’orgasme » de Wilhelm Reich, et son anti-thèse, la « peur de l’orgasme » : on ne peut parler de l’un sans l’autre. Cette peur est la maladie qui préoccupe 96 % de l’humanité, et 92 % sans le savoir de cette peur ; et elle est tenace. Mohamed n’a jamais parlé de la circoncision (il a parlé du sacrifice pas de la circoncision, du mouton, par de l’enfant), et un homme ne peut pas se gratter les couilles parce qu’il a les poignets cloués à une croix. On vénère la croix, depuis, et on donne son âme au mec. Tout cela pour réduire la peur de l’orgasme.
Intensité : la caractère se manifeste comme une contraction involontaire musculaire dans l’organisme qui ressent le flux du plaisir ; flux ou trop rapide et/ou trop puissant pour pouvoir être admis, accepté par cet organisme « cuirassé ». C’est un véritable handicap. Il faut apprendre à souffler – comme sur un brandon, lui insuffler la vie – à l’arrivée du plaisir pour relâcher à sa venue. Car si le plaisir est craint, il est aussi le bienvenue, l’attendu, prévu, au moins escompté !

L’artificiel du minéral

À propos de l’intelligence « artificielle » (le minéral contre l’organique), peut-on même imaginer que cette « intelligence » jouisse d’avoir gagné une partie d’échec ? Qu’elle saute de joie ? Qu’elle en fasse pipi dan sa culotte ? Non, bien sûr. Alors… qu’entend-on par « intelligence » et « artificielle », sinon ici, deux leurres ? Le minéral en peut en rien être intelligent, mais artificiel, oui ; et l’intelligence ne peut PAS être artificielle, sinon elle n’est pas organique. Quel est le but de l’intelligence lorsqu’elle joue au jeu d’échec : jouir de participer avec autrui au jeu de l’intelligence vivante, organique. Et c’est cela qu’on veut cacher dans cette expression « intelligence artificielle » : c’est que l’intelligence peut être détachée de la vie et de ses plaisirs, ce pourquoi cette intelligence existe ! On veut nous faire admettre que l’usage de l’intelligence est dépourvue de jouissance, car la jouissance n’est pas intelligemment tolérée comme jouissive ! L’intelligence artificielle est cette intelligence organique dépourvue de la chaleur organique : le gland, la vulve et le vagin restent, doivent rester froids !

L’intelligence « artificielle » ne jouit pas, elle est minérale, elle n’est en rien organique qui seul peut éprouver de la joie, si on lui en laisse le loisir. Ainsi, à proprement parler, ce n’est PAS de l’intelligence, et effectivement, c’est un programme qui programme ce qu’il doit programmer, et en dehors de cela, il est impotent, aussi large soit le programme du programme à programmer. Il s’agit bien d’un leurre qui vous attrape pour vous faire oublier que vous êtes d’essence organique : c’est-à-dire, propre à jouir de la vie, à en éprouver joie et peine ; et seulement par un mot, un jeu de pensée. Et que vous devez respecter l’artificialité de ce manque de jouissance de la vie qui doit rester « cérébrale », artificielle ! On doit trouver à admettre le caractère uniquement minéral de l’intelligence (comme si cela pouvait exister !) dans l’admission de l’expression « intelligence artificielle ».

Ha ! je dois attendre l’amélioration de cette « intelligence artificielle » pour qu’elle participe à mes jouissances, mes explosions de joie ! Mais, ici à nouveau, c’est un leurre : on détourne l’attention sur un détail de ce qui est important : autrui, en tant qu’être vivant propre à la rencontre et au mélange amoureux. Ce qu’on attend de l’intelligence artificielle c’est qu’elle me décharge du fardeau de la rencontre, du fardeau qu’est devenu autrui, de sorte que je puisse jouir de la vie seul, sans communion avec celle d’autrui. Tous les méchants de nos productions oniriques sont des êtres froids, exempts d’empathie : l’intelligence artificielle possède-t-elle le don d’empathie ? Non, bien sûr… CQFD. Ces méchants ont dévoyé ce don d’empathie pour un but, suprême et supérieur (je sais c’est la même chose, mais l’un est religieux et l’autre social) où tout ce qui n’y correspond pas est une barrière, un frein, un empêchement malencontreux. Quel est le mode de programmation d’un programme ? Exactement ce que je viens de décrire : impérieux, froid, borné, et le reste, car ce n’est que de l’électricité qui passe dans du MINÉRAL et que le minéral est dépourvu du don de l’empathie.

On va alors me dire, comme autre chemin, que l’objet de l’intelligence artificielle n’est pas cela, qu’elle a d’autres destinées : faciliter la vie des gens, par exemple, la maladie, la gestion, etc. Mais en quoi ce dispositif minéral peut-il améliorer ma vie ? La bureaucratie ? La reconnaissance faciale, vocale ? La sexualité satisfaisante ? C’est encore un leurre : l’intelligence artificielle ne sert que comme raffinerie publicitaire, policière et bureaucratique, à rien d’autre. L’agriculture ? Non. La naissance ? Non. L’amour ? Non, en disconviennent aux espoirs de l’amour parfait facilité par l’intelligence artificielle, minérale ! Le moteur sans pollution ? Non, car c’est l’usage du moteur qui doit être remis en question, pas son « perfectionnement » et à cela, seul l’organique peut répondre, car il s’agit de l’usage que l’on fait de sa vie et pas seulement de qu’on fait d’un objet, d’un minéral. Etc.

D’un simple usage de la psyché humaine, nous sommes toujours dans la magie, mais ici, la magie a un aspect plus concret, car elle agit sur des machines, et par l’intermédiaire de ces machines, en second temps, sur les êtres humains qui veulent bien s’y laisser prendre. James George Frazer, dans Le Rameau d’or, nous dit que la magie est « sympathique » et se divise en deux aspects : par similitude et contact, respectivement par l’association d’idées de ressemblance et l’association d’idée de contiguïté, dans l’espace et le temps. Nous projetons toujours nos désirs et nos craintes en dehors de nous du fait que l’énergie qu’elles détiennent ne peut être entièrement dissoute car nous ne savons pas en vivre, en dissoudre la diversité dans l’acte amoureux sexué paire. Ainsi, nos production oniriques sont-elles plus variées les unes que les autres sans que le problème du surplus d’énergie soit résolu, mais simplement dont la « perception » est déplacée, par sympathie (de similitude ou de contact). L’intelligence « artificielle » nous fait miroiter que nos problèmes pourraient être résolus à l’aide d’une machine qui serait encore plus intelligente que nous. N’est-ce pas idiot de simplicité ? « L’intelligence » artificielle fait penser que NOS problèmes nous surpassent et que nous ne sommes plus capables de les résoudre, non ? On pourrait presque penser aussi que c’est un aveu d’échec à la complexité que nous avons créée de la vie… qui n’est pourtant pas si compliquée. Cette complexité actuelle n’est que morale, c’est-à-dire publicitaire, bureaucratique et policière : tout ce qui régit la marchandise que chacun de nous doit placer devant son fait historique par lequel elle doit disparaitre de nos vies, au mieux définitivement.

La magie de l’intelligence artificielle est de nous montrer que notre « force » psychique, notre capacité à résoudre par nous-mêmes nos propres problèmes (encore dussent-ils être correctement identifiés… ce qui est aussi une forme d’intelligence !) n’est finalement qu’une poignée de poudre de perlimpinpin : nous ne sommes pas capables de maîtriser nos vies, car les objets nous gouvernent, et les objets… c’est du minéral. On voudrait plier autrui par notre force psychique, mais à quoi ? Outre obtenir gratuitement de lui ou d’elle le liquide de services sexuels, le porter à acheter nos marchandises (publicité), le maintenir socialement dans cette disposition (la bureaucratie) ou bien finir par le mettre en prison (la police) ? Il n’y a pas de force psychique sinon que de leurres, c’est-à-dire détourner les attentions du point central de l’aliénation : le travail et le salariat, la marchandise et la valeur. L’intelligence artificielle n’a d’autre but que de corroborer notre état social et de repousser derrière ses chimères, l’intelligence organique, possédée par tous les animaux qui peuplent cette unique planète, de sorte à résoudre nos problèmes, pas ceux des objets. Nous aurons au moins un siècle d’activité à consacrer notre intelligence pour corriger, réparer et adoucir l’ensemble des problèmes que notre amour de l’objet en tant que marchandise a provoqué en ces lieux autrefois respirables, buvables, verdoyants et prolifiques.

De telles dispositions magiques en viennent à attribuer aux peurs la force des joies : nous vivons dans un monde terrorisé. La force qu’on octroie au « mal » (en fait, à la douleur incomprise, psychique ou /et physique) est immédiatement relative à notre peur de sa manifestation, et cette peur est un leurre, car on attend toujours la manifestation qui doit lui donner consistance, chaque heure, minute, jour, semaine. Qu’elle n’arrive pas, on s’en étonne et pourtant elle reste toujours tapie dans le recoin de l’âme où nous lui avons donné sa couche. Et quand elle arrive, toujours sous une autre forme que celle attendue, nous nous satisfaisons de nos prédictions, bien qu’elles tombent à côté de l’objet ; mais son objectif s’en trouve renforcé. Et comme nous ne faisons rien, pratiquement contre elle, elle se nourrit des jus que cette couche transsude, de nos sueurs froides et de nos cauchemars. Nous irons chercher dans nos productions oniriques éveillées (cinéma, romans, musiques, etc.) des déplacements de cette énergie : le rêve sert à cela, à ceci près qu’ici, il n’est pas une solution à une difficulté de satisfaction, mais la manifestation d’une répétée insatisfaction qui ne pourra donc jamais trouver de solution autrement qu’en étant reproduite pour se retrouver dans la réalité, celle qu’on attribue à ces peurs. On la retrouvera dans cette « intelligence artificielle » qui est le résumé grossier de cette société de publicité, de bureaucratie et de police de la marchandise et de la valeur. Notre monde est un monde de rêves mauvais, de cauchemar, de terreur pour l’enfant, la femme, l’âme amoureuse. Nous le savons, de Marseille à Alep, maintenant il faut que ça mousse !

La vérité est que l’intelligence artificielle empêchera l’intelligence organique (celle dont sont pourvu naturellement tous les êtres vivants – organiques – pour leur permettre de vivre) de trouver des solutions au problème de la satisfaction sexuelle sans meurtrir qui que ce soit, car ce genre de chose s’apprend et on met longtemps pour la retrouver lorsqu’on l’a perdue. L’intelligence artificielle ne permettra jamais une telle approche, car cela lui est émotionellement impossible. Tous ces « cerveaux » qui se penchent sur cette « intelligence » ne cherche qu’une reproduction d’eux-mêmes : à quel point sont-ils minéralisés par leur cuirasse caractérielle qui est une protection contre la force de l’émotion de l’orgasme qui leur est devenue une peur incoercible ? « À tout penser autant éviter de penser à ce dont vous êtes effrayé ! » affirme l’intelligence artificielle. Car l’intelligence organique ne se destine qu’au plaisir de vivre, en tant qu’organique, qu’organisme vivant. A-t-on vu un lapin ne pas manger par « idée » ? Ou un renard ne pas chasser un campagnol par « idée ». ? Non, bien sûr : leur adresse et leur intelligence (qui est liée à la mémoire) leur octroie le plaisir de la satisfaction, de manière propre à leur espèce. Nous en somme le contraire : nos satisfactions sont minérales : l’objet. Songeons-y… Pour trois satisfactions loupées, il faut trente tentatives pour la retrouver, passant par le doute, l’incertitude, l’acrimonie, le déni, le rejet, le mysticisme, les pensées avilissantes, et que sais-je encore. C’est long !

L’apprentissage sera long et le chemin caillouteux. Il faut retrouver la communion avec autrui, pas l’artificiel.

 

 

 

 

 

 

 

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Patriarcat : l’intendant

À Martine B.

Le dernier de la bande

Outre le sbire et le larbin, un corps du patriarcat détient une puissante importance d’autant plus qu’il passe inaperçu : l’Intendance.

Napoléon disait gagner une guerre avec des chaussures (et les nazis ont affrété un bataillon spécial de prisonniers pour tester les meilleures) : c’est l’intendance.

L’intendance c’est principalement les industriels qui fournissent de l’argent au chef (jusqu’à créer au besoin une nouvelle monnaie) pour qu’il porte ses idées qu’ils subventionnent en vue de leur tranquillité. L’intendance c’est les petites mains qui ne sont pas obligatoirement du complot, mais qui fabriquent l’essentiel de ce qui permet qu’il puisse se mettre en marche : les usines d’armement, de vêtements, de drogues, les raffineries de pétrole, ces centrales nucléaires, etc. tout cela parce qu’il faut vivre… c’est l’intendance !

On ne maintient pas le peuple bâillonné sans bâillon ni bâton, on n’envoie pas des soldats au front sans drogue idéologique ou psychédélique. Les esprits doivent être obéissants, au mieux par eux-mêmes, sinon ils doivent être brisés. Pour tout cela, il faut des moyens et c’est l’intendance qui y pourvoira. Je ne suis pas très fort en intendance, mais je le mentionne, je le souligne. L’intendant est celui qui centralise le nécessaire pour que la parole du chef se porte au mieux, se disperse au mieux, ait au mieux une audience, sinon une visibilité.

Il s’occupe du papier, de l’encre et de l’imprimante sans véritablement rendre part au rêve du maître, mais il garde bien au chaud une parcelle de ce rêve, en lui et il sait comment lui donner de l’ampleur, pratiquement. Il fournit les fusils, les balles et les martingales. Il fournira les caméras, les pellicules, les outils de travelling, et saura développer ce manège pour qu’il trouve une audience dans les salles obscures. Quoi qu’elle ne comprît pas la notion de chef, dans une analyse que j’avais faite de la société actuelle en fonction de l’organisation du spectacle, c’est le « producteur » du mauvais film de la chéfitude, du patriarcat.

L’intendant c’est celui qui a été cherché le petit pain que Jésus a multiplié sur la colline.

L’intendant c’est celui qui a organisé le kidnapping des Coréennes pour les donner en pâture sexuelle aux soldats japonais, ou, pareillement, des Françaises aux GI au sortir de la guerre (on ne peut pas parler de « prostitution », car elles n’en n’ont reçu aucune compensation d’argent, pas comme nos députés).

Un peuple averti en vaut deux.

 

Patriarcat : la chéfitude

Le pire modèle de chéfitude auquel nous avons accès aujourd’hui est le IIIe Reich : les archives à notre disposition nous permettent de détecter ses mouvements et les moyens qu’il a employés pour se développer, se déployer et, du fait qu’il est un système d’organisation de la vie totalement débilitant, se briser quand il a voulu anéantir des systèmes de chéfitudes moins puissants. Ces derniers ne se sont certes pas rebellés contre le premier, mais parce que le premier prenait trop de place à leur encontre. La barbarie du IIIe Reich n’est apparue comme telle que dans sa défaite, pour la majeure partie de ses attaquants.

Mais, j’insiste, ce que le lecteur va lire n’est pas une description de cette période particulière. Il pourra cependant vérifier ce que j’écris en calquant mon canevas sur cette période, comme sur une autre : Lybie, Argentine, Chili, etc., et en édulcoré, sur l’ensemble du monde, puisque le monde est dominé par l’organisation patriarcale de la vie que le capitalisme cache derrière son petit doigt !

On dit souvent que le personnage central de cette triste période (les chefs sont des gens tristes) est Adolf Hitler, mais celui-ci n’aurait rien été sans son larbin en chef de Joseph Goebbels, son sbire en chef d’Heinrich Himmler et, on le sait bien, les subsides que lui ont alloués de riches industriels de toutes nationalités. Le chef est un « guide » en ceci qu’il fascine les idées en gerbes cohérentes, même si la base de cette cohérence est un désordre reconnu de l’aptitude à la socialité, de sorte que l’anneau qui crée ces faisceaux n’apparaisse pas comme socialement délirant. On vous montre l’Anneau, comme ailleurs un Agneau, qui marie des solutions éparses à un problème civilisationnel (palier à une crise sociale importante, sursoir au péril « communiste », le raffinage de l’impureté de la « race »), comme corrélation d’idées sensées expliquer ce problème, alors que, comme à la sortie du hachoir, on ne distingue plus rien de l’initial, sinon qu’une purée. Non seulement, le chef cristallise sur lui ce qu’il doit cacher derrière son discours (encore qu’ici, ce discours contient la haine d’un humain qui ne lui correspond pas), mais est aussi le cristal à partir duquel la cristallisation est possible.

Il s’agit pour moi de décrire la chéfitude qui est, comme l’a décrit Hegel « du maître et de l’esclave », à deux facettes : la fascination du peuple et le peuple. Je laisse au lecteur ce livre de Wilhelm Reich (La Psychologie de masse du fascisme) dans lequel il trouvera avec certitude des projecteurs pour éclairer la pauvreté de la société patriarcale dans ses possibilités d’expression de la liberté, non pas seulement amoureuse, mais aussi sexuelle ; en quoi cette fascination permet de se décharger de la première pour ne pas avoir à se préoccuper de la seconde. Le même auteur a par ailleurs écrit un autre livre, plus lourd du poids de son expérience car plus tardif, sur cette étrange relation du peuple et du chef : Le Meurtre du Christ.

Le mot de « chéfitude » n’est pas dans les dictionnaire, et bien que je l’emploie depuis une trentaine d’années, il a peu d’occurrences sur le web, à moins des miennes : le concept de « l’existence du chef » n’intéresse personne, comme si il contenait une mystérieuse logique quelque peu corrompue qui nécessiterait des gants et des pincettes pour l’aborder afin d’éviter d’être soi-même atteint du virus de la méthode dont on détient tous des bribes plus ou moins grosses ; alors que le chef n’est qu’une relation à l’angoisse des gens qui la cristallisent dans une image. Le besoin de chef doit être observé dans ceux qui ont besoin de ce chef, pas dans le chef lui-même. Le chef , son sbire et son larbin donne une forme à l’angoisse des gens et les gens acceptent selon leur conditions d’existence – et ici, la ruse est de leur donner l’impression qu’ils maîtrisent leurs conditions d’existence à travers le programme du chef – cette formalité de leur existence. Je ne dis pas qu’ils se retrouvent totalement dans les délires du chef et de sa clique, mais un faisceau de décisions et de laisser-aller concourent à l’emprise d’un piège, donnant l’apparence que les mâchoires de ce piège sont la solution aux malheurs de leur conditions d’existence.

Ainsi, au lieu d’analyser une image, on analyse une personne : celle qui cache cette image… peut-être pour en oublier l’existence. L’image du chef, le besoin de chef, son existence, les satisfactions que cette image procure (le chef est généralement assez con, comme personne, mais son image fascine), les attentes de satisfactions qu’on en espère, que les gens espèrent et ce que cette image cache chez les gens eux-mêmes, en eux, qui est si désespérant qu’elle leur est indispensable. Bien sûr, comme pour la grenouille, il faut que l’intensité de l’image soit progressive pour ne pas les ébouillanter dans la réalité de leurs espoirs.

En gros, le chef est le caractère rigidifié d’une aptitude d’organisation donnée par la grégarité, le fait de vivre en troupeau. Alors que le leader organise les désirs des gens pour une satisfaction générale, le chef s’organise – et a toujours pour cela besoin d’un larbin qui va idéologiser le moyen d’être chef et d’un sbire qui va imposer la rigidité comme moyen d’être chef : il n’y a pas de chef qui ne cache deux sous-chefs ! (le larbin est généralement plus nabot que le chef, car il n’en a ni la verve ni la carrure, mais manifeste plus de morgue ; le sbire connaît son métier : battre) –, le chef, dis-je, s’’organise pour ses propres satisfactions – et celles de ses sbires et larbins – desquelles il ne jouit qu’en image : il a une incapacité indécrottable de pouvoir partager-donner l’orgasme sexuel, incapable même d’érection (Mussolini, Kadhaffi et autres bandent, mais violent : ils jouissent de la domination physique : ce sont des chefs tendance « sbire »). La petite part de chef en chacun de nous ne sait pas gérer ses frustrations et cherche à dominer autrui pour les éviter, sans que cela change quoi que ce soit, sinon qu’un pire dans l’intensité de l’image derrière laquelle il se cache et qu’il prétend pourtant incarner (le larbin et le sbire incarnent bien plus physiquement cette image que le chef, hélas).

Nulle part ne transparaîtra cette sexualité frustre et frustrée du chef que les sous-chefs peignent de couleurs éclatantes de la vitalité. Il faut soi-même aimer le pouvoir du chef pour aimer le chef. Le leader n’aime pas le pouvoir en tant que supériorité, mais en tant qu’élément d’une jouissance supérieure qui n’est que partageable ; davantage comme un outil correspondant aux désirs de ses compagnons et compagnes. Loin du leader de circoncire, d’exciser, de brimer une sexualité adolescente qui ne désire pas en imposer, car cela provoquerait un amoindrissement du plaisir de vivre. Le chef, au contraire, imposera ses désirs, même lorsqu’il s’aperçoit qu’ils diminuent drastiquement la liberté de pouvoir jouir de la vie, surtout sexuée. Le chef ne sait pas jouir, sinon que du pouvoir qu’il a sur autrui, pouvoir qui est une image à laquelle et devant laquelle autrui plie la déférence de sa propre impuissance devant la vie, l’échine de son pouvoir de s’organiser ensemble pour satisfaire à une tâche collective (grégaire). Le IIIe Reich se voulait le rempart contre le « communisme » (alors, le fascisme stalinien) qui était l’image de la vie organisée par les gens eux-mêmes : ça, le chef déteste : il ne sert plus à rien, il retrouve et retourne à sa nullité, humiliation suprême !

Le pouvoir du chef repose sur un phénomène grégaire : le charisme ou pouvoir chamanique, ce pouvoir commun de provoquer la transe : plus fort est ce pouvoir (qui passe par la mise en scène, l’élocution et la gestuelle qui l’accompagne – allant jusqu’à la vocifération ou l’aboiement) et plus il a de pouvoir, car la transe est alors si forte qu’on en veut encore. À tel point, que le contenu du discours n’est plus qu’un support sans l’âme qui a migré dans transe. On va rire de la transe… mais qu’est-ce que la musique, la danse, les bruits qui accompagnent les images du cinéma, les attentes des discours des politiques pourtant creux comme des cloches, mais dont le battant est le rythme précisément de cette mise en transe de l’auditoire ? De nos jours, tout est bien mieux organisé qu’autrefois, mais autrefois, il en fallait moins pour rendre les gens autre que ce qu’ils sont capables de faire par eux-mêmes. Moi-même qui vous parle, je ne suis pas sujet à ce phénomène, ou peu, principalement par la musique et la poésie et, bien sûr, la transe amoureuse sexuée. Mais combien de mes contemporains attendent de pouvoir être mis en transe, non seulement parce que la transe est un phénomène grégaire, mais aussi parce que la transe est une disposition corporelle individuelle qui vous permet d’oublier le temps qui passe (la méditation est une maîtrise du présent qui passe dans la transe ; comme l’ivresse alcoolique vous donne une sensation du temps particulière). La transe du chef soustrait du présent les espoirs qui s’y enliseraient en désespoirs. Cette transe, comme toutes les transes, soustrait de la réalité et de ses lourdeurs, sinon même de ses malheurs. L’apprentissage de la mise en scène, la mise en scène, les codes sociaux (habillement, éclairage, scénographie, sons, etc.) renforcent le pouvoir de transe et en cela, les larbins sont des chefs.

J’ai tenté de montré ailleurs que la transe est indispensable à l’être vivant et à l’humain en particulier, en tant que phénomène grégaire, de cohésion du troupeau. Et cet humain sait organiser ses transes collectives (musique, théâtre, « actualités », etc. usage de substances psychoactives ou psychopassivantes, etc.) et se pencher sur la chéfitude, c’est analyser à quoi correspond la transe provoquée par le chef, c’est-à-dire, l’expression de la cuirasse caractérielle du chef que l’image du chef cache en la faisant briller, reluire – alors qu’elle est une adaptation à la vie qui a loupé sa liberté quand au pouvoir de communier aussi avec sa sexualité – en ceci qu’on se voit, soi, exprimer ce qu’on ne peut exprimer sans sa propre cuirasse et qu’on désirerait exprimer hors de sa propre cuirasse caractérielle : ici, la transe réside en ceci que ce qui y est exprimé l’est à travers la cuirasse caractérielle et en porte les stigmates que tous voudraient voir panser.

Dans le catalogue des transes, la plus prisée et la plus précieuse est la transe amoureuse et ce délice qu’elle procure d’être bien vécue dans le mélange des corps : l’orgasme (la communion achevée). Mais, paradoxalement, dans le patriarcat, c’est aussi la plus cher, à la fois la plus chérie et la plus dispendieuse, peut-être même la plus rare, donc la moins connue ou reconnue. Pour autant, elle est en haut du catalogue, c’est-à-dire qu’on en éprouvera toujours une sorte de nostalgie qui vous pousse à la rencontre d’autrui. La seconde est la bonne santé, mais quand on la vit, on ne s’en aperçoit pas ! Les autres, toutes les autres viennent pêle-mêle suivant ses propres dispositions. Pour peu que la première des transes ne trouve pas son usage, la personne va en reporter les énergies vitales sur le pêle-mêle de son catalogue et tenter de retrouver le délice manquant, la partie intégrante de la liberté du troupeau, en choisissant une « compensation » (Freud parlait de « sublimation », mais Reich a montré que l’intensité de la réalité de cette sublimation répondait à la fluidité caractérielle, elle-même fruit de l’amour, CQFD, de la transe première de la liste, suffisamment bien vécue). Ce genre de compensation est une canne alors qu’on a les deux jambes fonctionnelles.

Beaucoup de larbins et de sbires sont redescendus déçus et tristes des transes fascisantes. La violence du chef est aussi bien celle qui interdit l’expression amoureuse sexuée : on le sait parce (on en connaît la nostalgie) qu’on n’en peut pas, soi-même : on se fait à soi violence et l’écho de cette violence est celle qu’exprime dans ses dires et ses vociférations le chef. Le chef fait sans fin référence à la notion de « pureté » (race, religion, pensée, sexualité, bouffe, et que sais-je encore) et cette « pureté » n’a pour seul sens de NE PAS S’ÊTRE TOUCHÉ LES ORGANES DU PLAISIR SEXUÉ. Mais cette notion est bâtarde, car TOUT LE MONDE (sauf les malades affectifs retranchés dans une peur délirante) a, en vue de plaisir intense, orgastique, non seulement envie de se toucher le sexe, mais aussi d’être sexuellement touché (caressé) et communiquer avec le sexe d’autrui et ceci dans un contexte de transe amoureuse, sinon c’est froid et sans vie. Tout cela on le sait… mais on ne doit pas le savoir, car on ne sait comment s’y prendre, quoi y faire. Le chef oriente cette « pureté » vers une « impureté », un autrui différent ou un aliment, ou un lieu, ou quoi ou qu’est-ce. Le chef appuie sur le côté du fléau portant l’impur, pour désigner le pur… mais la balance-même est dérisoire quant à solutionner le problème de la relation à autrui de manière satisfaisante et paire. Ainsi, si par hasard, on se laisse aller à la transe sexuelle – qui est amoureuse – cette « impureté » demeurera extérieure et la culpabilité (le support du fléau, la balance elle-même !) dont l’énergie provient de l’insatisfaction de n’avoir pas pu se donner-partager dans cette transe (Reich parle du résiduel de l’énergie changée en culpabilité) trouvera un exutoire, un pharmakos dans la mise en malheur d’autrui et ceci d’autant mieux (si je puis dire) que le chef en donnera l’autorisation et la cible. Beaucoup de bureaucrates et de militaires sont redescendus déçus et tristes des transes fascisantes.

Le chef provoque donc une transe particulière : la chéfitude dont le délire n’est pas immédiatement perceptible (dans la transe on vit) car le vécu de la transe est une satisfaction immédiate qui, pire est le délire, pire elle se doit d’obnubiler de sorte à ne devoir plus rien penser sous peine d’écroulement. Pire est l’auto-reconnaisance du dévoiement du bien-être par le cuirassé, et pire est le malheur qu’il sait infliger à autrui, car ce bien-être réside en lui en nostalgie. Une idée aussi délirante que d’exterminer des gens ne peut trouver une réalisation que dans une sclérose de la sexualité amoureuse. Dès que cela leur a été possible, le larbin Goebbels et le sbire Himmler se sont employés à brimer toute expression amoureuse, dès les camps de jeunesse (1922 !), bien avant la « prise de pouvoir » d’Hitler. Pour faire de bons sbires et de bons larbins, il faut brimer la capacité amoureuse de la jeunesse et principalement de l’adolescence. Ils le savent par « instinct », pourrais-je dire, mais il s’agit seulement de cette auto-perception des sentiments qu’ils éprouvent et répriment : ils savent comme parvenir à ce but ! La Bataille de Caen nous a montré que la 12 SS des Hitlerjungen avait bien été énuclée de toute capacité à vivre. Des films comme « Le triomphe de la volonté » veulent incruster que la sexualité est l’impureté par excellence face à « l’esprit » et que tous ceux qui s’y adonneraient en cherchant à jouir de la vie, sont des parias, des « impurs », des rebuts. Tout se refait dans le monde du patriarcat, des gynécées aux Romains, de l’Inquisition au IIIe Reich, à la bataille des puristes contre la RU486.

La vérole de cette idée est d’une contagiosité telle, si facile et rapide, parce que tout simplement personne n’est « pur » : c’est une vue idéale qui coince la vie dans un piège aux mâchoires d’airain de la rigidité. Il suffit d’appuyer sur le bon bubon : tout le monde s’est touché les organes du plaisir en vue d’avoir du plaisir, a désiré touché ses propres organes et toucher ceux d’une autre personne : TOUT LE MONDE, garçons comme filles. Cela devient malade lorsqu’on veut se faire mal, lorsqu’on se l’est empêché très trop longtemps, qu’on ne se respecte plus, ou qu’on a cessé de respecter autrui ! Ce sera donc de manière « sublime » (rigide) que le chef protégera de l’impureté qui est une perception découlant de l’oppression sexuelle d’une morale sociale… qui contient ce chef : trouvez le sbire et le larbin qui y correspondent et ça s’empirera bureaucratiquement et militairement. Je souligne que cette morale sépare le « sexe » de « l’amour », posant comme hypothèse par avance conclue, que le second peut exister sans le premier. LA morale anti-sexuelle. Mais, comme antagoniste à cette morale anti-sexuelle, il n’y a pas de morale « pro-sexuelle », mais bien une morale « pro-amoureuse ».

Par exemple, dans les critiques que j’ai entendues relatives à la sexualité des femmes qui « donnaient » un enfant à Hitler en s’accouplant avec de « purs Ariens », je perçois cette morale anti-sexuelle, selon laquelle la femme n’aurait pas eu à être heureuse de copuler (même pour le Reich), comme si la procréation procéderait d’une séparation de la sexualité en maternité et plaisir issu de cette copulation, en ce qu’il ne leur serait pas tolérable d’avoir dû s’accoupler en ce sens. On veut nous faire oublier le plaisir lié à l’accouplement et que faire d’autre quand il ne vous reste plus que cette manière de le faire tolérer ? Et il aurait fallu qu’elle le fasse le cœur froid ? N’est-ce pas là une morale anti-sexuelle, anti-amoureuse ?

En soi, le chef ne devrait pas exister : dès qu’il existe, cela signifie une morale anti-sexuelle, d’une part, et ensuite un larbin en chef et un sbire en chef. Peut-être qu’aujourd’hui avons-nous la chance de ne pas trouver cette conjonction pour véroler la vie. Dès que le chef existe, il y a une recherche tant de la part du peuple que du chef qui s’en fait l’écho l’un l’autre, une recherche de pureté désexuée qui dégoulinera sur le reste de la vie geste sociale. La grégarité humaine a des dispositions bien plus adaptées à son état que celle-ci qui la rend boiteuse, moribonde et amoureusement pauvre.

Écrin rouge

(chanson)

Si le temps est comme l’eau qui coule
Autour de tes seins un amant qui glisse
De ses vagues caresses qui soulent
Du plaisir céleste dans ton corps s’immisce

Refrain
Balance ton dos qui bouge
Sur l’axe qui danse de ton plaisir
Émeut le mouv’ment rouge
Jusqu’à la perte de nos désirs !

Si le sang comme la chair féconde
Autour de tes reins un amant s’esquisse
Comme la vague de l’onde abonde
Sur la grève l’espace de ton antre cuisse

Refrain

Tes baisers sur mes lèvres brûlent
Et ma bouche envie ta chaleur captive
Ton bassin de vigueur ondule
Du chaos s’offrir l’eau de nos salives

Refrain

Avec toi d’être un homme s’annule
Du conjoint des forces reste-t-il la trace ?
Ta peau est comme un crépuscule
L’horizon se lève et le jour s’efface

Refrain, refrain

 

le 16 novembre 2017, finie le 5 décembre.

Le patriarcat comme astreinte à l’inadaptation

Je pense que Marie-Madeleine, tenant dans sa main droite le pesant des couilles du Christ et de sa main gauche la hampe de sa verge, ses lèvres chaudes posées sur son gland ardent, devait être proche du paradis ; et la vulve et le vagin accueillant de cyprine, prête à se mélanger à lui, sachant que l’orgasme de son compagnon – qui se donne en totalité au plaisir qu’il ressent de ce mélange de la vie – attentif au crescendo des frottements réciproques, est proche du Saint-Esprit, lui qui est l’intégrité du Père.

La position même de la femme implique qu’elle doit être en transe pour pouvoir profiter de sa relation à l’homme ; sinon « ça peut pas l’faire ». Une des distinctions du patriarcat, est qu’il lui empêche cette transe à la fois par le viol et par l’obligation : la femme n’a ni le choix ni le temps ni l’opportunité d’être en transe… et il ne serait pas loin que le patriarcat refuse qu’elle entre en transe dans sa relation amoureuse, y perdant ce qu’il nomme son pouvoir : le viol d’autrui. Je regardais un graffiti d’une fille qui montre une fille, et c’est beau. Hébé, un mec est passé par là, et a graffé un sexe masculin au niveau de sa bouche et a marqué : « Suce ! ». C’est totalement idiot : le mec veut imposer à la femme un désir, non pas qu’elle refuserait, mais qu’elle refusera à lui, car il est violent et il se l’impose à nouveau par la violence. Il est interdit dans la compression de son propre désir qui se manifeste alors comme viol parce qu’il est interdit du désir de fondre avec l’autre et ne parvient qu’à violer ainsi celui de la femme.

Ce qu’il m’est difficile d’exprimer est que le désir de la femme est son acceptation de s’adapter comme immédiateté, car c’est dans cette immédiateté qu’elle retrouve l’affirmation de son plaisir, comme transe. Il ne peut y avoir d’amour sans transe : l’amour est une transe qui permet la jonction des désirs, leur affirmation et le plaisir qu’on a de les réaliser ensemble, produit commun (communion) décidé de manière commune d’une relation altruiste. La morale – qui sera toujours ici patriarcale – consiste à empêcher la transe amoureuse, de deux manières : la masculine et la féminine. Car la transe amoureuse est spécifique à chacun des deux sexes ; elle a des points communs, certes, mais elle contient une spécificité pour chacun d’eux, spécificité qui est organique, sexuée. La participation au temps y est un rien différente.

J’ai rencontré une fois une psychothérapeute reconnue et renommée qui posait la question du dimorphisme sexuel comme une aberration culturelle : selon elle, la femme serait plus petite, chenue, etc. à cause de la culture patriarcale. Il y a du vrai puisque qu’effectivement, dans le monde, la fille est moins bien nourrie, reçoit moins de bons-soins, etc. (et plus la culture est patriarcale, et davantage elle est spoliée de l’égalité de traitement à cause de son sexe), à ceci près qu’aujourd’hui, les filles reçoivent les mêmes soins, à peu de choses près, que les garçons, et que le dimorphisme sexuel persiste : si les garçons sont plus frêles, c’est parce qu’ils exécutent des tâches bien moins pénibles imposées par le travail qu’il y a un demi siècle, mais les filles ne sont pas plus fortes ! Entraînez dans une musculoserie une femme et un homme possédant une charpente identique (si vous en trouvez) aussi bien nourris d’hormones et de stéroïdes, et ce dimorphisme paraîtra toujours.

Il y a une spécificité sexuelle et c’est bien celle-ci qui donne l’attrait des apparences. J’insiste sur ce fait parce qu’on irait dénier ces apparences en les donnant comme conclusion physique à une morale sexuelle. Non, là où cette morale sexuelle exerce ses prérogatives, c’est dans la forme du « Non ! » de la rencontre, non pas de ce « non » qu’on dit à l’autre en refus, mais de celui, excédentaire, que l’on dit à sa propre aptitude à la transe de la relation sexuée, de ce « non » qui est le mot qui désigne qu’on refuse cette transe, de vous laisser envahir par le partage de cette transe, selon votre goût sensé libre.

La plupart des maladies psychiques, qui ne sont pour moi que des maladies affectives (de transe, donc) ne sont que des transes qui ont cessé de s’orienter vers la satisfaction paire pour ne plus s’occuper que de ce que la personne en transe considère comme UNE satisfaction : violer autrui ne donne pas cette satisfaction du mélange des transes amoureuses partagées. On sait que le trauma réside dans la négation de la négation de la personne (et c’est le viol), c’est-à-dire dans, à la fois l’impossibilité de pouvoir se mettre librement en transe pour partager (comme pré-disposition grégaire, sociale), de se voir refusé de pouvoir de se mettre en transe pour partager (comme individualité pensante, aimante et partageuse), de se voir imposé ou imposée de subir la transe malade d’autrui qui ne veut pas vous voir, vous, mais ne voit que son objet, UN objet de SA transe (comme dans le choix d’une marchandise !) poussé par la force de la sexuation poussée à un tel extrême qu’elle vous porte dans cette transe sexuée qui dépasse l’entendement car cette puissance qui obnubile l’entendement et, le consentement d’autrui et l’existence même d’autrui, est ici dans une puissance telle qu’elle obnubile, met en transe destructrice (comme un CRS qui trouve normal de frapper ses congénères, il a même signé un contrat d’argent et suivi une formation dans ce but).

On voit donc qu’il y a bien une transe partagée (on pourrait dire constructrice) et une autre non-partagée, destructrice.

Mais les deux points qui font la spécificité sexuelle ne sont pas ici. On dit par exemple que la femme a le pouvoir d’avoir plusieurs orgasmes… pourquoi pas ? Que son clitoris est 100 fois plus innervé que le pénis ! Heureusement ! imaginez un pénis aussi innervé qu’un clitoris et tentez d’éviter que le temps de frottement soit trop court pour satisfaire les DEUX sexes ! Il y a donc une équité physiologique quelque part comme moyen de rencontre des deux sexes. Ce sera dans le « Oui ! » que se résumera la jonction des plaisirs. Et j’ai peut-être quelque chose à dire à ce sujet.

Le plus étonnant est qu’avec des moyens totalement différents, cette jonction des plaisirs s’effectue dans l’exacte mesure de ce « Oui ! »; Que ce »Oui ! » soit absent (et il n’est pas un « Non ! ») et change la qualité du plaisir commun, de la communion. Avec DEUX sexes totalement différents, une jonction des plaisirs est possible, vécue quotidiennement, et renouvelée au bon vouloir des participants et sous des formes finalement assez variées ! Non… je ne tombe pas des nues… car, ne soyons pas innocents, cette jonction est bien rare dans ce monde (en gros 4 % des participants, guère plus) et les rires moqueurs peu tendres, à la mesure de la nostalgie de tels moments, et des grincements de dents aussi audibles que les difficultés que cela engendre dans la vie quotidienne, essentiellement organisée autour de cet antidote qu’est le travail.

Cette jonction ne peut s’opérer que dans une transe et, je le répète, l’objet du patriarcat est de l’empêchée par deux moyens : empêcher les possibilités d’entrer dans cette transe de sorte qu’elle soit constructrice de positivité grégaire, et empêcher qu’elle soit possible, sinon que selon ses propres formes qui seront destructrices, c’est-à-dire de transformer les aptitudes grégaires fluides de l’humain en coagulées, en minérales même, en cuirasse caractérielle. De cela, j’en ai déjà touché un mot. Je m’intéresse aujourd’hui à cette aptitude à cette jonction dans la transe amoureuse. D’ailleurs, que le patriarcat réduise tant cette réalisation, elle n’en réussira pas moins à quand même à transsuder de plaisir dans des formes bancales : le plaisir est comme la plante sous le macadam : elle le transperce de sa vitalité.

Dans la société patriarcale, malgré les meilleures dispositions possibles, l’erreur réside dans la manière de saisir cette jonction par l’homme, dans le vécu féminin, dans la transe amoureuse de la femme. Il faut poser d’emblée comme critère restrictif à cette compréhension que le patriarcat ne peut pas comprendre cette transe, non pas seulement parce qu’il y perdrait la source de son pouvoir, mais parce qu’il ne peut caractériellement pas la comprendre : il lui est impossible, structurellement, de comprendre la transe féminine à moins de la dégrader, de la vilipender, de l’écraser, de l’avilir, de la conspuer, de la sorcelliser : elle lui est intolérable, in-to-lé-ra-ble. Et pourtant, elle se vit comme on respire ! À moins d’être sclérosée, la femme la vit comme elle respire, avec les variations afférentes, bien évidemment.

Ce que l’homme patriarcal prend pour un pouvoir sur la femme n’est finalement que cette perception indirecte qu’il a de la jouissance féminine dont il se donne pour maître, alors qu’elle y participe à la mesure de la liberté qu’il lui laisse, et selon les capacités et, les aptitudes et les plaisirs liés à son sexe. Attention, j’ai bien conscience que cela n’est pas du nougat pour tout le monde… je parlais de 4 % tout à l’heure… ici je parlerai d’environ 10 à 15 % de plus, dans ce cas de figure.

C’est que la femme a une prédisposition spécifique à son sexe quant à cette jonction des plaisirs de la rencontre. Et parfois, elle est bien partageuse, en toute grâce et dans la mesure exacte de son acquiescement – cela va mieux en le disant. Mais ce dont je parle maintenant, est cette transformation affective qu’en fait l’homme en tant que prise de pouvoir sur elle (il me faut donner en aparté, le jeu féminin comme miroir de ce soit-disant pouvoir social de l’homme sur la femme, de la femme avec le désir de homme en le séparant du sien pour le lui rendre comme pouvoir. C’est de l’érotisme que j’ai nommé ailleurs « agricole » et qui est de bonne guerre dans de telles conditions : ici, dans le patriarcat, la femme est la dominée, et la latitude que cette situation lui laisse, ne lui laisse guère d’extension que celle qu’elle peut prendre dans un semblable périmètre).

Oui, je peux donner la conclusion à laquelle je suis arrivé dans cette longue étude de notre monde, qui a commencé vers l’âge de trois ans, quand que je me posais la question de l’origine de la source du plaisir de ma mère envers moi. L’entendement qu’en a Freud d’Œdipe nous cloisonne, alors que l’impossibilité de s’accoupler avec sa propre mère (pour un garçon… pour une fille, c’est différent… j’y reviendrai peut-être plus tard) étant d’un naturel si évident que se pose la question de son altérité, sinon que contextuelle, en ce sens où l’impossibilité d’aller voir ailleurs vous est interdite… auquel cas, en tant que féminin, il ne vous reste plus que votre mère… et il va falloir faire avec…. J’en suis rapidement arrivé à constater qu’il y avait en conséquence un contexte d’amour pour sa mère, que celui-ci permettait ceci mais pas cela. Encore que j’ai très tôt ressenti le même amour pour d’autres filles (dès avant un an et demi), et que, de comprendre la frustration éprouvée, demandait un agrandissement de sa propre perception du monde de sorte à voir plus large pour s’élargir (on est alors doté de peu de vocabulaire, comme vous pouvez le constater). Mais la question fondamentale de cet amour du féminin pour le masculin est restée très très très longtemps comme interrogation, car ma mère n’aimait pas mon père, mais ils baisaient ensemble de sorte à pondre et pondre et pondre encore des enfants, les cons. La sexualité avait donc une force bien plus importante et puissante que tout, de sorte que la recherche de satisfaction qui en est susceptiblement issue (outrepassant même les frustrations passées) vous pousse à vous adonner à cette rencontre dont vous n’aurez, finalement, qu’un piètre soulagement de votre demande initiale. Le désir de rencontre contient en soi le désir de satisfaction qui vous fait voir cette rencontre non plus comme un possible de satisfaction, mais toujours comme une satisfaction à renouveler malgré les échecs que vous avez essuyé du sopalin de vos déboires.

La question se pose, inexorablement, de reconnaitre en quoi cela est-il si déplorable ? et en quoi, comment, cela puit-il être que tant de reliquat stationnât sur le parvis alors que vous voulez vous élever dans les ondes célestes, comme des poids indésirables vous retiennent de porter vos pas à l’allégresse de la danse, cette transe qui vous allège de tous vos mots dans le plaisir du mouvement conjoint de la musique (autrui) et vous (avec les autres). La question est là : l’amour et pour qui. C’est cet amour et « pour qui » qui est la clé de la solution : le féminin ne s’y exprimera pas de la même manière que le masculin… cet amour s’en faisant la jonction. La satisfaction est en la corrélation.

L’inter-adaptabilité des sexes passe par ce qu’on nomme « amour », mais cela peut-être le désir d’autrui, c’est tout comme, dans une variabilité de l’intensité du vécu… et je n’en serai pas le juge. Personne ne parle de cette inter-adaptabilité des sexes comme LA source physiologique de l’amour, sinon Michel Odent. La spécificité des transes selon chacun des sexes permet cette jonction des plaisirs qui les augmente en un sens commun dont l’altitude ne demande pas de mesure. C’est le don de soi comme absolu qui en est le mètre et le ressenti réciproque s’égaye comme le souffle d’Éole se joue de ces graines de pissenlit dispersées dans l’espace. Cette inter-adaptabilité des sexes présente des particularités dont je me réserve de parler une autre fois.