Le patriarcat et la mésempathie : 1 – le sbire et le larbin comme opérande

La société patriarcale est organisée selon le modèle suivant : il y a d’abord le chef qui délègue une partie de ses pouvoirs parfois à des sous-chefs ; il y a des sbires, avec un sous-chef spécial ; il y a des larbins, eux aussi avec un spécial sous-chef ; et les autres, dont les femmes et les enfants, que cette société cherche à rendre larbins ou sbires ou des riens-sociaux, bons au travail. Je parlerai plus tard du chef pour me consacrer aujourd’hui au sbire et au larbin.

Ils ont chacun la peur spécifique qu’ils retrouvent cachée derrière leur chef. Comme je l’ai déjà dit, le chef sert à cacher la peur de vivre (quand j’emploie ce mot « vivre » je ne l’utilise pas dans leur sens, bien sûr, mais dans quelque chose de beaucoup plus vaste, enivrant et généreux) qu’ils éprouvent chacun à sa manière et en conséquence la manière dont chacun va se protéger de cette peur selon ses prédispositions. Le sbire sera plutôt dans la violence physique, tandis que le larbin sera dans la violence « psychique » en ce sens où le moyen qu’il emploiera relèvera plus des « lois », de la bureaucratie que des fusils et de la tonfa. Mais tous deux, formant des « ordres », obéissent à des ordres. Ce qui distingue le sbire du larbin est la forme de leur violence.

Dans l’usage spécifiques que chacun d’eux fait de la violence, ils sont difficilement interchangeables, chacun ayant sa caractéristique, une sorte d’application de soi à une œuvre plus générale, plus grandiose que eux où s’annihile le sentiment qu’ils ont de leur petitesse. Ils ont vraiment, même lors de massacres, de tortures, d’emprisonnements, l’impression de participer à une œuvre grandiose, dont le chef est la boussolle et leur indique de la voix, en vociférant, la voie de la liberté qui mène à la défense de la patrie, de la famille, du travail, du chef. La gradation du visible des insidieux passe des « chemises brunes » aux anarchistes chez qui, plus on est chef et moins on affirme l’être ; il y a seulement que chacun se revendique, autant larbin que sbire, pour sa cause et que chacun est radieux de pouvoir varié les menus de ses dispositions, en considérant que la calomnie est, dans un milieu guindé ou libertaire, toujours la plus sinueuse.

Ne l’oublions pas, être sbire ou larbin correspond à une tentative de domination des affres éprouvées devant la femme, de la sexualité, et de cette terreur ressentie face à la joie de l’enfant joyeux ; sans s’avouer être empreint de cette peur qui colore pourtant l’ensemble de vos relations sociales. Des petits bonhommes (auxquels se sont mélangés dernièrement, à cause de l’égalité de l’aliénation des sexes, des femmes) bien rangés, en lignes et marchant au pas devant une tribune, ont une disposition caractérielle spécifique, formée de résignation, d’obéissance, d’impuissance et de ces « sentiments » contraires où le clinquant de l’uniforme et des médailles se compense dans le rutile des éclats d’une colère d’être réduits à ces mécaniques. Au cours de tels moments sociaux, on ne verra pas une gamine courir après un gamin ou une autre gamine : ça ferait « désordre » et un solo de batterie porterait des dissonances dans la concordance des pas.

Le larbin est souvent un spectateur puisque c’est le cul posé qu’il sent sa puissance. Mais il court parfois, comme un journaliste ou l’amuseur public. Les journalistes sont de la même famille que les prêtres, imams et autres rabbins, tous tenanciers d’une « bonne parole » qui leur vient (je vous le donne en mille) bien sûr d’en haut, d’un patriarche, ou d’un chef de parti.

Le sbire et le larbin travaillent… oui certes, mais avec quelques avantages, maigres, qui les différencient des autres riens-travailleurs : ils sont du côté du chef, sur le versant de la montée qui mène au chef. C’est important pour le moral. On voit, par exemple, souvent en ce moment, des sbires qui se rebellent contre le chef (en fait, ils essayent de lui faire ressentir la peur de se sentir seul face à la foule) pour obtenir d’autres avantages, c’est-à-dire d’autres impunités dans leur boulot de sbire que des larbins veulent cloisonner dans une rigueur démocratique : ils veulent être autonomes dans leur activité, car eux aussi ont la responsabilité de la bonne marche de cette organisation sociale. Si le chef, par l’intermédiaire des larbins (des lois) leur empêche l’exécution de leur activité telle que eux l’entendent, hébé… ils manifestent un mécontentement et ils font grève ! Grève de la police, pas mal non ? Ils déposent les armes… mais pas trop loin : ils ne se mettront jamais sur le versant des riens-travailleurs, à d’extrêmement rares occasions.

La prérogative du larbin, c’est le texte, tandis que le sbire voudrait fort bien s’en passer pour agir à sa guise. Le larbin c’est la laisse du sbire et c’est la raison pour laquelle le sbire n’aime pas le larbin : ces deux ordres se font une guéguerre larvée laissant des bribes d’arbitrage aux riens-travailleurs. Ces riens-travailleurs sont toujours craints, car ils trouvent aussi à se rebeller, parfois avec une extrême violence, contre les tristes conditions d’existence qui leur est données de vivre. Les dernières statistiques ne les désignent pas précisément, mais de ce tiers qui connait la pauvreté en France, ce ne sont certainement ni les sbires ni les larbins, ni les bourgeois qui leur dispute sans fin le bout de gras.

L’amuseur public a pour fonction de vous faire miroiter la position de sbire ou de larbin comme enviable de sorte à susciter en vous l’espoir de pouvoir, de cette manière (mais vous passerez alors « pratiquement » la barrière de votre classe sociale) vous rapprocher du chef, avec les avantages supposés que cela implique : argent, femmes, voiture, télé, scooter des mers, et j’en passe (d’autres, passant par des chemins plus épineux, choisissent de s’imposer comme chef dans les trafics de substances qui permettent d’oublier vos conditions pénibles d’existence). L’amuseur public est très important, car c’est lui qui vous distrait de ce que vous êtes : des riens-travailleurs devenus des gens importants à leur yeux, ne serait que comme captifs publicitaires, puisque c’est précisément la morale de cette société que vous ingurgitez avec ces délires imaginaires. L’amuseur public le sait et vous le savez, mais vous avez besoin de lui (comme lui de vous mais pas pour la même raison) pour ne pas reconnaître ce que vous êtes dans ce que vous n’êtes pas. Dès que la télé tombe en panne, on baise : en conséquence, bande d’hagards, la télé et ses amuseurs publics fonctionnent pour que vous ne baisiez pas ! C’est un art et c’est pour cela que je n’ai pas voulu de télé chez moi. Le rien-travailleur qui rentre du boulot, hagard déjà de toute cette énergie qu’il a due dépenser pour survivre à son travail (je veux dire le conserver pour le lendemain), imaginez-le sans télé ! La rien-travailleuse, croyez-vous qu’elle désire la cabriole quand elle a sué dans sa culotte toutes les eaux de son supplice, qu’elle a encore la charge des gosses et du linge et de la cuisine ? Non, bien sûr… et l’amuseur public, ce larbin d’images compensateur, dans un carré dont la surface va augmentant son emprise dans la maisonnée à mesure que le son devient quadriphonique, se présentant à vous pour vous distraire de vos souffrances, est accueilli à bras ouverts, bien mieux que dans ceux d’amoureux transis. À la fois, il tient tranquille dans son fauteuil le rien-travailleur et à la fois, finalement, il réussi à faire que la rien-travailleuse, une fois ses tâches accomplies dans les attributions de son lourd devoir, s’achève : lui, il ne la touche pas, elle y trouve du répit. L’habitude aidant, le samedi se dispense de plus en plus souvent de la gaudriole, et le dimanche suit le chemin de l’abstinence, comme le petit bateau de papier tombe dans une bouche d’égout après avoir été balloté par les eaux du caniveau. À mesure que la prostate se durcit, la calvitie se prononce et on se tond le crâne, comme des religieux ; la femme, résignée, se met à grossir, le sucre ne servant plus à rien de véritablement amoureusement dispendieux ou d’envoûtant. Et on oublie que le plaisir sexué a un jour existé en déprimant d’en inculquer l’absence « inévitable » à ses enfants. L’amuseur public fait du bon boulot.

Le médecin est un larbin qui maintient les gens au travail : qu’importe les conditions (la pollution radioactive, chimique, pétrolière, tous les trucs en -icide, le temps de transport, le bruit, les hormones, etc.), il n’a rien à dire sur ce qui vous rend malade… il tente juste de vous empoisonner pour que vous y retourniez. Il y a des chirurgiens qui ne savent rien de la relation entre un organe et le reste du corps (par exemple, des lithiases rénales avec un spasme chronique de l’uretère, des tachycardies avec le nerf vague qui doit être coincé quelque part de vague) : ils tranchent dans le vif dans le sujet et s’étonnent qu’il leur faille revenir six mois plus tard à l’ouvrage. Enfin… ils sont payés à l’opération, tout de même, sans compter leur accointance avec les industries pharmaceutiques. Ils ne connaissent rien des plantes qui nous ont pourtant guéri durant des milliers d’années, ni de ce qui, comme je l’ai dit plus haut, nous rend malade, dans cette vie de riens-travailleurs. Il est peut-être vrai que nous nous sommes endurcis face à ces conditions extrêmes qui vont crescendo et que le pouvoir des plantes qui nous nourrissent et nous oxygènent, sous cette latitude, risque d’être devenu un peu faible. Cette montée en force de l’aliénation environnementale n’en est pas à son apogée (il restera une inertie d’environ 75 à 100 ans si nous cessions aujourd’hui nos malversations à l’encontre de notre lieu de vie) et nous laisse entrevoir des réjouissances encore plus désagréables.

Je parle donc d’une organisation sociale patriarcale dont la base affective est la valeur minéralisée (au lieu d’être restée fluide, l’affectivité s’est coagulée dans des objets). C’est peut-être inhérent à l’être « humain », m’enfin… le résultat n’est pas mirobolant : tout est pourri par cette valeur, absolument tout : le sexe, la sexuation, la sexualité, l’amour, tout. Il faut travailler et en travaillant on perpétue cette organisation. Si on n’est pas d’accord, il n’est pas facile de s’en sortir, puisque TOUT est pourri par la valeur minéralisée.

J’ai émis l’hypothèse selon laquelle la valeur est un affect ; cet affect est lié à la satisfaction amoureuse ; les frustrations amoureuse et sexuelle coagulent la relation au monde par une structure psycho-musculaire qui permet de les supporter : cette structuration se retrouve dans la valeur minéralisée sur laquelle se reporte cette affectivité aliénée. S’en sortir passe par un assouplissement de cette structure, mais cela ne se fera quantitativement jamais en suffisance pour parvenir qu’avec le temps cela se déstructure : ce n’est que nos enfants qui profiteront de nos connaissances en la matière, eux seuls si nous savons les protéger de cette structure. De là l’objet de ce billet qui consiste à décrire cette structure neuro-musculaire : le chef, le sbire et le larbin, et les riens-travailleurs, chacun pour soi et intégré à un ensemble social.

Je ne renie pas que le sbire et le larbin, dans le cadre de cette société, ne soient pas indispensables : ils font régner l’ordre, ok, mais aussi une forme de concorde dans les tâches qu’ils accomplissent, ils arrondissent les angles des disgraciosités patriarcales. Mais ils sont loin de porter secours au désespéré, ils ne font que l’enfermer entre d’autres cloisons qui le laissent aussi seul que seul. Dans cette organisation patriarcale de la société humaine, la femme est le point focal de tous les coups, directement ou indirectement. Les hommes sont parvenus à une telle maturité qu’ils sont traités comme des enfants qui ne devraient pas l’être, comme des femmes à qui ont reproche de ne pas aimer les hommes, ou des hommes qui se griment en femme. Les hommes parlent fort, c’est le sexe fort (alors qu’on sait que celui qui en montre le plus, le montre le plus car il le peut moins… et il le sait) qui compense ce qu’il a perdu et qu’il sait avoir perdu. Ce qu’a perdu l’homme c’est sa tendresse pour la femme, à en devenir malade. Il a peur de perdre, de se perdre et il fait de cette peur son pouvoir. Un psychopathe achevé comme Hitler était un parfait impuissant, il le savait, se droguait pour le compenser, mais il était psychopathe, impuissant. Le besoin qu’il avait de dominer cette carence, relevant de son amour avorté pour sa mère qui ne le lui rendait pas selon ce qu’il en attendait et qu’il ne pouvait avouer – sexuellement – s’est cuirassé avec violence et toute affection est devenu impossible et l’outil de l’affection, l’empathie, est mort dans l’âme. Une cause supérieure s’est alors fait jour, demandant une « pureté » (dès que vous entendez ce mot « pureté », parez-vous du bouclier de la critique impitoyable : à savoir : que veux-tu rendre pur en toi ?) pour alléger sa propre misère de peintre raté et d’amoindri social. Il a suffit de trouver le terreau pour que des sbires et des larbins se mettent tout de suite à sa disposition : ce n’est QUE parce que ces sbires et ces larbins se sont mis à la disposition de ce psychopathe, que ce psychopathe a eu le triste succès qu’on lui a connu. L’indifférence au système qui régit cette société dans sa structure (dénoncée à l’époque pourtant par la psychanalyse, les humanistes et particulièrement par Wilhelm Reich – La Psychologie de masse du fascisme – et l’équipe qui sillonnait les quartiers pauvres pour permettre aux jeunes gens un accès plus aisé à une vie sexuelle satisfaisante) qui a trouvé en ce taré son paroxysme d’autoritarisme, dans la société patriarcale, intolérante à la satisfaction sexuelle, augmentée par la misère économique, a permis à quelques pelés de massacrer l’ensemble du monde. Et aujourd’hui encore, lorsqu’on sait que toutes les dispositions sociales qui avaient été adoptées après guerre en France, voulaient poser que cela ne se reproduise plus et que, malgré ce projet, les conditions reviennent à la charge par une dégradation de ces dispositions, la misère revient au galop, misère économique, affective, sociale (à mesure de la progression des « réseaux sociaux » la solitude a doublé, dans le même temps, passant de 3 à 6 millions de gens en France se disant seuls : sans conversation intime au moins une fois le mois). La religion émergente, l’islamisme n’est pas seulement une religion meurtrière, comme toutes les religions c’est d’abord l’interdit de la satisfaction lié au plaisir sexuel pair, librement consenti et coparticpatif… qui est pour elles l’enfer.

Les sbires et les larbins s’organisent en « ordres » qui les reproduit dans leur forme. On ne reverra pas un psychopathe resurgir pour donner corps à cette structure qui demande à se renouveler : le capitalisme est le petit doigt qui cache le patriarcat en mouvement. Aujourd’hui les sbires et les larbins, chacun pour soi, s’organisent en « ordre », avec un chef ne faisant plus office que d’organisateur, et non pas de führer. Et comme ils savent qu’ils sont complémentaires, ces ordres assaillent de toutes part les prérogatives de la liberté, laissant un champ suffisamment libre à l’autre pour que se matérialise une efficacité générale afin que les riens-travailleurs se voient obligés d’aller au travail.

On nous montre des détails de malversations (les éléments de la nature prenant le pas sur ceux des humains qui sont pourtant la source de leur propre malheur, eux ; comme si ces humains étaient de tout petits enfants que mère-nature maltraiterait, eux qui « maîtrisent » à merveille leur industrie pétrochimique et nucléaire, alimentaire et agricole, etc. !!!) sans fins pour nous détourner du fait que la misère sexuelle, affective et en conséquence sociale, progresse avec la solitude, la pauvreté matérielle, les conditions drastiques de comportements induits du matin au soir, des contraintes qui sont appliquées tout le long du jour à l’être « libre » par excellence : l’humain (rappel : pas la licence, la liberté). Le patriarcat change de forme, il est toujours en mouvement qui suit l’ordre des sbires et des larbins. Il s’agit d’une puissance matérielle, physique et psychique dans la mesure où elle demande une réponse des sujets approbative sous peine de souffrance pire que celles qu’elle provoque immédiatement. Un assassinat (toujours commis par un être perdu, si ce n’est un sbire) n’est pas même un comédon dans l’oreille d’un adolescent, comparé à la personne qui vit en excédent d’énergie que la sexuation permet de se défaire : s’il n’avait pas corporellement (structurellement) intégré l’apprentissage antérieur de ne pas se satisfaire sexuellement, lui-même, par des interdits inculpés par ses tuteurs, il aurait pu tomber amoureux de manière plus simple et plus évidente. Tous les assassinats, on le sait, ont la sexualité malade pour moteur. C’est ce que nous devons réapprendre pour qu’aucun sbire ou larbin ne retrouve dans un « ordre » un ordre pire que ceux qu’ils ont refusé de vivre par eux-mêmes.

Je vais poursuivre en parlant de la spoliation et de la falsification qui s’opèrent par une sorte de sbire et de larbin à la fois, ce qui en fait sa spécificité. Le voleur peut tout voler : une caresse, un baiser, une montre, un moteur, une plante, une roue, un espace, un terrain, une maison, une femme, un enfant, tout peut être objet de spoliation pour un voleur ou un spoliateur. Ce sera le pire de mes articles. Le falsificateur corrompt tout ce qu’il touche, c’est sa manie.

Quand le chef délègue au sbire et au larbin, l’un a besoin de l’appui intellectuel de l’autre et l’autre de l’appui musculeux de l’un, le spoliateur procède des deux à la fois. Le spoliateur est le més-empathique par excellence : c’est au stade suprême qu’il se fout de l’autre, de cette manière que l’on retrouve, par exemple, chez l’homme « politique ». Bien sûr, il y a le voleur des grands et des petits chemins, les « Loups », mais aussi les gens qui vous volent le plaisir de manger de bons légumes même bio, ou de respirer du bon air, de boire de la bonne eau et du bon vin. Seule l’obtention du résultat compte, qu’importe les modalités. On vole un vélo comme on vole le ciel en le striant des rejets des jets. On vous spolie de votre parole, comme on vous dit que le dépôt d’un bulletin de vote est de la démocratie, une fois chaque cinq ans, ou comme on vole un prépuce ou un clitoris pour la vie. Spolier est une manière de faire qui ne retourne d’aucune justification, sinon que celle du spoliateur : spolier. Mais de la même manière que le sbire et le larbin se complète, le voleur trouve son « anti-thèse » dans le gendarme, le flic : c’est un fait d’UNE société, de la société patriarcale.

Le procédé psychique est simple : il faut inférioriser autrui pour se sentir supérieur à lui et se permettre, « en bonne conscience », les malversations qu’on veut lui faire subir. Cette infériorisation est le poison de l’empathie et à la fois, ce qui détermine que cette empathie est malade. Sbire ou larbin, cette empathie est « néantisée » par la fonction que chacun d’eux se donne dans la société… et que cette société promeut et protège. Ce procédé s’apprend, mais il ne s’intègre que si un ressentiment envers autrui se coagule : tant que ce ressentiment reste fluide, l’empathie n’est pas atteinte dans ses fondements. Le contraire la mine. Cela s’apprend et si cela s’apprend, les modalités de son application doivent être détectées de sorte que la coagulation soit évitée ou qu’un antidote à cette coagulation soit mis en œuvre. Il faut reconnaître le système de la « mésempathie », il faut que cela soit l’objet de milliers de pages positives. Seule la méthode du sbire et du larbin est différente, le mode d’application de la mésempathie est dissemblable, mais le but de leurs gesticulations est d’inférioriser autrui pour compenser une perte d’empathie, leur propre perte d’empathie.

L’empathie est un affect grégaire humain, comme la valeur, l’amour, la tristesse, la nostalgie, la colère : elle permet de garder heureusement une cohésion au groupe, tout en le protégeant d’altérations internes. Comme affect, elle a besoin d’expression, que ce soit sous sa propre forme ou sous sa forme contraire (comme la haine pour la colère-amour, la dépression pour la nostalgie-tristesse, etc.) : c’est un besoin physiologique humain (plus généralement « d’animal à sang chaud » vivant en troupeau, car on le trouve chez ces animaux en part assez égale, finalement, mais beaucoup moins puissant que chez nous). On a faim d’expression empathique (ou d’une manifestation contraire par manque) comme d’un fruit. Le sbire ou le larbin (chacun à sa façon) possèderait une empathie sélective, alors qu’il ne possède plus d’empathie, car l’empathie ne peut pas être sélective : lorsqu’on n’aime pas les femmes, on est aussi raciste, anti-ceci et anti-cela, pour reporter au mieux ce qui vous en reste sur une cause pour laquelle on se dit se donner corps et âme, alors qu’on viole celle d’autrui ; ou sur la figure d’un chef. Dès le moment (malheureux) où l’homme a esclavagisé la femme (ce qui ne se peut qu’à des fins sexuelles), dès la naissance du patriarcat, l’empathie a déchu pour se réduire à un lambeau d’elle-même. Nous devons réapprendre à cultiver l’empathie, comme de bons jardiniers et de bonnes jardinières : l’enfant ne doit non seulement pas en perdre un milligramme, mais doit la voir grandir comme un bel arbre ; tous les enfants. Les cas de mésempathie extrême doivent trouver une solution, c’est-à-dire d’abord s’en rendre compte dans les comportements de sbire ou de larbin par laquelle elle se manifeste. Car dès ce moment-là, il a été possible de mettre en esclavage l’enfant, et n’importe qui d’autre, fort de cette « supériorité » de dominer la sexualité de la femme. À mon sens, les prémices existaient pour prendre pour prétexte que la grossesse résulte de l’accouplement, et particulièrement par le viol. Le sachant, il faut faire avec, pour que cela rentre dans les poubelles de l’histoire. L’abolition du patriarcat ne sera possible, certes qu’avec l’annihilation par ses contraires (l’empathie, la bienveillance, le bon-soin, etc.) de ses malversations, mais aussi par l’émergence d’une vie autre. On a déjà défait la trame, reste le fil ! Il est trop long pour que je m’en occupe tout seul… Cette vie aura alors admis la sexualité comme un affect grégaire dont l’expression est aussi indispensable que l’affect qui l’accompagne : l’amour.

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