Patriarcat : démission de l’empathie

Le régal passe par le don-participation, la communion. Il faut se donner totalement pour que le partenaire jouisse au mieux. Il faut se donner pour qu’elle jouissent. Telle est la formule. C’est ça la fin du patriarcat. Je vais vous expliquer…

La présente retenue de cette espèce de chose de soi qui ne veut rien lâcher, est le patriarcat. Ce n’est pas facile à comprendre, car il faut avoir vécu et ressenti la qualité de la misère de la pingrerie pour s’en faire une image, somme toute, assez proche. Plusieurs pistes se présentent à nous pour comprendre ce phénomène.

Qu’est-ce qui a pu provoquer ce désir d’être si mesquin chez l’homme (est-ce bien lui qui a inventé la valeur des choses ?) ? Parce que finalement, quoi qu’on en dise, c’est présentement celui qui a le pouvoir comme point d’appui à sa mesquinerie. Qu’est-ce qui a pu provoquer chez l’homme le désir d’être mesquin ? Comme il y a un cristal d’initialisation au début d’une explosion, quelque chose doit avoir provoqué cette catastrophe ; et pire, comment cela a-t-il pu se proroger et par quels moyens ? C’est à cause du caractère d’adaptabilité de la femme que l’homme s’est fourvoyé, car il l’a confondu avec ce qu’il pouvait faire d’elle ; c’est une erreur, trouver du régal à se mettre à la disposition du meilleur de toi pour que tu jouisses du meilleur de toi de sorte qu’elle jouisse de toi en entier qui est alors le meilleur (car intègre) est une disposition. Quand l’homme a l’impression qu’il fait ce qu’il veut de la femme, c’est du patriarcat, car il n’est pas assez intelligent pour intégrer que la position de la femme est aussi de jouir de la vie et qu’il doit bien y avoir un moyen pour le faire, sexuellement, avec le deuxième sexe : l’homme, pour elle.

Je dois avouer à mon lectorat que je ne suis pas capable ce soir de décrire ce que j’ai compris de la relation de la femme à l’homme que l’homme ignore bêtement et sexuellement. L’homme ne peut pas comprendre (je suis un homme) ce que vit la femme de son bord sexuel… et je me demande même si les mots existent dans cette société patriarcale qui puissent décrire ce vécu, selon elle. On ne connait aujourd’hui que le point de vue du mec qui est patriarcal, le point de vue masculin. La difficulté c’est que ce point de vue ne peut être le « contraire » de celui qui voit le monde selon le filtre féminin. Un contraire serait un opposé, or, il s’git d’un complémentaire, enfin… de deux complémentaires, à égale distance l’un de l’autre, toujours.

De plus, si nous ne nous représentons que le contraire de ce que l’homme en voit de la femme (c’est-à-dire, ce qu’il en voit présentement qui est cette disposition dans laquelle est aujourd’hui, à la fois vis-à-vis de lui, de la société, et de la vie en général), nous risquerions de perdre beaucoup d’aspects, de poésie féminines, car, à ne la voir que comme une femme mécontente d’éprouver du désir pour l’homme (en ce cas pour son sexe) c’est la dépraver ; et ce point de vue demande certaines corrections sévères vis-à-vis d’une telle oppression. Oui, la femme est sensible à ses sens et détenir un sens aussi proche du corps que le désir, rend réceptive à ce que son filtre d’amour du moment laisse passer. Bien crû, si l’homme veut profiter de la femme, celle-ci doit jouir de (ou trouver profit à) ce profit. A priori, le caractère absolument complémentaire des deux sexes pourrait, avec l’aisance du mélange d’une cyprine et d’une mouillure, induire à la fois les moments opportuns et à la fois les volontés adéquates pour un tel projet (qui consiste, rappelons-le, en un un accueil et une pénétration de sorte que le frottement conjoint, attentif et envoûtant provoque l’orgasme.

De quoi parle-t-on ? On parle de la jouissance réciproque malgré une différence des sexes : il y a une mesure de tout pour que ce phénomène s’opère. L’affect le plus évident est, bien sûr, l’empathie. Mais, la caractéristique de la fille est l’abandon, il ne peut être autrement, sinon il aura toujours une différence de perception entre le vécu et ce que l’on en vit. La caractéristique (punaise, j’ai cherché deux références de poids sur ce thème et ne les ai pas retrouvées….), c’est l’adaptabilité non pas comme source immédiate de jouissance, mais comme immédiateté-même de cette jouissance. Il faut pour cela une concordance, une harmonie des sens, qui induiront celle des gestes. Lorsque l’homme est jaloux de la jouissance de la femme jusqu’à la torturer, c’est qu’il lui jalouse son pouvoir de transe : d’être là, dans le moment, en toute puissance d’être. Nous en avons une exemplarité dans l’accouchement où loin de la protéger, de lui donner le sentiment de protection qui lui assure celui de la confiance en soi, nous l’éclairons de lumières vives, de bruits idiots et d’anti-odeurs sceptiques pour perturber, détériorer, médicaliser cette transe.

La haine de la transe s’est focalisée sur la femme, bien évidemment parce qu’elle s’y adonne comme de naturel, mais aussi parce que l’homme a perdu la capacité (qui est une qualité !) de se perdre, il ne peut pas se perdre ; il ne veut rien perdre, ni sa maîtrise ni celle qu’il a de l’autre. L’homme déteste la transe car il n’y maîtrise plus rien (alors qu’il est de toutes façons en transe en la refusant, que ce soit temporairement ou épisodiquement dans une crise de névrose ou continuellement dans le psychotisme). L’homme doit ré-apprendre à se perdre, sans contrepartie, sans réciprocité, sans retenue, sans même y penser ! Toute cette satanée d’énergie cérébrale qui gonfle son cerveau à lui demander d’écarter ses barreaux, provient de cette retenue, sans considération pour son environnement. Le sentiment de cloisonnement réfléchit en fausse couleur la liberté qu’il refuse de fondre de la chaleur de ses amours immédiats. Se donner et se perdre revient pour lui à une pseudo « perte de liberté » dont le pendant n’est que cette énergie qu’il refuse de perdre : il vit dans le refus d’un miroir ce qu’il craint de vivre en vrai. Il emprisonne, il enclot. Mais, il faut le dire, c’est le phénomène même de la cuirasse caractérielle ! dont la femme est dotée en correspondance, mais cette fois-ci, en contraire à ce que devrait être le non-patriarcat, alors qu’il demeure sous ses formes les plus charnelles : l’adaptabilité est une matière malléable, comme tout autre affect.

Tout cela dans le but de déniaiser le type : le sexe existe (et sous deux formes) qui cherche à se réunir (et selon deux formes) dans la prédisposition positive de jouir l’un de l’autre. S’il en est autrement, hébé, il faut réfléchir et pour réfléchir, il faut arrêter de travailler, et comme on arrêtera de travailler on cessera tout autant de perdurer le patriarcat sous cet aspect : le travail…. ce qui nous laissera du temps pour le vaste champ du reste qui doit être en proportion superficielle aussi intéressant ! On peut discuter, oui, mais cela n’apportera pas grand chose : il faut pratiquer le coït pour en connaitre la valeur… et je pèse le mot : la VALEUR, ce qui manque à tous et qu’on retrouve dans les objets.

-~oOo~-

Il y a indubitablement un intérêt à savoir ou connaître le moment de l’institution de la valeur objectale, comme antagoniste, ennemie même, de la valeur fluide.

Selon moi, il y a donc deux valeurs : la fluide et l’objectale (ou minéralisée). L’objectale se reflète dans les objets jusqu’à leur donner une âme qui en fait des fétiches : ce qui était directement vécu, c’est changé en une représentation. La valeur fluide, en fait, n’existe pas : elle vit le cours de ses événements, sans contrepartie, sans réciprocité, sans retenue, sans même y penser ! en pure perte, mais comme émotion, aussi.

Comme actualité, aujourd’hui on s’entiche pour de « l’intelligence artificielle », c’est-à-dire : minéralisée (donc, totalement dépourvue de l’aptitude à l’émotion !), et on voudrait résoudre des problèmes humains, organiques, avec cette sorte d’outil ?

C’est son contenu (le vécu immédiat) qui en donne la consistance, sa qualité et sa quantité ne fait que confirme cette qualité ; dans la valeur minéralisée, le contenu contient la valeur sous forme de quantité et c’est cette quantité qui en donne la qualité. Ici nous avons un mouvement, là un minéral. Donc, à quel moment et pour quel prétexte la qualité de la valeur s’est-elle changer en quantité ?

Les conditions matérielles peuvent être décrites : pas de frigo, pas de radio, par de nucléaire, pas d’avion, de moteur à énergie fossile, on peut se demander s’il y avait un désir d’exploiter quelque chose… Si cela s’est passé peu après ce désir d’exploiter autrui,… pour quel profit « autoritaire » ? On fait fausse route.

Une allée se montre dans cette hypothèse selon laquelle ce serait un coup porté à l’adaptabilité féminine qui produit une telle altération que le ressenti masculin aurait demandé une retenue. À poser chacune de ces positions sur le plateau de l’équité, le fléau restera vertical. Si on demande un point d’origine à cette affaire, ce n’est pas de cette manière qu’il faut procéder : il doit y avoir un gagnant et il doit y avoir un perdant. Mais, précisément, cette notion de « perdant-gagnant » n’est-elle pas une spécificité du patriarcat, auquel cas, la donnée de base est imparfaite : s’il manque l’une, il manque l’autre. Or la perte n’est considéré dans le patriarcat que selon le côté de la femme (à moins d’une apparence), alors que c’est elle qui prend la majorité des coups. Ce serait donc le mec qui serait jaloux de ne pouvoir pas se perdre qui provoquerait cette retenue en tout, par tout et surtout sur tout. Mais cela ne me donne pas le cristal initial : comment, où et quand cela s’est-il passé ?

Nous n’avions alors que :
– la poterie, l’arc et la flèche, l’aiguille et le fil ;
– la confection du pain, du fromage et de la bière ;
– le tissu au moins comme décoration ;
– le jardinage et le bâton fouisseur ;
– pas d’araire ni autre charrue ;
– pas de traction animale et
– l’élevage des animaux.

Moi, j’ai pensé qu’il y a eu le mouvement conjoint de deux événements
– la mise en enclos d’animaux et d’abord femelles ;
– la mise en enclos d’animaux.

Lassé de voir « ses » animaux se faire la malle, le gugus’ a imaginé une solution qui consistait à les enfermer dans un enclos. a) Bien sûr comme il ne s’agissait que de profiter de la fertilité des femelles, il n’a d’abord été enfermées que des femelles. Mais on a constaté subitement qu’elles ne mettaient plus bas (où est le profit ?). On s’est demandé pourquoi… Un mouvement fortuit ? une décision ? quoiqu’il en soit, un mâle s’est retrouvé dans le parc des femelles… et cinq mois plus tard, on a bien constaté qu’Éole n’y avait été pour rien : il y a une cause à l’effet : le mâle a dû monter la femme pour qu’elle soit grosse…. [on n’avait pas pensé alors que les femelles pouvaient désirer le mâle, en souligné du plaisir]. Mais, en plus, b) il a PU imaginer le fait de construire un enclos et de sursoir à la liberté (de ne l’avoir pas à ; de me dire que je suis libre de l’être ; de me soustraire à l’avis de l’autre ; d’avoir perdu l’empathie contre son gré – on peut peut-être pensé qu’il avait tellement faim que le déplaisir de n’avoir rien à se mettre sous la dent, lui avait tressé l’idée de les empêcher de s’enfuir –; de le construire. Alors qu’alors l’homme était libre de se déplacer selon son bon vouloir (ce qui ne soustrait pas une certaine obligation qui suit celle de suivre le cours du mouvement et conséquemment son côté éphémère)) et, tout à coup, une chaîne s’est matérialisée dans la sédentarité. Cyniquement, on pourrait dire qu’on se rit de la sédentarité en riant d’elle.

C’est le fait de se savoir prisonnier de l’endroit dont on se sent tributaire qui vous rend coupable de la perte de votre propre liberté. Ce fait permet, inductivement, de vous permettre d’enclore « votre » bétail. L’idée est là.

Est-ce à ce moment où l’homme a vendu sa liberté pour de la sédentarité (on comprend qu’il s’agit ici d’une identité d’étude) qu’il a aussi inventé l’esclave initiale : la femme ? Le reste se dévidant à mesure que la pelote roule. Et donc, on est aujourd’hui et c’est c’est de lui dont il faut s’occuper. L’inversion des valeurs est celle-ci : « Il faut trouver la jonction (qui n’est pas véritablement importante) entre la vertu et l’absence de prise de risque (ce n’est pas véritablement important, parce qu’on peut se passer de cette connaissance pour modifier le présent) ». Mais je suis un homme beaucoup plus terre à terre : qu’est-ce qui a été modifié dans l’érotisme entre le paléolithique et le néolithique. L’érotisme c’est la relation entre deux personnes dont le résultat est l’excitation sexuelle reconnue et dont l’acceptation reste quelque fois à discuter.

C’est quoi l’autre et comment peut-on en jouir sans attenter à sa liberté ? En tous les cas, nous en possédons tous les moyens, dont l’amour. Dans ceux qu’on mettrait en commun, certains sans doutes trouveraient quelque part ou ailleurs une correspondance : grégaire, l’humain l’est et ne peut l’être pas.

Ce dont je parlais précédemment, c’était la relation entre les murs et l’encloisonnement. C’est quoi une sédentarisation ? C’est la construction d’une « maison » : qu’elle soit ronde verte ou en contre-bas, elle est immobile et donne l’aspect du pérenne parce qu’elle a des murs et les murs, c’est dur.

[J’ai tellement envie de bonheur que je serais de près prêt à croire en dieu si je le rencontrais] Bon, ce n’est pas parce que je ne le rencontre pas qu’il n’existe pas, je suis d’accord, mais alors… quid de dieu ? Quand je lisais les Grecs, petit, je me demandais pourquoi ils ne pensaient pas à répondre à leur question par l’existence, par le simple fait d’exister… pourquoi chercher plus loin ? Eux, ce plus loin, ça leur plaisait, mais moi ça me barbait sérieux : c’est tellement plus facile (maintenant je m’en rend compte) de jouir que ne de n’en rien faire, de l’existence. Je vais pas en faire un plat.

Je vois bien que je n’apporte pas de réponse à ma question : saurais-je un jour décrire la naissance du malheur humain ? Pour le moins, je tourne bien autour. Je n’apporte pas non plus de solution à savoir ce qu’il faut faire, sinon que quelques bribes d’idées que j’ai éparpillées ici et là dans cette longue étude sur le patriarcat. La toute première est la culture de l’empathie : cet affect doit devenir un arbre aussi gigantesque que la gaine de séquoia… qui pousse en forêt, en chacun de nous et selon soi. Quand elle est malade, on doit apprendre à soigner l’empathie, comme on soigne un bobo. C’est un changement de paradigme qui peut s’opérer en deux ou trois générations si on s’y prend dès avant la naissance, et pour la mère et pour le nouveau-né : comme on change de laine, on ne tricote pas le même pull. Si, en trois générations, 90 % des prisons ont été fermées, c’est que le plan est le bon !

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