Dans le bruissement léger de ces feuilles brouillonnes

Dans la nature, le bruit change constamment, de l’heure, de la semaine, du mois, de trimestre, du semestre, de l’année, tout le temps le bruit, dans la nature change. Les bruits humains sont invariables, sauf pour la musique, encore ! Et ce qui me gène dans le bruit humain, c’est que je ne peux pas écouter le bruit du monde. Le bruit humain est fort, celui de la nature est doux. Bien sûr il peut être strident, mais pas comme celui de l’humain : je pense aux sirènes de la police, des pompiers (ha! ceux-là !) du SAMU et des ambulances. Non de non, quel bruit ! Comment a-t-on pu tolérer l’invention d’un tel bruit ? Il a dû y avoir un « État d’urgence », sans aucun doute, pour qu’une telle insanité auditive ait pu trouver naissance et pour défendre contre quelque chose de très très grave et non pas ces balivernes de terroristes modernes. Il y a 350 morts par noyade en piscine par an et 375 personnes mortes, en cinq ans, trucidés par des fous furieux. Je peux préjuger de la détresse du maître-nageur placé devant le mort, mais quelle est celle de qui dans ce cri de sirène ? Elle est où la tristesse de nos temps terrorisés ? Dans notre séparation. Et j’y pense, ces sirènes sus-nommées, me font penser à la séparation dans sa pire détresse. Qu’elle est la noyade qu’on veut cacher derrière une telle détresse ? Que signifie en tristesse et en détresse un tel bruit ?

C’est là une belle question : notre détresse c’est notre séparation, notre désintégration à un commun auquel notre ensemble donne vie. Et cette matière à laquelle nous donnons chair est notre joie, l’anti-tristesse. Ho ! moi je suis un peu vieux, je ne vivrai certainement pas cela, mais je souhaite de tout cœur que l’on puisse vivre un tel moment, plus long que les piètres milliardièmes de seconde que nous en vivons présentement, ce qui donnera l’occasion de jouir de la vie plus longtemps ensemble. Aujourd’hui il est malaisé d’imaginer cet état dans lequel nous serons à ce moment-là, les quelques messies qui ont rapidement passé le demi-siècle dernier n’ont laissé qu’une poussière de leur passage, de laquelle on peut y voir, en s’en approchant pour mieux s’y pencher, les étincelles qui brasillent encore intensément. Le vent de leur farce rugit encore dans des mémoires vives. Beaucoup n’ont laissé aucune trace de ce passage furtif que nous vivons ici et qu’une seule fois, mais comme le carbone d’un feu historique peut se retrouver dans les argiles des foules, on perçoit dans une furtivité d’apex jusque le bois qui a été utilisé pour ce feu, embrasant ici et là des lieux qui n’ont plus lieu d’être. Mais peut-être n’est-ce simplement que dans nos gênes que nous hésitons à leur donner réalité, à nous en rendre compte comme d’un naturel qui ne demande qu’à s’exprimer ?

Ce que nous vivons aujourd’hui est lamentable. On dit que de le dire ne fait pas avancer : si on ne peut pas mettre de mot sur ce que nous vivons, nous en apercevrions-nous ? Car le mot est fait pour être dit, sinon il ne signifie rien, ou une pensée dans une seule tête (disait J.P. Voyer sur l’idée, c’était sympa, j’avais bien aimé : cela ne sert à rien d’avoir des idées si on les garde pour soi-seul. Le problème c’est la forme, et là, ça a coincé beaucoup beaucoup, parce qu’il y a quasiment autant de forme que d’êtres humains… en trouver une « génératrice » semble difficile, sinon même inaccessible. Le problème est-il bien posé ? Il ne peut y avoir autant de forme que de gens, ce n’est pas possible, sinon il ne pourrait pas y avoir quelque chose de commun, voyons ! Si je manipule ce récrit, j’irai jusqu’à dire que c’est précisément la semblance des formes qui nous relie et dont on joue ! même dans le pire des scénarii, qui donne cette reliance du jouissif. Il y a une faculté innée qui nous fait nous regrouper pour jouir de cet état de regroupement. Aujourd’hui, le rachitisme (manque de N-acétyl-cystéine, à 1 à 2 gr par jour) réduit son développement à la « famille » : quelle mesquinerie ! quelle tristesse ! nous qui sommes dotés de naissance, même d’avant-naissance, de toutes les capacités suffisantes et nécessaires pour vivre en groupe et en jouir, nous en sommes réduits à la « famille »… le patriarcat c’est la famille et plus ça va et plus la famille rétrécit, car les exigences du capitalisme ne peut que provoquer son éclatement. Nous irons donc vers la solitude absolue : je-seul, tu-seul, il-seul, elle-seule, nous-seuls, vous-seules, ils et elles seuls et seules. Bien sûr, cela ne pourra pas arriver, enfin… je le souhaite ! L’intérêt de ce petit conte, c’est de montrer un chemin qui y mène, car on n’en voit pas le bout, on a envie d’avancer dans le brouillard qui dévoile à mesure que l’on marche ce qu’il voilait. Non, bien sûr, car on se le dit ! On se dit ce qu’il faut qu’on se dise : ce qui nous manque, ce qu’on désire, ce vers quoi notre âme tend. Il faut se le dire et se le laisser dire après l’avoir laissé dire.

Alors, on atteindra rapidement la question sexuelle et le dire, ici protégé par une pudeur dont on se demande de quelle autorité elle émane pour nous empêcher de parler, n’est pas d’un abord facile : on a quelque chose entre les jambes dont on sait bien qu’on en attend une intense satisfaction, mais on les sertit pour ne pas que cela s’échappe et se sache. Ce n’est qu’à mon âge que je commence à reconnaitre que les filles désirent les hommes comme les hommes les filles : je pensais avant qu’il fallait violer les filles ou quasiment pour avoir une satisfaction, en gros qu’elles ont une telle peur de l’homme qu’elles n’admettent pas qu’elles le désirent autant. C’est ce que, moi, je pensais, malgré la grande affection que j’éprouve pour elles ! Les filles aiment l’homme, comme l’homme la femme. Il y a eu beaucoup de temps perdu dans cette affaire. Mais, comme on ne le passe qu’une fois, ce temps, ou bien il est, comme ensemble, totalement perdu, ou il ne l’est pas. On veut juste se flageller avec cette idée qu’on aurait pu en jouir, comme les autres, non ? Considérons-le comme une période d’apprentissage, c’est plus positif puisqu’il est de toutes façons, véritablement et irrémédiablement perdu ! On ne passe son temps qu’à le passer, point. Si on le passe en satisfaction, en plaisir – des deux que je viens de décrire plus haut : la grégarité –, on ne dira pas qu’on l’a perdu ; mais il est perdu aussi dans l’insatisfaction de ne pouvoir pas le rattraper. Mais si on en est là, c’est qu’on a déjà perdu son temps. C’est compliqué parce que le temps ne se rattrape jamais, il est donc toujours perdu. Ce n’est donc pas du temps qu’il s’agit, mais du plaisir qu’on y passe, selon la grégarité, bien sûr ! La texture du temps change en fonction de sa trame.

La sexualité sera vite atteinte. Aussi, je vais essayer de déblayer le terrain pour qu’on y voit plus clair (quand j’avais 13 ans, peut-être, j’avais participé à un débroussaillage de chemin dans la garrigue : quel pied ! quel plaisir j’en ai gardé souvenir !). Il y a une culture morale sexuelle violente dans le patriarcat, surtout de la part de l’homme pour que la femme se sente infériorisée, selon ce qu’il pense de sa nature. Mais, on le sait, il se trompe, comme la femme le trompe en jouant son rôle de femme battue, je veux dire : qui n’a pas envie de rapprochement sexuel. Hop hop ! attention, je ne suis pas bourré de mauvaises intentions : la femme n’a pas à être battue, ceci doit être clair, qu’importe le prétexte, la justification, l’ordre, le décret, la loi, la Bible ou le Coran : sous aucun prétexte la femme ne doit, ni se sentir, ni être battue ! Article UN de la PREMIÈRE loi. Et elle fera sans doute plus attention à ses désirs qui, selon la grégarité, iront sans doute (aussi) vers autrui. Ça peut être long à mettre en marche, mais en tous cas, si c’est parti dans ce sens, ça ne s’arrêtera que si la femme recommence à être battue, ce qui devra nous imposer de sérieuses questions sur notre incapacité au bonheur. C’est pourtant pas bien difficile : le bonheur, c’est si et seulement si la femme ne se sent ni n’est battue. Bon, la phrase est un peu longue, mais elle dit ce qu’elle dit, c’est ce qu’on lui demande et je suis sûr qu’il est possible de commencer maintenant-même à se poser les questions de notre malheur, incidemment et seulement en termes lointains de comparaisons, car nous avons un passé douloureux en la matière.

Après la peur, la seconde réticence, c’est la pratique du sexe elle-même : qui quand comment quoi faire… Il faut commencer par se dire que si on a deux sexes différents, selon la grégarité (désolé pour les autres, mais j’y reviendrai, ne soyez pas encore déçus !) c’est ben pour que cela s’passe l’un l’autre. Donc, que c’est fait pour que ça se passe selon l’un l’autre et réciproquement. Cela, ce n’est pas difficile. Comme je le redirai plus en d’autre circonstance, il ne faut pas se presser, il faut écouter, soi et l’autre, dans ce qu’il vous évoque de plaisir d’être avec lui ou elle. Les filles y arrivent mieux que les garçons. Et pour cela, il ne faut pas avoir peur des « blancs » comme on dit en typographie, (on n’aura pas peur typographiquement parlant des blancs ou des noirs) : il faut savoir écouter et apprendre à s’écouter, dans sa vérité, à soi. Bon, cela passe aussi par l’émotion du geste, évidemment : on va pas rester là comme un cailloux, même si on a envie de fondre en larmes, oui ? Je parle bien du rapprochement sexué et des intentions qui l’entourent, à minima. En fait, faire l’amour, c’est comme Michel Odent parle de l’accouchement : c’est parasympathique : on fait avec ce qui est et ce qu’on a.

S’écouter dans sa vérité à soi, c’est l’anti-leitmotiv patriarcal par excellence : il ne peut pas accepter qu’on ose toucher du doigt et caresser la vérité. Et, pour être cru crû, comme on sait qu’elle contient quelque chose de jaillissant, quelque soit son sexe, la vérité ça se masturbe. Il faut donc, corrélativement, apprendre à masturber sa vérité : vous verrez, après, lorsque vous rencontrerez quelqu’un, le sympa de n’être pas que seulement soi, encore que vous ayez d’abord approché l’orgasme que cela procure de masturber sa vérité, ou soi, en parabole. On a envie de plus et on sait que ce plus est tributaire de l’autre et de la commune mesure que vous formez comme couple, même momentané. La grégarité a conçu un outil pour cela, que nous nommons l’amour. L’amour est le glissant du fébrile, la douceur des caresses, la poursuite du plaisir qui se course sous mes doigts, l’incertitude que je te plaise, cette sorte de réponse à ma question de me mêler à toi par ton désir de m’y voir te remplir, et cette lenteur attentive de chercher-trouver mon gland dans ton toi-chaud et mouvant, de te regarder dans les yeux échangé de fluide mouvant et toi-chaud, et ce moment précis de la raideur qui vous dépasse (car, jusque-là, vous jouiez d’elle pour sentir, et là, il faut lâcher) d’une sorte d’électricité née du frottement synchrone que deux êtres provoquent. Les garçons ont tendance à se raidir pour montrer qu’ils ont une belle queue. Et la fille elle, pour bien sentir l’homme, etc. Ce n’est pas mon chemin préféré : je préfère un vagin détendu où je ressens plus le frottement que la pression. Il y a un exercice à détendre son vagin et à ressentir en même temps ce qui s’y passe. Bien sûr, pour le détendre il faut aussi le tendre… Ze radotte.

[[Pour moi, ce sont des criminels ces gynécos qui rétrécissent l’entrée vaginale après une hystérectomie, « car l’homme sentir plus mieux », tête de spéculum, taré doté d’un pouvoir grave et important sur les autres.]]

L’amour dans la masturbation est plus simple. Il faut se laisser à jouir, s’autoriser à jouir, se manipuler pour jouir ; et on ressent tout de suite les émotions de ses actes, directement, sans intermédiaire. Se manipuler pour jouir, s’autoriser à jouir et se laisser jouir, tout cela s’apprend (je me demande même si dieu n’a pas dû l’apprendre, lui aussi ?) ou se ré-apprend. L’amour c’est aussi un peu apprendre à ne pas se retenir à deux et en couple : ça devient plus facile si on sait déjà comment s’y prendre tout seul.

La nature a un bruit qui change chaque heure, semaine, mois, etc. Le bruit humain est pour beaucoup une calamité qui ne permet pas de pouvoir s’écouter. Toutes ces personnes qui utilisent dans la rue ces « walkman » et autre smartphone, évitent de s’écouter : elles écoutent un plaisir, mais pas elles, elles-mêmes. Et de quel plaisir ? Passif, passager, prétérit. De plus (c’est ce qui m’étonne encore), elles ont été acheter ces séparateurs de goûts. Si elles veulent s’écouter, il leur faut êtres seules, c’est-à-dire isolées du groupe. Bon… si c’est comme la masturbation qui te permet de mieux te connaitre, passe encore, mais si c’est pour t’isoler davantage du groupe, ce n’est pas pareil. On arrive à quelque chose de nocif et pour la personne et pour le groupe, en même temps. Enfin, je parle de grégarité, pas de capitalisme. Et la sexualité c’est aussi apprendre le silence, non… plutôt, l’absence de bruit. Les bruits affectifs sont très puissants, tant en plus qu’en moins d’harmonie.

La sexualité, c’est se parler, donc. Et comme elle arrivera inévitablement, immanquablement et irrémédiablement comme proéminence dans l’activité du groupe, mieux vaut commencer par en parler en en parlant. Il n’y a pas tant de fantaisies sexuelles et peu sont mortelles. On ne peut devenir mature qu’en remuant !

Patriarcapitalisme

Les critiques du capitalisme – et du mode de fonctionnement du capital – sont pléthores : il est attaqué de toutes parts, de toutes les façons, sous toutes leurs facettes. Mais, grandement, on oublie pourquoi il perdure « contre notre gré », alors que nous y participons obligatoirement ou par omission, ou par pensée ou par action. C’est que le capitalisme et sa praxis sont d’essence sexuelle et sur ce point nous achopperons toujours, car nous sommes (el pueblo) et demeurons impotents, sexuellement parlant. On oublie que le capital et sa praxis sont l’exacte position théorique et pratique du patriarcat en mouvement. Si, par hasard, le locuteur critiqueur du capital et de sa praxis est lui-même un heureux amoureux puissant, il parlera à plus de 90 % d’impuissants orgastiques, hommes et femmes. Cette puissance du capitalisme se situe dans notre impuissance face au patriarcat : à ce que j’ai défini, pour une part, comme l’avilissement de l’amour qu’éprouve la femme pour le sexe de l’homme ; mais il y a la deuxième part qui est masculine.

Cette impuissance, je la vois dans le peu de flics nécessaire pour régler sous leur coupe une foule de personnes, car chacune de ces personnes, sinon quelques dizaines, est impuissante sexuellement, à imposer son droit à une sexualité hors du patriarcat, en refusant de se faire frapper sur la tronche : qu’en sait-elle, cette foule, de ce patriarcat abouti au capitalisme ? A-t-elle fait la relation d’effet à cause ? Rien, ou si peu : elle ne peut rien en savoir tant qu’elle ne se déterminera pas à en entamer la suppression, c’est-à-dire, au moins, à cesser d’avilir l’amour que la femme éprouve pour le sexe de l’homme ! Va-t-on le comprendre, cela ? Un homme (ou une femme) qui avilit l’amour qu’éprouve la femme pour le sexe de l’homme est un patriarchiste et ne nous attendons pas à ce qu’il veuille perdre cette prérogative actuelle ! Et comme tout impuissant se retrouve dans ce désir de se voir privilégié dans l’usage de cette prérogative, même si cela ne lui apporte rien, sinon qu’un pouvoir sur cet amour que la femme éprouve pour le sexe de l’homme, le patriarcat perdure. Le petit flic avec sa matraque et le pouvoir que lui confère un supérieur détenant la violence abstraite et l’autorise concrètement, pour exécuter consciencieusement sa fonction concrète est un impuissant du patriarcat, tout comme le politicien qui fait les lois du patriarcat, le militaire qui protège l’enclos du patriarcat, le juge qui fait appliquer par les matons divers ces lois du patriarcat. Oui, certes, l’économie est un levier du patriarcat, mais elle ne se peut bien comprendre que dans ce rôle de levier : ôtez son point d’appui, le patriarcat, et elle s’écroule.

Qu’on promulgue des lois qui terrent et enterrent les gens sous prétexte de terreur n’est permis que parce que les gens sont impuissants, sexuellement, à s’exprimer, car la sexualité aime à pouvoir s’exprimer dans un minimum de liberté, ne serait-ce que celle de ses rencontres… et comment rencontrer quand on est terrorisé ou se laisse terroriser par autrui ? Restreindre l’expression possible de la satisfaction sexuée est le bâton favori du patriarcat, car c’est ainsi qu’il domine les âmes, et leur impose sa manière de voir et de vivre la vie, selon ses valeurs.

La valeur est un affect inhérent à l’animal sous sa forme humaine, mais la forme actuelle de son expression est celle du patriarcat. La valeur existe dans l’ensemble du monde humain, mais sa forme sous la forme du capitalisme, est inhérente au patriarcat : le capitalisme est l’état actuel de l’aboutissement du patriarcat en mouvement, tout comme la valeur des capitaux augmente par leur seul mouvement. C’est pour cette raison que cette entité actuelle de la manifestation du patriarcat dans la vie humaine ne s’écroule jamais, car elle est le moyen du patriarcat d’assoir son impuissance sexuelle. Merci Wilhelm Reich !

La distinction des valeurs est sexuelle car elle se retrouve immédiatement dans la manière dont l’humain, dans le patriarcat, s’occupe de ses déchets qu’ils soient issus de son activité industrielle (jusqu’au sens moyenâgeux du mot) ou corporels. Une misère. Par contre, tout ce qui brille est or ! Cette distribution des valeurs est typiquement patriarcale, elle est « anale » au sens freudien, jungien et consorts. Et cette planète, non pas seulement à cause de l’excroissance technologique de son activité, mais surtout parce que le patriarcat ne sait quoi en faire, est devenue le reflet de cette praxis de la vie : un déchet, un lamentable déchet et quand il se torche le cul c’est encore pour faire un autre déchet de plus, éolien ou autre. Ceci est sexuel : c’est un comportement extrait d’une manière de voir le monde, issu de la manière dont on a évolué sexuellement dans le cours de sa vie qui est sexuelle, de la rencontre des géniteurs, à celle des gamètes, la gestation en passant par l’accouchement, la puberté, la « maturité » et jusqu’à la mort.

La majeure partie des malheurs humains a pour origine la sexualité : la maladie, la solitude, la pollution chimique, radio-active ou électromagnétique, la social-démocratie comme la dictature. Les eaux des fleuves, des rivières et des ruisseaux sont polluées par les déjections humaines (pour les plus chanceuses ! il y a autrement pire) alors qu’il suffit et nécessite que d’organiser, même individuellement, des toilettes à compost : fin de la dengue, du choléra et autres pestes. L’hygiène de l’eau est la source de la bonne santé, on le sait, mais on continue, du fait que cette valeur est compromettante pour l’état d’esprit du patriarcat, jusqu’à s’en désintéresser puisque c’est mettre le doigt sur son complexe : l’anal. L’eau du robinet est affadie par des produits chimiques chlorés, même celle des chasses d’eau qui sont une catastrophe écologique en ne séparant rien des « eaux grises » des « matières noires » : tout est dit. Le dieu des Inquisiteurs était l’analité et ses adeptes nous ont montré leurs atrocités. L’analité est un stade sexuel qui commence et devrait finir pour être passé à autre chose, mais le besoin impérieux de la morale patriarcale se fige dans les muscles et dans le système nerveux (la cuirasse ou structure coagulée caractérielle) en la rigidifiant dès qu’un sursaut de plaisir la dépasse.

La manière dont on pratique une « activité physique » est relative à cette morale, jusque dans le geste même de chaque pratiquant d’un « sport » : tout y est violent (il faut de la violence pour « gagner » contre son adversaire et devenir « premier ») et d’une extrême violence, contre son corps, soi, les autres ; et le jeu y est absent pour devenir « olympique ». Battre l’autre, l’écraser, etc., on le sait, dénote une attitude qu’on nomme, en référence à la psychanalyse, « anale » de la vie, mais comme cette attitude est de celles qui font le patriarcat, elle devient dans ce contexte « normale ». Nous avions la toromatchie, nous avons encore les stades de foot ou de rugby, dans lesquels la valeur est transmutée en rage, où l’impuissance peuvent enfin s’exprimer, se manifester selon les principes d’une testostérone fragmentée. Mais là où la femme pouvait jouir un semblant en voyant sa projection théâtrale frôler les cormes de la mort (c’est-à-dire la perte de soi simulacre de l’orgasme), ailleurs elle devra se contenter d’un écran ou d’une étiquette de bière, délaissant aux hommes leur privilège de se casser la gueule, le phénomène se vomissant jusque dans les rues où la police – patriarcale – est impuissante.

Le patriarcat n’est pas un épiphénomène qui se résumerait à avilir l’amour que la femme éprouve pour le sexe de l’homme (et la réciproque ne serait être si loin de la vérité, finalement), le patriarcat EST un mode de vie qui en exclue tout autre ; c’est une hégémonie sur la vie d’un mode de penser, d’agir et d’omettre. Le patriarcat EST le monde dans lequel et où nous vivons et dont l’accomplissement actuel (ultimement présent) est le capitalisme et son organisation sociale : le fétichisme de la valeur, la marchandise, le salariat et le travail, le capital, l’argent et le spectacle comme ensemble. Tout cela existait en germe depuis qu’existe le patriarcat que j’ai défini ailleurs comme la confusion, chez l’humain, entre le rapprochement sexué et la procréation, le second devenant titulaire du premier et le premier perdant sa raison d’être, aimer pour le pair de l’orgasme. Dans le patriarcat, on le sait bien, la femme est une génitrice et l’homme un père et le père c’est celui, allez-vous-zen-savoir-pourquoi-?, qui détient l’autorité sur la femme et ses enfants, à lui. La première esclave est la femme, c’est une femme et il n’y a toujours pas de fête nationale ou régionale en sa faveur, sinon que celle des « mères » en forme de promotion à sa liberté. Il y a des fêtes pour l’abolition des Esclaves noirs et noires, mais pas pour l’abolition de l’esclavage de la femme, pas encore : le jour où cela arrivera, il n’y aura plus besoin de ce genre de commémoration, j’espère ! Mais je pense que nous aurons été engloutis par notre bêtise, bien auparavant, et moi, mort depuis longtemps.

Je ne parle ici que d’évidences, mais comme rien ne se passe, j’y reviens. Cette autorité dont s’agrège l’homme vient de sa force musculaire, bien sûr, mais surtout de sa cuirasse caractérielle, reproduite par l’éducation qui est, elle-même (on le sait bien) une branche active de la morale : la retenue comme accessoire de domination. Laisser de jeunes corps en pleine croissance assis des heures durant sur une chaise (à mon époque c’était un banc) est une activité morale pratique. Ha ! ils « apprennent » des mathématiques, à écrire, etc., oui, certes, mais comment ? et pourquoi tant de souffrance, d’obligation à l’autodiscipline mortifère ? On demande à l’enfant cette autodiscipline, cette auto-castration (M’sieur, j’peux aller aux toilettes ?) ! Tout est dit ! Et cela durant des années, celles, les plus gaies, les plus belles, dont on pleure ensuite « l’insouciance »… Et quand l’amour apparait dès 3 ou 4 ans, quelle innocence, n’est-ce pas, car selon les tuteurs asexués, asexué ! Quelle désastre quand quelques années plus tard, après la conséquence de cette auto-castration qu’on nomme « période de latence », bien avant que les « hormones » ne décuplent ou centuplent leur flux dans le bouillonnement sanguin, musculaire et nerveux, où le moindre rapprochement des corps est immédiatement sexualisé pour se voir interdit. Nous aurons alors l’éclosion des pervers, des introvertis, des hystériques, des maniaques, des borderlines, des schizophrènes, des bourgeons de vie tordus, brisés, décolorés, rabougris ou desséchés, écrasés, divisés ou sectionnés.

Le patriarcat n’est pas seulement une « forme d’organisation sociale et juridique » comme le dit la patriarcale ONG wikipédia, c’est LA société actuelle, impérialiste, impérieuse, impératrice de nos temps, de ces temps que nous vivons. Il n’y en a pas d’autre et si elle meurt, c’est qu’elle aura été remplacée par une autre société. L’omission ici, est de ne pas dire une « organisation “de quoi” sociale et juridique », car le patriarcat ne veut pas qu’on sache qu’il organise tout selon ses vues, et non pas seulement l’autorité de l’homme. L’homme y a perdu jusqu’à une forme de sa spécificité : la sensation-même de l’éjaculation qui est devenue une « émission de sperme », le con. Il court comme un éperdu après cette sensation, alors qu’il n’est plus qu’un jet (et encore, quand ça pulse !). Cette sensation apparaît avant l’éjaculation, alors qu’on est déjà perdu, mais comme il veut garder le contrôle (l’analité), il n’est plus que le liquide. Dans le patriarcat, l’homme a perdu son âme et son partage joyeux ; et il ne veut ni ne peut plus lâcher son fantôme, car alors il défaillirait dans les affres de la nullité où l’ont conduit ses choix. Courage, homme à la verge rouge ! tu n’es pas seul !

Si la valeur est un affect, comme je l’affirme, elle est malléable selon une morale sociale qui la rend commune à tous de sorte que tous consentent facilement à la manière dont on en use, qu’elle soit une forme de cohésion du groupe sous cette forme précise et pas autrement, et que tous en retire un minium de satisfaction. Et remettre en question le mode de cette satisfaction sur la forme de cet usage, même si – ou mieux ! alors qu’elle est minime pour la plus grande majorité des membres du groupe, devient immoral. Et cette immoralité profite, bien sûr, à ceux à qui cette valeur profite le plus. Mais comme les autres bavent sur la satisfaction qui leur fait défaut et à laquelle pourtant ils travaillent sang et eau, lorsque cette morale du riche leur vient à traverser l’esprit, ce ne sera pas pour s’arrêter tout net d’y travailler, mais d’en demander plus pour y travailler plus, tant le manque de satisfaction réelle est présent (l’insatisfaction du manque devient le manque de satisfaction) ; et sans remettre sur le tapis de la critique ou du jeu de la vie, le principe même de ce mode de satisfaction de cet affect : la valeur. L’affect « valeur » est actuellement manipulé par le patriarcat : il faut se poser la question de ce qu’il devient sous une autre morale (qui ne serait pas « matriarcale », bêtement) maintenant qu’on sait ce que peut et veut, sexuellement, le patriarcat.

La rocade est circulaire, mais ici il n’y a qu’une entrée

La rocade est circulaire, mais ici il n’y a qu’une entrée : toi, donnée inconnue qui passe le pas de cette porte, laisse derrière son seuil tout désespoir.

La plupart des méthodes, des sites d’épanouissement personnel ne parlent de la sexualité que comme d’un but, alors qu’elle ne peut que se vivre. Elles sont, de fait, un contournement de la sexualité, et un évitement pour le quidam ou la quidame. Et que ça s’étire, et que ça se tend et que ça se relâche, que ça s’assouplit, ça se ré-étire, etc. La cuirasse caractérielle ne s’assouplit pas, elle se dissout… ce n’est pas pareil ! Et que ça discute en privé avec une personne spéciale et rémunératrice, à laquelle on donne tout de son âme… enfin… celle dont on peut tenir de loin cette sexualité qui vous rend malade parce que vous n’en faites rien. On voit bien plein de petites culottes (encore qu’on en soit pas si certain), des hauts plein de petits tétons érectiles, sensibles, dont on userait qu’avec délicatesse de l’écho. Et puis, dans ces petites culottes, il y a un gland, des grandes et des petites lèvres, et l’entrée du vagin qui se prolonge dans le corps. C’est-y pas merveilleux et délicat tout ça ? Point n’est besoin de s’imaginer qu’il faille de la violence pour démarrer tout cela en cours de marche, pour l’accepter ou le mettre en fonctionnement, non ?

Nos temps portent tout à la confusion : celle du sexe dont on ne serait que faire, le sien, celui de l’autre ; tant et si bien qu’on ne sait plus duquel on est, franchement, de sorte à aborder le quai du plaisir avec sérénité. On sème la confusion dans l’équivoque du plaisir qui ne peut jamais en être un dès lors qu’il se pose la question de son existence présente : il est ou n’est pas. Après on peut en parler, pourquoi pas, mais pendant, on le vit. Il ne peut y avoir de confusion, sinon que de fuite.

En général, les hommes c’est de la testostérone : faut que ça donne sa force, mais vous, les filles, vous n’avez rien à perdre ! Et de la testostérone, il y en a autant que vous ! Vous aurez (je peux me laisser à le supposer) au moins un coup. Et en s’y prenant bien, avec jaillissement. Alors ? Donc, voici ce que je propose : oui, allez vous adonner à ces méthodes, etc. d’épanouissement personnel, mais pour vous exercer au rapprochement sexuel, pas pour vous permettre de l’esquiver ; et d’y consacrer au second, au moins le temps que vous consacrez à ces exercices !

Ha ! les maladies vénériennes. Sûr que l’état sanitaire n’est pas du plus mirobolant, puisqu’il y a tant d’incertitude sexuelle, de promiscuité d’égarés et de perdues, une très mauvaise répartition des pratiquants et des non-pratiquants ce qui amènent les premiers dans la surcharge des omissions d’autrui. Les maladies de Vénus ! Psyché, la copine d’Éros, a dû avoir bien du plaisir à l’érotisme d’Éros. Mais quel pourrait-il bien être ? En quoi, si l’atteinte de tels dieux pouvait nous le permettre, ne pourrions-nous pas y prétendre ? On ne sait pas trop pourquoi, finalement il ne nous serait pas possible de l’atteindre. On ne sait pas ce qui nous retient de nous y adonner, le feu à l’âme et l’âme au corps. Pour le savoir, il faut y mettre le nez, de visu et de palpé. Tant qu’on se retiendra, on sera retenus.

La syphilis, la bléno, le sida, etc, encore, je veux bien, mais la violence ? Quoi faire avec la violence. Il faut, non pas faire des garçons, des mecs, mais des personnes capables de parler, de dire ce qu’ils ont ou veulent dire, des hommes. Le mec a appris (comme Beauvoire le disait de la femme en devenir) à être un mec du patriarcat, ça s’apprend, c’est dur, c’est violent, on demande beaucoup de sacrifices, de se sursoir physiquement, jusque l’épuisement et même après parfois – tant ces militarisants sont cons : tout ce qui obéit à un ordre a deux cerveaux et un bras –, il a fallu apprendre à être misogyne, à penser que la femme est l’initiatrice du malheur de l’homme et du monde, et son incitatrice. Il a fallu apprendre les mathématiques, nous, à nous ! les mecs ! Mais c’est le supplice ! Mais qu’est-ce qu’on en a affaire des mathématiques alors qu’il y a des choses si passionnantes à faire dehors ? Le stratagème n’a pas marché sur moi, j’étais ailleurs, et de loin ! Nous, les mecs, la violence, on connait, hélas ! Il nous faut vivre avec notre beauté, notre gentillesse, notre affabilité, notre sens de la séduction, du rire, dans un monde qui se veut et se doit d’être « de mec ». Et c’est dur, des mecs, non de non ! C’est tout cela qu’il faut faire disparaître, car il nous est possible de vivre de manière satisfaisante à nous deux.

Alors comme nous sommes dans une société patriarcale – c’est-à-dire : une société du Père (avec son Œdipe, sa Jocaste, et tout le tintouin procréationiste poussant à penser que l’humain ne serait pas un être social, c’est-à-dire vivant en troupeau et que l’ensemble de ses affects dont cette disposition le nourrit, dispense pour une bonne part de la nécessité du chef de troupeau d’autres animaux) où l’homme aura peur de la femme et la femme déçue par le jaillissement de l’homme, une fois – et que sur cette base, la rencontre est difficile. La femme n’a aucune raison d’avoir peur de l’homme, lorsqu’elle s’y prend bien… et ça peut s’apprendre. L’homme n’est pas cette sorte de jouet, un monde où le jouet lui est jouet. Mais il y a du jeu quand même… faut s’essayer, vous ne risquez rien. Et même si vous tombez sur un fou, vous saurez comment vous en sortir, car vous lui êtes supérieure et qu’il n’a rien compris à la vie, l’excessivement fragmenté ! et vous saurez ce que c’est que cette solitude d’être fou. Notre intelligence est de déduction, la votre est d’induction ; le patriarcat de séparation. Je ne sais pas si je l’ai déjà dit, mais la pornographie c’est avilir l’amour que la femme éprouve pour le sexe de l’homme (bon… à 90 % près). Il y en a qui disent que le patriarcat c’est l’avilissement de la femme, hébé moi je dis que c’est l’avilissement de l’amour qu’elle éprouve pour le sexe de l’homme. Voilà. Bon… que ce soit vrai ou faux, le résultat est le même : la rébellion aboutit à la dissolution du patriarcat dans le jus du plaisir ! La méthode n’est pas la même, cependant, pour y parvenir, sexuée ici et là ailleurs.

Par quoi commence-t-on lorsqu’on veut abolir le patriarcat ? D’abord… en sommes-nous capables et serions-nous conscient de la responsabilité d’un tel engagement ? De là, beaucoup peut s’en suivre, non ? Et la sexualité ? Qu’est-ce qu’on en fait ? Autant commencer tout de suite.

Pour sortir, la flèche est à l’envers.

Technolicide social

pygmes-42_screen

L’être humain est un être fantastique (bon… je joue avec le mot…) : dans Reporterre, je vois la photo d’une femme, d’un enfant et d’un nourrisson pygmées devant leur habitation (petite) en arceaux de branches et de feuilles. Et je les vois VIVRE, sans, par rapport à nous, cette technologie qui nous bouffe la vie. De plus, cette technologie (essentiellement minérale) étant un acte de pouvoir sur le biologique (l’organique), elle ira les emmerder dans leurs lieux de vie. Car leur « état » technologique est largement suffisant pour vivre, mais l’hégémonie technologique du reste du monde veut s’accaparer de leur espace vital. Certes, ils ne « vivent » pas si longtemps que nous, mais leur vie est autrement intense que celle d’un quidam qui attend sa retraite au bout de 40 ans de travail ! Chez eux, ces 40 années ont été de vie, de relations affectives, sociales, essentiellement sociales, chaque jour, chaque heure, chaque minute. Oui… la maladie, tout ça… ok, mais quelle est l’intensité humaine de ce vécu humain ? On parle de ND des Landes : là-bas, il se joue la même partition : vivre, sans travail, socialement et organiser la société autour de ce centre. Disputes, ruptures, conciliations, ententes, compromis, réconciliations, amour, don, etc. tout cela fait la vie sociale que la société est à même de réguler par l’entente sociale de ses participants. Et la technologie, ICI, n’a que faire de dominer, car elle y est, à peine, un accessoire : si un problème doit être surmonté à plusieurs, faute de technologie, cette action devient (pas comme les travaux obligatoires de Mao) sociale, car décidée socialement, c’est à dire avec le vécu de faire ensemble ce qui a été décidé ensemble et de réaliser ce vécu ensemble. Je pourrais dire que le progrès n’a été que technologique, comme matière autonome, comme si l’objet de l’humain était « technologie », à envahir le monde : et c’est ce qui s’est et se produit. La technologie, à travers l’humain, a envahit le monde, l’a pollué, pourrit, radioactivé, endocrinisé, plastifié, carbonisé, etc. jusqu’à présenter le monde comme son adversaire, car le monde ne veut plus être plus technologisé, car le monde, la planète n’en peut plus de la technologie humaine ! Le monde, celui qui nous habite, renâcle à tant de malversation et se débat pour survivre.

Sur cette photo on voit l’humain nu devant la vie, mais adapté à la vie. Aujourd’hui, on s’adapte à la technologie, pas à la vie, et les diverses contestations du jour tournent, non pas à un retour bobo de l’existence, mais à la perception du vivant en soi et chez autrui : naissance, éducation, occupation du temps. Ces contestations remettent en cause l’aspect phagocytaire de la technologie sur le vivant. Dernièrement, en conclusion d’un documentaire sur l’emprise de cette technologie sur la planète, le commentateur remarquait qu’à la différente de tous les autres êtres de la planète et que, donc, cette planète a créés, l’humain a le choix de construire, de ne rien faire ou de détruire. Le capitalisme, on le sait, est la destruction systématique pour sa construction et cette conception du vivant ne peut être remise en cause à moins de sa mort et des relations sociales qu’il implique ; en fait, il faudra bien admettre que ce sont ces relations sociales qui sont néfastes, délétères et déprimantes : narcissisantes. Le capitalisme est le fruit du patriarcat au stade technologique présent (depuis à peine 200 ans) de la société humaine. Le patriarcat veut mettre à profit la possibilité de dominer autrui, principalement la femme et l’enfant, quel qu’en soit le moyen (faute de trouver son écho dans l’affectivité qu’il ne peut que réduire à sa maigreur, il le trouve dans la forme de l’outil : la technologie, dont le plus subtile et le plus sublime est l’argent : la valeur matérialisée en minéral, le fétiche de la marchandise) et on voit le présent comme sa conclusion minérale perpétuellement renouvelée. J’y retrouve ce désir de ce pouvoir sur le biologique par le minéral, car, quelque part, ce biologique (l’organique et sa pulsation) est devenu comme minéral et, comme on revient sur les lieux de son enfance pour tenter d’y trouver une solution qui, venant trop tard, s’avèrera impossible, ne fait que réduire cet organique à son fantôme. Ainsi, tant que la technologie tentera de résoudre et de donner forme à des fantômes, ces fantômes tenteront de prendre vie, alors qu’ils en sont pas même de l’ordre du minéral, mais de celui de l’organique qui s’est perdu un jour, quelque part et se poursuit comme l’ouvrier la pointeuse (ou le cheval, l’injonction), en détruisant tout sur son passage, car il ne prend plus alors conscience ni de son harnachement ni de son acharnement.

On va donc dire que ces animaux humains pygmées sont plus sauvages que nous autres, animaux technologisés, mais une fois encore, cette « sauvagerie » est d’autant plus humaine qu’elle est immédiatement vécue en tant qu’humaine, sans intermédiaire d’aucune sorte. Et même si le « sauvage » est la crainte de l’inconnu pour se préserver – c’est-à-dire préserver ce que l’on considère comme l’humanité de son vécu – cette mesure de soi n’est en rien inférieure à ces technologistes qui les ont, de toutes façons, esclavagisés, réduits au travail, à cette maigre conception qu’ils ont de l’occupation du temps : déshumanisée. La plus grande partie des « fictions » du monde moderne ne parle que de cette esclavagisation (sexuelle, obligation au travail, à penser ainsi ou ainsi, à vous conformer à un ordre de soumission), comme du « mal » (le grand méchant loup) et le libérateur est celui qui vous en dispensera des affres. C’est pourtant le vécu général qui, comme un fantôme, se retrouve sur l’écran blême des journaux télé-visés, celui des nuits de vacances ou des smartphones. Cela permet insidieusement ou par la bande, de passer à travers les gorges, les yeux, le nez, les oreilles, le cœur, les effets collatéraux (les diverses pollutions) que de la technologie mal employée comporte, et que ce sauveur sauve, loin du dessein de les faire accepter comme un moindre « mal », mais plutôt comme allant de soi, voire indispensables !

Parti chercher la lune

Chanson

I
Parti chercher la lune
Un matin de novembre
Sur le chemin brumeux
D’un soleil naissant

J’ai parcouru fortune
À courir le cœur tendre
Flotter sur l’écumeux
D’un doux sein languissant

[refrain]
De moi qui t’aime tant
Ne vois-tu la raison
Qui transsude de l’être
Que tu as dans tes mains

Dos au soleil levant
Je vois l’axe horizon
Te cacher disparaitre
Y a-t-il un demain

II
À chacun sa chacune
Aux rencontres y prétendre
Pour mélanger nos vœux
Et nos corps consentants

Rencontrer l’opportune
La douceur qui fait fendre
Quérir le « oui je veux »
Qui entrouvre ton glissant

III
J’ai descendu la dune
Où je veux mon cœur pendre
À ses bras duveteux
Le laisser frémissant

Et te donner ma brune
Jusqu’au bout de mes cendres
Et taire le vaniteux
De mon amour ravissant

Le 2 juin 2017

 

L’écluse d’aval

Je ne me ferai jamais à la profonde connerie de ce monde qui ne tient jamais qu’à cette manière  de détourner tout de la vérité, comme si l’image était plus réelle qu’elle et qu’il n’est possible d’en jouir que de cette sorte de faux. Toute la production capitaliste tient sur « cette sorte de faux » et tout le monde, par habitude, lassitude, corruption des âmes, s’en contente ; et on vit le résultat écologique semblable à cette perception de la réalité faussée.

Le monde humain est d’une extrême richesse, qui va au-delà de toute attente, mais il est dégradé, véritablement, par ce parasite, cette totale absence d’intégration à l’environnement dans lequel il se meut, il vit. Il est d’abord dégradé par la perception de ce qu’il est et ensuite – et concomitamment – par ce qu’il s’en donne : il a peur de la puissance de l’être, de l’ici et maintenant, comme de lui-même qu’il comprend comme « spirituel » bien avant d’exister, tout simplement. Il ne peut se passer, l’idiot, de l’image qui est au-dessus du monde, au lieu de celle qui le comprend, lui, et son interprétation et le monde, en un tout organique, palpitant, vivant.

Quand il ne trouve pas quelque chose d’extraordinairement complexe, il le complexifie pour avoir la sensation de le vivre « plus fort, plus grand, plus loin, plus longtemps », alors qu’il s’échappe et ne fait que perdre la sensation de son réel dans le monde. Il défraîchit les plus belles choses en les réduisant à des choses auxquelles il incorpore l’âme d’une image et affirme alors qu’elles sont « plus fortes, plus grandes, plus lointaines et durent plus longtemps ». Il l’exprime alors par sa vocifération de spectateur, comme véritable vécu (oui, certes !), assis sur un banc… de spectateur du monde. Il organise à regorger des images mouvantes, payées très cher, pour qu’il puisse procéder ainsi, qui la plupart du temps, se disputent une balle ronde ou grossière, plus ou moins cousue, plus ou moins lourde sur des espaces plus ou moins étendus, qu’importe ! Ça lui prend un temps faux, une énergie folle, mais il est content, car il ne sait pas autrement procéder que par cette perte de conscience, cette transe, par quel autre moyen que lui-même se procurer une jouissance peu ou prou similaire. C’est extrêmement agaçant de constater qu’il ne sait faire autrement, comme d’aller chaque matin travailler, par exemple.

On sait, on entend que ces vociférations ne sont pas de joie, mais des exutoires à une rage, ou autre colère qui ne voudrait pas se dire, mais qu’on exprime cependant dans l’insulte, des gesticulations des bras qui expriment le rejet d’autrui. Comparons des cris d’enfant en train de jouer avec l’eau et oyons ceux de ces adultes, braves travailleurs responsables familiaux et payeurs d’impôts, dans la même situation ! Nous n’entendons plus la joie libre s’exprimer, mais celle dont le cri passe mal la gorge sinon que la force du poumon trop longtemps retenue fait pourtant jaillir dans l’âcreté de l’âpre. Oui, ces cris expriment une joie, comme les grains d’un sable mouillé passent un tamis : tout n’y passe pas ! et la joie est parcimonieuse. On rentre le soir proportionnellement libéré, dont on sait qu’un verre de bière va dissoudre les nœuds.

L’ingéniosité humaine est infinitissime, mais elle n’éprouve guère le plaisir de se rendre compte de son impact sur le monde, de s’y conjuguer au plus près (car nous en sommes issus), de se marier à son environnement : elle le détruit, comme le bulldozer la forêt ou la maison d’un palestinien ; et toujours pour faire correspondre ce monde (le notre et unique) à une image. Aujourd’hui (et depuis environ huit milles ans, depuis l’émergence du patriarcat, principalement), cette ingéniosité (ici sous l’aspect du caractère technologique humain) est réduite (encore qu’exploitée à outrance sous des formes aussi variées que multiples) à l’exploitation de ce monde, et son voisin aussi bien : les murs servent à construire des prisons ou des forteresses, des banques comme des clapiers à humains, avec une dépense énergétique immonde : béton, ferraillage, adduction d’eau, tout-à-l’égout ; où les chairs servent de mitraille comme d’élément de chaînes. Les usines ressemblent à ces prisons, sinon que les prisonniers s’y rendent comme de leur propre gré. L’évolution des outils, d’abord de défense et ensuite d’attaque, sont terrifiant de destructivité, jusqu’à polluer l’atmosphère, les eaux et le sol pour des milliers d’années, par prévention ou altérer le placenta et dénaturer le lait maternel. Mais tout cela va comme de soi, tout cela court son cours, sans entrave, sans résistance car le nombre fait force et immensément nombreux sont les vociférants et plus encore ceux qui ne peuvent plus rien dire. À bien y regarder, le drame humain est ridicule du point de vue du monde.

En défense à mes congénères, je sais que tout est fait et mis en œuvre pour qu’il en soit ainsi et pas autrement : il est besoin et indispensable qu’un maximum d’entre eux aille au travail sans rechigner à la tâche, quitte à la rendre intéressante pour quelques-uns. Les syndicats eux-mêmes perdurent la souffrance du prolétariat pour avoir le loisir de protéger la marchandisation, la valeur d’échange des choses et des êtres. C’est dans ce travail qui détruit tout que s’immisce le drame de Nietzsche, les cœurs y ayant consumé leur âmes. Ce travail a une telle importance que son contraire, la simple occupation de la vie n’a trouvé aucun écho dans les milieux révolutionnaires, cette occupation du temps paraissant sans doute totalement futile, fortuite et dérisoire. Et pourtant, je ne travaille pas ! C’est que, même ceux qui critiquent le travail y travaillent et parfois dur…

La révolution sera donc d’occupation, non pas des usines, mais de nos vies qui auront délaissé ces usines de mort. En centrant nos occupations sur le plaisir de faire croitre les fruits de cette terre, déjà nous signons la mort du travail, dès lors que nous occupons notre intelligence technologique à trouver son frein dans le minimum de son usage : je sais de quoi je parle : je déteste travailler, en conséquence j’utilise cette ingéniosité à NE PAS travailler… et ça marche. Je suppose qu’à travers beaucoup de bavardage (le non travail) de beaucoup, je devrai encore moins travailler. C’est un noble but d’utiliser son temps à tuer le travail dans l’œuf, de sorte qu’il ne naisse pas. C’est une tâche collective, où la femme se doit d’avoir la même hauteur sociale que l’homme de sorte que la plus petite organisation doit être impérativement mixte : à chaque poste de délégation (président de la République, préfet, ou quoi ou qu’est-ce, délégué syndical, président de copropriété, etc.), sont nommés et une femme et un homme ; l’homme est élu par tous, la femme par seules les femmes. Comme les lois de Stolon, nous devons écrire ceci dans du marbre et envoyer une copie dans l’espace intersidéral pour semer la bonne parole aux étrangers qui voudraient nous rejoindre et ne seraient pas à notre niveau social, et signifier que cela est pour nous clair.

Transologie 3

[Transologie 1, Transologie 2]

Il faut admettre que le phénomène de la transe n’est absolument pas compris, débilement utilisé et idiotement vécu, quoiqu’elle est toujours d’un intense vécu, hypnotique et puissant.

On voit des gens vociférer devant des chevaux qui courent après la victoire, des sportifs qui courent après un ballon pour chercher l’obtention d’un total victorieux, des pousseurs de pions qui pimentent cette contrainte par ce que d’autres nomment « intelligence artificielle » comme résumé qu’une compilation bureaucratique plus performante que le simple crayon à papier, etc. et tout ce beau monde de crier à l’apothéose lorsque la victoire est atteinte… et pour un seul, bien évidemment, sinon la transe aurait un goût de partage qui deviendrait incompréhensible et la dénaturerait comme l’eau de mer le vin.

La jouissance que procure cette transe est certes son vécu (qu’importe, finalement qu’on ait ou pas perdu, sinon qu’une revanche de transe) mais surtout l’attribution d’une valeur à un des pots de la bataille organisée à cette fin : un gagnant ; ce plaisir est d’autant plus grand que ce pot a rempli la mission qui lui a été donnée et qu’on attendait : gagner la partie. La valeur est là : gagner la partie.

Si la transe veut rester aujourd’hui incomprise, c’est qu’en secret elle sert la marchandise et que cela doit rester secret (ouaps : le secret de la marchandise c’est la transe ! oui, mais sous quelle forme ? That’s the point). L’aliénation affective (les maladies « mentales ») est le support de cette transe en tant que tentative de résolution d’une contrainte sociale, comme toutes les transes. La transe fait partie de la vie, et nous n’en connaissons rien, ou si peu, sinon que sous un aspect : l’aspect mystique. Et cela défausse bien le problème de sa forme : asexuée, délirante, irresponsable. La transe est une manière universelle de solutionner une contrainte à caractère social, affectif ou physique, de manière collective, car cette contrainte se rejette sur le collectif. Les produits humains qui sont normalement alloués à la transe sont frelatés, et la transe reste sans solution, c’est-à-dire qu’elle se réalise selon l’inverse de ce à quoi elle est destinée. Cela : on le sait, on a peut-être hésité à le formuler correctement.

Pourtant, on sait aussi que la transe est cohésive, logique (du point de vue de la vie qui n’est pas toujours facile à saisir), qu’elle fait partie des outils de la grégarité. Antonin Arthaud, Isidore Ducasse, les Surréalistes et les dérives des Lettristes, tout cela possède une cohésion qui s’est trouvée dans la transe, ici avec une plante, là avec du vin, beaucoup de vin. Le vain du vin bu dans le bain de la vie nue et la poésie marchande, la publicité, la transe du spectacle. Libre, la transe montre assez régulièrement ce qui ne va pas, ce qui cloche parce qu’il ne correspond pas à ce qu’on attend de cette liberté.

Il est facile de comprendre qu’un frère va protéger « l’honneur » de sa sœur parce qu’il lui est interdit d’en profiter lui-même. C’est considérer que l’accouplement est sujet à culpabilité, c’est-à-dire, interdit de plaisir. C’est débilisant, car on pourrait très facilement aller voir ailleurs ! Mais sa mère, sujette sexuelle de son mari, est le modèle qui modèle l’anticipation de cette pureté. En fait, on jalouse ce plaisir que sa mère (dont on soupçonne que l’autorité paternelle a interdit la jouissance sans souhaiter vraiment un tel malheur – soupçon qui induit parallèlement l’idée du viol ineffable) ou « sa » sœur a pris lors de ce rapprochement sexué. Il s’agit de l’honneur sexuel qui ne devrait avoir de pratique sinon que « pur », c’est-à-dire, dans l’angélique d’une catin, d’une pute dépourvue de vagin ; et ainsi d’exacerber ce plaisir qu’on ne peut qu’abhorrer dans le rapprochement sexué pour le plaisir du plaisir. Cette société est vandale, démente, lucrentielle du plaisir sexué. La transe sexuellement malade contient un but qui est différent de ce qu’elle dit vouloir vivre, et ce but est extérieur et on s’y contraint du fait d’avoir peur de la liberté (cette peur est un acquit ; ce qui est inné dans la peur est simplement la peur de mourir, de disparaître soi, mais les circonstances prévisualisées – les fantaisies – sont des acquis), et on trouve le moyen de contraindre cet extérieur qui n’a que faire de ces chaînes. Cependant, cette transe va appuyer son déroulement sur cette morale, alors que dans un déroulement évident, elle ne pense pas. Attention : la malade cache sa pensée, la saine ne pense pas et la distinction est simplement que la malade est toujours, directement ou indirectement, douloureuse. Être gardien de l’ordre, par exemple, est une transe qui pense, car elle est obligée de sursoir à ce qui ne devrait pas être et de se trouver et se donner des arguments (je suis poli : je ne parle pas d’arguties) pour pouvoir se vivre : tabasser autrui pour maintenir l’ordre. Le pire est que des gens qui ne savent pas ce qu’ils sont ni ce qu’est la transe doivent avoir une telle pratique pour passer en transe, alors qu’elle est dolorifère, pour les autres et pour soi à ceci près qu’on cache cette douleur derrière le but qui est ici l’ordre, la hiérarchie pour en jouir ; c’est là l’inversion des valeurs dont parlait Friedrich Nietzsche.

Une  personne en transe est inamovible : on aura beau lui démontrer par a + b qu’elle est en transe, qu’elle ne voit les choses que sous un point de vue particulier, fait de déduction grossières et de visualisations du monde voilées, rien n’y fera : elle est en transe, comme une femme menée au suicide une bombe entourant son giron. Il faut qu’elle y croit et comme elle y croit, elle y est, et c’est ce qui fera qu’elle se « dépassera », qu’elle oubliera ce qu’elle est : sa douleur est si intense et sa solution si rigide qu’il ne lui reste que cette manière de rompre le phénomène de sa souffrance qui peut, par ailleurs, trouver une raison sérieuse de ne pas exister. Cette transe a elle aussi un but, une désignation servant de point focal à toutes ses pensées et de décharge à son affectivité irritée, exacerbée, endolorie.

Au cours de la transe malade, la valeur est ce qui met en transe, c’est une valeur instrumentale, tandis que dans la transe saine, il n’y a pas de valeur d’objet, il y a le plaisir de la vivre ensemble. L’émulation n’est pas d’obtenir des objets, comme chez les cambistes, mais du plaisir, j’oserais dire « gratuit » issu du fait de la vivre ensemble. Les Mbuti organisent régulièrement des transes collectives (qu’on peut assimiler à nos anciens bals disparus, bouffés par les concerts et autres animations spectaculaires) où ils dansent en chantant sur une estrade spécialement aménagée pour leur permettre de sauter ensemble et de leur donner du rebond. Chez nous, il reste les fest nozs qui consolident nuitamment la cohérence du peuple breton. On dénote la différence entre un flic qui va à une manif et un couple qui va à un bal, non ? C’est la nature de la transe qui est recherchée et à laquelle, par un fait de la volonté qui va vous dépasser une fois, sera en passe de vous procurer cette transe.

Ainsi, la transe se vit sur une « valeur ». L’échange se vit sur une valeur, qu’il soit de collaboration ou d’exploitation de la femme par l’homme. Enfin, on peut découvrir après coup une valeur qui puit résumer le passage de la transe, ce à partir de quoi la transe s’est réalisée ; et en conséquence, porter un regard critique à la fois sur son résultat et sur son initiation (son passage, étant toujours de la même sorte, peut ici se passer de son grand intérêt). Si, comme j’essaye de le montrer, beaucoup est « transe », ma démarche est légitime et est en droit d’être poursuivie. et je ne saurai trop insister sur la perception, la préhension, la densité du vécu de la transe, omniprésente, à la puissance sociale immédiatement relative à celle de la grégarité humaine, sinon comme un jeu qui serait, dans le capitalisme (la préemption du monde par une forme de transe que je tente de démontrer malade), devenu trop sérieux, réflexif, narcissique.

À partir de là, que puis-je faire ? Il y a deux ou trois transes mises en avant par cette société patriarcale : le sexe de la femme est destiné à un seul homme, l’amour maternel et celui de l’homme pour la femme (comprenant que celui de la femme est inconditionnel, et donc, sans valeur proprement dite, sinon pour faire des romans ou des films à succès qui reviennent à un rapport d’argent, de cette valeur numérisée, beau mais comptable ; ailleurs, c’est une idiote plus ou moins intelligente, désolé pour elle : elle est dans le cadre, de toutes façons !).  Mais si l’amour vit d’eau fraîche, le lot humain est d’un autre ordre et principalement, dans cette société patriarcale, de celui de l’exploitation où l’homme est un cheval pour l’homme (j’ai beaucoup de respect pour les mules), un loup pour la femme et un tigre pour l’enfant. Un monde de brute où seules les brutes y trouvent leur compte de brutes car elles n’utilisent que cette brutalité comme mode de transe. Dans ce monde, on veut régner par la terreur qui est encore une forme de transe : on est obligé d’anticiper le pire et le monde devient invivable sinon qu’à travers ce pire : le pire devient une valeur indispensable à la vie (drôle de vie). Dans ce cadre où l’amour de la femme pour l’homme est inconditionnel, elle devient la coagulation d’une valeur ; en tant que telle, ou méprisable ou adulable : on ne vénère que le minéral puisqu’il a besoin de vie pour être en vie et que l’énergie qu’on lui insuffle est celle qu’on veut retrouver vivante. L’espoir est une valeur qui n’a pas de prix et qui, pourtant, est marchandable !

La marchandise est la cuirasse caractérielle qui donne sa forme à la transe.