La part rôle et l’hymne âge

Si j’avais eu à choisir un monde dans lequel vivre, je n’aurais certainement pas, à l’expérience, choisi celui qui existe à présent et duquel je ne peux en rien me soustraire, n’ayant qu’une vie et un seul billet sans retour. J’ai beau faire : je n’arrive pas à m’y adapter, je veux dire à y puiser même avec une toute petite épuisette d’enfant de trois ans (celle qu’on voit sur les plages pour capturer des toutes petites crevettes, s’il en reste ! dont les tréssautements de prisonnières émerveillent cette petite fille et son petit copain), une toute petite satisfaction, tant je le trouve *médiocre*. Même les crevettes ont goût à pétrole.

D’abord, ce monde est croyant. S’il ne croit pas en des dieux ou en un seul qui est au-dessus de tout (et qui ne connaissent rien à la mortalité), c’est pour s’arroger un droit sur autrui qu’il croit ou non à la même baliverne. Croire augmente la réalité de soi dans un monde médiocre et en augmente la médiocrité.

Ensuite, ce monde croit aussi en l’argent : la plus-value minéralisé. Et quand je dis qu’il y croit « dur comme fer », aujourd’hui, c’est « dur comme silicium ». Ce dispositif caractériel est un désastre : on *est* dans le mur et la poussière de notre pollution nous entre par tous les trous, sans qu’on la reconnaisse encore, alors qu’elle baigne notre sang, et même celui de l’embryon. Mais on s’en fout, car cette croyance est si puissante qu’elle aveugle tous les *sens* des trous. Ne serait-ce que le bruit que cette société génère : personne ne l’entend plus : il fait tant partie de la vie qu’à manquer on comble ce qui reste de silence par un bruit supplémentaire (on nomme cela de la musique, alors que personne ne joue de la musique, c’est un outil de transmission sonore qui le fait à votre place, puisque vous êtes devenus impotents à jouer, vous, de la musique. Et quand vous chantez, vous hurlez, car on ne vous a non plus pas appris à chanter, c’est tellement désuet, en classe de terminal, n’est-ce pas ?).

Dans ce monde, y étant seul pour ne pas dire « isolé », je m’ennuie terriblement, car si je suis seul c’est que je n’ai trouvé personne pour jouer à la socialité. Je casse les burnes à tout le monde, je n’ai pas de la conversation « légère », je trouve le foot et le sport du summum du ridicule (encore que je n’empêche personne de les pratiquer, mais ça crie ! non de non qu’est-ce que ça crie !), je n’aime pas *le travail* (or tout est organisé autour, par et dans *le travail*), bref, je me demande ce que je fais ici. Mais un humain ne devrait pas avoir à se poser la question : on le fait naître là, assez tôt, il peut aller ailleurs, mais perso, je n’ai nulle part, car tout est identique : mes plaisirs n’ont pas de correspondance, étrange, non ? Alors ? Qui suis-je et que fais-je ici ? Vous emmerder, sans doute.

Mais même cela, je n’y arrive pas, car je ne puis vous emmerder que par ce que j’écris… et comme je ne suis pas lu, je n’emmerde personne, sinon mes voisins lorsque je leur demande de faire moins de bruits de musique, disqueuse, burin, perçage, cris d’entraîneur, etc. Non pas que je sois con, ou un « petit con », non… simplement je suis posé ici, sur ce cailloux, en France et que je ne sais pas pourquoi j’y suis et qu’on m’y fait chier, comme je m’y fais chier (encore qu’avec un environnement sonore non agressif, je saurais m’en contenter ; et l’absence de bureaucratie, aussi, bien sûr). Le hiatus c’est que je pourrais me contenter de ce que je suis, mais qu’on se manifeste toujours avec beaucoup de négatif à moi, notamment, par le bruit. Combien ce monde est bruyant, non de non ! Il est si bruyant, que des gens ont cherché sur sa superficie (qui est quand même grande) terrestre des endroits où règne le silence de la nature, et qu’ils ont galéré un max pour en trouver ! C’est comme de pouvoir voir le ciel nocturne, pareil : il n’y a plus un endroit, en France, d’où on puisse contempler la beauté de la Voie lactée : de la lumière, il y en a partout (peur du noir, les filles ? et de quels garçons ? quelle éducation ? quel loup-garou ?) : on voit à Paris, des feuilles sur le arbres proches des luminaires pousser vertes en février à cause de l’éclairage !

De plus, quand je vous emmerde avec mon baratin, vous vous écartez, de sorte que je me retrouve tout seul. Ce cercle est bouclé. Pour soulever le poids de la solitude, il faut (on le sait depuis un Grec qui voulait s’en prendre au monde, le coquin, s’il avait trouvé des appuis), un point d’appui et un bras de levier ; encore que ce soit à demi juste, puisqu’il s’agit d’un déséquilibre à provoquer et que la théorie des leviers s’exerce sur les cailloux célestes, aussi bien (les points de Lagrange sont l’absence de point d’appui et pourtant le levier est là !). Bon, je diverge. Mais la solitude c’est lourd, et l’absence de point d’appui se ressent beaucoup plus que la présence d’un bras de levier. On est toujours disponible à la rompre, cette satanée solitude, mais il faut être deux, et avoir un caractère malléable, « sociable », ce que je suis loin de posséder. En fait, il a s’agit (il me semble dès le départ) d’un aiguillage où j’ai préféré la sincérité à la fourberie, l’avenance à l’hypocrisie, la générosité à la mesquinerie, un plaisir du juste en place de celui du faux, et de la sexualité comme source plutôt que l’abstinence. Ok, je vois qu’il y a cinq aiguillages, mais peut-être que l’un suivait l’autre, après tout, et en désordre, pourquoi pas, non ?

Ce qui me désappointe, c’est que ce bruit ne cache plus celui des oiseaux, des hirondelles, car il n’y en a plus. Il n’y a plus de moustiques, il y a un ver de terre toxique qui conquiert le pays des vers de terre locaux qui n’ont que la mort comme point de rencontre (et on sait, pour ne pas l’avoir oublié, combien sont importants les vers de terre dans « l’éco-système », encore qu’ils ont été dessimés au millième par l’agriculture industrielle), les pêcheurs se plaignent de n’avoir plus de poissons dans la Seine et s’ils en pêchent c’est pour les rejeter car immangeables car pollués. En fait, dites-vous bien que je suis un lascar qui attend dans son coin, caché derrière le mur dans l’ombre, qui attend, dis-je, que tout s’écroule, et votre bêtise, ignorance, travail, argent, mesquinerie, violence, haine du vivant qui bouge (Ha ! il bouge ! Quelle horreur !), injustice, bureaucratie, police, politique de merde, et autres grands banquiers, héhéhé. À mesure qu’avance cette « civilisation », recule la vie. Cette civilisation transporte la mort : partout où elle passe, tout trépasse. Elle pourrit tout, par sa chimie, son pétrole, son caoutchouc, ses bananes, son huile de palme. En fait, c’est son *mode* d’existence qui est mortifère, et elle ne sait rien faire d’autre, car faire autrement, c’est lui donner la mort (peut-être), c’est-à-dire redonner à la vie l’ampleur dont elle a besoin pour respirer sans l’humain débilité par le travail et la plus-value. Mais quand cette « civilisation » s’écroulera, il sera aussi trop tard pour moi, car elle a gangréné l’ensemble du monde… et cela ne changera rien à ma solitude.

On ne peut pas dire que c’est la technologie dont il est capable qui a obstrué l’entendement de l’humain, bien au contraire : à un tel point de progression, cette technologie aurait dû depuis très longtemps (le 21 mai 1968) l’alarmer de ses nuisances. Non. C’est la plus-value comme ancrage comportemental qui a bouffé l’entendement humain. S’il lui en restait encore un peu, c’est à ce moment-là qu’il aurait dû retourner *le travail* du côté de l’occupation, car cette technologie lui laissait encore de l’espace pour penser en dehors d’elle. Aujourd’hui, qu’elle a tout envahit, la tête est sous l’eau, la paille pour respirer trop étroite, et la suffocation n’est pas encore pénétré la conscience, tandis qu’il est déjà trop tard. Et si 68 n’a pas réussi, je me demande ce qui pourrait réussir aujourd’hui ! Toutes les critiques sont des détails qui tournent autour du « poteau-mitan » (les problèmes de la plus-value et de la satisfaction sexuelle qui sont comme le choual et le loa) sans le voir, s’y cognant parfois, encore que c’est pour se demander ce que cet objet peut bien faire dans un tel endroit où les jérémiades, les bousculades et les hésitations s’entrechoquent selon les lois de la « quantique » (je suis à la traine : aujourd’hui, on vit dans les cordes ! – je crois que je l’ai déjà donnée, celle-là, mais elle est bonne quand même).

Quel monde dérisoire que d’entendre une sirène hurler ; de voir un pont entièrement recouvert de voitures moteur en marche à l’arrêt ; un politicien épandre son alt-chimie ; un CRS tabasser un mécontent et lui envoyer de loin des « grenades » explosives et lacrymogènes (ça veut dire : qui fait *pleurer*) ; des fraises en France provenant du Chili ; de la nourriture dopée à l’additif ; du pain à sur-gluten pour faire des grosses bulles bien élastiques ; on pourrait dire que la réalité qu’il crée de son monde ne lui agrée pas et qu’il doit la travestir. Il n’est ni capable de voir sa réalité ni celle qu’il crée, il doit en conséquence habiller son monde d’un halo ou d’un maquillage pour paraître « + » qu’il ne l’est (alors que ce que l’humain, initialement, est une chose assez extraordinaire, et cela devrait *largement* lui suffire : il sait faire de la musique pour danser, de la bonne bouffe, du bon vin, etc. des maisons en terre bien solide et peu dispendieuses en « énergie », etc., tout cela loin des centrales nucléaires, et j’en passe). Mais comme il baise mal – c’est-à-dire qu’il ne sait pas aimer –, et qu’il a la plus-value pour boussole sociale, il ne peut *que* travestir cette triste réalité qui est aussi le sort qu’il s’accorde… mais qu’il accorde par la même occasion à l’ensemble du vivant, des poissons à sa faune biotype, de l’air qu’il respire à l’eau qu’il ne peut plus boire, aux sacs plastiques aux parties de l’océan anoxique, à la *terre* qu’il cultive, habite, exploite à mort. Personne ne se demande : *Pourquoi la bêtise humaine est-elle si incommensurable ?* C’est l’addition de toutes les petites bêtises humaines ensemble qui crée ce monde de chiotte, comme le dit un riche. Et chacune sachant bien ce qu’elle est, elle trouve « normale » celle des autres, de sorte que cette addition passe inaperçue, malgré son volume et sa densité. On va punir un type qui fume un joint de l’herbe qu’il a cultivée dans son jardin (qui a donc squeezé les dealers et leur mafia, les filles qui fréquentent les dealers, les grosses bagnoles, scooteurs de mer, vedettes, -villas, etc. des dealers) et pas un vendeur de bombes exposant ses engins de mort dans des salons, tenus périodiquement, pour mettre en concurrence les plus létales suivant les circonstances du moment : le peuple de toutes façons ! Ou, car on peut me dire qu’il n’y a précédemment aucune relation de l’un à l’autre, du paysan qui épand sa chimie de mort (les -icides) sous la fenêtre d’une école pour jeunes enfants ; et si je ne me concède encore pas cette dernière comparaison, du pharmacien qui vend ses produits qu’il ne fabrique plus, dont il n’est pas responsable et qui lui rapporte beaucoup de sous. C’est ça du dérisoire.

J’ai toujours été étonné de trucs qui n’apparaissent pas à l’humain alors qu’il les a devant les yeux. C’est les engrenages qui ne sont pas bien ajustés : celui qui tourne du besoin d’amour n’a pas la même denture que celui qui veut en donner ; celui qui scande les pulsations est de marche irrégulière (on ne sait pas à quoi est quoi) ; l’auto-perception des trépidations est irrationnelle, elle ne tourne pas rond ; la roue qui commande la succession du séquençage présente des lapsus (ce qui provoque des problème d’histoire et d’historique). Je vais vous raconter une histoire. En ce moment je suis en plein créole. Et le Créole parle le créole. Bon. Et le créole est aussi vaudou ! Et dans le vaudou, tout le monde a peur des zombies (cela dit, les zombies n’ont rien à voir avec le vaudou, mais simplement avec l’exploitation de l’esclave rebelle anéanti par une drogue, une magie). Alors c’est quoi l’étymologie du mot « zombie ». Je cherche partout… que des bêtises. Et puis, je tâte de la langue, du créole. Il y a des généralités entre le créole et le français. J’avais lu le livre « Tituba, la sorcière » (que je recommande pour saisir l’esprit « nègre » (Ho ! toi, le Nègre !) et le Blanc, le con). Le Noir « entend » le monde, le Blanc le voit. Ce qui a deux conséquences sur la vie *intérieure* de l’impétrant : la vivacité de sa vie intérieure. Le Blanc, monothéiste (avant j’écrivais « monodéiste » pour montrer, qu’encore et toujours, jusqu’au possible du vocabulaire, sévit l’emprunte du monothéisme) voit et le Nègre entend, car la vie est autour de lui et il la sent vivre en lui. Le Blanc est clairvoyant (si on veut, hein…) et le Noir « clairaudiant ». Aussi, quand il lui a été obligatoire d’apprendre le français, il l’a fait par l’oreille (en fonction de la « dé-prononciation » du « r ») , et non pas par les yeux. Par exemple : il entendait les liaisons entre les « s » et les voyelles, il ne les avait pas lues. On dit « zavocat » pour « les » avocats, « zanmi » pour « les » amis, etc. Et quoi de « zombie » ? hum… les « zomb’e », non ? L’étymologie du mot « zombie » c’est « ombre » : des êtres qui marchent comme des ombres. Un zombie est une ombre qui *travaille*. Alors, je me suis posé la question, comme je l’ai dit au début de ce paragraphe, d’essayer de reconnaître une raison pour laquelle on n’a pas donné rapidement l’étymologie du mot « zombie » comme celle que je viens de dire. Je le sais : c’est parce qu’il est lui-même une ombre qu’il ne peut donner à cette ombre son sens. Il ne pouvait pas la nommer, il aurait eu honte d’être ce qu’il est. La honte cache la vérité, et ça la cache bien. Hé oui, comme on ne sait qui on est, jusqu’à en avoir honte, on ne risque pas de hasarder à s’en sortir. Le problème de la honte, c’est comme la masturbation, avant on l’a, pendant il faut la chasser, et après, *si ça a été satisfaisant*, elle a disparu, sinon elle double de force, de cette force dont on a pas réussi à se défaire dans et par la masturbation. Et comme cette force vous dépasse (puisqu’elle vous donne la honte de la honte) elle fait de vous une ombre de vous même. Dans ces conditions, trouver l’étymologie du mot « zombie » revenait à tourner autour du pot, comme on dit.. et c’est ce qui s’est fait ! alors que c’était si simple et facile ! Quel amusement ! La clé consiste à savoir se concentrer pour que ce soit satisfaisant ! Hahaha ! Et ce qui ajoute à cet amusant, c’est que des mecs qui se disent des têtes n’ont pas de queue ! Les conséquences de cette « découverte au bout du nez » sont nombreuses et les énumérer n’apporterait pas, à mon sens, plus de précision sur l’insondable prétention du zombie du sexe. Ça se voit sur le visage de Macron, de Wauquiez, de Sarkozy, de tous les politiques (la Mémé compris), énormément de policiers, une très grande partie des juges, la plupart des syndicalistes ; et nos pauvres sombres qui vont chaque matin au *travail* pour gagner leur croute, élever leurs mômes, trouver les habits des mômes, payer le loyer et ses adjuvants, et le reste, toute honte bue.

L’objectif commun du dérisoire et de la honte, est de détourner l’attention du point central et d’empêcher d’y faire le bon focus de sorte à éviter de trouver une bonne solution au problème de la misère humaine. Vous savez pertinemment que je ne possède pas de solution et que ce n’est pas à moi, pauvre écrivain, d’en proposer directement une. J’ai assez de puissance comme ça de diriger votre pensée selon le déroulement de mes mots pour que je me rajoute un pouvoir. Il y a un seul véritable pouvoir, celui de la parole. Tout ce qui empêche l’expression de la parole est à proscrire de toute société. La parole est libre. Il ne faut avoir peur d’aucune parole : toute parole contient un sens qui correspond à l’état présent de l’ensemble des gens qui forment une société. Il importe de comprendre ce sens pour, soit y trouver une solution, soit le placer honorablement dans la liste des bonnes dispositions à entreprendre, ou plutôt « proches du présent, particulièrement ». Il faut aussi apprendre à classer par ordre d’importance ce qui n’en a pas de ce qui en a. Ne pas hésiter d’user de maltraitance avec ce qui n’en a pas et choyer ce qui en a. Une conscience du pouvoir du pouvoir est très importante : le pouvoir, oui, mais le sur-pouvoir, non ! Il sera alors indispensable de cultiver le sens du pouvoir comme science sociale à l’école (si on adopte pour une autre forme, il faudra aussi l’intégrer dans l’éducation civique de nos enfants). Aiguiser ce sens comporte deux chapitres : ce que l’on peut et ce que l’on peut faire faire aux autres. L’humain est doté d’un pouvoir : *le pouvoir*, oui certes comme la plupart des mammifères, mais chez nous s’ajoute la parole, comme je le disais tout à l’heure. Il ne doit en rien y avoir un pouvoir *sur* la parole, jamais. La parole est libre (on ne le dira jamais assez). Le pouvoir a un sexe, bien sûr : il faut que l’un et l’autre s’explique avec assez de doigté pour faire comprenne à l’autre son mode de fonctionnement et comment il est perçu et se perçoit. Ne vous en faites pas, nous aurons toujours nos parts de mystère ! Il faut en finir avec les chefs, non de non. C’est possible avec de l’entrainement (ou de l’auto-entrainement), de la fraternité (sororité incluse) et un peu de patience temporelle et les uns vis-à-vis des autres. C’est pas facile de sortir d’un tel bourbier que le patriarcat et sa plus-value.

À cela s’ajoute que le dérisoire et la honte décrivent et font voir le monde, non pas « exactement », mais, à l’inverse de ce qu’il est réellement… misérable, socialement, sexuellement, et affectivement (rien que la relation salariale est une preuve globale). Dans ses manifestations artistiques. Et plus ça va, et plus c’est confus, et donc confondant. Le Blanc « voit », disais-je et beaucoup passe par l’image, animée ou fixe. Je vais vous dire un grand secret : rien n’est plus facile que de faire dire à une image ce qu’elle ne dit pas, car une image ne dit rien, une image n’a pas la parole : ce qu’elle dit vient d’un comment tarteur. Une image ne peut rien dire, car elle n’a pas la parole : elle dira toujours que ce qui dit quelqu’un. Ce n’est pas innocent que dans le mot « image » il y a le mot « mage ». Une image ne doit jamais se voir attribuer une parole, et encore moins, la parole : elle passe après la parole qui est la transmission immédiate d’images verbales. On ne doit pas apprendre à décrypter une image, mais à la voir ; non pas la regarder, mais la discerner.

On rira bientôt parce qu’un voleur se sera cassé la jambe en tombant de son échelle, et on rira aussi quand un autre voleur et de plus menteur évitera l’emprisonnement parce qu’il aura cassé une tirelire du fisc. On va pleurer parce qu’un voleur se fait prendre, et on va pleurer sur ce policier mort sur son chemin de travail. Le fait du voleur est de ne pas se faire prendre, sinon ce n’est plus un voleur : pleure-t-on parce qu’il ne l’est plus ? Quand un policier meurt (comme les 3/4 des policiers : en se rendant au boulot ou en faisant du sport) serait-ce parce qu’il ne pourra plus exercer son pouvoir discrétionnaire que lui a délégué la régalienité de l’État ? La honte d’une image est quelle cache son dérisoire, et inversement ; mais par contre, le dérisoire d’une image n’est pas la honte de ce qu’elle cache, mais ce qu’elle montre ! Toutes les images, sauf l’écriture (dessin compris) exclue.

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