La plus-value et ses deux vents

(à partir du texte ici)

Le patron achète le temps de l’ouvrier, mais pas à sa juste VALEUR, il y a une plus-value de différence. L’ouvrier ne peut rien faire d’autre que de vivre de ce que lui achète le patron, sinon chômage et faim et froid. C’est l’achat qui crée la valeur à travers la « sur-valeur » c’est à dire la différence entre ce que le patron gagne et ce que l’ouvrier gagne. C‘est dans le prix d’achat que se trouve la « plus-value », je veux dire : ce que le capitaliste a investi dans l’obtention de l’objet PLUS quelque chose ; et ce processus est intentionnel : il n’y aurait de capitalisme sans cette intention. Et cette intention réside dans cette plus-value et QUE LÀ. Le travail ne se VEND pas, il S’ACHÈTE : quand le patron achète le travail, l’ouvrier ne peut que le vendre : l’ouvrier vend son temps organique. C’est dans cet achat du temps de vie, l’organique de la personne que se situe la VALEUR, c’est-à-dire qu’il est impossible de donner une VALEUR à la vie autrement que sous une forme MINÉRALE. La sur-valeur est une idée vivante dans le tête du capitalisme dont la matérialisation se situe dans le « procès » de la transformation de l’objet en marchandise.

La sur-valeur est une idée du monde, ce monde s’appelle le capitalisme. C’est le travail organique transformé en MINÉRAL. La valeur contient en soi la sur-valeur, elle ne peut donc exister QUE par cette sur-valeur : supprimez la sur-valeur, il n’y a plus de valeur.

Dans le commerce qu’il prenne pour objet la marchandise ou la marchandise des marchandises: l’argent, la plus-value ne tient toujours que sur cette idée qu’il faut qu’elle existe, qu’elle soit et se réalise, c’est à-dire qu’elle reste et se perpétue comme INTENTION. Et cette intention est la maladie psycho-affective de la plus-valeur, MÈRE de la valeur. La valeur est la fille de la plus-value. Quand on a compris cela, on a compris le monde et ses avanies.

Il n’y a pas de contradiction entre les forces productives et les conditions spécifiques de la production de la plus-value, puisque TOUT LE MONDE y participe, en plus ou moins de bonne intention. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de révolution de l’ouvrier, mais une continuelle adaptation de l’intention d’obtenir, ici (l’ouvrier) comme à (le patron) de la plus-value.

L’ouvrier n’a pour seul choix que d’arrêter (de refuser) de TRAVAILLER. Et ce putain de monde de TRAVAIL cessera enfin de polluer la VIE. Il faut cesser de nourrir l’intention de la plus-value.

On reporte la responsabilité que nous détenons sur la bonne conduite d’un monde VIVABLE sur l’acquisition de la plus-value. La plus-value, en résumé, c’est le TRAVAIL, et toutes les conditions conséquentes de ce TRAVAIL : pollution, dégradation des amours, de l’enfance, les fatigues, les impôts, les armes, les malversations collectives, etc., LA PLUS-VALUE.

Arrêter de TRAVAILLER c’est refuser totalement et en totale pratique le monde de la PLUS-VALUE, du capitalisme. Le problème c’est que la plus-value, en tant que concept et réalisation de ce concept, est dans toutes les têtes et accrochée par les milles pattes des variantes de la vie de travail que propose, comme mode d’intégration, ce capitalisme.

Il n’y a pas d’autocontradiction inhérente au capitalisme : le capitalisme est cohérent. Il contient en soi ce qui le maintien et sait ce qui le maintien en soi comme soi. C’est-à-dire la plus-value. La contradiction n’est pas entre le mode de production et les forces productives, puisque TOUT y participe. LA seule chose qui puisse aller à son encontre est cesse l’utilisation de la plus-valeur. Si dans la tête de l’ouvrier lui vient l’idée de cesser de travailler, ce sera véritablement positif si celui-ci cesse AUSSI d’utiliser le concept et la réalisation du concept de la plus-value. Il ne peut y avoir de contradiction dans le système de la plus-value, du capitalisme : je le répète : le capitalisme est cohérent et sa cohérence est psycho-affective, un « don de soi » : la plus-value.

La « multiplication de la richesse » ne correspond qu’à l’emprise de la plus-value dans et sur la vie : à mesure de l’augmentation de cette richesse, le monde se dégrade sans qu’augmente ou diminue le travail (c’est un détail !), mais que l’espoir de gain, la sur-valeur se déploie dans la sphère du monde vivant et l’envahit. Et cette mesure est la dégradation du monde vivant : la pollution est une assez bonne mesure de l’OCCUPATION excédentaire humaine dans le monde, c’est-à-dire du TRAVAIL, à tel point qu’elle en devient mortifère.

L’intention de la plus-value dans l’ouvrier n’est pas lorsqu’il vend son temps d’occupation, c’est quand il ACHÈTE des objets (nourriture, loyer, assurance, etc.) : il sait qu’il fait quelque part une plus-valeur, ne serait-ce que de donner une continuation à sa propre vie et ses bonheurs. La cohérence du capitalisme c’est l’universalité de l’ACHAT. Qu’il soit de « production » ou de « fonctionnement », c’est l’ACHAT qui fait l’universalité et la cohérence du capitalisme. Dès le moment où l’ACHAT est accepté comme moyen de correspondance entre les êtres, le capitalisme affirme son universalité.

Quand Moss fait l’éloge du TROC, il fait l’éloge de l’ACHAT. Les Trobriandais de terre ne troquent pas des produits du jardin contre des produits de la pêche des Trobriandais de mer : ils DONNENT ce qu’ils ont SANS CALCUL DE RÉCIPROCITÉ, car la vie ne connait pas ce genre de chose : ce qui prime c’est la relation d’amitié liant les personnes, et non pas les objets.

La plus-value serait-elle cette obstination de procéder sans cesse et sans fin, interminablement, à un calcul de réciprocité ? La recherche sempiternelle de “réciprocité + quelque chose” se retrouve dans le goût des fraises comme celui des asperges, dans le taux calculé de CO2 que pète un moteur de bagnole, le débit à la con d’Internet, celui admis des émanations radioactives d’une centrale nucléaire, le plus gros télescope du monde, le coup de la matraque de la police, en fait partout. On recherche non seulement cette réciprocité, mais on veut en plus un plus… « Pour quelle raison d’égalité ? » me demanderez-vous : je suis incapable (ou presque ) de vous le dire.

En conclusion, il faut penser la plus-value comme un système socio-affectif de DOMINATION de quelqu’un sur autrui : à moins de mort « sociale », on ne peut qua collaborer à ce système. La domination consiste en cette inégalité « autocontradictoire » de l’un sur l’autre (du moindre sur le grand nombre, aidé de l aloi, de la police et de la justice) comme prédisposition affective de vie commune. La recherche du CALCUL D’UNE RÉCIPROCITÉ implique, affectivement, sexuellement, socialement, la plus-value, la sur-valeur. Le pivot est là. C’est dans CETTE MESURE que l’occupation humaine devient un TRAVAIL, « source de toute richesse ».

La plus-value est suffisamment incrustée dans les têtes pour pouvoir être acceptée, hélas, sinon, elle aurait disparue ! Les « forces productrices » n’entrent pas en contradiction avec le capitalisme du fait que ce dernier amasse de plus de plus de « richesse », mais simplement parce qu’il pourrit la vie, ici et maintenant, comme dans le passé immédiat (environ 180 ans)encore faut-il qu’on s’aperçoive en quoi, comment et pourquoi il nous pourrit la vie, sinon que par la plus-value. Le calcul de la plus-value est dans toutes les têtes et est accepté en suffisance pour ne pas être remis en cause, ici et maintenant.

Le patron ne s’occupe absolument pas des conséquences de l’activité qu’il demande à l’ouvrier, car c’est la finalité de l’occupation (qu’il aurait bien voulu ne pas ACHETER) de l’ouvrier qui lui importe : la matière transformée en objet, qui détient son intention d’objet social sur lequel il pourra alors adjoindre la plus-value (la VALEUR) dans la stricte mesure où cet objet sera ACHETÉ. Autrement, ça ne marche pas. Comme l’affirme une pancarte dans une entreprise « C’est le client qui nous fait vivre ». Qu’importe que l’ouvrier crève à la tâche (immédiatement ou plus tard), celui-ci se doit simplement de transformer la matière en objet par une occupation de son temps vital.

Mais cet objet ne contient pas encore la plus-value (le travail abstrait : la plus-value ne se réalise que par l’ESPOIR DE VENTE, c’est-à-dire par l’ACHAT par un tiers). Ce qui revient à dire que le « travail abstrait » ne se réalise que par l’achat par un tiers de l’objet. Ce n’est qu’en bout de chaine que la valeur se manifeste comme QUANTITÉ, sinon elle ne reste qu’une qualité, une idée d’un objet. L’argent est de la valeur objectivé, transformée en objet. Mais l’argent vient en bout de la chaîne des transformations : matière, chose, objet, objet+valeur, valeur. Certes, le travail intervient, mais dans la transformation de la matière en chose, l’aspect social fait de la chose un objet et cet objet contient d’abord l’immatérialité (le travail abstrait ?) de la valeur, pour ensuite se transformer en valeur minérale.

La plus-value contient deux choses : l’espoir de gain, et l’espoir de vente. Son gain ne se réalise que par l’achat d’un tiers (c’est-à-dire la vente) de l’objet dont il a fait son espoir de gain. Le calcul est la minéralisation de l’espoir. La publicité est l’incitation à la minéralisation de l’espoir. L’espoir de gain et celui de vente sont liés comme un cul à une chemise, l’un ne peut rien sans l’autre et l’autre n’est rien sans l’un.

On parle ici de “Productivité sociale” : s’agit-il de produits sociaux ou de marchandises ? S’il s’agit d’une marchandise, cela n’a rien de « social » puisque cela ne relève QUE du capitalisme, à moins d’affirmer que le capitalisme est UNIQUEMENT social parce qu’il organise aujourd’hui la société. Auquel cas, qu’est-ce que ce “social” ? De quelle manière un objet devient-il un « produit social » ? Dans la mesure où il est accepté comme marchandise ? Et une marchandise est-elle vraiment « sociale » ? Laissez-moi en douter. Le processus de fabrication de la marchandise (matière-chose-objet-objet+valeur-valeur) est un processus capitaliste et, certes, il est actuellement un processus social dans la mesure où le capitalisme implique cette série de transformation, mais, une socialité ? j’en doute. Dire que la socialité humaine ne repose que sur le processus du capital est restreindre cette socialité à ce capital. Bon, je rhétorique, mais je le souligne tout de même. Le capitalisme est une socialité particulière, celle du capitalisme, rien de plus et beaucoup en moins. Pas même l’exploitation de l’homme par l’homme (encore que l’homme y soit un cheval pour l’homme, un loup pour la femme et un tigre pour l’enfant), quand on retrouve cette sorte de « socialité » dans le salariat, le commerce et la publicité qui dissimule l’ensemble de la réelle socialité qui est est maigre comme un enfant du nord-Congo où brutale comme la recherche du coltran détruit toute forme valable de vie, les vagins de n’importe quel âge. Il n’y a pas de « socialité » capitalisme, rien que sa misère et dire que la misère est « sociale » parce qu’elle affecte la socialité de l’humain, n’est ni vrai, ni juste, ni beau ni généreux.

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