La miss ère du string

Certes des employées à tous niveaux de hiérarchie ont acheté des services sexuels. Mais faudrait-il pour autant dénigrer l’effectivité de l’action de ces ONG ?

Les exactions sexuelles sont répréhensibles. Une exaction sexuelle est la contrainte, l’irrespect, le viol, la violence des coups corporels ou affectifs, c’est extorquer des faveurs par la force, le pouvoir, le chantage, le harcèlement, le dénigrement de la personne, en bref utiliser la misère sociale dans laquelle la personne vit à cause de ses contraintes auxquelles elle est bornée, la soumettre et la réduire à son seul sexe – et comme dans la majorité des cas : féminin. Dans la prostitution, le principal et central danger est d’abord le proxénète : c’est lui qui fait son « pain de la cuisse » (Jacques Mesrine qui en a tué plus d’un) . C’est lui qui ordonne à la fille des contraintes qu’elle subit de force, allant jusqu’à la drogue dure quand elle est trop réticente à l’ouvrage, c’est-à-dire de refuser d’être une marchandise.

C’est oublier que la plus grande part de ces exactions sexuelles sont commises par les mâles du cru, père, oncles, amis, militaires de passage, etc., que la malveillance à l’égard du sexe féminin se fait sentir sur elle dès le plus jeune âge (des viols sur des gamines de trois ans, cf Dr Denis Mukwege) et que les jeunes filles sont bafouées du fait d’être des filles, d’être de sexe féminin, un être humain de sexe féminin, la femme d’être une femme. On sait qu’en Inde et encore en Chine, les nouveaux-nés filles sont tuées pour n’avoir pas été des garçons ! Et que les meurtrissures que ce sexe de femme subit vont de l’excision à l’infibulation.

Cette « morale » qui sous-tend ces révélations de scandales sexuels (je sais qu’il s’agit de véritables exactions) dissimule la réalité du terrain, comme on dit, où ces malheurs que subissent les femmes sont bien plus importants, présents et pesants que de la monnaie pour des services sexuels quand ils sont librement consentis. Il est très délicat, extrêmement délicat même de parler de cet aspect humain quand on ne sait pas distinguer la malveillance sexuelle de la recherche d’une satisfaction sexuelle que, de toutes les façons, cette morale réprouve hors du mariage ou d’un principe religieux sensés protéger la femme de ces malversations. En Iran, les plus courageuses cherchent encore à se défaire d’un voile qui pèse sur leur pensée du poids de l’entendement d’un monde qui date de plus de douze siècles, et sont mises à terre à coups de pied. Ne serait-ce pas de la malversation, ou de l’exaction sexuelle ? Il faudrait que les anges restent des anges partout, mais c’est oublier la force de la pulsion sexuelle lorsqu’elle N’est PAS SOCIALISÉE, lorsqu’elle reste sous la seule contrainte de la morale qui ne tend qu’à la cacher, comme de la poussière sous un tapis.

Jaboter des exactions sexuelles lorsqu’il n’y a pas de torture, de contrainte (sinon que de tarifs), de malveillance volontaire, de violence à l’encontre de la personne qu’elle soit verbale ou physique, en omettant que l’ensemble de la situation de la femme reste difficile partout ailleurs, c’est participer à une morale qui voudrait que les sexes ne sont pas conçus pour se rencontrer et obtenir du plaisir l’un de l’autre. Le problème réside en conséquence dans l’approche SOCIALE de la sexualité. C’est cet abord social qui donnera à pour la sortir des marasmes de l’individualisme (à l’instar du monothéisme : Moi, Dieu, Je…) en vue de résoudre socialement les problèmes que pose la sexualité humaine. La protection de la femme doit être sociale tout comme on entrevoit facilement ce que peut être un rapprochement sexuel sans violence, parfaitement consenti.

Qu’il soit question d’argent dans cette relation ne regarderait que les personnes, quand on fait fi du fait qu’il y a des riches et des pauvres et que les riches imposent aux pauvres de posséder de l’argent pour vivre. Le scandale de la relation tarifée est celui du possédant sur le possédé qui se voudrait comme relation sociale libre, alors qu’elle n’est que relation de domination de l’un sur l’autre par l’argent. Le possédé ne possède pas cet argent en suffisance pour se dispenser de cette relation (lorsque le maquereau ne s’accapare pas, encore par la violence, de ce pécule). Ainsi, des personnes ont-elles tarifé des prestations sexuelles à des femmes du cru, quoi en dire ? La prostitution des pays pauvres relève de la pauvreté, d’une morale qui ne tient aucun compte de cette pauvreté, et du fait que des riches, capable de la payer (parfois à des tarifs supérieurs à ceux du cru et dans des conditions meilleures), en sont preneurs.

Je ne suis pas pour la prostitution, essentiellement quand elle relève du proxénétisme, c’est-à-dire du patronage qui demande un dû à une autre « cuisse ». Il y a de la prostitution partout où la femme est mise dans l’incapacité de pouvoir exprimer librement sa sexualité et où elle est socialement assujettie à la misère. Des mouvements comme #MeToo et #BalanceTonPorc socialisent certes la victimisation de la femme, mais ne lui donne encore pas la reconnaissance sociale d’être une acteure de sa propre sexualité. Et, pareillement, la sexualité masculine restera pour beaucoup nocive tant qu’elle restera individualiste et non pas socialisée.

Dans un contexte où l’aidant est riche, loge richement, mange richement, etc. il y a quelque chose de dégradant pour la femme qu’elle lui serve de service sexuel. Cette prostitution montre l’incapacité de ces aidant à entrevoir des relations affectives et/ou sexuelle d’égal à égale avec les Autochtones. Il ou elle pourrait très certainement trouver un ou une compagne, sans honte, à ceci près que ce recours à la prostitution montre une affectivité manquant d’épanouissement. D’autant que dans ces pays, la maltraitance à la femme est importante, sujette au proxénète, aux coups, à la malnutrition et autres violence qui lui sont , un grand hélas ! ordinaires.

Ce que dénonce le système de la prostitution est que dans son lieu de vie, chez elle, la femme est déjà maltraitée. Je conçois que cette réprobation soit bien maigre… Je certifier que je ne fais foi à la femme que ce qu’elle me donne : en étant capable, je me demande, hors de la notion parallèle d’Euclide qui dissocie le rapprochement des possibles, comment d’autres ne le peuvent pas : LÀ pèse le nœud du problème.

(vous suivrez toujours avec passion les divergestations de l’auteur de ce blog sur ce site pertinable)

Publicités