Dans mon rêve

Je t’imagine parfois dans mes bras et me demande si tu y avais ta place, ou moi, n’avoir pas trouvé la mienne. Et je n’ose continuer plus loin de peur de me faire encore plus mal, en espérant rattraper au vol l’image du bonheur. Tu es si douce loin de moi, comment pourrais l’être tu au contact de nos chairs ? Allaient-elles réellement s’accorder comme dans mes rêves ? Cela n’est pas possible : je surestime la capacité de l’amour humain, il se contente de moins encore ! Rien n’est parfait, comme en rêve, en ce monde de chairs, rien, ce qui laisse le champ à ce qu’on veut vivre, finalement…

Et je pense que c’est cela le fondement de la vie humaine : le champ libre. Quel champ ? quelle liberté ? On peut, par exemple laisser le champ libre de travail, mais cela a-t-il du sens quand on en attend de la farine, de la bière, du pain ? Il faut le « travailler » ce champ : est-ce que c’est (de) la liberté ? La formule est mal dite : « le libre champ à la liberté » : vous imaginez le « libre champ à la liberté » ? Pensez-vous que cela puisse être ? Je pense que c’est dans ce volume immense de la liberté que nous puisons la vérité de nos vies. Imaginez une orange par rapport à la terre, ensuite la terre par rapport au cosmos, maintenant imaginez-vous par rapport au cosmos : c’est grand, non ? C’est immense ! Alors mesure maintenant le volume de ton espoir, de ton amour et de ta chair, pour voir combien à peu près ça pèse. C’est petit… hein ? Et toi, aussi petit que ton voisin, tu tues, tu empues, tu empoisonnes, trucides, meurtris, anti-tout ! anti-rien : qu’est-ce que tu pèses par rapport à ton voisin ? ou ta voisine ? Tu sais pourquoi ? Parce que quand tu étais petit, on t’a affirmé que tu ne pouvais pas trouver du plaisir de ton appendice de plaisir interne ou externe sexuel et que tu as tardé à le vérifier, trop tardé. Alors t’es resté accroché à cet âge sexuel… qui n’était pas encore mature. Tu as dû maturer avec ça, mais le retour au délice ne se fait pas du jour au lendemain. Car, cette jonction entre ce délice et tes organes sexués correspondra à ce retour précisément, et tu aimerais beaucoup moins alors qu’on te les casse, tu comprends ? Ces délices.

L’accès au délice sexuel est autrement plus parlant au point de vue de la vérité du vécu, que d’en parler… je veux dire que certaines choses sont accessibles, et d’autres non. D’abord, il faut se sortir des médicaments, c’est-à-dire, tenter de se sortir par toi-même du merdier où on est. C’est un sac de vipères : la frustration d’avoir vécu ce que nous autres humains ne devrions-nous pas connaitre, rend certains violents, pas maladroits, violents. Il faut le dire, si c’est maladroit ; il faut trouver une autre solution pour le violent, et là, chacun sa méthode. Moi, je dis, on peut sur-gonfler sa verge ou son clitoris jusqu’au point où il faut se laisser aller, quitte à revenir si l’effet attendu s’estompe. En fait, il faut baiser pour baiser et on le sait, c’est un acte volontaire, voulu, admis, concédé, éprouvant parfois sur des points d’achoppement. C’est la galère, mais la galère ne sombre pas ! Il faut trouver un moyen d’excitation et le rechercher comme source de votre excitation. L’amour est la douceur des possibles, et on peut aimer le temps d’une chair, n’est-ce pas, quand on peut aimer les oiseaux, les fleurs, les vêtements, les bijoux et que ne sais-je encore ? À ce point où vous avez volontairement abandonné tout contrôle, jusqu’à ce que de cette perte de contrôle réel apparaisse et vous laisse pantois et pantoise. C’est une question de correspondance d’intensité : le plus gros donne son excédent et le plus petit fait ce qu’il peu… Arrive alors le moment où on prend conscience que la conscience de l’autre est une addition à la jouissance : on sait qu’on perçoit, qu’on se perçoit et qu’on perçoit. Et une sorte d’énergie progresse en volume de votre vagin et de votre verge. Vous vous demandez si vous êtes seul à percevoir cette intensité, si votre autrui a les mêmes sensations que vous. Il n’y a que perception comme solution… et là vous êtes perdu dans la sensation de l’autre. C’est juste à ce moment-là que l’orgasme arrive, comme un éblouissement, un vertige, une reconnaissance de la communion. C’est un moment un peu fou. Puis, vient le doux reflux et d’avoir eu le plaisir de ce mélange qui vous ôte de votre solitude.

Regardez maintenant le monde dans lequel nous vivons : pourquoi est-il si pourri ? Parce que nous avons oublié que le plaisir de la vie est son plaisir. Et cela depuis tout jeune, jusqu’à sept ans, en gros. Après c’est l’amnésie. Comment peut-on faire resurgir quelque chose dont on ne se souvient plus ? Nous savons de ce dont nous ne devons pas penser, nous le savons ! n’est-ce pas là le chemin à suivre, ce savoir ? Nous savons de quoi il retourne, ce que cela concerne, relève, rebondit, s’excite du sexe, nous le savons, que diable ! À ce stade, la timidité est de la peur, vous ne croyez pas ? Un peu de courage, que diable ! Il faut bien suivre la méthode, et anticiper qu’on va devoir lâcher prise. Ça comporte comme une règle absolue, sinon rien.

Nous sommes donc doté du savoir, par rapport aux autres animaux. La conscience ? Tout le monde en a en suffisance, et l’humain en excédent. L’âme : elle est aussi fugace que lorsqu’elle s’envole de la mort. Il ne reste pas grand-chose… Ce qui nous différencie des autres êtres vivants de cette planète, c’est que nous sommes doté du savoir, cette sorte de collectivisation du vécu. Chez les autres, ils tournent dans le bocal du temps ; nous, nous partagerons notre vécu sous forme d’images, tandis que les autres animaux ne le partage que dans la sensation (et sa mémoire). Et dans cet étrange deal de la nature, nous devons revenir à l’état d’animal, parfois : naissance accouchement, puberté (premier baiser), orgasme et d’autres encore, et quelques autres encore. Nous possédons le don de ressentir les images qu’autrui nous donne à voir : imaginez ! Le don d’un dieu ! ou peut-être d’une déesse.

 

C ‘est quand on a la muse qu’on poème

(chanson)

Dans mes rêves je te dis
des mots d’amour
Je les écrit sur la rondeur de tes
fesses
Sur le soyeux de tes seins et du galbe
de tes cuisses
Et les promènent comme une caresse
sur ton front et tes lèvres…

 

Ô ma muse, où es-tu ?
Loin d’ici ou bien de là
Et pourtant si loin

 

Et oui, ma muse doit être de chair, mais aussi d’autre chose, d’une étincelle ou de mon étincelle qui se reflète dans ses yeux. Elle doit avoir des seins sensible à la caresse, dont l’odeur du pubis rappelle le nard, et le goût de sa cyprine l’étendue des mers. J’aime à penser la douceur de ses cuisses sur mon visage, laquelle est parcourue par le bout de mon nez. Ses baisers ont le charme de la fondense, zut… fondance ? Oui, la gigue ! Et quand alors elle vous prend la queue dans sa main, c’est le plaisir suprême : elle m’aime ! elle aime ma queue ! La coquine monte et descend le long de la hampe cessant son mouvement à l’orée du gland sur son chaud mont de Vénus. Son baiser vous engouffre et la chaleur de sa bouche irradie cette extrémité de la verge. Un jour, vous arriverez à vous unir par le sexe, homme et femme, femme et homme, j’en suis sûr. Mais ça va prendre du temps ! Car ce qui importe c’est notre nombre : plus nous serons de corps, plus nous donnerons corps à notre cause, et moins leur puissance frustratrive aura la force de la persuasion, car mieux aura-t-on compris que c’est plus la frustration qui nous empoissonne que notre satiété sexuelle paire ? Non ? Cela, nous ne le savons pas encore très bien ; c’est pourtant un point d’appui sérieux, solide et suffisant pour affirmer que ma muse devrait être de chair.

C’est là la difficulté : plus on se sent proche de sa muse et moins elle est là, de chair et d’os. Non… ce n’est pas la solitude qui prive de la poésie, mais plutôt le savoir que ce n’est qu’un rêve ! Et c’est un peu désespérant, parfois : on l’aimerait si proche, en chair chaude, aimante et sexuellement, pensante et mémorisant, joueuse et un tantinet bavarde. À la question philosophique de savoir si le désir a droit, ou devoir de se retrouver dans la réalité, on doit répondre : par hasard. Et le hasard existe. Il existe en musique, en peinture, en sculpture, en plein d’autres choses, pourquoi pas dans la vie ? Faire du hasard un art, pourquoi non ? La ficelle peut aussi mener à cette notion que vous êtes responsable de votre propre hasard (on le comprend lorsqu’on n’entreprend rien pour le solliciter, par exemple) et c’est compliqué parce que
1- on ne peut comprendre ce qu’on ne sait pas quoi comprendre, à moins d’intuition
2- il y a des conditions matérielles au hasard sur lesquelles vous n’avez pas une grande prise et encore moins d’emprise : la matière elle-même contient le hasard, alors vous ?

Il faut certainement se bouger le cul, tant qu’on a la santé, il faut en profiter. Ben, moi, j’en profite plus bien, du hasard, je vous le dit ! Ma muse est d’or, ce soir j’ai la sauce cailloux. Tous les jours sans amour, sont des jours perdus et perdant. Et qui dit « perdre » dit, une nouvelle fois, le peu de cas que fait de vous le hasard. En fait, le hasard n’existe pas, ou alors il faut qu’il change de nom. Car le hasard a une fin, une finitude, aussi fugace que l’âme du bonheur, et cette étincelle enflamme le petit nid d’amour que vous entreteniez avec jalousie, qui, à son tour, va vous embraser suivant la consistance de votre bois. Le hasard à une fin pour chaque chose, mais elle seule. Drôle de bête. Il faut (ou bien le hasard doit toujours) être renouvelé. L’art du hasard a cette règle que l’on ne peut savoir quand il faut le provoquer, ou bien on peut le vouloir, mais ce sera de seconde main : on aurait dû le savoir avant pour qu’il n’arrive pas.

La manière de supprimer le hasard est autant de s’y fier ou d’en défier l’efficacité. Le hasard est l’énigme humaine. Il n’y aurait pas de hasard sans humain, ni d’humain sans hasard : il faut le savoir par cœur. Rappelez-vous ma métaphore de tout à l’heure relative à la grandeur de l’âme : il ne s’agit pas montrer ses dimensions, mais son volume multiplié par l’intensité de sa pression interne. Plus on est compressé par sa peau, sa propre peau, et moins on est sensible à l’extérieur. L’appendice de plaisir interne et externe sexuel est le moyen de décharge de cette pression lorsqu’il se mélange aux sensations de l’autre. Sinon, on continue de gonfler et, loin d’exploser (parfois de rage) on apprend à en sentir l’incommode. À ce point, les choses s’inversent : il y a une sorte de plaisir à n’en avoir pas, à supporter de n’en avoir pas, et transiger d’en avoir, à tergiverser parce qu’on en a pas, à regimber parce que qu’on a peur de n’en pas avoir, ou de trop près l’approcher (ça désoriente, c’est vrai), etc. On nomme cela : le caractère : la manière qu’on a adaptée pour survivre à l’absence de plaisir incarné mal adoptée.

Le caractère est quelle chose d’un peu complexe : il est à la fois une protection contre le plaisir interne et le plaisir externe ; et à la fois une limite à ces plaisirs, une limite d’intensité.
Protection : L’âme est une baudruche à la peau flexible dans le sens de l’épaisseur et souple dans l’intensité de son volume. L’anesthésie se produit par endroit, fille du manque de mouvement intégral, de l’ensemble du corps, sous formes de convulsions involontaires. C’est le « réflexe d’orgasme » de Wilhelm Reich, et son anti-thèse, la « peur de l’orgasme » : on ne peut parler de l’un sans l’autre. Cette peur est la maladie qui préoccupe 96 % de l’humanité, et 92 % sans le savoir de cette peur ; et elle est tenace. Mohamed n’a jamais parlé de la circoncision (il a parlé du sacrifice pas de la circoncision, du mouton, par de l’enfant), et un homme ne peut pas se gratter les couilles parce qu’il a les poignets cloués à une croix. On vénère la croix, depuis, et on donne son âme au mec. Tout cela pour réduire la peur de l’orgasme.
Intensité : le caractère se manifeste comme une contraction involontaire musculaire dans l’organisme qui ressent le flux du plaisir ; flux ou trop rapide et/ou trop puissant pour pouvoir être admis, accepté par cet organisme « cuirassé ». C’est un véritable handicap. Il faut apprendre à souffler – comme sur un brandon, lui insuffler la vie – à l’arrivée du plaisir pour relâcher à sa venue. Car si le plaisir est craint, il est aussi le bienvenue, l’attendu, prévu, au moins escompté !

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