L’artificiel du minéral

À propos de l’intelligence « artificielle » (le minéral contre l’organique), peut-on même imaginer que cette « intelligence » jouisse d’avoir gagné une partie d’échec ? Qu’elle saute de joie ? Qu’elle en fasse pipi dan sa culotte ? Non, bien sûr. Alors… qu’entend-on par « intelligence » et « artificielle », sinon ici, deux leurres ? Le minéral en peut en rien être intelligent, mais artificiel, oui ; et l’intelligence ne peut PAS être artificielle, sinon elle n’est pas organique. Quel est le but de l’intelligence lorsqu’elle joue au jeu d’échec : jouir de participer avec autrui au jeu de l’intelligence vivante, organique. Et c’est cela qu’on veut cacher dans cette expression « intelligence artificielle » : c’est que l’intelligence peut être détachée de la vie et de ses plaisirs, ce pourquoi cette intelligence existe ! On veut nous faire admettre que l’usage de l’intelligence est dépourvue de jouissance, car la jouissance n’est pas intelligemment tolérée comme jouissive ! L’intelligence artificielle est cette intelligence organique dépourvue de la chaleur organique : le gland, la vulve et le vagin restent, doivent rester froids !

L’intelligence « artificielle » ne jouit pas, elle est minérale, elle n’est en rien organique qui seul peut éprouver de la joie, si on lui en laisse le loisir. Ainsi, à proprement parler, ce n’est PAS de l’intelligence, et effectivement, c’est un programme qui programme ce qu’il doit programmer, et en dehors de cela, il est impotent, aussi large soit le programme du programme à programmer. Il s’agit bien d’un leurre qui vous attrape pour vous faire oublier que vous êtes d’essence organique : c’est-à-dire, propre à jouir de la vie, à en éprouver joie et peine ; et seulement par un mot, un jeu de pensée. Et que vous devez respecter l’artificialité de ce manque de jouissance de la vie qui doit rester « cérébrale », artificielle ! On doit trouver à admettre le caractère uniquement minéral de l’intelligence (comme si cela pouvait exister !) dans l’admission de l’expression « intelligence artificielle ».

Ha ! je dois attendre l’amélioration de cette « intelligence artificielle » pour qu’elle participe à mes jouissances, mes explosions de joie ! Mais, ici à nouveau, c’est un leurre : on détourne l’attention sur un détail de ce qui est important : autrui, en tant qu’être vivant propre à la rencontre et au mélange amoureux. Ce qu’on attend de l’intelligence artificielle c’est qu’elle me décharge du fardeau de la rencontre, du fardeau qu’est devenu autrui, de sorte que je puisse jouir de la vie seul, sans communion avec celle d’autrui. Tous les méchants de nos productions oniriques sont des êtres froids, exempts d’empathie : l’intelligence artificielle possède-t-elle le don d’empathie ? Non, bien sûr… CQFD. Ces méchants ont dévoyé ce don d’empathie pour un but, suprême et supérieur (je sais c’est la même chose, mais l’un est religieux et l’autre social) où tout ce qui n’y correspond pas est une barrière, un frein, un empêchement malencontreux. Quel est le mode de programmation d’un programme ? Exactement ce que je viens de décrire : impérieux, froid, borné, et le reste, car ce n’est que de l’électricité qui passe dans du MINÉRAL et que le minéral est dépourvu du don de l’empathie.

On va alors me dire, comme autre chemin, que l’objet de l’intelligence artificielle n’est pas cela, qu’elle a d’autres destinées : faciliter la vie des gens, par exemple, la maladie, la gestion, etc. Mais en quoi ce dispositif minéral peut-il améliorer ma vie ? La bureaucratie ? La reconnaissance faciale, vocale ? La sexualité satisfaisante ? C’est encore un leurre : l’intelligence artificielle ne sert que comme raffinerie publicitaire, policière et bureaucratique, à rien d’autre. L’agriculture ? Non. La naissance ? Non. L’amour ? Non, en disconviennent aux espoirs de l’amour parfait facilité par l’intelligence artificielle, minérale ! Le moteur sans pollution ? Non, car c’est l’usage du moteur qui doit être remis en question, pas son « perfectionnement » et à cela, seul l’organique peut répondre, car il s’agit de l’usage que l’on fait de sa vie et pas seulement de qu’on fait d’un objet, d’un minéral. Etc.

D’un simple usage de la psyché humaine, nous sommes toujours dans la magie, mais ici, la magie a un aspect plus concret, car elle agit sur des machines, et par l’intermédiaire de ces machines, en second temps, sur les êtres humains qui veulent bien s’y laisser prendre. James George Frazer, dans Le Rameau d’or, nous dit que la magie est « sympathique » et se divise en deux aspects : par similitude et contact, respectivement par l’association d’idées de ressemblance et l’association d’idée de contiguïté, dans l’espace et le temps. Nous projetons toujours nos désirs et nos craintes en dehors de nous du fait que l’énergie qu’elles détiennent ne peut être entièrement dissoute car nous ne savons pas en vivre, en dissoudre la diversité dans l’acte amoureux sexué paire. Ainsi, nos production oniriques sont-elles plus variées les unes que les autres sans que le problème du surplus d’énergie soit résolu, mais simplement dont la « perception » est déplacée, par sympathie (de similitude ou de contact). L’intelligence « artificielle » nous fait miroiter que nos problèmes pourraient être résolus à l’aide d’une machine qui serait encore plus intelligente que nous. N’est-ce pas idiot de simplicité ? « L’intelligence » artificielle fait penser que NOS problèmes nous surpassent et que nous ne sommes plus capables de les résoudre, non ? On pourrait presque penser aussi que c’est un aveu d’échec à la complexité que nous avons créée de la vie… qui n’est pourtant pas si compliquée. Cette complexité actuelle n’est que morale, c’est-à-dire publicitaire, bureaucratique et policière : tout ce qui régit la marchandise que chacun de nous doit placer devant son fait historique par lequel elle doit disparaitre de nos vies, au mieux définitivement.

La magie de l’intelligence artificielle est de nous montrer que notre « force » psychique, notre capacité à résoudre par nous-mêmes nos propres problèmes (encore dussent-ils être correctement identifiés… ce qui est aussi une forme d’intelligence !) n’est finalement qu’une poignée de poudre de perlimpinpin : nous ne sommes pas capables de maîtriser nos vies, car les objets nous gouvernent, et les objets… c’est du minéral. On voudrait plier autrui par notre force psychique, mais à quoi ? Outre obtenir gratuitement de lui ou d’elle le liquide de services sexuels, le porter à acheter nos marchandises (publicité), le maintenir socialement dans cette disposition (la bureaucratie) ou bien finir par le mettre en prison (la police) ? Il n’y a pas de force psychique sinon que de leurres, c’est-à-dire détourner les attentions du point central de l’aliénation : le travail et le salariat, la marchandise et la valeur. L’intelligence artificielle n’a d’autre but que de corroborer notre état social et de repousser derrière ses chimères, l’intelligence organique, possédée par tous les animaux qui peuplent cette unique planète, de sorte à résoudre nos problèmes, pas ceux des objets. Nous aurons au moins un siècle d’activité à consacrer notre intelligence pour corriger, réparer et adoucir l’ensemble des problèmes que notre amour de l’objet en tant que marchandise a provoqué en ces lieux autrefois respirables, buvables, verdoyants et prolifiques.

De telles dispositions magiques en viennent à attribuer aux peurs la force des joies : nous vivons dans un monde terrorisé. La force qu’on octroie au « mal » (en fait, à la douleur incomprise, psychique ou /et physique) est immédiatement relative à notre peur de sa manifestation, et cette peur est un leurre, car on attend toujours la manifestation qui doit lui donner consistance, chaque heure, minute, jour, semaine. Qu’elle n’arrive pas, on s’en étonne et pourtant elle reste toujours tapie dans le recoin de l’âme où nous lui avons donné sa couche. Et quand elle arrive, toujours sous une autre forme que celle attendue, nous nous satisfaisons de nos prédictions, bien qu’elles tombent à côté de l’objet ; mais son objectif s’en trouve renforcé. Et comme nous ne faisons rien, pratiquement contre elle, elle se nourrit des jus que cette couche transsude, de nos sueurs froides et de nos cauchemars. Nous irons chercher dans nos productions oniriques éveillées (cinéma, romans, musiques, etc.) des déplacements de cette énergie : le rêve sert à cela, à ceci près qu’ici, il n’est pas une solution à une difficulté de satisfaction, mais la manifestation d’une répétée insatisfaction qui ne pourra donc jamais trouver de solution autrement qu’en étant reproduite pour se retrouver dans la réalité, celle qu’on attribue à ces peurs. On la retrouvera dans cette « intelligence artificielle » qui est le résumé grossier de cette société de publicité, de bureaucratie et de police de la marchandise et de la valeur. Notre monde est un monde de rêves mauvais, de cauchemar, de terreur pour l’enfant, la femme, l’âme amoureuse. Nous le savons, de Marseille à Alep, maintenant il faut que ça mousse !

La vérité est que l’intelligence artificielle empêchera l’intelligence organique (celle dont sont pourvu naturellement tous les êtres vivants – organiques – pour leur permettre de vivre) de trouver des solutions au problème de la satisfaction sexuelle sans meurtrir qui que ce soit, car ce genre de chose s’apprend et on met longtemps pour la retrouver lorsqu’on l’a perdue. L’intelligence artificielle ne permettra jamais une telle approche, car cela lui est émotionellement impossible. Tous ces « cerveaux » qui se penchent sur cette « intelligence » ne cherche qu’une reproduction d’eux-mêmes : à quel point sont-ils minéralisés par leur cuirasse caractérielle qui est une protection contre la force de l’émotion de l’orgasme qui leur est devenue une peur incoercible ? « À tout penser autant éviter de penser à ce dont vous êtes effrayé ! » affirme l’intelligence artificielle. Car l’intelligence organique ne se destine qu’au plaisir de vivre, en tant qu’organique, qu’organisme vivant. A-t-on vu un lapin ne pas manger par « idée » ? Ou un renard ne pas chasser un campagnol par « idée ». ? Non, bien sûr : leur adresse et leur intelligence (qui est liée à la mémoire) leur octroie le plaisir de la satisfaction, de manière propre à leur espèce. Nous en somme le contraire : nos satisfactions sont minérales : l’objet. Songeons-y… Pour trois satisfactions loupées, il faut trente tentatives pour la retrouver, passant par le doute, l’incertitude, l’acrimonie, le déni, le rejet, le mysticisme, les pensées avilissantes, et que sais-je encore. C’est long !

L’apprentissage sera long et le chemin caillouteux. Il faut retrouver la communion avec autrui, pas l’artificiel.

 

 

 

 

 

 

 

LLLLLLLLLLLL

Publicités

Patriarcat : l’intendant

À Martine B.

Le dernier de la bande

Outre le sbire et le larbin, un corps du patriarcat détient une puissante importance d’autant plus qu’il passe inaperçu : l’Intendance.

Napoléon disait gagner une guerre avec des chaussures (et les nazis ont affrété un bataillon spécial de prisonniers pour tester les meilleures) : c’est l’intendance.

L’intendance c’est principalement les industriels qui fournissent de l’argent au chef (jusqu’à créer au besoin une nouvelle monnaie) pour qu’il porte ses idées qu’ils subventionnent en vue de leur tranquillité. L’intendance c’est les petites mains qui ne sont pas obligatoirement du complot, mais qui fabriquent l’essentiel de ce qui permet qu’il puisse se mettre en marche : les usines d’armement, de vêtements, de drogues, les raffineries de pétrole, ces centrales nucléaires, etc. tout cela parce qu’il faut vivre… c’est l’intendance !

On ne maintient pas le peuple bâillonné sans bâillon ni bâton, on n’envoie pas des soldats au front sans drogue idéologique ou psychédélique. Les esprits doivent être obéissants, au mieux par eux-mêmes, sinon ils doivent être brisés. Pour tout cela, il faut des moyens et c’est l’intendance qui y pourvoira. Je ne suis pas très fort en intendance, mais je le mentionne, je le souligne. L’intendant est celui qui centralise le nécessaire pour que la parole du chef se porte au mieux, se disperse au mieux, ait au mieux une audience, sinon une visibilité.

Il s’occupe du papier, de l’encre et de l’imprimante sans véritablement rendre part au rêve du maître, mais il garde bien au chaud une parcelle de ce rêve, en lui et il sait comment lui donner de l’ampleur, pratiquement. Il fournit les fusils, les balles et les martingales. Il fournira les caméras, les pellicules, les outils de travelling, et saura développer ce manège pour qu’il trouve une audience dans les salles obscures. Quoi qu’elle ne comprît pas la notion de chef, dans une analyse que j’avais faite de la société actuelle en fonction de l’organisation du spectacle, c’est le « producteur » du mauvais film de la chéfitude, du patriarcat.

L’intendant c’est celui qui a été cherché le petit pain que Jésus a multiplié sur la colline.

L’intendant c’est celui qui a organisé le kidnapping des Coréennes pour les donner en pâture sexuelle aux soldats japonais, ou, pareillement, des Françaises aux GI au sortir de la guerre (on ne peut pas parler de « prostitution », car elles n’en n’ont reçu aucune compensation d’argent, pas comme nos députés).

Un peuple averti en vaut deux.