Le patriarcat comme astreinte à l’inadaptation

Je pense que Marie-Madeleine, tenant dans sa main droite le pesant des couilles du Christ et de sa main gauche la hampe de sa verge, ses lèvres chaudes posées sur son gland ardent, devait être proche du paradis ; et la vulve et le vagin accueillant de cyprine, prête à se mélanger à lui, sachant que l’orgasme de son compagnon – qui se donne en totalité au plaisir qu’il ressent de ce mélange de la vie – attentif au crescendo des frottements réciproques, est proche du Saint-Esprit, lui qui est l’intégrité du Père.

La position même de la femme implique qu’elle doit être en transe pour pouvoir profiter de sa relation à l’homme ; sinon « ça peut pas l’faire ». Une des distinctions du patriarcat, est qu’il lui empêche cette transe à la fois par le viol et par l’obligation : la femme n’a ni le choix ni le temps ni l’opportunité d’être en transe… et il ne serait pas loin que le patriarcat refuse qu’elle entre en transe dans sa relation amoureuse, y perdant ce qu’il nomme son pouvoir : le viol d’autrui. Je regardais un graffiti d’une fille qui montre une fille, et c’est beau. Hébé, un mec est passé par là, et a graffé un sexe masculin au niveau de sa bouche et a marqué : « Suce ! ». C’est totalement idiot : le mec veut imposer à la femme un désir, non pas qu’elle refuserait, mais qu’elle refusera à lui, car il est violent et il se l’impose à nouveau par la violence. Il est interdit dans la compression de son propre désir qui se manifeste alors comme viol parce qu’il est interdit du désir de fondre avec l’autre et ne parvient qu’à violer ainsi celui de la femme.

Ce qu’il m’est difficile d’exprimer est que le désir de la femme est son acceptation de s’adapter comme immédiateté, car c’est dans cette immédiateté qu’elle retrouve l’affirmation de son plaisir, comme transe. Il ne peut y avoir d’amour sans transe : l’amour est une transe qui permet la jonction des désirs, leur affirmation et le plaisir qu’on a de les réaliser ensemble, produit commun (communion) décidé de manière commune d’une relation altruiste. La morale – qui sera toujours ici patriarcale – consiste à empêcher la transe amoureuse, de deux manières : la masculine et la féminine. Car la transe amoureuse est spécifique à chacun des deux sexes ; elle a des points communs, certes, mais elle contient une spécificité pour chacun d’eux, spécificité qui est organique, sexuée. La participation au temps y est un rien différente.

J’ai rencontré une fois une psychothérapeute reconnue et renommée qui posait la question du dimorphisme sexuel comme une aberration culturelle : selon elle, la femme serait plus petite, chenue, etc. à cause de la culture patriarcale. Il y a du vrai puisque qu’effectivement, dans le monde, la fille est moins bien nourrie, reçoit moins de bons-soins, etc. (et plus la culture est patriarcale, et davantage elle est spoliée de l’égalité de traitement à cause de son sexe), à ceci près qu’aujourd’hui, les filles reçoivent les mêmes soins, à peu de choses près, que les garçons, et que le dimorphisme sexuel persiste : si les garçons sont plus frêles, c’est parce qu’ils exécutent des tâches bien moins pénibles imposées par le travail qu’il y a un demi siècle, mais les filles ne sont pas plus fortes ! Entraînez dans une musculoserie une femme et un homme possédant une charpente identique (si vous en trouvez) aussi bien nourris d’hormones et de stéroïdes, et ce dimorphisme paraîtra toujours.

Il y a une spécificité sexuelle et c’est bien celle-ci qui donne l’attrait des apparences. J’insiste sur ce fait parce qu’on irait dénier ces apparences en les donnant comme conclusion physique à une morale sexuelle. Non, là où cette morale sexuelle exerce ses prérogatives, c’est dans la forme du « Non ! » de la rencontre, non pas de ce « non » qu’on dit à l’autre en refus, mais de celui, excédentaire, que l’on dit à sa propre aptitude à la transe de la relation sexuée, de ce « non » qui est le mot qui désigne qu’on refuse cette transe, de vous laisser envahir par le partage de cette transe, selon votre goût sensé libre.

La plupart des maladies psychiques, qui ne sont pour moi que des maladies affectives (de transe, donc) ne sont que des transes qui ont cessé de s’orienter vers la satisfaction paire pour ne plus s’occuper que de ce que la personne en transe considère comme UNE satisfaction : violer autrui ne donne pas cette satisfaction du mélange des transes amoureuses partagées. On sait que le trauma réside dans la négation de la négation de la personne (et c’est le viol), c’est-à-dire dans, à la fois l’impossibilité de pouvoir se mettre librement en transe pour partager (comme pré-disposition grégaire, sociale), de se voir refusé de pouvoir de se mettre en transe pour partager (comme individualité pensante, aimante et partageuse), de se voir imposé ou imposée de subir la transe malade d’autrui qui ne veut pas vous voir, vous, mais ne voit que son objet, UN objet de SA transe (comme dans le choix d’une marchandise !) poussé par la force de la sexuation poussée à un tel extrême qu’elle vous porte dans cette transe sexuée qui dépasse l’entendement car cette puissance qui obnubile l’entendement et, le consentement d’autrui et l’existence même d’autrui, est ici dans une puissance telle qu’elle obnubile, met en transe destructrice (comme un CRS qui trouve normal de frapper ses congénères, il a même signé un contrat d’argent et suivi une formation dans ce but).

On voit donc qu’il y a bien une transe partagée (on pourrait dire constructrice) et une autre non-partagée, destructrice.

Mais les deux points qui font la spécificité sexuelle ne sont pas ici. On dit par exemple que la femme a le pouvoir d’avoir plusieurs orgasmes… pourquoi pas ? Que son clitoris est 100 fois plus innervé que le pénis ! Heureusement ! imaginez un pénis aussi innervé qu’un clitoris et tentez d’éviter que le temps de frottement soit trop court pour satisfaire les DEUX sexes ! Il y a donc une équité physiologique quelque part comme moyen de rencontre des deux sexes. Ce sera dans le « Oui ! » que se résumera la jonction des plaisirs. Et j’ai peut-être quelque chose à dire à ce sujet.

Le plus étonnant est qu’avec des moyens totalement différents, cette jonction des plaisirs s’effectue dans l’exacte mesure de ce « Oui ! »; Que ce »Oui ! » soit absent (et il n’est pas un « Non ! ») et change la qualité du plaisir commun, de la communion. Avec DEUX sexes totalement différents, une jonction des plaisirs est possible, vécue quotidiennement, et renouvelée au bon vouloir des participants et sous des formes finalement assez variées ! Non… je ne tombe pas des nues… car, ne soyons pas innocents, cette jonction est bien rare dans ce monde (en gros 4 % des participants, guère plus) et les rires moqueurs peu tendres, à la mesure de la nostalgie de tels moments, et des grincements de dents aussi audibles que les difficultés que cela engendre dans la vie quotidienne, essentiellement organisée autour de cet antidote qu’est le travail.

Cette jonction ne peut s’opérer que dans une transe et, je le répète, l’objet du patriarcat est de l’empêchée par deux moyens : empêcher les possibilités d’entrer dans cette transe de sorte qu’elle soit constructrice de positivité grégaire, et empêcher qu’elle soit possible, sinon que selon ses propres formes qui seront destructrices, c’est-à-dire de transformer les aptitudes grégaires fluides de l’humain en coagulées, en minérales même, en cuirasse caractérielle. De cela, j’en ai déjà touché un mot. Je m’intéresse aujourd’hui à cette aptitude à cette jonction dans la transe amoureuse. D’ailleurs, que le patriarcat réduise tant cette réalisation, elle n’en réussira pas moins à quand même à transsuder de plaisir dans des formes bancales : le plaisir est comme la plante sous le macadam : elle le transperce de sa vitalité.

Dans la société patriarcale, malgré les meilleures dispositions possibles, l’erreur réside dans la manière de saisir cette jonction par l’homme, dans le vécu féminin, dans la transe amoureuse de la femme. Il faut poser d’emblée comme critère restrictif à cette compréhension que le patriarcat ne peut pas comprendre cette transe, non pas seulement parce qu’il y perdrait la source de son pouvoir, mais parce qu’il ne peut caractériellement pas la comprendre : il lui est impossible, structurellement, de comprendre la transe féminine à moins de la dégrader, de la vilipender, de l’écraser, de l’avilir, de la conspuer, de la sorcelliser : elle lui est intolérable, in-to-lé-ra-ble. Et pourtant, elle se vit comme on respire ! À moins d’être sclérosée, la femme la vit comme elle respire, avec les variations afférentes, bien évidemment.

Ce que l’homme patriarcal prend pour un pouvoir sur la femme n’est finalement que cette perception indirecte qu’il a de la jouissance féminine dont il se donne pour maître, alors qu’elle y participe à la mesure de la liberté qu’il lui laisse, et selon les capacités et, les aptitudes et les plaisirs liés à son sexe. Attention, j’ai bien conscience que cela n’est pas du nougat pour tout le monde… je parlais de 4 % tout à l’heure… ici je parlerai d’environ 10 à 15 % de plus, dans ce cas de figure.

C’est que la femme a une prédisposition spécifique à son sexe quant à cette jonction des plaisirs de la rencontre. Et parfois, elle est bien partageuse, en toute grâce et dans la mesure exacte de son acquiescement – cela va mieux en le disant. Mais ce dont je parle maintenant, est cette transformation affective qu’en fait l’homme en tant que prise de pouvoir sur elle (il me faut donner en aparté, le jeu féminin comme miroir de ce soit-disant pouvoir social de l’homme sur la femme, de la femme avec le désir de homme en le séparant du sien pour le lui rendre comme pouvoir. C’est de l’érotisme que j’ai nommé ailleurs « agricole » et qui est de bonne guerre dans de telles conditions : ici, dans le patriarcat, la femme est la dominée, et la latitude que cette situation lui laisse, ne lui laisse guère d’extension que celle qu’elle peut prendre dans un semblable périmètre).

Oui, je peux donner la conclusion à laquelle je suis arrivé dans cette longue étude de notre monde, qui a commencé vers l’âge de trois ans, quand que je me posais la question de l’origine de la source du plaisir de ma mère envers moi. L’entendement qu’en a Freud d’Œdipe nous cloisonne, alors que l’impossibilité de s’accoupler avec sa propre mère (pour un garçon… pour une fille, c’est différent… j’y reviendrai peut-être plus tard) étant d’un naturel si évident que se pose la question de son altérité, sinon que contextuelle, en ce sens où l’impossibilité d’aller voir ailleurs vous est interdite… auquel cas, en tant que féminin, il ne vous reste plus que votre mère… et il va falloir faire avec…. J’en suis rapidement arrivé à constater qu’il y avait en conséquence un contexte d’amour pour sa mère, que celui-ci permettait ceci mais pas cela. Encore que j’ai très tôt ressenti le même amour pour d’autres filles (dès avant un an et demi), et que, de comprendre la frustration éprouvée, demandait un agrandissement de sa propre perception du monde de sorte à voir plus large pour s’élargir (on est alors doté de peu de vocabulaire, comme vous pouvez le constater). Mais la question fondamentale de cet amour du féminin pour le masculin est restée très très très longtemps comme interrogation, car ma mère n’aimait pas mon père, mais ils baisaient ensemble de sorte à pondre et pondre et pondre encore des enfants, les cons. La sexualité avait donc une force bien plus importante et puissante que tout, de sorte que la recherche de satisfaction qui en est susceptiblement issue (outrepassant même les frustrations passées) vous pousse à vous adonner à cette rencontre dont vous n’aurez, finalement, qu’un piètre soulagement de votre demande initiale. Le désir de rencontre contient en soi le désir de satisfaction qui vous fait voir cette rencontre non plus comme un possible de satisfaction, mais toujours comme une satisfaction à renouveler malgré les échecs que vous avez essuyé du sopalin de vos déboires.

La question se pose, inexorablement, de reconnaitre en quoi cela est-il si déplorable ? et en quoi, comment, cela puit-il être que tant de reliquat stationnât sur le parvis alors que vous voulez vous élever dans les ondes célestes, comme des poids indésirables vous retiennent de porter vos pas à l’allégresse de la danse, cette transe qui vous allège de tous vos mots dans le plaisir du mouvement conjoint de la musique (autrui) et vous (avec les autres). La question est là : l’amour et pour qui. C’est cet amour et « pour qui » qui est la clé de la solution : le féminin ne s’y exprimera pas de la même manière que le masculin… cet amour s’en faisant la jonction. La satisfaction est en la corrélation.

L’inter-adaptabilité des sexes passe par ce qu’on nomme « amour », mais cela peut-être le désir d’autrui, c’est tout comme, dans une variabilité de l’intensité du vécu… et je n’en serai pas le juge. Personne ne parle de cette inter-adaptabilité des sexes comme LA source physiologique de l’amour, sinon Michel Odent. La spécificité des transes selon chacun des sexes permet cette jonction des plaisirs qui les augmente en un sens commun dont l’altitude ne demande pas de mesure. C’est le don de soi comme absolu qui en est le mètre et le ressenti réciproque s’égaye comme le souffle d’Éole se joue de ces graines de pissenlit dispersées dans l’espace. Cette inter-adaptabilité des sexes présente des particularités dont je me réserve de parler une autre fois.

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