Leçon sommaire d’anti-patriarcat

À qui donc je pourrais dire « Je t’aime » ce soir ?

Il faudrait une femme d’un mélange entre Elle, Elle sans sa phobie du sexe mâle, la douceur d’Elle, la fougue d’Elle et un peu de cette revendication féminine d’Elle et du don d’Elle, vaginalement habile comme Elle, aussi voluptueuse qu’Elle… dont l’ensemble m’accepterait pour son homme. Oui, c’est beaucoup, mais dans cette circonstance, on ne pourra jamais douter de ma sincérité.

Je propose un exercice intellectuel : «  La sincérité est-elle divisible ou non ? » Si elle n’est pas divisible, se pose à moi un véritable problème quantitatif ; si c’est oui, je les ai toutes aimées. La troisième hypothèse est que la sincérité est corruptible (ce qui serait très humain, finalement), alors ma réponse est : « Oui, j’ai été par beaucoup frustré, mais le plaisir que j’ai eu de vivre avec elles n’a, sur le plateau de la balance sociale, pas de commune mesure ».

J’ai été éduqué selon quoi les femmes n’aiment pas les hommes, car ils ont une bite, sont violents, intolérants et exigeants ; en plus ils rendent enceinte. J’aurais pu sous-entendre la demande « … comment, dans ces conditions a-t-il pu y avoir du plaisir avec eux ? », je pense même que je l’ai entendu crier de loin. Le « challenge » n’était pas facile à atteindre (le challenge correspondait à trouver le bonheur avec une femme) : le disparate des éléments me permettant de saisir la relation homme-femme (moi-elle, ou moi-toi) de manière évidente, étant dispersés dans des zones dont la relation intrinsèque était déjà compliquée, balafrait de graffitis le visage de la simplicité. Il a fallu que je puise dans à peu près soixante années de recherches, pour me rendre compte que ma mère était vraiment con, mon père encore plus ou au moins, autant, et que la société était complètement à côté des pompes qui chaussent de ses ailes d’Hermes, le bonheur. Jamais, ces personnes ne se sont gratifiées du plaisir qu’on éprouve de s’y adonner, du plaisir qui vous octroie celui de fondre intensément en elles, car elles vous le donnent : vous faites chair d’elles. Et ce bonheur de se marier à autrui du fait qu’il existe et que vous êtes pour le lui donner.

S’il y en a que j’ai plus aimée que d’autres, c’est simplement pour une question de temps : j’ai trouvé parfois trop court l’encours pour trouver un développement autrement guindé que par la pellicule d’une chrysalide. Il y a des femmes qui m’ont donné vraiment le plaisir d’avoir du plaisir d’elles. Même aujourd’hui je suis incapable de dire si oui ou non elles étaient complices, enfin un aujourd’hui d’hier, pas plus ! Mes frustrations se cachent sous le fait que j’adore la chair, mais j’adore aussi quand elle contient une forme de perversion qu’elle reconnaît comme source de plaisir, j’aurais le sentiment, alors, d’avoir une complice.

Le sentiment du plaisir est quelque chose de complexe dont les ramifications convergent vers ce point qu’il faut s’y adonner pour qu’il cesse de se compliquer, pour qu’il achève sa complexité dans sa disparition. À l’encontre de tout ce qu’on me demandait, j’avais décidé de ne pas me défaire de cette aptitude à simplifier les choses parce qu’on cesse de les complexifier. Ce n’est pas reconnu par la psychanalyse, mais il est possible de simplifier le complexe d’Œdipe ou de Jocaste ou du frère de la mère de mon aïeule : Nous vivons dans une société patriarcale, ce qui implique une domination de la femme par l’homme, sexuellement, socialement, affectivement (dans ce cas ce sera par défaut d’affection, bien sûr), de la malveillance à l’enfant et à la sexualité de l’enfance et de moi qui me branle en essayant de rester éveillé au monde… en fait pour ne pas perdre mon éveil au monde. Alors, je me suis beaucoup masturbé (en ces temps lointains, on avait la vaillance de l’âge), mais j’ai eu toujours un problème avec le sperme, l’éjaculât : que fallait-il en faire : sorti, il était là ! et ça laisse des traces… Bien des fois je me trouvais gêné : les filles n’ont pas ce problème sous leur jupes : elle peuvent avoir leur culotte mouillée, que nul ne s’en apercevrait ! Tudieu, impossible de savoir si elles éprouvent les mêmes émotions liquidifiantes que moi… Alors, je suis resté dans le brouillard, longtemps, très longtemps. Je voyais bien pourtant que des femmes m’aimaient pour le? mon? sexe et cela me donnait honte de moi : quoi, tu en es réduit à ne te satisfaire que de ton sexe ? Tout cela me laissait perplexe : quoi ? qui ? quand ? où ? comment ? pourquoi ? Dans un tel état d’isolement, il est difficile de savoir si on est seul ou pas.

Il y a des filles qui m’ont beaucoup aimé, à la folie… je n’ai hélas pas su m’y prendre pour que nous puissions en profiter au mieux, du fait de cette éducation à la noix qui a profilé mes sentiments selon le tréfilage de cette éducation de con, de cette morale à la con, de ce manque de folie à la noix (the Wilhelm Reich’s« core ») : dur comme du bois, sec comme un fond de verre, bruyant comme un tain t’amarre, fuyant comme une savonnette (on dit que les savonnettes sont fuyantes…), corrupteur comme une diarrhée verte, de celles qui vous laisse un acide piquant dans l’anus (c’est pas « savonneux », c’est glissant comme la glaire de la limace ou celle qui entoure les poissons qu’on sort de l’eau).

Admettre que la fille éprouve du désir pour mon sexe me paraissait d’un absolu démentiel, au sens de l’Inquisition qui ne voulait rien comprendre, qui ne comprenait rien et évitait de tout comprendre de ce « rien » à l’orgasme. On fait souvent front à des obstacles très difficile de fonctionnement qui vous laisse peu le pouvoir de vous en sortir. C’est déroutant. On traverse alors un champ d’incertitudes, une forêt de doutes, un bois d’érable, je veux dire, plus sérieusement, de ces remises en cause graves qu’on devait assumer seul et envers contre tous ! Quel cauchemar ! Les cauchemars sont faits pour que ce soit dur de l’avoir dure… encore une fois : comment ce sentiment de l’avoir dure peut-il se transcrire du côté fille ? Je ne l’ai jamais su. L’empirisme ne dit qu’il doit en être ainsi et que cela veut qu’il en soit ainsi, ou vaut mieux qu’il en soit ainsi. Je balance entre ces trois options…

J’ai découvert ce qu’on nomme le plaisir dans la gratitude que j’éprouve pour l’être avec lequel je viens de le partager. Dès lors qu’on se perd dans ce qu’on vit, on ne peut qu’être sincère : cela déculpabilise beaucoup de sentiments et d’âmes. Dès lors qu’on vit ce qu’on vit, on est dans le vrai : la comédie est un faux vrai. Ce qui m’a permis de dorer mes échecs de la couleur des bravoures, et on sait combien elle est diaphane, cette couleur. Il ne m’est pas facile de me résoudre à ceci que j’ai vécu l’ensemble de six dizaines d’années dans ce marasme de me situer en tant qu’homme (et de donner une place à la femme) dans ces amours que j’éprouvais plus ou moins longuement pour des femmes, souvent comme couillon. Les femmes auxquelles j’aspirais n’était pas à ma mesure : avec elles j’ai vécu des éclairs et je ne leur arrivais pas à la cheville. Mais… s’il ne tenait qu’à moi, je saurais leur faire valoir les qualités qu’elles peuvent découvrir avec profit en admettant que je suis aussi liquoreux, finalement. Vraiment, ce n’est pas d’avoir le plaisir court, il m’arrive d’éprouver parfois des émotions si prégnantes que je ne peux plus me retenir, un peu comme si je les aimais trop. Il y a des femmes très fortes de la sensation du vagin, je peux le certifier… et elles ne sont pas pour moi, pauvre branleur que je suis de ma mère toujours accrochée comme un poux à ma sexualité de bambin.

J’ai découvert dernièrement le corps des Africaines : en manière de féminité, les Blanches, vous pouvez vous l’accrocher : La femme aime l’homme. L’homme est con comme un manche, raide comme une guitare de corde, mais il n’a qu’une chose ! sa bite ! Alors l’homme se trouve un peu coincé aux entournures : comment être un mec sans ni l’être ni avoir à l’être ? De me poser la question, je ne peux y répondre de tant de restriction. Je peux imaginer plein de choses qui vous faisaient apparaitre que je vous aime à la folie, mais cela ne correspondrait pas à ce que vous êtes réellement et que je ne connais pas. Vous ne correspondez pas à mes fantasmes, et moi seul, certes, doit en assumer les conséquences, mais j’en serais souvent allégé d’en partager le fardeau. D’autant que je suis près à tenter de comprendre le vôtre (en fait, cela me donnerait ce frisson de me sentir dans votre culotte). Comme je le disais tout à l’heure, le plaisir est quelque chose de complexe, car il doit passer, si on s’y laisse prendre, par l’intellect. Moi, j’écris. Je sais que je peux faire mouiller des culottes et des slips : je connais le désir de chair et j’aime à m’y laisser fondre : quelle joie la complicité !

La femme n’éprouve pas le même sentiment que la jument face à l’étalon quand elle est en chaleur : ça n’a rien à voir. Je n’en détiens pas les preuves mais l’ordre du possible. J’exagère, bien sûr, je fais de l’emphase : le seul outil d’amour, c’est votre bite et qu’elle en soit folle peut effrayer de très courageux. Je pense que c’est le fantasme principal : qu’elles n’en veuillent que pour votre bite : vous éprouveriez une telle honte que beaucoup de choses vous échapperaient. J’éprouve une totale immersion de ce sentiment de peau que j’ai de la femme, de sorte que je ne peux pas rester objectif : quid de vous, quid d’elle, quid d’elle, quid de vous ? Non, une chatte est une chatte et c’est pour vous y rendre, corps et âme en y laissant le jus de la peau. Dans cette expérience d’électricité statique, on frotte le verre de la peau d’un chat et c’est la tige de verre qui attire ! L’expérience de la femme vis-à-vis de l’homme ne laisse aucune ambiguïté : les sexes sont faits pour se mélanger et nous avec.

Pardonnez-nous : nous sommes quand même à la recherche du plaisir, et nous admettons que vous ne le comprenez pas et qu’en somme, nous ne vous correspondrions pas. Certes, nous n’avons qu’un coup, mais le bénéfice doit être pour deux. Il y a quelque chose de judéo-chrétien dans cette équation, mais la disparition du truc date de plus longtemps. Il a commencé dès le moment où on a voulu forcer la femme à s’accoupler. Ce n’est pas que l’accouplement lui déplaise (elle est aussi bien pourvue en la matière que les hommes, ce me semble) mais qu’elle doive se donner à qui elle n’éprouve pas ce plaisir : pourquoi lui imposer ce pour quoi elle est disposée ? J’ai rencontré quelques femmes « froides », qui vous accueillent comme un frigo, avec indifférence. Vous recevrez quand même notre éjaculât ! Pas par peur de nous perdre, mais par plaisir de nous perdre. C’est quelque chose de complexe, encore une fois, mais d’éveillant.

C’est empiriquement que je suis arrivé à la conclusion qu’il y avait un rapport direct et immédiat entre « mon » plaisir et celui de la femme. Au point de refléter le contraire : le plaisir de la femme correspond à celui de l’homme. Oulala… Là, ce n’est plus l’odeur de la crémation, mais du corps du judéo-chrétien. Se faire un parti n’est pas facile… mais je ne comprendrais pas alors pourquoi les femmes sont attirées par les hommes… au point de se « corrompre » ? Là ça m’intéresse. En fait et encore une fois, c’est la morale patriarcale qui nous corrompt à ce point de gangrène. Oui, la femme a besoin du sexe de l’homme pour jouir – du sien – et l’homme en profite ! C’est consensuel.

 

 

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