Le patriarcat comme terreur

On parle du patriarcat comme d’une organisation sociale des gens. C’est faux : c’est une maladie sexuelle qui trouve dans une organisation sociale (dont le présent capitalisme est une de ses formes en mouvement) les moyens de pouvoir exercer son pouvoir de malade. Plus haut se trouve-t-on dans la hiérarchie de cette organisation de la maladie sexuelle « patriarcat » et plus la maladie sexuelle qu’elle corrobore est forte, plus on est malade. L’inverse n’est pas vrai (cette forme d’organisation aurait alors cessé d’exister) car cette maladie de la relation complémentaire des sexes et des plaisirs qui y sont liés, atteint tout le monde, sous toutes les latitudes et sous des variations dérisoires, sinon que dans l’expression de la violence qui y est liée. Le patriarcat est une organisation sociale qui est la conséquence à la maladie du même nom.

Dans l’absolu, le malade social n’a pas d’emprise sur son environnement, il doit s’agréger d’autres personnes aussi malades, mais dont la maladie ne permet pas une réflexion profonde quant à savoir comment assouvir sa faim de pouvoir. Les gens qui sont en hôpital psychiatrique n’ont pas réussi à s’agréger d’autres personnes : il faut avoir la dose précise de maladie qui permette encore une certaine lucidité sociale, une dose organisationnelle pour atteindre son but : spolier autrui du plaisir de vivre sans souffrance. Au regard de l’importance de l’exécution de ce programme, l’environnement, qu’il soit affectif ou géographique, n’a aucune importance : le malade y est aveugle, ou de cette cécité qui résulte de l’usage de filtres psychiques destinés à ne faire apparaître que ce qui peut mener au but.

Sur cette planète (qu’importe s’il en existe une autre, elle sera si lointaine !), au surplus de sa richesse organique, il y a deux êtres merveilleux : la femme et l’homme. Bien évidemment, pour les désigner sous cette distinction, ces deux merveilles sont dotées d’un sexe et de spécificités sexuelles relatives à ce sexe. Du fait qu’ils sont prévus pour se mélanger, il y a un affect social, l’amour, qui permet cette rencontre selon des critères et des modalités. La maladie du patriarcat est la domination d’un sexe sur l’autre de sorte que l’empathie (l’amour) n’a plus de prérogative dans cette rencontre : cette relation devient obligée, aujourd’hui pour la femme. Cela s’apprend et s’acquiert par l’apprentissage et les coups physiques ou psychiques (tous deux relatifs à l’affection) le plus tôt possible, même avant la naissance. Cette domination se reporte comme généralité sur tout ce que le plus violent (le plus malade) peut atteindre par l’intermédiaire de sbires et de larbins prédisposer à ses malversations pour satisfaire leur désir de pouvoir, en ce sens où ils sont incapables par eux-mêmes de le réaliser, sinon que par le truchement de ce « chef », ce « patriarche ». C’est une organisation sociale spéciale destinée à satisfaire les besoins de cette maladie : dominer autrui, et principalement la femme et l’enfant, sans avoir à donner de soi une contrepartie, surtout affective, car on en a été rendu incapable. Dans cette organisation malade, le chef fait de l’homme un cheval, il est un loup pour la femme et un tigre pour l’enfant.

On peut approcher cette maladie de plusieurs manières : comme un parasite, comme une entrave, comme un détournement d’énergie, comme un blocage, que ne sais-je encore, mais principalement comme une structure mentale et neuro-musculaire ne permettant pas de percevoir le monde (son propre environnement) autrement que par ce que permet d’en percevoir cette structure mentale et neuro-musculaire. La caractéristique fondamentale de cette structure est le réflexe de rigidification de l’organisme à l’émotion qui outrepasse ses capacités à l’accepter ; l’orgasme étant le parangon de cette capacité dans sa plénitude (encore qu’il faille peut-être savoir de ce quoi on parle : trouver chez l’autre sexe une telle présence qu’on ne peut que le gratifier d’en être le partenaire sexué). Tout ce qui touchera cette structure, de près comme de loin, tout ce qui la décrira, sera ou ignoré, ou bafoué (la femme et l’enfant en sont les plus belles manifestations et nous voyons ce qui en est fait), ou écrasé, torturé, violé, tué, par les sbires (directement) ou par les larbins (indirectement). Le patriarcat abhorre ce qui fait fondre de communier avec autrui : pour lui on communie par autrui, jamais d’autrui.

Ainsi, que la domination soit le fait, quelque fois, d’une femme, ne change rien au patriarcat.

Ce qu’on nomme « l’exploitation du capitalisme » décrit une forme du patriarcat en mouvement, dans cette maladie qui change de forme mais ni de fond, ni de fonds. Le patriarcat est né il y a environ 8 mille ans, avec la première esclave : la femme ; les esclaves qui ont suivi correspondant à ses conséquence affectives, psychiques et sociales. Peut-être s’agirait-il plus simplement de l’enfant que les prêtresses de la Déesse-Mère immolaient aux dieux ? Mais, le pli est prit : la désagrégation de l’empathie d’un vivant vis-à-vis d’un autre : cette empathie est alors suffisamment anémié pour que la souffrance d’autrui la surpasse et la laisse indifférente. Il faut une structure corporelle (psychique et neuro-musculaire) pour que cette raideur anesthésie cette empathie dont le plus jeune enfant est doté, innément, avant même le langage, par le signe.

Pour dominer la vie, il faut lui faire peur, lui incruster la peur dans les chairs et dans les os, dans son sang, de sorte qu’elle ne voit plus en vous que ce qui peut la soulager de cette peur, ne serait-ce que parce que vous cessez de l’effrayer ; il faut la terroriser, c’est-à-dire la raidir de manière pré-antalgique. Dès lors, le chef se présente comme le « sauveur », supposer éloigner de ce qui effraie ; et il sera d’autant plus rédempteur, que le mal aura été fait, psychiquement et physiquement, par des larbins et des sbires, comme intermédiaires – ce système ne permet pas de penser que le sauveur est leur maître à moins de renier la satisfaction de ne plus avoir à subir cette souffrance issue de cette rédemption dont il est l’image. Il y a deux faces à la souffrance : le pouvoir de faire souffrir est immédiatement relatif à celui de ne pas souffrir. Le sbire et le larbin sont des outils de cette souffrance sur autrui, dont on est séparé comme notre propre pouvoir est séparé de notre vie de terrorisé ou de torturé. Tous les procédés employés sont ignobles et répugnants, mais comme ils vont suivant le cours de la vie patriarcale (à laquelle on si habitué) et que nul ne connaît autre chose que cette présente vie (sinon qu’une vague intuition qu’il pourrait en être autrement), il y a une acceptation générale de ce système de souffreteux dont l’organisation sociale sait au mieux repousser les limites, en montrant des images de ce qui pourrait être encore pire.

La position sexuelle de la femme est particulière dans la maladie patriarcale. Elle-même y est malade et selon ses spécificités sexuelles. L’une, plus éthérée, sera d’une pudeur extrême, l’autre plus proche de sa chair, deviendra (ou sera montrée comme) une débauchée, à disposition de l’homme et de ce qu’il appelle sa satisfaction qui n’est pas d’orgasme, mais de domination sur autrui. On voit le « cul » de la femme partout, sous toutes les formes, en tous lieux, sur toutes les images, pour le plus petit prétexte marchand. On ne le dira pas aussi crument, bien sûr, pour ne pas choquer les âmes qui ne veulent rien savoir de la satisfaction liée aux organes sexuels, car ils en sont encore moins capables, affectivement, s’entend ; en rêve peut-être, dans la mesure où cela reste permis, encore qu’ils soient visibles partout sous cette forme de « cul ». Dans les formes de « cul » les plus crues, la femme se met (ou est mise) réellement à la disposition de cette « sexualité » masculine, et si, dans ce contexte, elle a bien raison, c’est que c’est la seule manière qui lui est permise d’y avoir accès et d’avoir accès à la sienne, en propre ; au surplus de la fragile possibilité de se refuser selon son affinité. Dans ce cas, son amour personnel est un amour universel pour celui, temporaire, qu’elle a choisit ou a été contrainte de choisir, ou accepté de choisir, pour se disposer à être un « objet » sexuel. Le moteur de la transaction est l’argent – l’objet de l’objet patriarcal –, on le sait ; et incidemment, on voit à quoi sert l’argent : comme moyen de transaction de domination sur autrui, que ce soit par le salariat (la valorisation du temps), la marchandise (la valorisation du fétichisme), le capitalisme (le patriarcat en mouvement comme valeur).

Une structure caractérielle cloisonne une certaine disposition de pouvoir réflexif : cette structure en sera les bornes (les bornes du connu sont aussi celles de l’inconnu). Une structure caractérielle sociale induit une manière sociale (générale) d’admettre ce qu’elle est capable de reproduire : elle-même. On ne verra pas un sbire se remettre en cause la matraque ou le fusil à la main, un larbin comprendre la nocivité de ses actions sur autrui et cesser de la commettre, un patron renoncer à la possibilité de choisir les personnes qui composent son équipe, un banquier voir les obstacles qu’il opère sur le cours de la vie, sinon que pour les peindre à coups de publicité. Personne ne sait faire socialement autrement que selon son intégration sociale ! Individuellement, l’être humain est peut-être génial, mais collectivement, c’est une bourre, une tare, alors qu’il possède au plus haut point les moyens de résoudre ce problème du vivre ensemble : le signe, le langage et l’écriture. Mais cette structure caractérielle obstrue l’accès à autre chose qu’elle-même, et pour « évoluer » plus aisément dans l’espace de sa matière, il lui faudrait s’assouplir, mais principalement, cesser de se transmettre à ses enfants, c’est-à-dire, comme il faut éviter de produire des déchets pour n’avoir pas à les gérer, à ne pas recréer cette structure neuro-musculaire chez l’enfant. On sait que les enfants n’ont que faire, jusque l’âge de 3 ou 4 ans de la couleur de peau, de la forme des uns et des autres, etc. et qu’ils deviennent rigides par la structuration que leur imposent leurs parents ou l’école, de sorte qu’ils acquièrent progressivement une sélectivité dans leur affectation en fonction de critères « moraux » (liés à l’affectivité , comme le fétiche est lié à la marchandise) qui n’ont plus rien de socialisant, mais d’extérieur : ce qui signifie la fin du plaisir issu d’une empathie qui fonctionne à suffisance.

Socialement, affectivement, sexuellement, le patriarcat est une maladie de l’échec comme elle est un échec elle-même : sans fin, les échecs se succèdent les uns aux autres en se présentant comme des solutions (en rêve !), alors qu’il ne s’agit que d’échec : centrales nucléaires ou usines SOVESO, kalachnikov ou tonfa, perturbateurs endocriniens ou truc-icides, mousse polyuréthane ou zovirax, goudronnage de parkings de supermarchés ou bétonisation des terres arables, tétines de biberon ou lait maternel, etc. En fait, tout est pourri, en écartant ce qui est « bio », peut-être. C’est un échec, et on rechigne à s’en apercevoir parce que de l’admettre porterait à des conséquences que LE patriarcat qui les produit, est incapable de concevoir, comprendre et mettre en œuvre. Et cela durera jusqu’à ce que mort s’en suive… ce n’est qu’une question de temps. Comme symptômes du patriarcat, tant que le sbire et le larbin seront de mise (en réalité sous forme de disponibilité débilitée d’affection et de sexualité), la maladie sera présente et représentera l’existence du patriarcat. Au lieu de nous montrer des maniements d’armes dans des films stupides et bruits, on devrait nous montrer les plaisirs de l’acquisition de l’harmonie dans le fait de jouer ensemble de la musique, de la chanter pour que résonnent nos cœurs à cette fonte du chœur de nos âmes ; ou de réaliser selon des dispositions collectives, un ouvrage telle la combite haïtienne. Comme conséquences de la maladie patriarcale, l’action du héros et le héros lui-même, ne nous montrent que l’incapacité de l’humain à régler « collectivement » ses problèmes.

En tant que commandement patriarcal, l’ennemi principal sur lequel nous devons focaliser toute notre attention, est le TRAVAIL. Le patriarcat que le capitalisme cache derrière son petit doigt, nous oblige à n’envisager toute activité inhérente à la vie que sous la forme du TRAVAIL. Le travail tue tout, bouffe tout, rend légitime toutes les malversations contre les gens et l’environnement, la violence des flics et la bêtise des politiques, l’absence absurde d’empathie des riches et la passivité des pauvres vis-à-vis de leur condition…. Le TRAVAIL que dis-je : LE travail !!! On peut se demander si un programme qui a pour leitmotiv « À bas le travail, cré non de diou ! » peut trouver une nuisance humaine quelque part ; et dès lors qu’on se le demande, il doit y avoir une solution pour éviter cette nuisance. Elle s’effectuera toujours par les injonctions d’un chef, que des larbins et des sbires trouvés sur le tas, se feront un plaisir d’exécuter. Ce système souffreteux (patriarcal) doit être écrit en gros sur la façade de notre grange pour éviter que certain deviennent subrepticement plus « égaux que d’autres ».

 

 

 

 

 

 

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