Patriarcat et environnement

Putain, j’ai passé soixante ans de ma vie avec les humains.

Déjà quand tu nais, c’est une trahison : pourquoi faire des êtres vivants si c’est pour les mettre intentionnellement dans une telle moïse à vivre ? Bureaucratie, hiérarchie, travail, ostracisme, injustice, impôt, bruit de ses moteurs et de ses outils, cris du sportif, la contradiction idiote entre « travail » et « environnement », etc. tout cela placé en total incapacité de pouvoir y dire son mot, de comprendre pourquoi quoi, où et quand et pourquoi. Une pure trahison. Toutes ces belles plantes étiolées.

Quoi, c’est la nature ? Ha ! c’est la nature humaine… c’est précisément de cela dont je parle : de cette nature humaine dans laquelle j’ai vécu 60 années.

Au total, je n’ai rien gagné dans cette vie (bon… je mens un peu) : toute l’excitation de ce monde patriarcal est axée sur le fait que la femme déteste le sexe de l’homme. Dès lors, l’ensemble de la pornographie (qui est une source d’excitation sexuelle) ne tourne qu’autour de cette piètre hypothèse, à ceci que tout le monde la trouve vraie. C’est d’une perte de temps incroyable, encore que cela permet à certains d’en jouir un peu. Le ganbang et autre viol pornographique (pornografioque) devient tout à coup vidés de leur SENS : ce qui m’amène à la conclusion (mon amie me disait, en constatant que je cherchais à réparer une soupape de cocotte-minute, que j’étais foncièrement optimiste, car cela va toujours (re)marcher) que le sens est tributaire de la morale d’un temps. Aujourd’hui, la morale, c’est le patriarcat.

La pornographie s’approprie la femme, parfois avec une sorte de douceur, parfois avec une violence idiote, mais qui correspond d’assez près à cette asthénie que cette morale (selon laquelle, la femme n’a pas le droit d’aimer les sens de l’homme) induit dans les mentalités et que, finalement, en se pliant à ses modalités, on obtiendra bien un jour quelque part une brindille de plaisir dont on a vu poindre le bout, là-bas, d’entre les voiles que cette morale met sur la sexualité.

Oui, je sais, ici, je prends « la défense » de la femme, en la rendant en quelque sorte victime : mais on se trompe : elle possède sa propre dynamique dans cette histoire que l’homme pense, idiotement, tenir en laisse : le patriarcat n’a absolument rien compris à la sexualité de la femme, c’est hors de son sujet, hors de son propos, hors de ses atteintes et encore moins de ses attentes. De fait, dans ce contexte, la femme fait avec ce qu’elle a, ces lumières qui lui restent d’entre les interstices des briques qui lui sont imposées. Je ne renie pas du tout que dans ce contexte elle doive souffrir sinon de cette position où son devoir est de s’avilir, mais principalement de la violence qu’elle doit subir, encore que, une fois de plus (c’est comme ces ivrognes qui sont affublés de tous les morts de la route alors qu’ils en sont pour à peine un tiers… sachons de quoi il retourne en matière d’ivrognerie, svp…) dans cette position où il lui est permis de jouir d’être ce qu’elle est, elle en profite suivant ce qu’on lui donne, dans le cadre du patriarcat. Ces films pornographique s’apercevraient tout à coup que la femme est un être sexuellement sensible et qui plus est selon ses propres sens ! et qu’en plus, elle a besoin de l’homme (et au surplus de son sexe) pour l’amplification de l’excitation que ses sens lui procurent une fois excités.

Alors… je fais un peu attention (quoi que je sois peu lu et que pour me lire il faille consentir un minimum de consenti vis-à-vis de la vie qui ordonne le respect d’autrui) à cette liberté que je pourrais donner à voir derrière ce rideau opaque du patriarcat, du catholicisme et de l’islamisme, ou du protestantisme et du judaïsme, ou même des religions hindous, indiennes, et autres qui ont pour substrat la possession de la femme par le mariage ou par la parenté mâle, selon quoi la femme serait un être plus orgiaque que l’homme : à cela il faudrait d’abord qu’elle soit libre pour puisse s’y adonner et se donner les moyens de se le prouver, et qu’en cette occasion il faudra qu’elle puisse l’exprimer selon ses propres modalités. Il fut un temps (je n’ai jamais pu comprendre comment il a pu être perdu) où les hommes se satisfaisaient de n’éprouver pas de pouvoir supérieur à modifier cette façon dont la femme a de s’exprimer sur cette modalité incluse dans sa liberté de vivre selon son sexe, sinon que technologique (le con !), ce qui a mené au patriarcat, l’appropriation de la sexualité de la femme par l’homme. Toute l’excitation suscitée par la pornographie ne relève que de cette caractéristique particulière de la modalité des relations dans une société patriarcale : l’appropriation de la sexualité de la femme par l’homme. Bon… si chacun y trouve son compte, pourquoi pas ? Et on voit bien, par cette mièvre remarque, que je n’ai que peu faire de cette affaire, comme on dit. Cependant, cela mérite d’être souligné.

Car ce qui rassure l’homme dans ces séquences pornographiques, c’est qu’il domine la femme, de sorte qu’il puisse jouir selon son goût et ses formes. Il oublie que même dans ce cas, la femme se satisfait de ce qu’elle a, s’exprime selon son sexe et ses modalités et donne un libre cours à son plaisir selon les restrictions même que lui impose, patriarcalement (selon la peur que l’homme éprouve face à la jouissance de la femme – encore que je ne sois pas dans la bulle de l’orgasme – pour en faire un pouvoir sur elle), l’homme avec lequel à ce moment précis (ou les hommes) elle contribue à la vie dont elle est le corps bien présent. Dans la pornographie, la femme jouit de l’homme selon les modalités que l’homme lui impose : cela serait-il étrange ? L’inversion des valeurs de F. Nietzsche est ici : dans le bain de la morale où on vit la vie. L’homme cuirassé a besoin de se rassurer, car il ne bande plus que selon certaines conditions qui correspondent à ce que lui laisse cette cuirasse : ses fantasmes. Le BRUIT qu’il fait autour de sa sexualité comme celui qu’il produit dans la vie courante, correspond à cette peur de l’amour de la femme, à la fois cette crainte qu’il puisse s’y perdre et celui qu’elle lui donne : c’est en ce sens qu’on comprend le mot de André Breton selon lequel il nous souhaite d’être profondément aimé, bien que cela soit partial, car le meilleur est la réciprocité qui décuple la force de ses événements. Et cela ne peut se faire que par l’inclusion de la satisfaction sexuée commune.

De plus, dans la pornographie, il n’est question que des craintes personnalisées de l’orgasme, au sens de Wilhelm Reich, une forme de compromis, finalement, pour avoir un gain substantiel de plaisir sexuel. Tout va pour le moins pire ! Vous imaginez 60 ans dans cette ambiance ? Tout est dévié, entortillé dans une division triple ou quadruple pour se cacher comme unité aliénante.

Cependant, la morale patriarcale dont je viens de démontrer la pornographie, cause une sur-morale qui empêche d’accéder à cette approche de la cuirasse. Bien des gens ont horreur, jusqu’à l’éviction, de la pornographie, bien d’autres voudraient s’y donner accès sans pouvoir surseoir à cette même morale disruptive, et d’autres encore ne veulent pas même en savoir le bout du cheveu, alors que c’est la tignasse que nous montre en permanence cette société de marchandise (le capitalisme est le petit doigt qui cache le patriarcat en mouvement). Il est un fait que du point de vue de la prise de capital plaisir, certains préfèrent affamer leurs congénères dans des spéculations sur la nourriture humaine, plutôt que d’aborder l’indécence de leur comportement, sans que cela paraisse pornographique : il y manque l’immédiateté du sexe… alors c’est « propre ».

Je me disais ce matin qu’il ne s’agit pas d’opposer l’individu à la collectivité, au groupe, peu s’en faut : il s’agit que chaque personne prenne conscience de son propre impact sur SON environnement, son environnement à elle, dans tous ses aspects : affectifs, pollutions, bruits, odeur, etc. Chacun doit prendre conscience de son impact sur son environnement immédiat… déjà cela suffirait à mettre un peu de désordre dans cette organisation orgiaque de la marchandise et donnerait sans aucun doute des idées pour faire autrement. Mais mettant en opposition l’individu et le groupe, on éloigne du même temps la possibilité d’une solution, puisque l’un et l’autre sont étroitement imbriqués… et les choses restent dans l’ordre du présent, de la marchandise-temps : on continue, soi, par son action, à pourrir le monde, par son travail, la marchandise-temps par excellence et conséquemment, la source de toutes les pollutions, puisque son seul but est la marchandise, qu’importe son environnement.

On préfère dire que la publicité est salace plutôt que véritablement pornographique. La publicité est la morale admise par le capitalisme en tant que courroie de transmission du patriarcat : c’est à cela que sert le Bureau de Vérification de la Publicité.

Je vais insisté sur ce fait : il s’agit pour moi de reconnaître la position de la femme dans notre société, le comportement que lui permet cette société dans l’usage de son plaisir sexuel, grossesse comprise et maternage compris ; et corrélativement, les représentations que se donne cette société pour justifier de cette forme de liberté. La représentation publicitaire de la femme est une représentation la plus immédiate (on dit qu’on reçoit des centaines de messages publicitaire le jour) de la liberté sexuelle qu’elle possède réellement dans la société, quel qu’en soit l’usage particulier (comme le disait Durkheim à propos du suicide) qu’elle en fait. La publicité est la religion (au sens marxien du terme) moderne qui précise, justifie et classifie les possibles de la femme quant à ses possibilités de satisfaction sexuelle, dans ses modes et son fond. On va me dire : Qu’en avons-nous à faire ? Je réponds : Le partage est bien meilleur que la branlette, même à deux, et en la matière, la liberté est un facteur augmentatif, et de loin. Mon avantage est que la femme sache de quoi elle est capable en matière de satisfaction sexuelle paire, de sorte à ce que j’en profite aussi, libre, je veux dire : sans l’esclavagiser. C’est pour cela que je m’intéresse à la chose : à cause de l’insatisfaction qu’elle génère.

Je n’ai pas inventé le patriarcat, tout le monde sait de quoi il retourne lorsqu’on en parle, à quelques détails près qu’il faut bien révéler. Le simple fait que la femme appartient au père ou au mari, encore que le frère détient par incidence une autorité sur elle, indique que la femme est esclave des désirs, sexuels ou non, de l’homme. C’est LA caractéristique du patriarcat. Qu’il s’agisse d’une tribu du bout du monde ou une organisation sociale parfaitement structurée autour de ce fait : l’esclavagisation de la femme, il s’agira du patriarcat. Dans mes recherches, je suis tombé sur une étude de la position sociale de la femme dans les tribus d’Amérique du nord, il y a un demi siècle : toujours la femme se trouve chapeautée par un homme, que ce soit un mari ou un frère et elle trouvait la plus grande liberté (sexuelle, bien évidemment, comprise) lorsque ces deux mecs se disputaient leur autorité égale sur la femme : jamais d’accord, elle avait les coudées alors franches. Mais partout, la femme est sous la tutelle d’un homme (ou d’un patron) dans une société patriarcale ; et c’est ce qui la distingue de ce que je nomme « une société à filiation matrilinéaire » où l’importance de la femme est socialement égale à celle du frère et plus importante que celle du mari.

Une autorité sur autrui se manifeste indifféremment par la violence, car elle n’a pas de légitimité sinon que la maladie affective (liberté !) d’un homme qui veut l’imposer à une autre personne. La liberté existe et je l’aime. Une assemblée de gens se rassemble en un groupe, un agrégat qui nécessite un ordonnancement grégaire. Le temps qui passe fait passer les premières règles pour des lois dont on ne peut plus discuter de la pertinence, même lorsque les moyens technologiques ont évolué. Ces règles de vivre-ensemble n’étaient pas la base d’une hiérarchie entre les individus, mais une fois lois, la hiérarchie devient indispensable pour qu’elles ne soient pas mise en discussion. J’ai une vague idée de ce que peuvent être les règles de vivre-ensemble dans une société à filiation matrilinéaire, mais je sais, pour la vivre quotidiennement, ce que sont les lois, et en conséquences, la hiérarchie d’une société patriarcale, et sa domination de la sexualité de la femme. Vous saisissez ? Les lois du capitalisme sont un prolongement de celles du patriarcat, et la publicité de la marchandise est la morale de cette société en marche, en fonctionnement. suivant ses propres critères, ses exigences, ses prérogatives et ses prisons, son emprisonnement des consciences pour qu’elle fonctionne tel qu’elle l’exige, selon ses besoins. Les gars qui s’intéressent à la « valeur » ont parfaitement raison lorsqu’ils affirment que chaque capitaliste est un instrument (pourrait-on dire « inconscient » ?) du capital, du patriarcat, car il est un rouage indispensable de ce chapeau mis sur la sexualité féminine, par l’argent sous forme quantitative (mais ils ne veulent rien entendre lorsqu’on leur dit que le capital est le petit doigt qui cache la patriarcat… ça pourrait pourtant permettre d’avancer sur un chemin qui va, non ? La sexualité fait peur !). On ne peut corroder le patriarcat sans son emprise sexuelle sur la vie, caractérisable par celle qu’il impose à la femme et dont on voit, partout, des centaines de fois par jour, les « messages » : la publicité.

La très grande majorité de mes contemporains ne s’intéressera donc pas à cette publicité particulière qu’est la pornographie. J’en ai énoncé quelques raison plus haut, mais la principale est qu’autant de personnes n’en peut pas : les mecs ont une capacité érectile rabrouée par leur vie salariale, les femmes sont éreintées par la même occupation. Ce qui fait dire, par la bande, que si vous voulez baisez, les aminches, faut ralentir sérieusement la cadence, pour des plaisirs plus immédiats, certes, mais non moins concrets et pour lesquels il s’agirait de peser le temps vivant contre le temps mort, histoire de voir ce que cela peut donner. La majorité de mes contemporains ne bande pas : si elle ne serait-ce que voulait bander, elle ne se laisserait pas frapper comme une mule par des flics qui n’en peuvent pas plus qu’elle, à cette différence qu’ils ont, eux, la trique sociale et vous l’impose : c’est un aspect à bosse du patriarcat. Et quand il regardera cette publicité particulière qu’est la pornographie, il s’apercevra tout court que, comme on pourrait s’apercevoir que la suppression immédiate de l’argent ne changerait absolument rien aux impondérables vitaux sinon qu’à montrer son inutilité et à amoindrir le gaspillage, on verrait que la sexualité est une affaire paire, des deux sexes (pour les ceux-ce que cela intéresse, cela va sans dire) qui sont, ho ! hasard des dieux, étudiés pour se procurer l’un l’autre du plaisir ; et que la forme qu’adopte la pornographie ne relève que des interdits qu’impose à cette rencontre le patriarcat, selon des formes que l’on retrouve dans la vie de tous les jours, de toutes les heures, que ce soit dans une pointeuse, un RER, une cadence, qu’une solitude, qu’un poste de bureaucrate, de juge ou de flic, avec la violence qui sied à ses activités.

La société patriarcale évitera dans sa mesure de se pencher avec sérieux sur la santé sexuelle de ses composantes. On se souvient d’un scandale viennois, puis de Wilhelm Reich qui n’a depuis pas été égalé, sinon que par des attaques frontales du patriarcat. Toute tentative d’approcher la santé sexuelle s’est soldée (et oui : « soldée ») par une marchandisation des possibles, une publicité de l’impensable repensé. Et ces tentatives mêmes n’ont jamais vraiment oser la dissolution de cette tare, par manque de cette conscience qui donne un but, s’y tient jusqu’à « la liberté ou la mort » et sans violence sinon que défensive. De nos jours, la mort est à nos portes, avec ce qu’on nomme « le changement climatique » qui est une fois encore une manière pudique de cacher la catastrophe et d’éviter qu’on s’y penche et s’en préoccupe vraiment, en cessant de travailler… puisque la pollution est l’exacte mesure du travail excédentaire (on voit COMBIEN il est excédentaire à la hausse de cette température !) qu’il engendre.

Le patriarcat, c’est ce mec avec son cleps sans muselière dans la rue qui vous insulte quand vous lui dites que son chien vous fait peur ; ou ce mec qui ne s’entend pas parler fort, au delà des distances ; ou cet autre qui, rendu sourd par son activité salariale, met la « musique » à fond pour pouvoir l’entendre, inondant l’environnement (tient ?! encore lui ! l’environnement) de son bruit ; c’est ce chauffeur de camion qui travaille (dans le patriarcat, le travail détient TOUS les droits sur tout – surtout l’environnement – : ça donne l’impression d’un petit pouvoir aux pauvres dont ils usent sans discrétion, grassement et sans discrimination) et vous frôle à trente centimètre lorsque vous êtes à vélo, ou ces vélos « sportifs » qui occupent toute la voie publique car ils se détendent en nombre ; et j’en passe. Ainsi que je le disais tout à l’heure, le malade social, c’est-à-dire qui exprime socialement une affectivité malade, pourrira le monde et sera bien content de le faire car il ne saura pas comment autrement faire et, le con, il saura pas, surtout, NE RIEN faire, non pas par crainte de se tromper, non, mais par pudeur ! La pornographie, c’est l’absence de pudeur, on le sait bien, mais, ici elle est « inconsciente » et d’autant plus chiante.

Il y a comme une obligatoire diminution de l’existence d’autrui indispensable à l’expression matérielle d’un tel comportement, et cette prédisposition a un aspect si universel que de le contester suivant les lois mêmes du vivre-ensemble édictées par ce patriarcat, se révèle dépourvu de toute effectivité : la maladie affective socialement admise sursoit à tout, car foutre la merde (tient donc ?! « foutre la merde » ?) est le propre du patriarcat. L’une des souffrances les pires des filles qui participent à l’élaboration de la pornographie (qui leur permet de participer à l’usage de leur être selon les critères du patriarcat) sous sa forme filmique est l’obligation de se pratiquer des lavements pour que la bite du mec reste bien propre sur elle : c’est tout dire d’une mentalité typiquement patriarcale !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s