Le patriarcat comme aliénation sociale, c’est-à-dire, sexuelle

Il est évident qu’il faut maintenir la sexualité féminine sous le chapeau de la pudeur, sinon l’ensemble du système patriarcal est détruit par ce qu’il nomme « l’orgie ». Si toutes les filles se mettaient, au lieu d’aller travailler, à se prostituer, comme ils disent, c’est-à-dire à copuler contre la valeur que leur accorde l’homme en tant que femme et qu’il paye en argent, la chose du patriarcat, le système dégringole comme un château de cartes.

Cette orgie générale est ce que tout le monde attend, mais que cette pudeur interdit. Cette pudeur est entretenue par la position sociale, tamponnée de religions, de fidélité matrimoniale, etc. Il est certain que cela ne se passera pas ainsi, comme orgie (encore que !), mais ce que je veux dire est qu’en cas d’orgie générale et durable, sans passant sans violence aucune, le patriarcat meurt.

L’interdit de l’autosatisfaction, de la masturbation, dès le plus jeune âge – je parle bien de la possibilité offerte par son corps de se donner du plaisir sans contrainte et sans borne autre que la satisfaction (y en aurait-il une autre, qu’elle serait alors bornée) – rend impotent (incapacite de) l’usage que l’on peut faire se soi dans la relation à autrui dans le même but : la satisfaction sexuelle paire, comme don-partage, comme « communion ». C’est sur ce frein que le patriarcat domine l’ensemble des âmes interdites du plaisir sexuel consentant et consenti. Ainsi, on préfère communier « avec » un Christ que « du » sexe d’autrui, par le sexe d’autrui, communier d’autrui, car alors, cette satisfaction sera éthérée, au loin, avec un animal humain cloué sur une croix, dans l’absolue impossibilité de se toucher les organes génitaux ! De même toutes les représentations de la Vierge nous la montrera les mains bien jointes, comme collées l’une à l’autre, devant le thorax, pas ailleurs, en exemple de « pureté », d’absence de réponse à cette tentation de se faire plaisir avec son sexe. Et les souffrances d’une Thérèse d’Avila, entre autres, répondront mot pour mot à une description de l’orgasme « dans la souffrance »… de ne pouvoir pas l’obtenir par sa communion d’autrui, en chair, en os, en amour. La chair appelle la chair, mais la chair c’est le diable de Paul de Tarse et l’esprit doit faire reculer la chair et ses sensations pourtant si prégnantes, si puissantes, que l’on sait si aisément satisfiables et satisfaisantes, dans l’ombre de l’esprit qui devient alors « saint ». Cette ombre projetée par la lumière sur le corps du délit, se colore des affres de cette chair rebutée et ce rebut devient l’enfer.

Je ne dis pas que la pudeur n’existe pas, je décris celle qui promulgue le patriarcat. L’ordre auquel on doit obéir se situe dans cet espace accoutumé de l’anti-auto-satisfaction qui doit être intériorisée, sinon elle n’est pas ou plus. Pour obéir à un ordre qui ne vous semble pas correct, il faut que la volonté soit accoutumée à obéir à l’incorrect. Et lorsqu’on obéit à un ordre incorrect (transgressant autrui ou soi), la satisfaction trouble qu’on y trouve correspond à celle qu’on éprouve dans l’obéissance qu’on a assimilé pour obéir, quand on évite le pécher. La plus grande question que je me suis toujours posée est relative aux souffrances qu’a fait subir à l’Inquisition, aidée de ses prétextes, et… de ses sbires. Il fallait bien qu’elle corresponde à un état d’esprit chez ces personnes, non pas seulement celles qui ont inventé toutes ces maltraitances et tortures à l’encontre de ceux qui étaient perçu comme différents et la plupart du temps contre les femmes ; mais surtout ceux qui les exécutaient et ils étaient moultement plus nombreux. C’est que leur taux d’obéissance correspondait exactement à l’inverse à leur taux d’autosatisfaction : impossible, nulle et surtout, non-avenue. Le sadisme est l’exacte mesure de l’insatisfaction sexuelle, même chez les CRS, Sade nous l’a bien montré. Il sera donc d’autant plus facile d’obéir à un ordre vous demandant de maltraiter autrui que votre propre volonté a été accoutumée à obéir à l’absence de satisfaction sexuée. Cela le patriarcat le sait, le pratique, le veut et l’exige.

Je vais donner des exemples :
– Comment un paysan peut-il obéir aux exigences de la marchandise lorsque celle-ci lui demande d’empoisonner les gens ; qu’est-ce qui fait qu’il ne veut pas s’en rendre compte, ou ne s’en rend pas compte ?
– Comment un éleveur peut-il élever des porcs (cet animal si délicieux et si généreux) dans les conditions telles qu’il en devient immangeable à moins de s’empoissonner, et surtout, de le faire souffrir d’exister (comme le patriarcat fait souffrir l’enfant et la femme d’exister) dans l’adoption de mode d’élevage digne de l’Inquisition ?
– Comment un viticulteur ne pense-t-il pas que tous les produits « phytosanitaires » qu’il épand sur ses vignes ne peuvent pas ne pas imprégner le vin qu’il va produire ? Et comment ne pense-t-il pas qu’en pourrissant du même coup les organismes de la terre qui nourrissent sa vigne par ces mêmes produits « phytosanitaires », ne se retrouveront pas (comme les déchets des centrales nucléaires, mais moins longtemps quand même) des dizaines d’années plus tard dans ce même sol de culture, après avoir tout tué, mais aussi bien dans les nappes phréatiques ? De sorte qu’il comprenne qu’il lui faut cesser de les utiliser ? Il a peur de perdre de l’argent en passant au « bio » ?
– Puisqu’on parle de centrales nucléaires : Comment un ingénieur peut-il penser que les déchets de ces centrales posent un véritable et grave problème de sorte à, D’ABORD, régler ce problème avant d’entamer toute autre démarche de construction ? Il faut être con, non de non ! Et il continue d’en construire, le con !
– Comment un marin pêcheur peut-il être toujours content d’aller à la pêche, lorsqu’en 20 ans, il a dû tripler la longueur de ses filets pour ramener à terre moins de poissons ? alors qu’il a dû tripler la profondeur de sa pêche pour ramener des gailles qu’il rejette à la mer ? alors qu’il pêche « en bœuf » pour être certain de capturer un maximum de poissons pélagiques ? Entre le continent et l’île d’Yeu, il n’y a plus de poissons ! plus un bar d’un poids d’un kilo, plus d’araignées, plus rien !
– Comment un bureaucrate peut-il obéir à une circulaire qu’il sait pertinemment liberticide, infamante ou affamante ? Comment un bureaucrate de la Commission européenne peut-il faire des copier-coller de textes de Mosanto sur le glyphosate ? Comment un président de république peut-il commuer des lois qui misérabilisent les gens en faveur des « patrons » qui ont déjà reçu des dizaines de milliards en subventions, promesses d’embauche et le reste, pour les soustraire aux salaires différés que sont les « cotisations sociales », anticipant sur la maladie, la retraite à un âge où on peut encore jouir de la vie sans canne médicamenteuse, ou autre prothèse en titane ? Et comment les gens acceptent-ils de telles conditions futures ?

La réponse générale à ces quelques questions est la soumission à l’ordre établi, l’abstinence du plaisir sexué intégrée à un point tel qu’elle devient « pudeur », de sorte que rien ne jaillisse de manière volontaire pour bousculer le statu quo du patriarcat. Et cette « soumission » répond bien à ce taux d’obéissance immédiatement relatif à cette absence de puissance dans la satisfaction sexuée apprise par la désapprobation affective dès le plus jeune âge. Et pour cause ? Cette pudeur qui revient à ne pas défendre son pouvoir de jouir de la vie, bec et ongles, sans maltraitance et sans en imposer. Dans notre contexte de relation à l’argent, qu’une femme gagne 50 euros par journée de 10 heures à distribuer des conneries dans la rue, comparé au prix d’une fellation d’un quart d’heure qu’un homme est prêt à lui proposer qui revient au double, en dit beaucoup sur la puissance de cette pudeur, de cet argent sur le pouvoir de la femme et comme pouvoir sur la femme, du pouvoir du patriarcat sur sa sexualité quand son reniement prouve le TRAVAIL.

La différence dans la prostitution, c’est qu’il s’agit immédiatement de l’usage que l’on fait de sa sexualité à des fins d’argent, alors que dans le salariat, il s’agit de son non-usage : on reste « pur » sur soi quand les intentions sont les mêmes (on le sait du salariat féminin). À ceci près qu’entre hommes, il n’y a pas d’exploitation sexuelle possible, sinon qu’anale : les gros babars du rap nous montrent toujours des gonzesses, pas des mecs ; pour les mecs, c’est le muscle, le militaire ! ils s’occupent de mater les gonzesses et de les mener à la prostitution salariée.

La morale chrétienne nous fait honnir le lupanar, le pandémonium, l’orgie : cette morale est issue d’une religion patriarcale, comme l’islam, le judaïsme, et bien d’autres religions polythéistes. L’homme doit rester maître de l’usage que fait la femme de son sexe et du plaisir qu’elle en retire. Cette domination s’est longtemps appuyée sur un levier « économique », par sa mise en tutelle patriarcale puis maritale comme base sociale. Elle a été mal nourrie, maltraitée, violentée et violée, dépréciée, claquemurée, cachée, épuisée par le TRAVAIL (qu’il soit l’activité tournant autour du quotidien ou en relation avec la parturition, les soins et l’éducation de l’enfance, etc.), dénigrée en tant que femme, à cause de son sexe, de sa sexualité, de son être (sans vouloir la réduire à ce seul aspect de la vie, bien sûr). La Bible a fait d’elle la cause du malheur du monde, comme toutes les religions patriarcales. J’ai trouvé que deux contes qui valorisent la femme : la naissance de l’humanité chez les Trobriandais et la régulation du jour et de la nuit chez les Tahitiens. Partout dans le monde, la femme est infériorisée par l’homme, du simple fait qu’elle est une femme, détentrice de son sexe qui en fait la spécificité, source d’horreur pour cet homme qui ne désire pourtant que de s’y perdre ! mais il semble que la force de ce désir soit si puissant qu’il le dépasse et craint de s’y perdre vraiment, l’idiot.

Parler de « sexisme », c’est parler d’une seule molécule perturbatrice endocrinienne, sans la considérer dans l’ensemble des molécules auxquelles on a accès et qui sont bien nombreuses… ce qu’on appelle l’effet multiplicateur d’un « cocktail endocrinien » qui est omniprésent. C’est l’organisation sociale, dans sa globalité qui est « sexiste » et rien ne pourra être fait sans remettre en cause la sexualité patriarcale. Tant que la sexualité restera, soit-disant, dans la sphère privée, elle sera séparée de la vie publique, de cette vie que nous vivons ensemble, publique, là où cette sexualité transpire de tous les pores, de toutes les peaux ; c’est elle qui conditionne notre esthétique (regardons ces beaux bétons armés, ces goudrons, ces pauvres arbres, cette pollution pétrolienne, la publicité, la marchandise, l’éducation des enfants, etc.) et nos relations SOCIALES, le salariat, le TRAVAIL, la valeur dans la possession d’objet (la femme est l’objet de la valeur). On sait que toutes les maladies « psychiatriques » qui ne sont que des maladies affectives, ont pour initiale une perturbation sexuelle (l’affectivité est alors sexuée) qui se prolonge jusqu’à la maladie sociale. On en guérira pas en un jour, loin de là, mais en protégeant l’enfance de ces altérations débilitantes, on peut grossir l’espoir qu’en l’espace de deux générations, le monde ait changé. Se défaire de l’usage salarié du temps pour le remplacer par du non ennui n’est pas chose facile, n’est-ce pas ?

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Le dur mou du patriarcat

Le patriarcat est une calamité sexuelle, c’est-à-dire, affective et sociale. Ne pas le dire, est une calamité qui s’y ajoute.

Dans sa critique du travail, Karl Marx n’a fait qu’aborder l’exploitation de ce qu’il nomme « la force de travail » de l’individu. Le patriarcat fera d’abord en sorte que cet individu cesse d’être un être social, grégaire, sinon que selon ses propres besoins de sorte qu’il ne soit plus autrement possible à cet individu que de TRAVAILLER : le patriarcat dissocie l’individu du groupe pour qu’il soit impossible à l’individu de ne pas passer par sa case « travail ». Autrement dit, j’émets l’hypothèse, avec laquelle tout le monde est d’accord de comprendre qu’elle n’est pas une éventualité mais une réalité : que l’individu cesse de l’être en communiant du groupe et réciproquement, le travail patriarcal n’existerait pas.

Mais pour qu’existe ce « travail », cette occupation du temps et de l’énergie vitale doit être transformée en « force de travail » (comme l’admettent les marxiens par la constatation des équivalences de valeur et de sa croissance, de ce temps). Pour que ce travail se transforme en valeur – cette valeur qui a une emprise telle sur tout que tout en est imprégné – il faut que cette valeur détienne quelque chose de vital. J’ai tenté de démontrer que la valeur est une spécificité humaine, un affect, c’est-à-dire un outil propre à l’humain pour cette fameuse communion entre l’individu et le groupe : la valeur est un outil de la grégarité ; la valeur c’est l’humanisation de l’objet.

Mais pour que cette valeur se transforme à ce point en une nuisance, il faut aussi transformer la sexualité, l’affect par excellence, de sorte qu’elle devienne une nuisance. Tout le monde sait, du catho le plus catho (celui qui avilit la femme en la dénonçant comme l’origine du malheur du monde) au pornographe le plus pornographe (celui qui avilit l’amour qu’éprouve la femme pour le sexe de l’homme), que l’argent, la valeur sous forme de pouvoir, ne sert qu’à acheter la sexualité de la femme, je veux dire qu’à se procurer de la sexualité de femme selon les vues qu’en a le patriarcat. Pour cela il faut d’abord que la sexualité de la femme soit transformée de telle sorte qu’il puise en être ainsi : c’est LÀ que réside la force du patriarcat : sa valeur (la transformation de la qualité d’humain contenu dans l’objet en quantité mesurable par un autre objet) est un outil de pouvoir.

Sigmund Freud a commencé la sape de cette forme de sexualité imposée à la femme. Personne n’a, jusqu’à aujourd’hui, dépassé Wilhelm Reich dans cette critique du fondement du patriarcat : l’usage de la sexualité à des fins de transformation de l’affect valeur en pouvoir sur autrui (c’est pourtant le Wilhelm Reich de la psychanalyse !). Le pouvoir que procure l’argent (la valeur sous forme de pouvoir concret sur autrui à travers un même affect porté sur cet objet par un autre objet destiné à cet usage) n’est que le pouvoir de la sexualité de l’homme sur celle de la femme ; tout le reste est de la décoration plus ou moins douloureuse de cette vie calamiteuse. La valeur princeps du patriarcat est ce qu’il abhorre le plus : la sexualité de la femme, son sexe et l’usage de la femme qu’il chapeaute par l’argent et l’ensemble des dispositions sociales et affectives nécessaires et indispensables pour qu’un tel pouvoir puisse s’exercer le plus grandement et le plus parfaitement possible. Bien sûr, ce n’est pas possible, puisque c’est une transformation malsaine de la vie, de la sexualité, de l’affect, de cet outil de la grégarité qu’est la sexualité, comme affectivité et socialité.

Évidemment, quand j’ai dit ça, j’ai rien dit, car on ne sait ce qu’il reste à faire. Je ne sais pas même si je me suis bien fait comprendre.

La valeur est un affect. Comme tout affect, il est une source énergétique biologique qui trouve DES formes de solutions orgastiques pour se réaliser. Un affect est aussi puissant que la faim, la soif, etc. Quand on a faim, on trouve des formes de solutions à ce problème et on se rassasie (dans la mesure où les dispositions dans lesquelles on s’est mis le permettent). Mais on ne pourra jamais se dispenser d’avoir faim… on ne peut pas se dispenser de corréler une affection pour un objet et lui donner une « valeur ». Et la première de ces valeurs, c’est la satisfaction sexuée, liée au rapprochement sexuel qui fait défaut à 96% de nous tous.

De la mère à la mort, la femme est maltraitée ; le sexe de la femme est bafoué de la naissance à la mort. Le principal intérêt de l’Internet est de mettre au jour cette maltraitance, de la grossesse, la virginité, la « pureté », en passant par l’accouplement, à la parturition et l’éducation qui en relève, de la malnutrition et du plus mauvais soin que reçoit la femme en tant que sexe de femme ; et de la part de la femme qui est le bras armé de l’homme dans le patriarcat. Je ne connais rien de la sexualité de la femme, car je suis un homme et seule elle peut en parler, si le cœur lui en dit. Ce que je connais de la sexualité féminine est sa sexuation, son anatomie, mais en rien de ses sensations, sinon que par empathie (encore un affect de la grégarité), ce que nous avons en commun. Elle seule peut parler de ce qu’elle en vit et en fait, etc. Or, ce sera toujours le curé (pour qui l’argent c’est les fesses du diable… et c’est qui le diable ? la femme, bien entendu !) ou l’imam (pour qui le diable, c’est la femme, tout simplement) ou autre gourou (pour qui la femme c’est l’impur) casher (pour qui la femme est le péché) du coin ou d’ailleurs qui parlera de ce que la femme doit faire d’elle… en faveur de l’homme ; comme si ce qu’elle pouvait faire serait en sa défaveur à elle, c’est-à-dire en défaveur de l’homme ! L’homme a la vue aussi molle que sa bite qu’il rêve dure pour être aussi dur que ce manque de vigueur.

Ainsi, la « valeur » est cette faculté de posséder la femme et d’en faire ce que bon vous semble (ce qui revient, à part une mollesse dégradante qui mène à la torture, à simplement s’y accoupler et à ne revendiquer rien que son éjaculation… qui mène à cette mollesse qui vous torture). Plus la femme est belle, et plus on veut la posséder et plus on a besoin d’argent pour la posséder, ou de sbires pour vous l’amener contre son gré ; c’est-à-dire besoin d’une structure sociale qui vous permette de la posséder suivant la puissance de votre désir de la posséder, qui se concrétisera par le pouvoir que vous donne la valeur dans cette possession d’argent, de valeur de pouvoir sur autrui par un objet ou des sbires.

Parler de « valeur » sans parler de sexualité revient à ne pas parler de l’impuissance sexuelle sans parler de structure caractérielle qui prédispose à cette forme patriarcale, actuelle. Tout en créant de la valeur, le travail s’échange contre une valeur ; mais ce qui donne consistance à cette valeur est la réduction de la vie à ne pas vivre, c’est-à-dire, à éviter toute exultation provenant de la sexualité. Lorsqu’on passe plus de la moitié de son temps au « travail », la gaudriole, comme détail de la vie, n’est pas possible. Si les conditions de cette occupation du temps laisse à l’employé une marge de tranquillité, on créera une tension sociale suffisamment forte pour que la détente amoureuse soit la plus compliquée possible, car c’est elle qui crée la valeur jusqu’à la terreur. Et on exposera sans fin la femme, plus ou moins nue, dans des poses lascives, invitantes et pré-consentante, dans tous les cas : excitatrice d’une sexualité débordante à laquelle vous ne pouvez qu’effleurer le désir d’une concrétisation, car la femme est ce qui manque à tous, c’est le support de la valeur du pouvoir sur elle, et conséquemment, sur autrui… et rien de ce que nous montre la publicité !

Ne parler de la « valeur » que comme « travail abstrait » ne correspond pas à cette aliénation concrète qu’elle induit, implique et commande dans notre relation à l’autre, à la femme et, surtout, de la femme dans des conditions libres, en tant que moyen de pouvoir sur autrui. Le patriarcat rend pénible ce qui se vit simplement. Le travail « abstrait » est l’explication d’un mécanisme économique qui permet au patriarcat de pouvoir exercer son mode de vie pénible, dans la forme actuelle du capitalisme : le capitalisme cache derrière son petit doigt le patriarcat. Sans patriarcat, il n’y aurait pas la disposition d’esprit et de corps pour l’existence du capitalisme, la structure caractérielle actuelle disposant à un tel comportement, un tel entendement du monde. Et la structure caractérielle est une disposition intégrée nerveusement et musculairement, propre à chaque individu, qui protège de toute émotion excessive, et notamment, de l’orgasme. Cette structure va affirmer qu’un petit titillement de ses sens lui aura fait perdre un dixième de seconde la conscience d’être dans le plaisir, tandis qu’elle ne connait de la transe que la souffrance. Cette structure portera comme une liberté de « procréer » sans accouplement, tant elle le craint, lui et ses conséquences de communion sexuée des affects avec son « partenaire ».

La valeur est un affect, c’est un outil propre à maintenir la cohésion d’un organisme grégaire ; comme l’amour, la colère, la nostalgie, la tristesse, la joie : c’est une transe, une forme de transe. Elle met en transe le cambiste, le possédant (1 % des gens de la planète possède la richesse – valeur de pouvoir sur autrui – cumulée de plus de 55% des plus pauvres, réduit à l’inexistence d’un pouvoir sur le plaisir de vivre), c’est le rêve du futur chef.

Lorsque la valeur est malade, en tant qu’affect, tout comme la haine est l’impossibilité structurelle d’exprimer l’amour qu’on éprouve pour autrui, quand ce « don-partage », quand la communion (rendre commun ce qui est communiable) grégaire vient à s’aliéner, elle ne devient, elle ne prend que la forme du patriarcat ; il n’y a pas d’autre organisation sociale possible, seulement le patriarcat, lorsque l’affect « valeur » est malade. Cette domination de cet affect imposée sur autrui (en lieu d’un don-partage, d’une communion) est immédiatement liée à la satisfaction sexuelle paire absente ; elle est causé par une structure caractérielle, une disposition neuromusculaire qui ne vous permet « plus » d’en atteindre la transe sinon, peut-être, que dans la souffrance… et reste un rêve, un support publicitaire.

La valeur ne conditionne pas seulement la sexualité de la femme dans ses contraintes de vente-achat-échange-troc, elle regarde aussi sa position sociale, ce qu’elle est dans la société patriarcale ; et par là-même ses revendications. Quelque soit le moment ou l’endroit, la femme est un objet sexuel. Bien sûr, c’est la forme patriarcale de cet objectivation qui est dégradante et cela ne se peut, tant sous cette forme que dans cette dégradation, que par la valeur qu’elle possède, intrinsèquement, dans une société patriarcale. On raconte l’histoire de deux entrepreneures qui ont inventé un collaborateur masculin pour pouvoir se réaliser. C’est une ruse de l’intelligence et le piège est facile puisque les hommes ont pour vocation de bafouer la femme, surtout au « travail », car c’est ce qui provoque et procure le plus de souffrance et que la femme est là pour souffrir du travail, bien plus que l’homme dont le dieu l’a pourtant inventé. Les comportements qui renient la sexualité féminine sont pléthores : les restrictions liées au mariage, à l’héritage, à l’éducation, à l’hygiène, à la malnutrition, l’éducation, les viols, etc. Ces comportements renient la sexualité féminine, renie la femme en tant que femme et la repousse dans les orties après lui avoir enlevé sa culotte. Le plus souvent, ils sont le fait des femmes elles-mêmes, déjà éduquées par les coups qui s’empirent en cas de désobéissance. En Occident, cela change-t-il ? Le garçon grand ou petit a toujours la prééminence sur la fille, grande ou petite, on le sait bien et on sait que c’est sexuel. Il ne s’agit pas de faire « égal », il s’agit de faire pair, « équitable », de reconnaître l’égalité de la différence entre les deux sexes, leur spécificités comme équivalentes.

Le travail c’est l’obligation d’utiliser son énergie « à la fois » énergétique et temporelle à une occupation à l’origine indispensable à la vie, puis devenue indispensable à quelqu’un d’autre. Lorsqu’on s’occupe soi à quelqu’activité, on ne travaille pas : on prend plaisir à ce qu’on fait. Il s’agit « à la fois » d’une occupation du temps sous la forme d’une transe et d’une dépense énergétique. Mais cette disposition d’esprit du patriarcat lorsqu’il « travaille » se retrouve dans la totale antipathie avec ses effets sur l’environnement : le bruit, la pollution chimique, radioactive, thermique, hormonale, etc. De la même manière qu’il se contrefout de ce que peut ressentir la femme – à moins de flatterie de son égo – dans l’accouplement, il se moque comme de sa première chaussette, de cet impact que ce travail a sur ce qui l’environne, de près comme de loin ( je pense à la translocalisation de l’eau par les aliments). S’il prenait simplement conscience du bruit que génère son travail, de ses moteurs à explosion « interne » comme à réaction, il se demanderait s’il ne fait pas quelque part fausse-route. Que la police et les ambulances passent avec un tel bruit dénote certainement une relation à autrui sensiblement chaotique, mais cela ne le touche pas : c’est « fonctionnel ». Tous ces travaux de voirie, de construction, etc., mais quoi ? La « méthode » correspond à cette structure caractérielle du patriarcat, pour laquelle le déchet est sans importance, et comme il traite ses selles, il traite ce qui l’entoure pour le barbouiller de cette ordure qu’il ne sait pas gérer. Je vais peut-être me répéter, mais on sait depuis la psychanalyse (qui est une tentative de traitement d’un problème patriarcal par des moyens patriarcaux) que l’argent est la retenue de ces selles, et pour autant rien n’a changé : la quantité même de ces selles a augmenté en valeur, je dirais, absolue, car le cambiste ne joue plus qu’avec elles, pour atteindre aujourd’hui 96% de l’ensemble de l’économie, où les 4% restant sont les achats de réalités bien concrètes : légumes, ponts, prostituées, salariés, services, etc.

Ainsi, quand on oppose l’individu au collectif en matière d’environnement, c’est poser le problème sur la tête : c’est chacun de nous qui doit reconnaitre l’impact immédiat qu’il a sur l’environnement dans lequel il vit : fait-il du bruit avec son marteau-piqueur, son avion, sa disqueuse, son camion, sa mobylette, sa pompe de relevage, son klaxon dans un embouteillage, etc. qu’il doit s’arrêter, lui, car personne d’autre ne le fera à sa place et que c’est bien lui qui a cet impact de bruit (par exemple, mais je peux parler d’hormones comme de produits phytosanitaires, etc) ici et maintenant. Et il doit remettre en question l’usage qui est fait de son énergie et de son temps pour trouver (ce qui impliquera certainement une remise totale de son « travail », celui-là même qui lui donne la permission débile de pouvoir tout faire pour lui : « Hé ! Je travaille, moi ! » dit le CRS ou le livreur) à savoir ce qui l’oblige à ce moyen qui pollue, pour accéder à une solution sans aucun doute bien différente, car beaucoup moins « emmerdante », moins coûteuse, je veux dire, puisque l’argent c’est les selles. ¿Entiendes? Il ne s’agit pas seulement qu’il s’éveille à l’environnement, mais que l’environnement l’éveille : que fait-on, soi, de l’environnement d’autrui ? On n’y arrivera certainement pas seul, il devra s’associer… ce qui lui redonnera l’opportunité de redevenir pleinement grégaire, puisque quand ce n’est que de l’argent qu’on perd, on gagne en grégarité.

Patriarcat et environnement

Putain, j’ai passé soixante ans de ma vie avec les humains.

Déjà quand tu nais, c’est une trahison : pourquoi faire des êtres vivants si c’est pour les mettre intentionnellement dans une telle moïse à vivre ? Bureaucratie, hiérarchie, travail, ostracisme, injustice, impôt, bruit de ses moteurs et de ses outils, cris du sportif, la contradiction idiote entre « travail » et « environnement », etc. tout cela placé en total incapacité de pouvoir y dire son mot, de comprendre pourquoi quoi, où et quand et pourquoi. Une pure trahison. Toutes ces belles plantes étiolées.

Quoi, c’est la nature ? Ha ! c’est la nature humaine… c’est précisément de cela dont je parle : de cette nature humaine dans laquelle j’ai vécu 60 années.

Au total, je n’ai rien gagné dans cette vie (bon… je mens un peu) : toute l’excitation de ce monde patriarcal est axée sur le fait que la femme déteste le sexe de l’homme. Dès lors, l’ensemble de la pornographie (qui est une source d’excitation sexuelle) ne tourne qu’autour de cette piètre hypothèse, à ceci que tout le monde la trouve vraie. C’est d’une perte de temps incroyable, encore que cela permet à certains d’en jouir un peu. Le ganbang et autre viol pornographique (pornografioque) devient tout à coup vidés de leur SENS : ce qui m’amène à la conclusion (mon amie me disait, en constatant que je cherchais à réparer une soupape de cocotte-minute, que j’étais foncièrement optimiste, car cela va toujours (re)marcher) que le sens est tributaire de la morale d’un temps. Aujourd’hui, la morale, c’est le patriarcat.

La pornographie s’approprie la femme, parfois avec une sorte de douceur, parfois avec une violence idiote, mais qui correspond d’assez près à cette asthénie que cette morale (selon laquelle, la femme n’a pas le droit d’aimer les sens de l’homme) induit dans les mentalités et que, finalement, en se pliant à ses modalités, on obtiendra bien un jour quelque part une brindille de plaisir dont on a vu poindre le bout, là-bas, d’entre les voiles que cette morale met sur la sexualité.

Oui, je sais, ici, je prends « la défense » de la femme, en la rendant en quelque sorte victime : mais on se trompe : elle possède sa propre dynamique dans cette histoire que l’homme pense, idiotement, tenir en laisse : le patriarcat n’a absolument rien compris à la sexualité de la femme, c’est hors de son sujet, hors de son propos, hors de ses atteintes et encore moins de ses attentes. De fait, dans ce contexte, la femme fait avec ce qu’elle a, ces lumières qui lui restent d’entre les interstices des briques qui lui sont imposées. Je ne renie pas du tout que dans ce contexte elle doive souffrir sinon de cette position où son devoir est de s’avilir, mais principalement de la violence qu’elle doit subir, encore que, une fois de plus (c’est comme ces ivrognes qui sont affublés de tous les morts de la route alors qu’ils en sont pour à peine un tiers… sachons de quoi il retourne en matière d’ivrognerie, svp…) dans cette position où il lui est permis de jouir d’être ce qu’elle est, elle en profite suivant ce qu’on lui donne, dans le cadre du patriarcat. Ces films pornographique s’apercevraient tout à coup que la femme est un être sexuellement sensible et qui plus est selon ses propres sens ! et qu’en plus, elle a besoin de l’homme (et au surplus de son sexe) pour l’amplification de l’excitation que ses sens lui procurent une fois excités.

Alors… je fais un peu attention (quoi que je sois peu lu et que pour me lire il faille consentir un minimum de consenti vis-à-vis de la vie qui ordonne le respect d’autrui) à cette liberté que je pourrais donner à voir derrière ce rideau opaque du patriarcat, du catholicisme et de l’islamisme, ou du protestantisme et du judaïsme, ou même des religions hindous, indiennes, et autres qui ont pour substrat la possession de la femme par le mariage ou par la parenté mâle, selon quoi la femme serait un être plus orgiaque que l’homme : à cela il faudrait d’abord qu’elle soit libre pour puisse s’y adonner et se donner les moyens de se le prouver, et qu’en cette occasion il faudra qu’elle puisse l’exprimer selon ses propres modalités. Il fut un temps (je n’ai jamais pu comprendre comment il a pu être perdu) où les hommes se satisfaisaient de n’éprouver pas de pouvoir supérieur à modifier cette façon dont la femme a de s’exprimer sur cette modalité incluse dans sa liberté de vivre selon son sexe, sinon que technologique (le con !), ce qui a mené au patriarcat, l’appropriation de la sexualité de la femme par l’homme. Toute l’excitation suscitée par la pornographie ne relève que de cette caractéristique particulière de la modalité des relations dans une société patriarcale : l’appropriation de la sexualité de la femme par l’homme. Bon… si chacun y trouve son compte, pourquoi pas ? Et on voit bien, par cette mièvre remarque, que je n’ai que peu faire de cette affaire, comme on dit. Cependant, cela mérite d’être souligné.

Car ce qui rassure l’homme dans ces séquences pornographiques, c’est qu’il domine la femme, de sorte qu’il puisse jouir selon son goût et ses formes. Il oublie que même dans ce cas, la femme se satisfait de ce qu’elle a, s’exprime selon son sexe et ses modalités et donne un libre cours à son plaisir selon les restrictions même que lui impose, patriarcalement (selon la peur que l’homme éprouve face à la jouissance de la femme – encore que je ne sois pas dans la bulle de l’orgasme – pour en faire un pouvoir sur elle), l’homme avec lequel à ce moment précis (ou les hommes) elle contribue à la vie dont elle est le corps bien présent. Dans la pornographie, la femme jouit de l’homme selon les modalités que l’homme lui impose : cela serait-il étrange ? L’inversion des valeurs de F. Nietzsche est ici : dans le bain de la morale où on vit la vie. L’homme cuirassé a besoin de se rassurer, car il ne bande plus que selon certaines conditions qui correspondent à ce que lui laisse cette cuirasse : ses fantasmes. Le BRUIT qu’il fait autour de sa sexualité comme celui qu’il produit dans la vie courante, correspond à cette peur de l’amour de la femme, à la fois cette crainte qu’il puisse s’y perdre et celui qu’elle lui donne : c’est en ce sens qu’on comprend le mot de André Breton selon lequel il nous souhaite d’être profondément aimé, bien que cela soit partial, car le meilleur est la réciprocité qui décuple la force de ses événements. Et cela ne peut se faire que par l’inclusion de la satisfaction sexuée commune.

De plus, dans la pornographie, il n’est question que des craintes personnalisées de l’orgasme, au sens de Wilhelm Reich, une forme de compromis, finalement, pour avoir un gain substantiel de plaisir sexuel. Tout va pour le moins pire ! Vous imaginez 60 ans dans cette ambiance ? Tout est dévié, entortillé dans une division triple ou quadruple pour se cacher comme unité aliénante.

Cependant, la morale patriarcale dont je viens de démontrer la pornographie, cause une sur-morale qui empêche d’accéder à cette approche de la cuirasse. Bien des gens ont horreur, jusqu’à l’éviction, de la pornographie, bien d’autres voudraient s’y donner accès sans pouvoir surseoir à cette même morale disruptive, et d’autres encore ne veulent pas même en savoir le bout du cheveu, alors que c’est la tignasse que nous montre en permanence cette société de marchandise (le capitalisme est le petit doigt qui cache le patriarcat en mouvement). Il est un fait que du point de vue de la prise de capital plaisir, certains préfèrent affamer leurs congénères dans des spéculations sur la nourriture humaine, plutôt que d’aborder l’indécence de leur comportement, sans que cela paraisse pornographique : il y manque l’immédiateté du sexe… alors c’est « propre ».

Je me disais ce matin qu’il ne s’agit pas d’opposer l’individu à la collectivité, au groupe, peu s’en faut : il s’agit que chaque personne prenne conscience de son propre impact sur SON environnement, son environnement à elle, dans tous ses aspects : affectifs, pollutions, bruits, odeur, etc. Chacun doit prendre conscience de son impact sur son environnement immédiat… déjà cela suffirait à mettre un peu de désordre dans cette organisation orgiaque de la marchandise et donnerait sans aucun doute des idées pour faire autrement. Mais mettant en opposition l’individu et le groupe, on éloigne du même temps la possibilité d’une solution, puisque l’un et l’autre sont étroitement imbriqués… et les choses restent dans l’ordre du présent, de la marchandise-temps : on continue, soi, par son action, à pourrir le monde, par son travail, la marchandise-temps par excellence et conséquemment, la source de toutes les pollutions, puisque son seul but est la marchandise, qu’importe son environnement.

On préfère dire que la publicité est salace plutôt que véritablement pornographique. La publicité est la morale admise par le capitalisme en tant que courroie de transmission du patriarcat : c’est à cela que sert le Bureau de Vérification de la Publicité.

Je vais insisté sur ce fait : il s’agit pour moi de reconnaître la position de la femme dans notre société, le comportement que lui permet cette société dans l’usage de son plaisir sexuel, grossesse comprise et maternage compris ; et corrélativement, les représentations que se donne cette société pour justifier de cette forme de liberté. La représentation publicitaire de la femme est une représentation la plus immédiate (on dit qu’on reçoit des centaines de messages publicitaire le jour) de la liberté sexuelle qu’elle possède réellement dans la société, quel qu’en soit l’usage particulier (comme le disait Durkheim à propos du suicide) qu’elle en fait. La publicité est la religion (au sens marxien du terme) moderne qui précise, justifie et classifie les possibles de la femme quant à ses possibilités de satisfaction sexuelle, dans ses modes et son fond. On va me dire : Qu’en avons-nous à faire ? Je réponds : Le partage est bien meilleur que la branlette, même à deux, et en la matière, la liberté est un facteur augmentatif, et de loin. Mon avantage est que la femme sache de quoi elle est capable en matière de satisfaction sexuelle paire, de sorte à ce que j’en profite aussi, libre, je veux dire : sans l’esclavagiser. C’est pour cela que je m’intéresse à la chose : à cause de l’insatisfaction qu’elle génère.

Je n’ai pas inventé le patriarcat, tout le monde sait de quoi il retourne lorsqu’on en parle, à quelques détails près qu’il faut bien révéler. Le simple fait que la femme appartient au père ou au mari, encore que le frère détient par incidence une autorité sur elle, indique que la femme est esclave des désirs, sexuels ou non, de l’homme. C’est LA caractéristique du patriarcat. Qu’il s’agisse d’une tribu du bout du monde ou une organisation sociale parfaitement structurée autour de ce fait : l’esclavagisation de la femme, il s’agira du patriarcat. Dans mes recherches, je suis tombé sur une étude de la position sociale de la femme dans les tribus d’Amérique du nord, il y a un demi siècle : toujours la femme se trouve chapeautée par un homme, que ce soit un mari ou un frère et elle trouvait la plus grande liberté (sexuelle, bien évidemment, comprise) lorsque ces deux mecs se disputaient leur autorité égale sur la femme : jamais d’accord, elle avait les coudées alors franches. Mais partout, la femme est sous la tutelle d’un homme (ou d’un patron) dans une société patriarcale ; et c’est ce qui la distingue de ce que je nomme « une société à filiation matrilinéaire » où l’importance de la femme est socialement égale à celle du frère et plus importante que celle du mari.

Une autorité sur autrui se manifeste indifféremment par la violence, car elle n’a pas de légitimité sinon que la maladie affective (liberté !) d’un homme qui veut l’imposer à une autre personne. La liberté existe et je l’aime. Une assemblée de gens se rassemble en un groupe, un agrégat qui nécessite un ordonnancement grégaire. Le temps qui passe fait passer les premières règles pour des lois dont on ne peut plus discuter de la pertinence, même lorsque les moyens technologiques ont évolué. Ces règles de vivre-ensemble n’étaient pas la base d’une hiérarchie entre les individus, mais une fois lois, la hiérarchie devient indispensable pour qu’elles ne soient pas mise en discussion. J’ai une vague idée de ce que peuvent être les règles de vivre-ensemble dans une société à filiation matrilinéaire, mais je sais, pour la vivre quotidiennement, ce que sont les lois, et en conséquences, la hiérarchie d’une société patriarcale, et sa domination de la sexualité de la femme. Vous saisissez ? Les lois du capitalisme sont un prolongement de celles du patriarcat, et la publicité de la marchandise est la morale de cette société en marche, en fonctionnement. suivant ses propres critères, ses exigences, ses prérogatives et ses prisons, son emprisonnement des consciences pour qu’elle fonctionne tel qu’elle l’exige, selon ses besoins. Les gars qui s’intéressent à la « valeur » ont parfaitement raison lorsqu’ils affirment que chaque capitaliste est un instrument (pourrait-on dire « inconscient » ?) du capital, du patriarcat, car il est un rouage indispensable de ce chapeau mis sur la sexualité féminine, par l’argent sous forme quantitative (mais ils ne veulent rien entendre lorsqu’on leur dit que le capital est le petit doigt qui cache la patriarcat… ça pourrait pourtant permettre d’avancer sur un chemin qui va, non ? La sexualité fait peur !). On ne peut corroder le patriarcat sans son emprise sexuelle sur la vie, caractérisable par celle qu’il impose à la femme et dont on voit, partout, des centaines de fois par jour, les « messages » : la publicité.

La très grande majorité de mes contemporains ne s’intéressera donc pas à cette publicité particulière qu’est la pornographie. J’en ai énoncé quelques raison plus haut, mais la principale est qu’autant de personnes n’en peut pas : les mecs ont une capacité érectile rabrouée par leur vie salariale, les femmes sont éreintées par la même occupation. Ce qui fait dire, par la bande, que si vous voulez baisez, les aminches, faut ralentir sérieusement la cadence, pour des plaisirs plus immédiats, certes, mais non moins concrets et pour lesquels il s’agirait de peser le temps vivant contre le temps mort, histoire de voir ce que cela peut donner. La majorité de mes contemporains ne bande pas : si elle ne serait-ce que voulait bander, elle ne se laisserait pas frapper comme une mule par des flics qui n’en peuvent pas plus qu’elle, à cette différence qu’ils ont, eux, la trique sociale et vous l’impose : c’est un aspect à bosse du patriarcat. Et quand il regardera cette publicité particulière qu’est la pornographie, il s’apercevra tout court que, comme on pourrait s’apercevoir que la suppression immédiate de l’argent ne changerait absolument rien aux impondérables vitaux sinon qu’à montrer son inutilité et à amoindrir le gaspillage, on verrait que la sexualité est une affaire paire, des deux sexes (pour les ceux-ce que cela intéresse, cela va sans dire) qui sont, ho ! hasard des dieux, étudiés pour se procurer l’un l’autre du plaisir ; et que la forme qu’adopte la pornographie ne relève que des interdits qu’impose à cette rencontre le patriarcat, selon des formes que l’on retrouve dans la vie de tous les jours, de toutes les heures, que ce soit dans une pointeuse, un RER, une cadence, qu’une solitude, qu’un poste de bureaucrate, de juge ou de flic, avec la violence qui sied à ses activités.

La société patriarcale évitera dans sa mesure de se pencher avec sérieux sur la santé sexuelle de ses composantes. On se souvient d’un scandale viennois, puis de Wilhelm Reich qui n’a depuis pas été égalé, sinon que par des attaques frontales du patriarcat. Toute tentative d’approcher la santé sexuelle s’est soldée (et oui : « soldée ») par une marchandisation des possibles, une publicité de l’impensable repensé. Et ces tentatives mêmes n’ont jamais vraiment oser la dissolution de cette tare, par manque de cette conscience qui donne un but, s’y tient jusqu’à « la liberté ou la mort » et sans violence sinon que défensive. De nos jours, la mort est à nos portes, avec ce qu’on nomme « le changement climatique » qui est une fois encore une manière pudique de cacher la catastrophe et d’éviter qu’on s’y penche et s’en préoccupe vraiment, en cessant de travailler… puisque la pollution est l’exacte mesure du travail excédentaire (on voit COMBIEN il est excédentaire à la hausse de cette température !) qu’il engendre.

Le patriarcat, c’est ce mec avec son cleps sans muselière dans la rue qui vous insulte quand vous lui dites que son chien vous fait peur ; ou ce mec qui ne s’entend pas parler fort, au delà des distances ; ou cet autre qui, rendu sourd par son activité salariale, met la « musique » à fond pour pouvoir l’entendre, inondant l’environnement (tient ?! encore lui ! l’environnement) de son bruit ; c’est ce chauffeur de camion qui travaille (dans le patriarcat, le travail détient TOUS les droits sur tout – surtout l’environnement – : ça donne l’impression d’un petit pouvoir aux pauvres dont ils usent sans discrétion, grassement et sans discrimination) et vous frôle à trente centimètre lorsque vous êtes à vélo, ou ces vélos « sportifs » qui occupent toute la voie publique car ils se détendent en nombre ; et j’en passe. Ainsi que je le disais tout à l’heure, le malade social, c’est-à-dire qui exprime socialement une affectivité malade, pourrira le monde et sera bien content de le faire car il ne saura pas comment autrement faire et, le con, il saura pas, surtout, NE RIEN faire, non pas par crainte de se tromper, non, mais par pudeur ! La pornographie, c’est l’absence de pudeur, on le sait bien, mais, ici elle est « inconsciente » et d’autant plus chiante.

Il y a comme une obligatoire diminution de l’existence d’autrui indispensable à l’expression matérielle d’un tel comportement, et cette prédisposition a un aspect si universel que de le contester suivant les lois mêmes du vivre-ensemble édictées par ce patriarcat, se révèle dépourvu de toute effectivité : la maladie affective socialement admise sursoit à tout, car foutre la merde (tient donc ?! « foutre la merde » ?) est le propre du patriarcat. L’une des souffrances les pires des filles qui participent à l’élaboration de la pornographie (qui leur permet de participer à l’usage de leur être selon les critères du patriarcat) sous sa forme filmique est l’obligation de se pratiquer des lavements pour que la bite du mec reste bien propre sur elle : c’est tout dire d’une mentalité typiquement patriarcale !