Le « Garde-à-vous ! » du patriarcat

La structure caractérielle du patriarcat lui fera toujours opter pour le pire en place du meilleur ; et ceci, depuis qu’il existe. Ce sont les résistances qui lui ont été opposées, du fait qu’il implique un comportement reniant la liberté d’user de son bon vouloir, qui ont ralenti sa progression. On sait que l’usage de la puissance de la vapeur était possible dès les temples grecs, mais les hommes « libres » auraient eu à résoudre le mésemploi de leurs esclaves ; l’usage de la poudre noire a d’abord été récréatif avant de devenir militaire.

Lorsqu’on pense patriarcat et révolte du prolétariat, on s’aperçoit que ce prolétariat a toujours opté pour le pire de sa situation en place du meilleur. Bon, ce n’est pas lui directement, mais ces gens à qui il a donné son pouvoir de modifier son existence – et cela EST le pire des choix à faire, en matière de délégation. Évidemment, leurs délégués se sont empressés de détruire toutes velléité de liberté de leur mandants. Trotsky a tué la Révolte de Cronstratd, Lénine celle de Pétersbourg, et je laisse le reste à Mao ou Staline, sur ce sujet. Je veux dire : qu’alors qu’il était possible au prolétariat de se révolter contre les dictateurs (à quelques personnes près), il est resté passif : c’est la pire des solutions à adopter pour une révolution. Wilhelm Reich a choisi l’expression « Sitting on the spot », que je pourrais traduire par « rester le cul coller à la chaise » ou encore, « rester dans l’expectative » alors qu’il faut choisir la bonne décision.

Prenons l’agriculture : le pire des choix a systématiquement été adopté. En fait, quelque soit ce qui devait être choisi, le pire a toujours été adopté en place du meilleur. Et les personnes qui ont fait le contraire, sont prises pour des génies, avant d’être assez souvent pendues par le cou au bout d’une corde. Einstein a signé la lettre d’un gourdin sur les prétendues prétentions de Hitler en matière de bombe atomique, ce qui a déclenché Hiroshima, une ville de bois et de papier et de ses morts. Notre physicien en a pleuré, certes (et c’est vraiment louable d’admettre qu’on s’est trompé… ce qui n’est pas très fréquent…) mais trop tard.

D’un point de vue purement intellectuel, opter systématiquement (à de rares exceptions près) pour le pire en place du meilleur est étrange. Cela vous est-il arrivé ? Quelle disposition d’esprit aviez-vous alors ? Comment ce quelque chose qui vous a poussé à faire ce choix ne vous a-t-il pas posé la question « Pourquoi ? » avant d’arriver à cette conclusion misérable ? Le patriarcat est dans toutes têtes sous forme de morale, et ce sujet de l’interdit de faire le mieux paralyse toute volonté de se battre contre le pire. Je le sais ! Je suis passé par là, et il me semble même que j’y suis encore…

De sorte que les « résistances » organisées, se modèlent sur la structure patriarcale, c’est-à-dire, optent (encore une fois) sur la structure que le patriarcat impose à tous. Il y a peut-être les Surréalistes et les Situationnistes qui sortent du lot, et quelques groupes de-ci de-là. Le livre « Maintenant » remarque que cette structure (sans la nommer, sinon que sous forme de « royalisme » – je ne déforme pas leurs mots) infiltre toutes les organisations, des associations au club de foot, des clubs pornos au association de sauvegardes des chats en périls. Moi, je nomme cette manière de faire « patriarcat » pour l’éclairer des feux de la honte, car ce comportement est, selon moi, obsolète. Mais peut-on s’en défaire ? Au moins, éclairé, on le remarque, lui et ses lourdeurs, ses fadeurs, ses tics et son toc, ses trucs et son troc, son amour du fric et son froc.

Les organisations « révolutionnaires » de types « terroristes » se révèlent comme patriarcale : le plaisir comme profond partage n’y est pas : à quoi correspond leur jouir ? Est-il divisible ? À moins de sauter une barrière qui oublierait la violence offensive, ce genre de comportement n’apporte pas de positif manifeste : le prolo qui n’en peut déjà pas beaucoup quant à la révolte contre sa condition qui consiste à vendre son temps pour produire des objets sans intérêts sinon que pour son patron qui en extrait une plus-value, c’est-à-dire subit un procédé de mesquinerie en marche sans pouvoir s’en remettre à soi-même évitant de comprendre qu’une contrepartie est impossible et qu’il lui faut trouver par lui-même la solution à sa propre condition, collectivement, n’y comprend rien : qui attaque qui ? quoi ? comment ? quelle bestialité pour quel but ? Ces organisations ne saisissent pas les forces de communications en présence, la leur et celle du patriarcat, et ne saisissent pas corrélativement la faiblesse des arguments de la leur, car ils n’attaquent pas, immédiatement et directement, le patriarcat, mais un flanc de ceci ou de cela : ils enlèvent un anatife d’une coque qui est restée six mois à l’eau et disent qu’ils sont en passe de résoudre le problème de l’aliénation de prolétariat. Le bateau, au bout de dix ans, sera remplacé par un autre, plus performant, et ils auront enlevé dix anatifes d’une coque destinée au feu de cheminée.

La Zengakuren a tenté effectivement de dépasser la sexualité imposée par le patriarcat, mais elle y est vite retombée, car la structure caractérielle de chacun de ses membres, principalement des chefs, n’a pas permis (du fait que le patriarcat implique le chef) de se défaire de la domination du mâle sur la femelle pour un assouvissement qui relève du fantasme d’une non-domination ; encore que la féminité est d’une grande souplesse face à l’adversité, pour pouvoir jouir de la vie, malgré tout. Beaucoup de gens ont tenté de se défaire du patriarcat et de sa sexualité débile, mais n’y sont pas parvenus, car la structure caractérielle du patriarcat implique le chef ou la chèfe. Ils ne savaient pas (elles non plus) qu’ils s’attaquaient à l’émotivité de béton spécifique du patriarcat et ne connaissaient pas sa structure caractérielle qui « correspond à la globalité des attitudes caractérielles qu’un individu développe comme défense contre les excitations émotionnelles. Elle est la résultante neuro-musculaire comme adaptation de la personne à la rigidité de son environnement affectif, un compromis totalement intégré tant du point de vue de la musculature que du système nerveux entre les pulsions d’allant vers le monde, et ce que celui-ci lui tolère de plaisir et sous quelle forme ». Il n’est pas du tout facile de se défaire des attitudes caractérielles qu’on développe comme défense contre les excitations émotionnelles, j’aurais pu dire « sexuelles », mais ça n’aurait pas passé sur wikipédia. Car, à chaque fois qu’on atteint de manière paire l’orgasme, on se pacifie, du même coup et en matière de terrorisme, tout tombe à l’eau ! Il faut garder une rigidité (il nomme cela une « rigueur ») pour atteindre ce but de vouloir soulever les masses qui ont le cul collé à leur chaise, par l’exemple d’une violence dont elles sont incapables, car elles savent, que c’est la mauvaise option, la pire, elles résistent !

Tout dernièrement, pour se mélanger au commun des mortels, on a vu des terroristes qui s’octroyaient le pouvoir de ne pas répondre en termes circoncis à ce que leur religion exige d’eux : alcool, « femmes », drogues, etc. ; le faux-cul total… et le gouvernement patriarcal prend avec le même sérieux ces gendres du patriarcat, comme il prendrait au sérieux les exigences d’un syndicaliste dans ses revendications salariales en vue de briser une grève, pas même sauvage, qu’il a organisé, lui. C’est en prenant un petit peu de retrait que les connivences sautent comme un nystagmus, à l’exemple de ce que les Pinçon nomment le « soutien mutuel inconditionnel des riches », de ces organisations patriarcales (c’est-à-dire, mes enfants, dotées de chefs qui pensent pour vous qui refusez de penser et de l’affirmer contre eux) entre les journalistes, les syndicats, les avocats, les partis politiques, les patrons, les commanditaires et j’en passe. On le sait… ne l’oublions pas.

Les résistances au patriarcat ont été véritablement multiples et multiformes. J’ai souvenir de ces Nonnes qui parcouraient, en l’an mille, les routes pour donner l’amour phyique aux hommes car Jésus est amour… bien évidemment, ça n’a pas duré longtemps, non pas seulement car il s’agissait du thème millénariste, mais parce que le patriarcat n’a pas du tout apprécié la démarche. La Commune de Cronstradt, mes frères, est pour moi l’exemple nickel de ce que j’attendrais de la vie sociale humaine : ce qui distinguait un prisonnier d’un homme libre, c’est que ce dernier avait droit de porter une arme, et le point quinzième de leur programme stipulait que quiconque pouvait avoir d’ouvrier, sinon qu’associé. Bon… moi j’ai pratiqué et j’ai bien vu que les gourdins qui n’avaient rien compris à la responsabilité de la liberté du vivre ensemble, ne veulent pas, mais alors pas du tout, changer de situation, mais le projet est vraiment louable à grande échelle… ne vouloir pas être chef est une drôle de disposition pour les gourdins.

Le patriarcat ne comprend pas la vie sans chef : il ne s’agit pas d’un « leader » au sens de Wilhelm Reich, mais du chef, de celui qui commande, non pas de la personne qui, à un moment et comme fortuitement, focalise les intentions d’un ensemble qui s’y retrouve, non : DU chef. Et ça, c’est rédhibitoire pour toute entreprise de libération de la sexualité patriarcale, du plaisir que nous éprouvons, ma chérie et moi, ensemble à l’usage de nos sexes, prolongement de nos moi dans nos moments de tendresse. La peur qui angoisse le moindre mouvement vers l’expression sexuelle généreuse, demande qu’elle soit commandée : à la commande, dans l’impérieux du prépayé, dans l’exigence que permet le dispositif et dans l’impératif de l’ordre : le patriarcat !

La majeure partie des contraintes du patriarcat sont assumées par le femme. Je ne connais le christianisme que par Hegel et Kierkegaard, c’est-à-dire de loin… enfin de proche et de loin. Chateaubriand a fait un truc comme une « éloge » de cette religion… pas lue. Mais il en reste comme une effluve dont on se nourrit, comme les Gens de la lune de Cyrano. Et ce qui persiste est comme un goût que pour atteindre ce qui vous paraît légitime, il faut traverser les affres de la souffrances. Sade en est l’exemple même, le pauvre qui n’avait que sa prison pour branlette : il transformait, suivant la structure caractérielle du moment, ce qu’il ne pouvait atteindre en haine de ce qu’il aurait voulu atteindre : c’est le schéma de l’impuissant, du bande-mou qui passe pour évident qu’il soit si malade en normalité. Qu’il reste un exemple des « sadistes » met en évidence que le plaisir libre ne peut être atteint chez eux que dans la souffrance qu’ils éprouvent à le voir si libre, hors des chaînes musculaires qui les enclavent. Le patriarcat c’est la souffrance du plaisir, si tant est qu’on puisse avoir du plaisir à souffrir. Regardez le sacrifice d’Abraham : ton fils tu ne tueras point sinon qu’en le circoncisant, et un bélier « pharmakos » y suffira à peine. A-t-on pensé qu’un Christ en croix ne peut se toucher à cause des clous qui retiennent ses mains ? Le plaisir chrétien se voudrait de pensée, voudrait n’atteindre jamais l’exigence des organes vitaux externes et internes destinés à leur rencontre, comme dans le film « La nuit de l’iguane », se chercher en s’évitant, les maracas aux oreilles, l’alcool vous portant presque à l’ivresse soulevée par sa rencontre, pourtant.

Le patriarcat recèle (c’est impératif pour lui) une indissolubilité, une structure de base semblable à ces ossatures d’épaves qu’on trouve en fond de mer, servant d’abris à une faune exotique, ou plutôt comme ces squelettes déchiquetés par les hyènes et les vautours (ces purificateurs du monde) qui, bien que blanchis par l’ardeur des soleils tropicaux, persistent à vous montrer leur canevas pérenne dans des contrastes de l’ombre des contrejours savaneux. Il a une charpente que nul ne voudra facilement se défaire, car c’est celle-ci qui vous a permis de vivre jusque là sans les encombres d’une angoisse qu’on aurait voulu savoir déjà résolue par l’adoption de cette modalité vitale. Le bénéfice de la maladie est l’absence d’angoisse, c’est la solution de l’angoisse dans une perte d’énergie engrossée dans la rigidité de votre musculature et de votre système nerveux autonome, acquis. C’est la solution de la dépense de l’énergie excédentaire que la vie vous fait vivre par la respiration, la nourriture, le mouvement, l’excitation, par la rigidité, une sorte de minéralisation de l’organique. Cette forme d’entendement (la minéralisation de la vie) vous demande de se retrouver dans la réalité du monde, comme artifice, dans le robot : une machinerie qui vous imiterait dans le mouvement que vous vivez de vos mouvements : mécaniques. Je ne saurais mieux souligner cet aspect du patriarcat dans son incapacité à trouver une réponse « meilleure » à sa situation qu’en pire : la mécanisation du monde, de la vie. Certes, cette mécanisation de la vie sursoit au manque de communication des êtres entre eux, mais elle reste un moyen mécanique de solutionner – sans le faire, sinon qu’en manifestant foncièrement les malversations que subit la femme – le problème de l’accord, de la générosité qu’interdit, structurellement, le patriarcat. J’ai un jour proposé que suivant le principe que toute chose contient son contraire, la dialectique matérialiste n’était que la recherche par ses contraires d’un retour à la quiétude d’une entité qui s’était malencontreusement divisée en deux. Le temps humain désemployé du salariat et de ses sous-fifres peut approcher une solution au problème de son bonheur sexué que le patriarcat refuse.

 

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