La rocade est circulaire, mais ici il n’y a qu’une entrée

La rocade est circulaire, mais ici il n’y a qu’une entrée : toi, donnée inconnue qui passe le pas de cette porte, laisse derrière son seuil tout désespoir.

La plupart des méthodes, des sites d’épanouissement personnel ne parlent de la sexualité que comme d’un but, alors qu’elle ne peut que se vivre. Elles sont, de fait, un contournement de la sexualité, et un évitement pour le quidam ou la quidame. Et que ça s’étire, et que ça se tend et que ça se relâche, que ça s’assouplit, ça se ré-étire, etc. La cuirasse caractérielle ne s’assouplit pas, elle se dissout… ce n’est pas pareil ! Et que ça discute en privé avec une personne spéciale et rémunératrice, à laquelle on donne tout de son âme… enfin… celle dont on peut tenir de loin cette sexualité qui vous rend malade parce que vous n’en faites rien. On voit bien plein de petites culottes (encore qu’on en soit pas si certain), des hauts plein de petits tétons érectiles, sensibles, dont on userait qu’avec délicatesse de l’écho. Et puis, dans ces petites culottes, il y a un gland, des grandes et des petites lèvres, et l’entrée du vagin qui se prolonge dans le corps. C’est-y pas merveilleux et délicat tout ça ? Point n’est besoin de s’imaginer qu’il faille de la violence pour démarrer tout cela en cours de marche, pour l’accepter ou le mettre en fonctionnement, non ?

Nos temps portent tout à la confusion : celle du sexe dont on ne serait que faire, le sien, celui de l’autre ; tant et si bien qu’on ne sait plus duquel on est, franchement, de sorte à aborder le quai du plaisir avec sérénité. On sème la confusion dans l’équivoque du plaisir qui ne peut jamais en être un dès lors qu’il se pose la question de son existence présente : il est ou n’est pas. Après on peut en parler, pourquoi pas, mais pendant, on le vit. Il ne peut y avoir de confusion, sinon que de fuite.

En général, les hommes c’est de la testostérone : faut que ça donne sa force, mais vous, les filles, vous n’avez rien à perdre ! Et de la testostérone, il y en a autant que vous ! Vous aurez (je peux me laisser à le supposer) au moins un coup. Et en s’y prenant bien, avec jaillissement. Alors ? Donc, voici ce que je propose : oui, allez vous adonner à ces méthodes, etc. d’épanouissement personnel, mais pour vous exercer au rapprochement sexuel, pas pour vous permettre de l’esquiver ; et d’y consacrer au second, au moins le temps que vous consacrez à ces exercices !

Ha ! les maladies vénériennes. Sûr que l’état sanitaire n’est pas du plus mirobolant, puisqu’il y a tant d’incertitude sexuelle, de promiscuité d’égarés et de perdues, une très mauvaise répartition des pratiquants et des non-pratiquants ce qui amènent les premiers dans la surcharge des omissions d’autrui. Les maladies de Vénus ! Psyché, la copine d’Éros, a dû avoir bien du plaisir à l’érotisme d’Éros. Mais quel pourrait-il bien être ? En quoi, si l’atteinte de tels dieux pouvait nous le permettre, ne pourrions-nous pas y prétendre ? On ne sait pas trop pourquoi, finalement il ne nous serait pas possible de l’atteindre. On ne sait pas ce qui nous retient de nous y adonner, le feu à l’âme et l’âme au corps. Pour le savoir, il faut y mettre le nez, de visu et de palpé. Tant qu’on se retiendra, on sera retenus.

La syphilis, la bléno, le sida, etc, encore, je veux bien, mais la violence ? Quoi faire avec la violence. Il faut, non pas faire des garçons, des mecs, mais des personnes capables de parler, de dire ce qu’ils ont ou veulent dire, des hommes. Le mec a appris (comme Beauvoire le disait de la femme en devenir) à être un mec du patriarcat, ça s’apprend, c’est dur, c’est violent, on demande beaucoup de sacrifices, de se sursoir physiquement, jusque l’épuisement et même après parfois – tant ces militarisants sont cons : tout ce qui obéit à un ordre a deux cerveaux et un bras –, il a fallu apprendre à être misogyne, à penser que la femme est l’initiatrice du malheur de l’homme et du monde, et son incitatrice. Il a fallu apprendre les mathématiques, nous, à nous ! les mecs ! Mais c’est le supplice ! Mais qu’est-ce qu’on en a affaire des mathématiques alors qu’il y a des choses si passionnantes à faire dehors ? Le stratagème n’a pas marché sur moi, j’étais ailleurs, et de loin ! Nous, les mecs, la violence, on connait, hélas ! Il nous faut vivre avec notre beauté, notre gentillesse, notre affabilité, notre sens de la séduction, du rire, dans un monde qui se veut et se doit d’être « de mec ». Et c’est dur, des mecs, non de non ! C’est tout cela qu’il faut faire disparaître, car il nous est possible de vivre de manière satisfaisante à nous deux.

Alors comme nous sommes dans une société patriarcale – c’est-à-dire : une société du Père (avec son Œdipe, sa Jocaste, et tout le tintouin procréationiste poussant à penser que l’humain ne serait pas un être social, c’est-à-dire vivant en troupeau et que l’ensemble de ses affects dont cette disposition le nourrit, dispense pour une bonne part de la nécessité du chef de troupeau d’autres animaux) où l’homme aura peur de la femme et la femme déçue par le jaillissement de l’homme, une fois – et que sur cette base, la rencontre est difficile. La femme n’a aucune raison d’avoir peur de l’homme, lorsqu’elle s’y prend bien… et ça peut s’apprendre. L’homme n’est pas cette sorte de jouet, un monde où le jouet lui est jouet. Mais il y a du jeu quand même… faut s’essayer, vous ne risquez rien. Et même si vous tombez sur un fou, vous saurez comment vous en sortir, car vous lui êtes supérieure et qu’il n’a rien compris à la vie, l’excessivement fragmenté ! et vous saurez ce que c’est que cette solitude d’être fou. Notre intelligence est de déduction, la votre est d’induction ; le patriarcat de séparation. Je ne sais pas si je l’ai déjà dit, mais la pornographie c’est avilir l’amour que la femme éprouve pour le sexe de l’homme (bon… à 90 % près). Il y en a qui disent que le patriarcat c’est l’avilissement de la femme, hébé moi je dis que c’est l’avilissement de l’amour qu’elle éprouve pour le sexe de l’homme. Voilà. Bon… que ce soit vrai ou faux, le résultat est le même : la rébellion aboutit à la dissolution du patriarcat dans le jus du plaisir ! La méthode n’est pas la même, cependant, pour y parvenir, sexuée ici et là ailleurs.

Par quoi commence-t-on lorsqu’on veut abolir le patriarcat ? D’abord… en sommes-nous capables et serions-nous conscient de la responsabilité d’un tel engagement ? De là, beaucoup peut s’en suivre, non ? Et la sexualité ? Qu’est-ce qu’on en fait ? Autant commencer tout de suite.

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