Patriarcapitalisme

Les critiques du capitalisme – et du mode de fonctionnement du capital – sont pléthores : il est attaqué de toutes parts, de toutes les façons, sous toutes leurs facettes. Mais, grandement, on oublie pourquoi il perdure « contre notre gré », alors que nous y participons obligatoirement ou par omission, ou par pensée ou par action. C’est que le capitalisme et sa praxis sont d’essence sexuelle et sur ce point nous achopperons toujours, car nous sommes (el pueblo) et demeurons impotents, sexuellement parlant. On oublie que le capital et sa praxis sont l’exacte position théorique et pratique du patriarcat en mouvement. Si, par hasard, le locuteur critiqueur du capital et de sa praxis est lui-même un heureux amoureux puissant, il parlera à plus de 90 % d’impuissants orgastiques, hommes et femmes. Cette puissance du capitalisme se situe dans notre impuissance face au patriarcat : à ce que j’ai défini, pour une part, comme l’avilissement de l’amour qu’éprouve la femme pour le sexe de l’homme ; mais il y a la deuxième part qui est masculine.

Cette impuissance, je la vois dans le peu de flics nécessaire pour régler sous leur coupe une foule de personnes, car chacune de ces personnes, sinon quelques dizaines, est impuissante sexuellement, à imposer son droit à une sexualité hors du patriarcat, en refusant de se faire frapper sur la tronche : qu’en sait-elle, cette foule, de ce patriarcat abouti au capitalisme ? A-t-elle fait la relation d’effet à cause ? Rien, ou si peu : elle ne peut rien en savoir tant qu’elle ne se déterminera pas à en entamer la suppression, c’est-à-dire, au moins, à cesser d’avilir l’amour que la femme éprouve pour le sexe de l’homme ! Va-t-on le comprendre, cela ? Un homme (ou une femme) qui avilit l’amour qu’éprouve la femme pour le sexe de l’homme est un patriarchiste et ne nous attendons pas à ce qu’il veuille perdre cette prérogative actuelle ! Et comme tout impuissant se retrouve dans ce désir de se voir privilégié dans l’usage de cette prérogative, même si cela ne lui apporte rien, sinon qu’un pouvoir sur cet amour que la femme éprouve pour le sexe de l’homme, le patriarcat perdure. Le petit flic avec sa matraque et le pouvoir que lui confère un supérieur détenant la violence abstraite et l’autorise concrètement, pour exécuter consciencieusement sa fonction concrète est un impuissant du patriarcat, tout comme le politicien qui fait les lois du patriarcat, le militaire qui protège l’enclos du patriarcat, le juge qui fait appliquer par les matons divers ces lois du patriarcat. Oui, certes, l’économie est un levier du patriarcat, mais elle ne se peut bien comprendre que dans ce rôle de levier : ôtez son point d’appui, le patriarcat, et elle s’écroule.

Qu’on promulgue des lois qui terrent et enterrent les gens sous prétexte de terreur n’est permis que parce que les gens sont impuissants, sexuellement, à s’exprimer, car la sexualité aime à pouvoir s’exprimer dans un minimum de liberté, ne serait-ce que celle de ses rencontres… et comment rencontrer quand on est terrorisé ou se laisse terroriser par autrui ? Restreindre l’expression possible de la satisfaction sexuée est le bâton favori du patriarcat, car c’est ainsi qu’il domine les âmes, et leur impose sa manière de voir et de vivre la vie, selon ses valeurs.

La valeur est un affect inhérent à l’animal sous sa forme humaine, mais la forme actuelle de son expression est celle du patriarcat. La valeur existe dans l’ensemble du monde humain, mais sa forme sous la forme du capitalisme, est inhérente au patriarcat : le capitalisme est l’état actuel de l’aboutissement du patriarcat en mouvement, tout comme la valeur des capitaux augmente par leur seul mouvement. C’est pour cette raison que cette entité actuelle de la manifestation du patriarcat dans la vie humaine ne s’écroule jamais, car elle est le moyen du patriarcat d’assoir son impuissance sexuelle. Merci Wilhelm Reich !

La distinction des valeurs est sexuelle car elle se retrouve immédiatement dans la manière dont l’humain, dans le patriarcat, s’occupe de ses déchets qu’ils soient issus de son activité industrielle (jusqu’au sens moyenâgeux du mot) ou corporels. Une misère. Par contre, tout ce qui brille est or ! Cette distribution des valeurs est typiquement patriarcale, elle est « anale » au sens freudien, jungien et consorts. Et cette planète, non pas seulement à cause de l’excroissance technologique de son activité, mais surtout parce que le patriarcat ne sait quoi en faire, est devenue le reflet de cette praxis de la vie : un déchet, un lamentable déchet et quand il se torche le cul c’est encore pour faire un autre déchet de plus, éolien ou autre. Ceci est sexuel : c’est un comportement extrait d’une manière de voir le monde, issu de la manière dont on a évolué sexuellement dans le cours de sa vie qui est sexuelle, de la rencontre des géniteurs, à celle des gamètes, la gestation en passant par l’accouchement, la puberté, la « maturité » et jusqu’à la mort.

La majeure partie des malheurs humains a pour origine la sexualité : la maladie, la solitude, la pollution chimique, radio-active ou électromagnétique, la social-démocratie comme la dictature. Les eaux des fleuves, des rivières et des ruisseaux sont polluées par les déjections humaines (pour les plus chanceuses ! il y a autrement pire) alors qu’il suffit et nécessite que d’organiser, même individuellement, des toilettes à compost : fin de la dengue, du choléra et autres pestes. L’hygiène de l’eau est la source de la bonne santé, on le sait, mais on continue, du fait que cette valeur est compromettante pour l’état d’esprit du patriarcat, jusqu’à s’en désintéresser puisque c’est mettre le doigt sur son complexe : l’anal. L’eau du robinet est affadie par des produits chimiques chlorés, même celle des chasses d’eau qui sont une catastrophe écologique en ne séparant rien des « eaux grises » des « matières noires » : tout est dit. Le dieu des Inquisiteurs était l’analité et ses adeptes nous ont montré leurs atrocités. L’analité est un stade sexuel qui commence et devrait finir pour être passé à autre chose, mais le besoin impérieux de la morale patriarcale se fige dans les muscles et dans le système nerveux (la cuirasse ou structure coagulée caractérielle) en la rigidifiant dès qu’un sursaut de plaisir la dépasse.

La manière dont on pratique une « activité physique » est relative à cette morale, jusque dans le geste même de chaque pratiquant d’un « sport » : tout y est violent (il faut de la violence pour « gagner » contre son adversaire et devenir « premier ») et d’une extrême violence, contre son corps, soi, les autres ; et le jeu y est absent pour devenir « olympique ». Battre l’autre, l’écraser, etc., on le sait, dénote une attitude qu’on nomme, en référence à la psychanalyse, « anale » de la vie, mais comme cette attitude est de celles qui font le patriarcat, elle devient dans ce contexte « normale ». Nous avions la toromatchie, nous avons encore les stades de foot ou de rugby, dans lesquels la valeur est transmutée en rage, où l’impuissance peuvent enfin s’exprimer, se manifester selon les principes d’une testostérone fragmentée. Mais là où la femme pouvait jouir un semblant en voyant sa projection théâtrale frôler les cormes de la mort (c’est-à-dire la perte de soi simulacre de l’orgasme), ailleurs elle devra se contenter d’un écran ou d’une étiquette de bière, délaissant aux hommes leur privilège de se casser la gueule, le phénomène se vomissant jusque dans les rues où la police – patriarcale – est impuissante.

Le patriarcat n’est pas un épiphénomène qui se résumerait à avilir l’amour que la femme éprouve pour le sexe de l’homme (et la réciproque ne serait être si loin de la vérité, finalement), le patriarcat EST un mode de vie qui en exclue tout autre ; c’est une hégémonie sur la vie d’un mode de penser, d’agir et d’omettre. Le patriarcat EST le monde dans lequel et où nous vivons et dont l’accomplissement actuel (ultimement présent) est le capitalisme et son organisation sociale : le fétichisme de la valeur, la marchandise, le salariat et le travail, le capital, l’argent et le spectacle comme ensemble. Tout cela existait en germe depuis qu’existe le patriarcat que j’ai défini ailleurs comme la confusion, chez l’humain, entre le rapprochement sexué et la procréation, le second devenant titulaire du premier et le premier perdant sa raison d’être, aimer pour le pair de l’orgasme. Dans le patriarcat, on le sait bien, la femme est une génitrice et l’homme un père et le père c’est celui, allez-vous-zen-savoir-pourquoi-?, qui détient l’autorité sur la femme et ses enfants, à lui. La première esclave est la femme, c’est une femme et il n’y a toujours pas de fête nationale ou régionale en sa faveur, sinon que celle des « mères » en forme de promotion à sa liberté. Il y a des fêtes pour l’abolition des Esclaves noirs et noires, mais pas pour l’abolition de l’esclavage de la femme, pas encore : le jour où cela arrivera, il n’y aura plus besoin de ce genre de commémoration, j’espère ! Mais je pense que nous aurons été engloutis par notre bêtise, bien auparavant, et moi, mort depuis longtemps.

Je ne parle ici que d’évidences, mais comme rien ne se passe, j’y reviens. Cette autorité dont s’agrège l’homme vient de sa force musculaire, bien sûr, mais surtout de sa cuirasse caractérielle, reproduite par l’éducation qui est, elle-même (on le sait bien) une branche active de la morale : la retenue comme accessoire de domination. Laisser de jeunes corps en pleine croissance assis des heures durant sur une chaise (à mon époque c’était un banc) est une activité morale pratique. Ha ! ils « apprennent » des mathématiques, à écrire, etc., oui, certes, mais comment ? et pourquoi tant de souffrance, d’obligation à l’autodiscipline mortifère ? On demande à l’enfant cette autodiscipline, cette auto-castration (M’sieur, j’peux aller aux toilettes ?) ! Tout est dit ! Et cela durant des années, celles, les plus gaies, les plus belles, dont on pleure ensuite « l’insouciance »… Et quand l’amour apparait dès 3 ou 4 ans, quelle innocence, n’est-ce pas, car selon les tuteurs asexués, asexué ! Quelle désastre quand quelques années plus tard, après la conséquence de cette auto-castration qu’on nomme « période de latence », bien avant que les « hormones » ne décuplent ou centuplent leur flux dans le bouillonnement sanguin, musculaire et nerveux, où le moindre rapprochement des corps est immédiatement sexualisé pour se voir interdit. Nous aurons alors l’éclosion des pervers, des introvertis, des hystériques, des maniaques, des borderlines, des schizophrènes, des bourgeons de vie tordus, brisés, décolorés, rabougris ou desséchés, écrasés, divisés ou sectionnés.

Le patriarcat n’est pas seulement une « forme d’organisation sociale et juridique » comme le dit la patriarcale ONG wikipédia, c’est LA société actuelle, impérialiste, impérieuse, impératrice de nos temps, de ces temps que nous vivons. Il n’y en a pas d’autre et si elle meurt, c’est qu’elle aura été remplacée par une autre société. L’omission ici, est de ne pas dire une « organisation “de quoi” sociale et juridique », car le patriarcat ne veut pas qu’on sache qu’il organise tout selon ses vues, et non pas seulement l’autorité de l’homme. L’homme y a perdu jusqu’à une forme de sa spécificité : la sensation-même de l’éjaculation qui est devenue une « émission de sperme », le con. Il court comme un éperdu après cette sensation, alors qu’il n’est plus qu’un jet (et encore, quand ça pulse !). Cette sensation apparaît avant l’éjaculation, alors qu’on est déjà perdu, mais comme il veut garder le contrôle (l’analité), il n’est plus que le liquide. Dans le patriarcat, l’homme a perdu son âme et son partage joyeux ; et il ne veut ni ne peut plus lâcher son fantôme, car alors il défaillirait dans les affres de la nullité où l’ont conduit ses choix. Courage, homme à la verge rouge ! tu n’es pas seul !

Si la valeur est un affect, comme je l’affirme, elle est malléable selon une morale sociale qui la rend commune à tous de sorte que tous consentent facilement à la manière dont on en use, qu’elle soit une forme de cohésion du groupe sous cette forme précise et pas autrement, et que tous en retire un minium de satisfaction. Et remettre en question le mode de cette satisfaction sur la forme de cet usage, même si – ou mieux ! alors qu’elle est minime pour la plus grande majorité des membres du groupe, devient immoral. Et cette immoralité profite, bien sûr, à ceux à qui cette valeur profite le plus. Mais comme les autres bavent sur la satisfaction qui leur fait défaut et à laquelle pourtant ils travaillent sang et eau, lorsque cette morale du riche leur vient à traverser l’esprit, ce ne sera pas pour s’arrêter tout net d’y travailler, mais d’en demander plus pour y travailler plus, tant le manque de satisfaction réelle est présent (l’insatisfaction du manque devient le manque de satisfaction) ; et sans remettre sur le tapis de la critique ou du jeu de la vie, le principe même de ce mode de satisfaction de cet affect : la valeur. L’affect « valeur » est actuellement manipulé par le patriarcat : il faut se poser la question de ce qu’il devient sous une autre morale (qui ne serait pas « matriarcale », bêtement) maintenant qu’on sait ce que peut et veut, sexuellement, le patriarcat.

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La rocade est circulaire, mais ici il n’y a qu’une entrée

La rocade est circulaire, mais ici il n’y a qu’une entrée : toi, donnée inconnue qui passe le pas de cette porte, laisse derrière son seuil tout désespoir.

La plupart des méthodes, des sites d’épanouissement personnel ne parlent de la sexualité que comme d’un but, alors qu’elle ne peut que se vivre. Elles sont, de fait, un contournement de la sexualité, et un évitement pour le quidam ou la quidame. Et que ça s’étire, et que ça se tend et que ça se relâche, que ça s’assouplit, ça se ré-étire, etc. La cuirasse caractérielle ne s’assouplit pas, elle se dissout… ce n’est pas pareil ! Et que ça discute en privé avec une personne spéciale et rémunératrice, à laquelle on donne tout de son âme… enfin… celle dont on peut tenir de loin cette sexualité qui vous rend malade parce que vous n’en faites rien. On voit bien plein de petites culottes (encore qu’on en soit pas si certain), des hauts plein de petits tétons érectiles, sensibles, dont on userait qu’avec délicatesse de l’écho. Et puis, dans ces petites culottes, il y a un gland, des grandes et des petites lèvres, et l’entrée du vagin qui se prolonge dans le corps. C’est-y pas merveilleux et délicat tout ça ? Point n’est besoin de s’imaginer qu’il faille de la violence pour démarrer tout cela en cours de marche, pour l’accepter ou le mettre en fonctionnement, non ?

Nos temps portent tout à la confusion : celle du sexe dont on ne serait que faire, le sien, celui de l’autre ; tant et si bien qu’on ne sait plus duquel on est, franchement, de sorte à aborder le quai du plaisir avec sérénité. On sème la confusion dans l’équivoque du plaisir qui ne peut jamais en être un dès lors qu’il se pose la question de son existence présente : il est ou n’est pas. Après on peut en parler, pourquoi pas, mais pendant, on le vit. Il ne peut y avoir de confusion, sinon que de fuite.

En général, les hommes c’est de la testostérone : faut que ça donne sa force, mais vous, les filles, vous n’avez rien à perdre ! Et de la testostérone, il y en a autant que vous ! Vous aurez (je peux me laisser à le supposer) au moins un coup. Et en s’y prenant bien, avec jaillissement. Alors ? Donc, voici ce que je propose : oui, allez vous adonner à ces méthodes, etc. d’épanouissement personnel, mais pour vous exercer au rapprochement sexuel, pas pour vous permettre de l’esquiver ; et d’y consacrer au second, au moins le temps que vous consacrez à ces exercices !

Ha ! les maladies vénériennes. Sûr que l’état sanitaire n’est pas du plus mirobolant, puisqu’il y a tant d’incertitude sexuelle, de promiscuité d’égarés et de perdues, une très mauvaise répartition des pratiquants et des non-pratiquants ce qui amènent les premiers dans la surcharge des omissions d’autrui. Les maladies de Vénus ! Psyché, la copine d’Éros, a dû avoir bien du plaisir à l’érotisme d’Éros. Mais quel pourrait-il bien être ? En quoi, si l’atteinte de tels dieux pouvait nous le permettre, ne pourrions-nous pas y prétendre ? On ne sait pas trop pourquoi, finalement il ne nous serait pas possible de l’atteindre. On ne sait pas ce qui nous retient de nous y adonner, le feu à l’âme et l’âme au corps. Pour le savoir, il faut y mettre le nez, de visu et de palpé. Tant qu’on se retiendra, on sera retenus.

La syphilis, la bléno, le sida, etc, encore, je veux bien, mais la violence ? Quoi faire avec la violence. Il faut, non pas faire des garçons, des mecs, mais des personnes capables de parler, de dire ce qu’ils ont ou veulent dire, des hommes. Le mec a appris (comme Beauvoire le disait de la femme en devenir) à être un mec du patriarcat, ça s’apprend, c’est dur, c’est violent, on demande beaucoup de sacrifices, de se sursoir physiquement, jusque l’épuisement et même après parfois – tant ces militarisants sont cons : tout ce qui obéit à un ordre a deux cerveaux et un bras –, il a fallu apprendre à être misogyne, à penser que la femme est l’initiatrice du malheur de l’homme et du monde, et son incitatrice. Il a fallu apprendre les mathématiques, nous, à nous ! les mecs ! Mais c’est le supplice ! Mais qu’est-ce qu’on en a affaire des mathématiques alors qu’il y a des choses si passionnantes à faire dehors ? Le stratagème n’a pas marché sur moi, j’étais ailleurs, et de loin ! Nous, les mecs, la violence, on connait, hélas ! Il nous faut vivre avec notre beauté, notre gentillesse, notre affabilité, notre sens de la séduction, du rire, dans un monde qui se veut et se doit d’être « de mec ». Et c’est dur, des mecs, non de non ! C’est tout cela qu’il faut faire disparaître, car il nous est possible de vivre de manière satisfaisante à nous deux.

Alors comme nous sommes dans une société patriarcale – c’est-à-dire : une société du Père (avec son Œdipe, sa Jocaste, et tout le tintouin procréationiste poussant à penser que l’humain ne serait pas un être social, c’est-à-dire vivant en troupeau et que l’ensemble de ses affects dont cette disposition le nourrit, dispense pour une bonne part de la nécessité du chef de troupeau d’autres animaux) où l’homme aura peur de la femme et la femme déçue par le jaillissement de l’homme, une fois – et que sur cette base, la rencontre est difficile. La femme n’a aucune raison d’avoir peur de l’homme, lorsqu’elle s’y prend bien… et ça peut s’apprendre. L’homme n’est pas cette sorte de jouet, un monde où le jouet lui est jouet. Mais il y a du jeu quand même… faut s’essayer, vous ne risquez rien. Et même si vous tombez sur un fou, vous saurez comment vous en sortir, car vous lui êtes supérieure et qu’il n’a rien compris à la vie, l’excessivement fragmenté ! et vous saurez ce que c’est que cette solitude d’être fou. Notre intelligence est de déduction, la votre est d’induction ; le patriarcat de séparation. Je ne sais pas si je l’ai déjà dit, mais la pornographie c’est avilir l’amour que la femme éprouve pour le sexe de l’homme (bon… à 90 % près). Il y en a qui disent que le patriarcat c’est l’avilissement de la femme, hébé moi je dis que c’est l’avilissement de l’amour qu’elle éprouve pour le sexe de l’homme. Voilà. Bon… que ce soit vrai ou faux, le résultat est le même : la rébellion aboutit à la dissolution du patriarcat dans le jus du plaisir ! La méthode n’est pas la même, cependant, pour y parvenir, sexuée ici et là ailleurs.

Par quoi commence-t-on lorsqu’on veut abolir le patriarcat ? D’abord… en sommes-nous capables et serions-nous conscient de la responsabilité d’un tel engagement ? De là, beaucoup peut s’en suivre, non ? Et la sexualité ? Qu’est-ce qu’on en fait ? Autant commencer tout de suite.

Pour sortir, la flèche est à l’envers.

Technolicide social

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L’être humain est un être fantastique (bon… je joue avec le mot…) : dans Reporterre, je vois la photo d’une femme, d’un enfant et d’un nourrisson pygmées devant leur habitation (petite) en arceaux de branches et de feuilles. Et je les vois VIVRE, sans, par rapport à nous, cette technologie qui nous bouffe la vie. De plus, cette technologie (essentiellement minérale) étant un acte de pouvoir sur le biologique (l’organique), elle ira les emmerder dans leurs lieux de vie. Car leur « état » technologique est largement suffisant pour vivre, mais l’hégémonie technologique du reste du monde veut s’accaparer de leur espace vital. Certes, ils ne « vivent » pas si longtemps que nous, mais leur vie est autrement intense que celle d’un quidam qui attend sa retraite au bout de 40 ans de travail ! Chez eux, ces 40 années ont été de vie, de relations affectives, sociales, essentiellement sociales, chaque jour, chaque heure, chaque minute. Oui… la maladie, tout ça… ok, mais quelle est l’intensité humaine de ce vécu humain ? On parle de ND des Landes : là-bas, il se joue la même partition : vivre, sans travail, socialement et organiser la société autour de ce centre. Disputes, ruptures, conciliations, ententes, compromis, réconciliations, amour, don, etc. tout cela fait la vie sociale que la société est à même de réguler par l’entente sociale de ses participants. Et la technologie, ICI, n’a que faire de dominer, car elle y est, à peine, un accessoire : si un problème doit être surmonté à plusieurs, faute de technologie, cette action devient (pas comme les travaux obligatoires de Mao) sociale, car décidée socialement, c’est à dire avec le vécu de faire ensemble ce qui a été décidé ensemble et de réaliser ce vécu ensemble. Je pourrais dire que le progrès n’a été que technologique, comme matière autonome, comme si l’objet de l’humain était « technologie », à envahir le monde : et c’est ce qui s’est et se produit. La technologie, à travers l’humain, a envahit le monde, l’a pollué, pourrit, radioactivé, endocrinisé, plastifié, carbonisé, etc. jusqu’à présenter le monde comme son adversaire, car le monde ne veut plus être plus technologisé, car le monde, la planète n’en peut plus de la technologie humaine ! Le monde, celui qui nous habite, renâcle à tant de malversation et se débat pour survivre.

Sur cette photo on voit l’humain nu devant la vie, mais adapté à la vie. Aujourd’hui, on s’adapte à la technologie, pas à la vie, et les diverses contestations du jour tournent, non pas à un retour bobo de l’existence, mais à la perception du vivant en soi et chez autrui : naissance, éducation, occupation du temps. Ces contestations remettent en cause l’aspect phagocytaire de la technologie sur le vivant. Dernièrement, en conclusion d’un documentaire sur l’emprise de cette technologie sur la planète, le commentateur remarquait qu’à la différente de tous les autres êtres de la planète et que, donc, cette planète a créés, l’humain a le choix de construire, de ne rien faire ou de détruire. Le capitalisme, on le sait, est la destruction systématique pour sa construction et cette conception du vivant ne peut être remise en cause à moins de sa mort et des relations sociales qu’il implique ; en fait, il faudra bien admettre que ce sont ces relations sociales qui sont néfastes, délétères et déprimantes : narcissisantes. Le capitalisme est le fruit du patriarcat au stade technologique présent (depuis à peine 200 ans) de la société humaine. Le patriarcat veut mettre à profit la possibilité de dominer autrui, principalement la femme et l’enfant, quel qu’en soit le moyen (faute de trouver son écho dans l’affectivité qu’il ne peut que réduire à sa maigreur, il le trouve dans la forme de l’outil : la technologie, dont le plus subtile et le plus sublime est l’argent : la valeur matérialisée en minéral, le fétiche de la marchandise) et on voit le présent comme sa conclusion minérale perpétuellement renouvelée. J’y retrouve ce désir de ce pouvoir sur le biologique par le minéral, car, quelque part, ce biologique (l’organique et sa pulsation) est devenu comme minéral et, comme on revient sur les lieux de son enfance pour tenter d’y trouver une solution qui, venant trop tard, s’avèrera impossible, ne fait que réduire cet organique à son fantôme. Ainsi, tant que la technologie tentera de résoudre et de donner forme à des fantômes, ces fantômes tenteront de prendre vie, alors qu’ils en sont pas même de l’ordre du minéral, mais de celui de l’organique qui s’est perdu un jour, quelque part et se poursuit comme l’ouvrier la pointeuse (ou le cheval, l’injonction), en détruisant tout sur son passage, car il ne prend plus alors conscience ni de son harnachement ni de son acharnement.

On va donc dire que ces animaux humains pygmées sont plus sauvages que nous autres, animaux technologisés, mais une fois encore, cette « sauvagerie » est d’autant plus humaine qu’elle est immédiatement vécue en tant qu’humaine, sans intermédiaire d’aucune sorte. Et même si le « sauvage » est la crainte de l’inconnu pour se préserver – c’est-à-dire préserver ce que l’on considère comme l’humanité de son vécu – cette mesure de soi n’est en rien inférieure à ces technologistes qui les ont, de toutes façons, esclavagisés, réduits au travail, à cette maigre conception qu’ils ont de l’occupation du temps : déshumanisée. La plus grande partie des « fictions » du monde moderne ne parle que de cette esclavagisation (sexuelle, obligation au travail, à penser ainsi ou ainsi, à vous conformer à un ordre de soumission), comme du « mal » (le grand méchant loup) et le libérateur est celui qui vous en dispensera des affres. C’est pourtant le vécu général qui, comme un fantôme, se retrouve sur l’écran blême des journaux télé-visés, celui des nuits de vacances ou des smartphones. Cela permet insidieusement ou par la bande, de passer à travers les gorges, les yeux, le nez, les oreilles, le cœur, les effets collatéraux (les diverses pollutions) que de la technologie mal employée comporte, et que ce sauveur sauve, loin du dessein de les faire accepter comme un moindre « mal », mais plutôt comme allant de soi, voire indispensables !

Parti chercher la lune

Chanson

I
Parti chercher la lune
Un matin de novembre
Sur le chemin brumeux
D’un soleil naissant

J’ai parcouru fortune
À courir le cœur tendre
Flotter sur l’écumeux
D’un doux sein languissant

[refrain]
De moi qui t’aime tant
Ne vois-tu la raison
Qui transsude de l’être
Que tu as dans tes mains

Dos au soleil levant
Je vois l’axe horizon
Te cacher disparaitre
Y a-t-il un demain

II
À chacun sa chacune
Aux rencontres y prétendre
Pour mélanger nos vœux
Et nos corps consentants

Rencontrer l’opportune
La douceur qui fait fendre
Quérir le « oui je veux »
Qui entrouvre ton glissant

III
J’ai descendu la dune
Où je veux mon cœur pendre
À ses bras duveteux
Le laisser frémissant

Et te donner ma brune
Jusqu’au bout de mes cendres
Et taire le vaniteux
De mon amour ravissant

Le 2 juin 2017