Le travail comme substitut à la masturbation

La grégarité d’une espèce est donc une organisation basée sur les particularités de cette espèce : les relations « sociales » du troupeau « lion » ou « crocodile » ne seront pas les mêmes que celles du troupeau « gazelle » ou « gnou ». On le sait, on l’a étudié, mais on a hésité à intégrer ces modalités comme des variations d’un même schéma, plus général : la grégarité.

La grégarité est une organisation biologique du troupeau, liée à l’espèce. On va me dire que j’ai trouvé un nouveau dieu qui organise l’ensemble de la création selon un tracé prédéterminé. Je ferai remarquer d’abord, que ces relations sociales, comme modalités, sont bien spécifiques aux espèces étudiées et que je n’y suis pour rien, et ensuite, que chez l’humain – l’animal qui est capable de dire « Je suis en train de vivre » à un autre qui en comprend l’immédiateté de l’émotion – il y a comme un « libre arbitre » qui, pour je ne sais quelle raison, lui permet de nier ces faits : il faut donc, dans nos déductions, en tenir compte lorsqu’on parle d’un dieu organisateur du monde restreignant les mouvements affectifs d’une espèce qui l’a pourtant créé pour se dégager de l’angoisse de vivre sur un Autrui d’autant plus éthéré que cette angoisse est intense. Non, je ne crée pas un dieu encore plus matériel, plus terre-à-terre, plus immédiat que tous les dieux jusqu’ici créé par l’angoisse humaine, je cherche seulement à inventorier les éléments cohésifs du troupeau humain (ou d’un autre d’ailleurs) pour en comprendre les altérations, enfin… au moins celles que je ne comprends pas !

Si on admet qu’une telle disposition individuelle est possible, comment ne pas comprendre qu’elle est de tous et par tous et que dans ce « tous », il y a une universalité ? Et on pourrait même exagérer : ne serait-ce pas parce que ce « tous » existe qu’il est indispensable qu’il se trouve un point commun qui tous satisfait comme manifestation de ce « tous » et que, comme indispensable (qui peut dispenser de penser) il est, non seulement, vécu par tous, mais que c’est le fait de ce vécu qui la manifeste ? Le propre de la tautologie est de définir par soi ce qui n’est que l’autre. Quoi qu’on fasse, on ne sait qui gagne à plus de précision. Autant accepter les deux comme un corps à deux propriétés indissociables et pourtant individualisées. Cela nous permet d’accéder à un niveau où le plaisir et son mouvement ne font qu’un : la vie. Alors, aujourd’hui, en sachant cela, qu’est ce que l’on constate ? Est-ce moi ou nos temps qui se trompent sur la grégarité ?

Dans le « jeu du cache-cache », le patriarcat est toujours culpabilisant, car on se sait si votre partenaire acceptera la rencontre pour ce qu’elle est : un jeu. Tandis que dans une société pour laquelle la sexuation est un outil de la grégarité, il sera agréable de s’exciter du hasard de la rencontre : on ne sait à quel plaisir s’attendre ici ou là, mais là, ce hasard-même fait parti du plaisir dont il faudra bien l’extraire sous peine perdue ! et on sait y faire, car on en a l’expérience vécue.

On peut sincèrement se poser la question pourquoi le monde est si malheureux : misère, famine, prisons, etc. lorsqu’on a déduit que la grégarité permet d’outrepasser ces mauvaises passes ? Qu’est-ce qui empêche ces « mauvaises passes » de se résoudre positivement – de sorte que le positif devienne le point de mesure de la majorité des comportements tant il est intéressant par lui-même ? Il y a un effet de groupe ayant individualisé les incapacités à pouvoir résoudre en groupe ce qui relève du groupe. Cet effet, de quel ordre est-il pour n’avoir jamais point ? Il y a un désordre qui fait que les solutions ne soient pas appliquées, ou même inventées après avoir été comprises, c’est-à-dire, correctement constatées.

J’ai essayé de vivre selon eux et ce ne m’a pas plu, car fade du temps passé au salariat, aussi je me suis écarté… mais ils sont omniprésents, bruyants, irrespectueux des gens et des lois, et, allez-vous savoir pourquoi, protégés par la police qui leur donne toujours raison, pas en dire, mais en fait. La police est une manifestation de ce trouble de la grégarité, il est donc normal qu’elle le protège, à sa mesure. On dirait qu’elle ne voit jamais le mal où il est : elle le voit devant, derrière, à droite à gauche, mais jamais au centre : là où il se trouve. Parfois vous en bénéficiez, parfois pas. On comprend que d’avoir des envies de meurtres n’est pas « normal », mais on ne fait rien contre. L’organisation de la société est au « moins pire », encore est-il qu’elle y arrive… Les policiers sautent si peu sur les cas évidents qu’ils sautent sur tout ce qui n’y correspond pas (c’est-à-dire généralement la vie qui bouge), et il faut aller jusqu’au Conseil d’État pour que la chose trouve une reconnaissance publique jusqu’alors par eux contestée, pour que cela continue en toute impunité, devant vos yeux sans que vous ne disiez rien, sans pouvoir – peut-être ? — rien dire. Je l’ai fait : j’ai contesté des maltraitances au public par la police, sur le lieu et sur le champ : c’est dangereux, tant on lui concède de pouvoir : elle a même acquis le droit de tuer avec les sommations que le mort ne pourra jamais contester. La police est un trouble de la grégarité, assez grave suivant les pays. Nous, citoyens, sommes à la disposition de sa compréhension du monde et son monde est celui qu’elle protège !

Si on me concède que le travail est un substitut à la masturbation, on sera obligé d’admettre que dans une société de travail, beaucoup ne se masturbent pas, et un grand nombre : c’est indispensable pour que la notion même de travail s’y retrouve et soit acceptée comme allant de soi. Je peux aussi le prouver par le contraire : le travail étant ce qu’il est : destructeur, avilissant, pourrissant, hydrocarboné, esclavageant, injuste, bruyant, irresponsabilisant, et j’en passe, il est évident que les gens qui s’adonnent doivent avoir quelque chose qui ne tourne pas rond comme ensemble, comme troupeau (ayant laissé au vestiaire, la grégarité sans trouble) et que ce travail est un outil, un moyen, un moteur, une dynamique en vue qu’elle disparaisse, laissant la place à une sorte de monde où l’âpreté au gain, le désintérêt au plaisir de porter aide à autrui, le sentiment d’être intégré à une marche du temps de laquelle on éprouve le plaisir de respirer, de vivre, et d’être joyeux à convenance, et combien fatiguant ! ou alors on ne donne pas le même sens au mot « masturbation ». Mais à quoi donc alors serait-il la substitution ? Moi, je parle bien de ce qui vous envoie au ciel…

C’est bien parce qu’elle n’est pas satisfaisante que la masturbation a besoin d’un substitut d’abandon et la consistance de ce substitut révèle l’âcreté de cette insatisfaction dans ce qu’il réalise. Une personne contente, pour le moins, ne pensera jamais à mettre en danger ses congénères dans la construction d’une centrale nucléaire, même si c’est pour prouver qu’on est intelligent (alors qu’il ne s’agit que de son emploi, à l’intelligence), et elle réfléchira profondément à l’emploi des hydrocarbures avec d’en utiliser. Elle ne trouvera pas de si tôt des outils de tortures pour obliger ses congénères à dire, faire, oublier quelque chose qui ne lui convient pas en dehors d’un consensus librement consenti.

Substitut ici signifie qu’on en sait pas quoi faire de ses mains autrement que d’éviter ses parties génitales et qu’on prend n’importe quoi d’autre pour les occuper. Seulement, on oublie quelque chose qu’on ne veut plus entendre… et c’est pour cela que le travail est si polluant d’odeur, de goût, de bruit et que les gens y sont sourds, fades, inodores et incolores… et que cela leur convient. Bon… ils se colorent, s’odorisent, etc., se promènent avec des trucs qui font du bruit (on appelle cela encore de la musique compressée), sans qu’ils y éprouve une étrangeté, par habitude. Tout dernièrement, ils portent des outils de communication qui nécessitent des moyens techniques et technologiques incroyables, à base d’ondes électromagnétiques intenses et hyper-rapides, contennant l’ensemble des aliénations qui accaparaient leur aliénation il y a l’espace de dix années. Ils disent en jouir, comme ils disent que les herbes sont plus nocives de 1 à 18000 que leurs médicaments, alors que c’est l’inverse. Le taux de solitude (la mesure extrême de la grégarité en panne) a doublé dans ces dix ans qui ont vu les « réseaux sociaux » s’étendre sur notre pays… et nous sommes un pays développé, pas du tiers-monde ! On n’a pas voulu entendre, on ne veut pas entendre et on n’entendra pas que cela ne marche pas, que ça cloche, que ça coince, mais on en sait pas quoi. Pourtant, les effets sont là, bien devant les yeux de qui veut voir.

Je n’ai pas dit tous les secrets, mais j’espère avoir aidé mon prochain.

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