La couleuvre du mirage

Faudra-t-il que je me fasse à ce qu’on ne cesse de me dire : « l’être humain est ainsi ! » : qu’il pourrit le monde parce qu’il est ainsi, tel qu’il est et que tous les espoirs qu’on peut mettre à une amélioration de la condition qu’il induit par son comportement, est un espoir d’enfant, né d’une bonne mère et doté d’une vitalité qui lui fait vivre la vie comme le plaisir d’un jeu. Cette immixtion de ma vie dans cette vie sociale me donne le privilège de ne pas être d’accord avec sa manière de nous conduire au désastre, à la torture, à la soumission. De toutes apparences, il doit y avoir une raison (ou peut-être la conjonction de plusieurs raisons) à cause de laquelle l’humain se comporte comme cet « être » que je côtoie. Son incapacité à sélectionner ce qui est pour lui important, au sens où lui et sa progéniture peuvent vivre décemment – ne serait-ce que le lendemain parce qu’il a pris les dispositions adéquates pour l’assurer – est manifestement déplorable : la pollution de tout, mais vraiment de tout ce qui est mort ou vivant, ne me permet pas (et m’empêche même) d’être sûr de pouvoir échapper à cet empoisonnement général ; que dire de lui qui est aux premières loges ?

Et s’arrêterait-il de produire ce non-sens ? Non ! Il continue, ardemment, suant de fatigue, de maladies, de cet empoisonnement même, de produire cette situation qui va s’empirant. Il continue de se rendre, chaque matin, au bureau, au ministère pour donner l’autorisation de cette production, à la centrale nucléaire, à l’usine de produits chimiques, à ses aliments préparés qu’il donne à ses enfants, à bouleverser la terre avec ses charrues à 50 cm de labour, à épandre ses produits « phytosanitaires » sur la vie qu’il n’a pas comprise et qu’il tue pour des demi-siècles et dont il va manger gaiement les résidus de ce système dans la peau et la chair de ses aliments. Il continue de se servir de ses moyens de communication à micro-ondes qui lui cuisent le cerveau et bouscule la vapeur d’eau de l’air indispensable à l’existence. Il continue de produire des « normes » de protection de la vie, selon les principes et les modalités de « la production du profit ». Alors qu’il sait, voit, constate, calcule que la méthode qu’il emploie pour « éduquer » ses enfants est un fiasco (sans compter qu’il ne se penche pas réellement sur le contenu de ce qu’ils apprennent), il continue de les immobiliser, eux frétillants de vie, sur les bancs de ses écoles, de l’âge de 3 ans à celui de 25 ans, avec pour résultat cette immobilisation générale de la vitalité indispensable pour une révolte contre ces conditions d’existence. Il continue parce qu’il est incapable de s’organiser collectivement à résoudre ses problèmes, il « élit » des « élus » qui décideront tout à sa place, surtout les mensonges qu’ils ont promis de ne pas réaliser, en gardant la police sous le coude que ses lois organisent de sorte à conserver ce statu quo essentiel pour continuer sur cette lancée.

L’ensemble de la société est organisée sur la production du profit : c’est cette maladie qui dirige le monde humain et qui pourrit – en le désertifiant, en l’assoiffant, en l’affamant, en l’handicapant, en le mutilant, en l’empoisonnant, en l’étouffant – tout sur son passage, bien pire que le bulldozer de Michael Jackson et pas de petite fille pour vous présenter la fleur qui a été sauvée du massacre ! Je n’attends aucune image qui redorerait l’espoir enfantin d’y voir apparaître un miracle, puisque ce sont toujours des adultes qui les manipulent de sorte que tout soit compliqué, surtout de s’organiser pour cesser ce désastre qu’elle cache en colorisant ce miracle – la prospective du gain – de la teinte de l’espoir.

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