Régrès du mature

Il est tout de même « étrange » que depuis qu’il a découvert la poudre et ses dérivés ou variantes – découverte patriarcale s’il en est – l’usage qu’il en a fait a toujours été de tuer autrui par l’explosion, lui, le militaire qui aime tant la cantinière, la femme destinée à suivre son train. L’homme est ici armé d’un ustensile propulseur d’objet éjecté à la site d’une explosion. Avec le lancer du cailloux, l’arc, le propulseur ou la fronde, nous avions affaire à l’expression d’une impulsion physique issue de la personne-même ; avec la poudre patriarcale, la cible est atteinte par une substance tierce, retenue dans une gangue et mise à feu pour déployer instantanément son énergie. Comme si la force initiale de l’impulsion s’était montrée d’une telle faiblesse qu’il faille recourir, non pas à l’outil (pierre, arc, jet), mais à la puissance du bruit et du feu qui éjecte l’outil, le projectile pour affirmer son pouvoir sur la nature, et aussi bien ses congénères et non plus pour se nourrir, mais pour éliminer la concurrence à la domination sur ses congénères. On va me dire que c’est le progrès. Oui, certes, mais ce n’est que le progrès patriarcal, comme le vaccin de la tuberculose l’est pour guérir des individus laissés dans des conditions de salubrité misérables, où la femme et l’enfant travaillaient plus longtemps que l’homme dans des conditions usinaires encore plus déplorables ; ou comme la transplantation d’organes l’est sans considérations de la question de la raison du pourrissement de l’organe remplacé : le progrès « patriarcal », rien de plus.

C’est la mentalité patriarcale (sa morale) qui donne le goût, la couleur et le bruit du progrès à des choses, des événements qu’il a lui-même provoqués, de longue date, de sorte à devenir une « maladie » qu’il se doit de guérir pour qu’il ne meurt pas, lui. C’est identique au processus du capitalisme : ses différentes variantes et évolutions sont des progrès pour qu’il ne périclite pas, pour demeurer en vie, aujourd’hui à travers un « progrès » technologique (le bit informatique a remplacé la poudre à canon) qui détruit d’autant plus l’environnement dans lequel il poursuit la vie que le nombre de ses organismes a centuplé. Ce « progrès » envisage une telle dégradation de cette planète qu’il escompte pouvoir – et s’y emploie – exporter ses poubelles (ou ceux qui les produisent) sur mars ! Il est évident que le progrès progresse, puisque les amendements à sa propre conduite mène, par sur-ajouts, le patriarcat à s’améliorer bribe par bribe, mais le fondement de l’humain, sa socialité, décroit à mesure (et corrélativement, la solitude et individuelle et sociale) que l’emprise de ce progrès imbibe les âmes. Le progrès s’est immiscé dans les âmes pour se substituer à l’intensité du vécu à la fois individuel, affectif et social de chacun de nous ; et la puissance où en est arrivée l’image est la publicité de ce progrès, c’est-à-dire, le nauséabond de tout ce qui s’en échappe.

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