Voie du si-elle sinon rien

Je me fais chier : est-ce que j’ai droit de le dire ? Je ressens comme des contraintes. Sont-elles légitimes ? Ce que je veux dire : Sont-elles suffisamment fortes pour outrepasser la mienne ? En un mot comme en cent : ne suis-je pas prétentieux de « demander » une telle question ? Moi, je dis que oui.

Bon… cela signifie que j’ai raison, en somme, non ? Donc, j’ai la solution en moi… cela signifie que j’en ai rien à foutre de vos considérations, que vous êtes trop chers, de toutes façons ; cela signifie que je suis capable de penser par moi-même et que je le sais ; cela signifie que je sais que ce que je veux profondément et indéracinablement avoir des désirs légitimes et et en être, parfois à plusieurs, responsable ; cela signifie que le Christ devait prendre un sacré pied lorsqu’il affirmait qu’il était le Fils de son dieu, dont les voies sont pénétrables avec plaisir parce qu’il apprécie en révérence à sa féminité ce qu’elle attend de toi : une pulsation assez commune (en fait, en ce moment, je ne suis pas trop sûr de moi, c’est pour cela que je trébuche sur certains mots, n’étant pas tout à fait certain de pouvoir les vivre [ou de les vivre] présentement) pour pouvoir, si je le pouvais, me décrire réellement.

La confiance que l’on adopte face à un écrit, mes chers amis, doit être facile à déceler : ses mouvements doivent être fluides, ces raisonnements doivent se succéder avec la logique attendue, le fond de son vrai vous touche, il ressort de l’affaire quelque chose de plaisant, de facile et d’accessible ; et non dénué d’humour, sinon même d’amour. L’amour est cette chose qui vous fait désirer à l’autre ce que l’on voudrait se faire en mieux, bien évidemment. Mais pas seulement : la question décisive est : Est-ce que ce type me sépare ou non de mes semblables ?  Passé ce dernier test, on y va, on peut se fier : ce qui adviendra est le meilleur !

Il est vrai, comme lors de l’acte sexuel, qu’on gardera toujours comme un tout petit coin de l’œil ouvert à la réalité… au cas où on nous ferait une entourloupe laquelle, lorsqu’on est amoureux de la danse bretonne, ne vous laisse aucun choix. La liberté c’est le choix de ses contraintes, d’accord, mais encore faut-il qu’elles le soient sans contraintes. Moi, ce que je pense, c’est que c’est possible en en discutant et que ce ne doit pas être si compliqué vu ce que j’en sais. Je vais parler des problèmes de la grégarité.

Tant que les flics ne m’ont pas pris, je n’ai rien à craindre, je le sais, mais c’est très chaud quand ils vous prennent (pour dire ça, il faut avoir frôler la mort). Car je l’aurai écrit, et ça, on peut dès à présent me lobotomiser, ce qui est restera, même si je ne peux plus le savoir. En fait, ce n’est plus (ou pas) pour soi qu’on le fait, mais pour une sorte d’avenir bourré de l’espoir de vivre mieux, c’est-à-dire ceux qui vont nous suivre et qu’on a mis au monde. Sauf le respect que je leur dois, les flics eux-mêmes sont près à changer quelque chose dans leur organisation pour ce bien-être qu’ils ressentent en eux (la décontraction qu’on ressent quand on se sent entre amis), c’est quasi perceptible : la rébellion a besoin de s’entendre de sorte qu’elle se réalise.

Néanmoins, je dois soulever ici une immédiateté qui nous colle à la peau : la femme, au moins celle que j’aime. Bien sûr démocratiquement, si il y a plus de femmes malaimées que de femmes aimées, on va perdre tout de suite : ce problème doit être résolu. Je propose comme action que les hommes cessent de prendre prétexte de leur sexe pour ne pas satisfaire l’autre sexe, et réciproquement jusqu’à ce qu’ils se mélangent à se perdre et ne plus faire qu’un volontaire et prêt à se diviser pour les plus administrateurs. Je pense que c’est un point de départ concret, radical et sans fioritures. Les dentelles contre les binious pour une même danse. Si vous ne le savez pas encore, j’en ai fais ailleurs part et je reste mystérieux, comme une pudeur par rapport au qu’en-dira-t-on. Wilhelm Reich invoquait en nous le désir de ne pas sombrer dans ce genre de dénégation destructrice (rappelez vous : la confiance). Moi qui suis plus proche de la chair pour elle-même et sa chaleur, je dirais qu’il faut écrire, pour soi-même les promesses qu’on désire se réaliser. Hein ? De quand j’ai commencé, j’ai pas tout de suite  compris l’affaire : de quoi il s’agit, pourquoi je suis là et qu’est-ce que j’y fais, c’est tout de même assez épatant… tentons d’en jouir. Oui… j’ai de la mémoire.

C’est quelque chose qui me parait assez évident tout en me paraissant logique. Il ne s’agit plus d’un « il » et d’un « elle », il s’agira sans être marié d’être un « nous » (dans le sens de « on » : bisexué). Les filles doivent pouvoir danser à leur manière sans que les hommes aient à redire : ça doit être clair. Pareil pour le reste. C’est là une concrétion de la liberté indéfectible, indestructible et inaliénable. Point besoin pour cela d’écrit, la seule image suffit sous-légendée « À NOS amours ». Sacré programme, non ? Au moins un point d’appui.

Rappelons-nous sans cesse que l’homme est une énigme pour l’homme que parce que l’homme aime les énigmes.

Espoir vague

Tu es intimement accrochée
Aux sensations que j’ai de la vie
Comme les algues au rocher
Les mouvements de la mer

Ondoyantes mouvances sur les
Accroches du temps qui passait de toi
Plaisirs de bien-faire pour autrui
Une eau des plus claires.

Et il n’y a plus de mer.
A-t-on plus triste ? Encore
Eux du reflux ont-ils l’espoir !
Moi, de l’absence, mes verdures
Sèchent. La mer s’est éloignée.

Le parfaire s’évapore vers toi
Sans que tu le vives plus : mon
Âme n’a plus tes murs pour rempli
Ton écho s’égare de mousses arides
L’alentours pique d’insensible

Me voilà nu de réponds
Ma pompe vide mon cœur
Une image n’a pas de corps
Ni ta chaleur ni ton souri
Je m’invigorise, faiblis

A-t-on plus triste ?

Ce brassement dont je parle
Est celui de la détente qui
De ses tentacules multiples
Et son absence m’ôte toute vie :
Ça me contracte et c’est pénible.
Il me faut trouver une solution.
Ce n’est pas facile de vivre contracté !

Je pense que l’amour est né du jour où
L’autre vous a décontracté, non ?
Un des plaisirs de la vie est de se réaliser.
Quoi de plus plaisant que de le faire à deux !
Et devenu seul, quoi faire ?
C’est pas facile de se réaliser.

Donc, il faut trouver quelque chose d’autre.
Aimer ce qu’on fait, d’accord… mais
Que fait-on réellement ? Comptons
Sur cette vague d’espoir pour
Humecter ma folâtrerie.

 

Ce que je demande

Ce que je demande au Divin Couple Céleste, dont l’harmonieuse bonté irrigue la surface de cette terre de sa beauté, de sa générosité et de son universelle fonctionnalité, c’est que la joie de vivre exsude de mon cœur et qu’Il me donne à cœur le cœur à l’ouvrage.

Ô toi la vie qui m’est si chère te tendre, ô toi la vie qui m’est si chère et tendre, combien tu donnes et combien tu prends à la fois, combien tu donnes et combien tu prends à la foi,

De ces richesses qui comblent mon âme, de ces richesses qui comblent mon âme, de ton amour, de ta beauté et de ma foi, de ton amour, de ta beauté et de ma foi !

AnnA encore une fois

À qui, à qui, finalement, trouver du réconfort ? Et sous quelle forme ? N’est-ce pas ma demande qui ne correspond plus à la réponse que peut me donner la réalité ? J’ai véritablement été imprégné, comme une éponge aux milles trous, de la saveur et de l’âme de AnnA et voilà qu’elle m’échappe et tous ces trous deviennent vides que remplit l’absence du temps des amours. Si AnnA voulait un moment combler les demandes de mon cœur, une décision qu’elle a prise vers octobre 2015 a désemparé cet accès à un commun. Cela, je dois en prendre compte, puisque depuis, je n’ai pas réussi à invertir ce revirement. Pour éponge aux milles trous, ils ne seront pas comblés par le désir de mon âme, AnnA, et pour autant que je continue de vivre et de respirer… et de croitre, à moins de cesser de respirer, j’existe encore, même avec ce désir inaccompli.

Mais ma vérité ne peut pas être sous cet inaccomplissement, bien sûr, puisque je croîs, je continue de vivre, même avec ces milles trous vides de ton âme, AnnA. Encore que ce vécu me dégrade, m’a atteint très profond en moi, certes sans me souiller, mais avec cette sensation d’avilissement du dénigré, j’ai crû encore. Et mon expérience vécue s’appuie sur ce vécu. Je bâtis, je suis un bâtisseur, je continue de bâtir.

Ce qui reste de ces moments si prégnants, si affolants de vécu, si forts d’impression, si impliquants, si présents encore et si fluides à la fois, c’est une présence. Et celle-là qui doit s’estomper, au grand damne du vécu. De toutes façons, moi, il me faut aussi une femme qui aime mon sexe… ce qu’elle problémise excédentairement, car j’aime le sien autant que le mien et peut-être même plus ! car j’aime vraiment le sexe de AnnA, sa bourre, ses lèvres, son vagin et son clitoris sous son capuchon, son ventre et ses lèvres, elle. Mais ce que j’aime le plus chez AnnA, c’est sa manière de penser qui me surprend sans fin de son intelligence et de sa féminité, de sa féminité. J’ai un ressenti de son féminin incroyable… je me suis dit même que cela fleurait la pornographie tant il est intense. J’en ai un tel espace d’ouverture, un si grand gonflement que d’y souffler encore semble insuffisant tant l’ampleur du volume de mon poumon me semble faible ! AnnA élève en moi une notion du beau qu’elle ne soupçonne pas, hélas. Il est rempli d’un désir sexuel, de mélange et de frictions douces et complices, du plaisir de sentir sa glissance, quoiqu’elle se raconte alors que cela la problémise excédentairement, de ces moments où le partage devient don, l’échange sans contre-partie car le simple écho vous remplit d’aise. J’ai juste trouvé une clé la dernière fois qu’on a fait l’amour, qu’on a baiser (je n’en dirai rien du secret) ensemble. Et cela rajoute encore à ces couches de désirs, plaisirs déjà existantes : se joindre au mieux pour connivence de l’autre.

Mais ce que je peux penser aussi (et cela me présuppose une extérieure bouée secourable) c’est que j’idéalise mon amour pour elle ; ou même que je l’idéalise, elle. Oui, je le peux… mais cela irait-il quelque part de moins qu’être quelque part souffreteux ? Il va falloir quand même s’en sortir. Ce que j’aime dans la vie, c’est que, bien qu’on sache le général parfois assez précis des affaires, on en sait jamais ce qui va se passer du fait qu’on désire que les choses se passent comme on voudrait qu’elles arrivent à soi : on désire tant qu’elle soient belles, chaleureuses, vivantes, rieuses et riantes, fructifiantes pour soi et pour l’autre, la totale. Et dans le cours du vécu-même, les imperfections sont le sel de la rencontre qui vous plait tant. Allez-vous en savoir pourquoi ? Un DON de la nature, du temps, de l’existence ! Si peu exploité, alors qu’on exploite le peuple avec tant d’âpreté !

Le minet né râle et l’or gaga nique

Dans l’immensité du gigantesque monde minéral, nous existons, nous, organique. Hormis l’organique qui en est relativement à l’extrême de l’extrêmement peu, tout ce qui nous entoure est minéral ; et nous existons, nous , organiques. Nous existons sur un morceau de minéral dans une immensité gigantesque faite de minéral, où l’organique y est proportionnellement ridiculement quasi-inexistant. L’organique, sur ce minéral rond qu’est notre planète, est lui-même – alors qu’il a la chance d’exister – ridiculement insignifiant : même si on comprenait dans cet organique la hauteur de la plus haute bête (10 m) comme volume en sur-ajout de ce qui est réellement organique, le rapport des volumes serait de 1,4% : imaginons ce rapport quant à notre système solaire ou à la galaxie ! Une extrême rareté extrêmement rare. Et, nous-mêmes, humains, en sommes une autre rareté quant à l’existant de cet organique : le volume des insectes et des autres animaux nous surpasse de ce même 1,4% ! Nous sommes une forme de l’organique très rare, relativement à l’existant organique, qui est lui-même très très très très rare relativement au monde minéral qui nous entoure. Et ce que nous nommons la « Vie » est de cet ordre, ne serait-ce qu’en considération de cet organique et plus encore en comparaison à ce monde et cet univers du minéral qui ne se meut pas par lui-même en posant ses pieds sur du minéral.

Le catalyseur, l’interface entre le minéral et l’organique, est l’eau ; l’eau est le catalyseur de la Vie.

Alors, nous humains, avons trouvé le pouvoir de modifier le minéral et de nous approprier quelques-unes de ses propriétés : la chaleur, la dureté, le tranchant, la solidité, une forme de pérennité, la malléabilité, la radiation atomique, la fluidité, le poids ; et à travers les plantes, la transmutabilité. Effectivement nous pouvons considérer le minéral comme immensément inépuisable – encore que nous nous apercevons qu’il n’en est rien, car l’appât du gain corrélatif à la recherche éperdue de la puissance sociale, nous focalise sur des usages ridiculement idiots de ce minéral que nous avons réussi à épuiser dans sa forme complexe et raffinée. Et cette planète est pourrie. Si pourrie que le végétal, l’organique qui ne se déplace pas car il puise en terre par ses racines sa force organique, vivante, vient à nous manquer par manque d’eau, la catalyse de l’organique.

En tant qu’organique particulièrement complexe, doté d’un sens de rétroaction et d’anticipation plus développé que les autres animaux et qu’il peut communiquer à autrui sans trop d’ambiguïté, nous devrions être à même d’éviter ce problème de catalyse aqueuse, son non-fonctionnement – loin de parler d’optimalité. Mais il n’en est rien : un pouvoir est supérieur à l’existence de ce problème ; le manque et l’impuissance qui sont l’avenant de l’apparence. Les autres animaux ne posent pas ce problème du fait d’exister ; nous oui. Nous sommes notre propre problème et nous posons en problème l’organique lui-même car avec nous, par notre action, il ne fonctionne pas correctement en notre faveur. L’appât du gain et la recherche de la puissance sociale nous ont fait perdre de vue, tandis que nous pouvons le savoir, le reconnaître et agir librement en conséquence, l’aspect catalytique de l’eau, unique, dans la transformation du minéral en organique et de l’entretien de ce dernier en « Vie ». L’eau est pourrie ; nous avons pourri l’eau par une réorganisation (nommée « gestion » à des fins de gain et de puissance sociale) du minéral dont elle est devenue excessivement chargée.

Au détail près, nous qui sommes ridiculement microscopiques par rapport à l’existence gigantesque du minéral, nous avons réussi à pourrir l’immense planète (c’est-à-dire principalement à corrompre son eau) sur laquelle nous existons, non pas parce que nous sommes « intelligents », non, mais parce que nous sommes des idiots : si nous étions si intelligents, nous ne nous serions pas mis dans une situation si con.

Le temps ne s’accumule pas, il va son cours qui est unidirectionnel. Cela révolte parfois et on cherche à trouver sa réversibilité, par le seul jeu selon un protocole assez vieux qui a défini et délimité les règles s’appliquant à lui-même et se vérifiant d’après elles seules. C’est facile ! Avec une telle démarche de l’esprit, qu’une chose puisse ou non être vivante (présente) devient une énigme dès lors qu’elle est enfermée dans une boite opaque à la vue après qu’on l’y eut mise… vivante. Le temps ne s’accumule pas sur le temps, l’existence ne s’accumule pas sur l’existence, ce n’est de mystérieux que pour les ignorants. C’est ce genre d’esprits qui affirment que le minéral peut éprouver des émotions – même le désir et la chaleur de la correspondance – et s’évertuent à le prouver en travaillant à la robotisation des mouvements de la vie, mouvements qui resteront minéraux. Le minéral ne peut pas éprouver d’émotion, c’est une propriété de l’organique, du mouvement de l’eau qui se ressent : il ne suffit pas de l’organiser, ce mouvement, pour qu’il se ressente ! Le temps ne s’accumule pas, il va son cours qui est unidirectionnel ; l’existence ne s’accumule pas sur l’existant : l’existence existe ; cette pensée n’est pas évidente pour qui penche pour le minéral, quand l’organique l’effraie. Il pense comme le minéral, pas comme un organique !

Il est pourtant aisé de distinguer le minéral de l’organique en ceci que ce dernier est doué de pulsation et que le premier non. La pensée minérale pense l’organique immobile comme le minéral, aussi dur, froid, tranchant, etc., or l’organique n’a pas ces caractéristiques : il pulse, il est doué de respiration, de contraction et de détente alternées dans le cours du temps irréversible. Imaginer un temps immobile revient à minéraliser l’organique, encore que ce soit un vain vœu, puisque le temps suit son cours et permet donc la pulsation de l’organique. Si on peut penser la pulsation du minérale, elle est si lente qu’on a droit de la penser immobile ; tandis que celle de l’organique reçoit le nom de « vivant », tant sa pulsation est immédiate, à l’échelle d’une rotation de la terre autour du soleil, de celle de la lune autour de la terre et celle de la terre autour d’elle-même. C’est cela, le temps qui va son cours, à l’échelle de notre organicité !

Le temps ne s’accumule pas, pas plus que l’existence ne s’accumule sur elle-même. Le temps ne s’additionne pas à lui-même, ni l’existence. Dès lors, il ne peut se soustraire à lui-même, ni l’existence.

Par contre, le cours du temps, comme celui de l’existence, change, se modifie. Dire qu’il évolue est lui donner une qualité moins bonne avant qu’après : c’est une subjectivité minérale… enfin… de l’humain minéralisé ! je veux dire qui ne connait pas déjà le plaisir d’exister, qu’il est dans la douleur continuelle d’exister. Et il reproduit le monde à son monde en polluant de cette pensée l’eau qu’il minéralise à outrance de cette douleur de perdu, de son âme perdue, minéralisée : qui a perdu sa pulsation, l’ampleur de sa respiration. On retient sa respiration lorsqu’on affronte l’effroi.

Le temps, ni l’existence, ne sont organique ou minéral, mais le minéral et l’organique traverse le temps l’un et l’autre tandis que le temps est leur support et l’existence la manifestation du temps. Particulièrement l’organique, avec son échelle de temps et de concrétions vivantes, traverse le temps et l’existence. Ce que nous nommons la vie est une traversée du temps : on nait, on vit et on meurt dans l’écoulement du temps. Invoquer un dieu, par exemple, est petit pour une telle grandeur, aussi petit que celui dont la réflexion s’arrête à ce qu’il n’est pas sans percevoir ce qu’il est qui est bien suffisant pour vivre avec grandeur.

Celui qui réfléchit les images, aujourd’hui, a perdu le merveilleux mouvement de l’organique, de sa respiration, de sa reproduction, de sa traversée du temps. Cette crainte se transforme en reflet minéral de l’organique, l’accumulation et non plus la division. Le minéral ne suppose pas que l’organique ne s’exprime que par le mélange avec autrui, socialement, affectivement, sexuellement, selon un rythme qu’il a transformé lui-aussi en minéral. L’humain a transformé le temps en une substance minérale, alors que le temps, comme l’existence, n’est ni minéral, ni organique : le temps est le support de l’existence et l’existence est la manifestation du temps. Changer la nature du temps et de l’existence en ce qu’ils ne sont pas, c’est perdre et l’un et l’autre, avoir perdu le contact avec l’un et l’autre et vivre comme un zombie, hors de la substance et du temps. Ce monde n’a plus que des zombies qui vont de chez eux à leur « travail » suivant un temps minéral qui rend leur existence elle-même aussi minérale.

Dernièrement, on a dit que le minéral, l’intelligence artificielle, a « joué » aux échecs ou au go et qu’il est déprimant qu’elle ait pris le pas sur l’organique. Que c’est étrange ! Si l’organique déprime face au minéral, c’est qu’il a oublié de reconnaître qu’il est pulsatile. Le minéral ne peut pas « jouer » car seul ce qui pulse le peut et dire que le minéral a « gagné » sur ce qui pulse est réduire ce qui pulse, ce qui seul peut « jouer », à la raideur du minéral ; et c’est avouer incidemment que l’on pense, soi, sa vie et ce qu’on en fait comme du minéral et non pas en organique, en pulsation. Tout au plus peut-on dire que l’organique s’est amusé à se faire perdre face au minéral selon les règles que lui, organique, a établie pour ce jeu.

Le rythme de l’existence est pourtant bien connu : on le nomme « saut qualitatif » en dialectique, ou « fonction de l’orgasme » par celui qui a réuni l’énergie de la vie avec sa perception. L’animal pour qui les images, quoique virtuelles, sont des réalités a égaré ces vagues de l’existence et du temps pour les rendre linéaires, minérales : il ne parie plus que sur des idées fixes, puisqu’il ne perçoit plus le caractère de flux et de reflux de sa propre pensée dont il attend un long fleuve tranquille, un peu comme le suintement du bruit des pneus de son auto-mobile sur le macadam, ou le silence lourd du jeu stupide de l’intelligence se manifestant dans les piscines d’eau irradiée des centrales nucléaires.

Le 5 (cinq) mars 2016

Les graines ont germé
Qui montrent leur parure
Un peu plus d’un mois semées
De rien, gorgées d’eau, verdure.

Il y a une réalité féminine
Complètement sortie de ses rails.
Toute la puissance de toutes
Les centrales nucléaires du monde
Ne suffisent pas à la mesure
De la puissance du plaisir
Même individuel, de la provocation
Du plaisir. Rien n’y fera :
Elles sont minables.

Le monde du plaisir a 2 goûts :
Celui du sexe, surtout quand
Il est humide : il a un sel
Qu’on ne saurait imiter ailleurs.
C’est difficilement résistible.

J’adore la pornographie quand
Elle est sensuelle. C’est-à-dire
Qu’elle laisse présager un véritablement
Chaud plaisir, ne serait-ce
Que pour moi… et pour la fille
D’autant plus. Je ne sais pas
Comment je saurais être plus
Jouisseur, mais ça fait
Vachement du bien.

De jouir ça fait plaisir
Ha ! le vrai : le possible.
Et se détendre. De loin,
Le palmier cache l’oasis.