Bonjour l’ambiance

A-t-on remarqué qu’il n’est pas possible d’aller demander à son médecin une drogue « récréative », même en tant qu’antidépresseur ? et que de toutes les drogues légales, aucune n’est « récréative ». Et, aux antipodes, toutes les drogues récréatives, c’est-à-dire qui sont susceptibles de vous apporter un peu de joie, de force, de plaisir d’être ensemble, etc. sont illégales (alcool et tabac sont de moins en moins tolérés), elles sont interdites d’usage à moins de passer, socialement, pour un délinquant. Cela nous donne le goût de cette société pour le plaisir, qu’il soit ou non lié à la prise d’une drogue.

Toutes ces drogues « récréatives » sont illégalisées sur le prétexte qu’elles sont susceptibles de vous rendre malade, physiquement ou psychiquement, de vous transformer en asocial ou en zombie, de vous empêcher de travailler, etc. Mais si je compare cet illicite au licite des médicaments, lorsqu’on lit le petit papier qui accompagne chaque médicament légalement délivré sur la marché, les « contre-indications et effets secondaires » sont terribles, puisque la quatrième cause de mortalité est la prise de ces médicaments légaux (entre 13 à 34 milles morts par an). On affirme que les drogues récréatives sont nocives pour le cerveau et le reste du corps… et à combien se mesure la nocivité de ces médicaments légaux ?

Le nombre des personnes qui ont utilisé le cannabis comme drogue récréative sont près du tiers de la population française (il y a eu 122 439 arrestations pour usage en 2010). Même en multipliant par cent les déprimés que le cannabis « pousse » au suicide, les morts de la route, etc., un tel chiffre similaire à celui des morts par prise de drogues légales n’est jamais atteint. Et pourtant, elles sont interdites d’usage.

On veut nous protéger de la « récréation » dans ce monde de sérieux, où un premier ministre veut nous faire voir des terroristes partout et en tout temps au travers de ses yeux morts. Les drogues « récréatives » vous font certainement voir ce monde en soulignant son aspect ridicule auquel on aurait l’idée d’apporter quelques modifications plus rigolotes qu’il ne l’est, sans trop de difficultés. De les illégaliser vous laisse dans cet étrange état d’incertitude où vous êtes illégaux sans vouloir l’être, une forme de rébellion douce, mais du côté perdant : c’est un peu oppressant pour de la récréation… et le plaisir qu’on en attend.

Ce n’est pas qu’on soit plus intelligent dans l’usage des drogues récréatives que sans : ce n’est pas le but recherché ! Ce que l’on recherche, c’est le contact avec autrui, avec un idée, ou quoi ou qu’est-ce, de se récréer. D’ailleurs, ce monde, est-il plus intelligent parce qu’il n’utilise pas officiellement de drogues récréatives ? Car ses drogues légales sont bien plus destructives et nocives… et ce monde n’en est pas meilleur. Une grande partie de nos policiers comme de nos « responsables sociaux dits ‘politiques’ ou nos bureaucrates » sont sous antidépresseurs, ils font un usage de l’alcool qui n’est pas responsable, pour oublier la pauvreté de ce qu’ils sont obligés de faire de leur quotidien, les militaires doivent aller à la guerre sous amphétamines, on sait que les gens du showbiz optent pour la cocaïne, etc. Il n’y a que les égarés qui se perdent dans les drogues dites dures, car ils n’ont pu trouvé de bouée alors qu’ils se noyaient dans les affres de la terreur psychoaffective… sur laquelle les drogues licites sont de peu d’effets sinon qu’abrutissants.

Il s’agit de la propension de la société présente au plaisir en en mesurant la tolérance quant à la licité qu’elle laisse aux gens ; et, parallèlement, les effets qu’elle procure à travers ce qu’elle met à leur disposition pour ce plaisir de vivre qui est proche du nul ou lui est nocif.