L’angoisse d’orgasme, socialement

D’un point de vue central, la société a besoin de l’« angoisse d’orgasme » pour que les personnes se retournent sur la marchandise (un kilo de patates, un loyer, une prestation de service physique, un téléphone portable, une heure de thérapie, etc., mais plus précisément sur une chose qui possède une charge affective, publicitée par la société) afin de décharger une positivité existentielle, un choc s’apparentant à une décharge afin de trouver ainsi une satisfaction temporaire ; et puisque pour s’accaparer d’une marchandise il faut de l’argent, ces personnes doivent aller le chercher au salariat, c’est à dire consacrer du temps à l’acquérir, généralement à faire n’importe quoi, et même nuire à leur congénères et à notre environnement.

Par la bande, on voit que le salariat qui est une déresponsabilisation de la personne sur ce qu’elle produit réellement (une centrale nucléaire, une paire de menotte, une bombe, un service internet, etc.), sur ce que sa vie produit à la vie, le salariat, dis-je, a besoin de l’« angoisse d’orgasme » pour survivre et on voit aussi que la personne survit, elle, à travers cette angoisse comme condition sociale d’existence inhérente à son activité sociale. C’est pervers puisque cette angoisse est le contraire du bonheur recherché : elle est fournie par l’organisation sociale elle-même et elle est le substrat de cette organisation sociale, l’assise affective sur laquelle elle perdure. On le sait, c’est le travail qui pollue notre environnement et détruit tout le vivant sur son passage, dans son processus même, et par son résultat, la production de la vie humaine et la désertification du monde ; et aussi bien, le capital se nourrit du travail et sait le rendre obligatoire avec l’aide de sa police qui obéit à son ordre de justice.

On affirme qu’il est indispensable que la vie croisse en disant que la croissance est indispensable à la vie… on se demande bien de quoi, sinon que le renforcement dans leur cuirasse de richesse argenteuse de ceux que l’orgasme effraie le plus. On le sait, mais cette « angoisse d’orgasme » rend aussi les gens envieux, peu courageux et en adoration devant plus « riche » que eux et ça dure et plus ça dure et plus c’est dur, pollué et désertifié. C’est « cela » l’angoisse d’orgasme et son résultat, sa fuite devant elle-même.

On en peut rien faire, car cette angoisse se fuyant elle-même par nature — à moins de prendre de radicales options asociales, c’est à dire non-morbides, respectueuses d’autrui, non-intrusives, non-invasives et renforçant la féminité devenu un fardeau pour la femme, et l’enfance pour l’enfant — ne peut rien faire tant qu’elle reste dans son cadre : celui du monde marchant.

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