Pêche mêle bas

Violence latente et violence manifeste. Coupable parce que je me sens seul dans une détresse que je fais mienne alors qu’elle a été induite par autrui, socialement puisque à deux ! Ce qu’on me demande ne fonctionne pas et c’est à cause de moi, car si on me le demande, c’est que cela est possible puisque, eux, l’on fait. Le but à atteindre est un « meilleur », bien sûr, mais proposé par autrui. S’installe une relation affective entre ce qu’on me demande et ce que je n’arrive pas à atteindre qui a pour résultat que je deviens dépendant de ce qu’on me demande et ne peut plus agir seul hors de ce qu’on me demande ; et de la structure qui a établi cette relation (CRS, usine, etc.). L’humain est un être social, c’est à dire grégaire, qui aime être en troupeau ; réfléchissons à cela. Il dispose des outils, ceux de la grégarité, indispensables pour réaliser cette socialité, cette grégarité :comment se fait-il qu’ils n’apparaissent pas sous la forme de la satisfaction, mais de l’autorité, de la discipline, du malheur, de la misère, etc. ? Nous devons tout revoir selon le plaisir de vivre en troupeau. Comment ce fait-il que des troupeaux se disent plus « sociaux » que d’autres et s’arrogent un droit sur d’autres gens qui, eux, sont vu, désocialisés, comme ne faisant parti d’aucun troupeau autre ou dont le troupeau n’a pas à exister ? Pourquoi et comment un leader devient-il un chef ? Pourquoi pérenniser une leader ?

Il est tout de même étonnant que la liberté soit si liée à la violence, si liée qu’elle semble indissociable. Je veux dire que la conquête de la liberté peut être violente, mais dans ce cas précis de la conquête, il n’y a pas de liberté, la liberté n’existe pas dans la violence, car la violence implique toujours le dénigrement de la liberté d’autrui. ?????

Il y a une anti-thèse entre la peur et l’amour : quand la première existe, la seconde ne peut exister pleinement ; et quand la seconde existe, la première n’a pas de manifestation sinon que de destruction.

Heurts divers relatifs à l’heure d’été

On dit qu’il y a 440 GW d’énergie électrique d’économies réalisées lors du passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été, soit, sur les 63 TW d’électricité consommés de l’année (voir la dernière loi sur l’énergie), l’économie réalisée est de 0,007% de l’énergie totale consommée sur l’année : un pipi de mouche, à peine 7 pour mille.

Plein de bonheur et le rictus au visage, ces mêmes putois émetteurs ou retransmetteurs comparent ces « économies » réalisées à la dépense en énergie électrique de l’éclairage d’une ville de 800 000 personnes, comme si on vivait sous les éclairages d’une ville, manger, lire, s’aimer. Sur les 65 millions que nous sommes, cela représente 0,012 % des « économies réalisées » (le double… ces chiffres sont capricieux pour moi).

C’est cela les économies de bouts de chandelles et comment ennuyer les gens avec ces chandelles qu’ils doivent eux-mêmes tenir à bout de bras, avec un sourire de la personne qui participe à la marche du bien de cette société capitaliste.

Sans compter les divers problèmes évoqués ici et là : cœur, santé des bêtes agricoles, pollution automobile, le bruit, les enfants qui doivent se lever à 4 h solaire en été, etc.

Si les gens veulent plus de soleil, il faut simplement qu’ils travaillent moins, ou moins tard, il y aura de véritables économies d’énergie, car le plus énergivore c’est bien lui : le travail. Travaillons moins et restons à l’heure d’hivers !!!

Quelle forme ?

Il est indéniable que je possède un style d’écrire particulier. Je dis souvent « lisez-moi au moins deux fois ». C’est comme si j’allais à l’économie la plus précise pour éviter d’en dire un trop qui noierait ma pensée dans une soupe de mots. Je considère comme un style d’alambiquer mes phrases, surtout comme la manifestation d’un esprit : comme si je m’en trouvais suffisamment pourvu pour virevolter ces phrases. Je reconnais que c’est une autocritique assez avantageuse qui veut dissimuler mes salmigondis ! Mais cela suppose de ma part que j’ai des choses à dire et qu’elles peuvent intéresser mes congénères… au moins quant à ce que je lis ici et là où ce qui sort du lot est à raison de l’aiguille qu’il faut trouver dans une botte de foin (les ânes se contentent très bien de paille) pour trouver quelque chose à se mettre sous les dents de la cervelle. C’est aussi que je m’ennuie, dans ce monde de paille. Ce qui fait que je donne à être moraliste, puisque je fais la leçon… enfin… que je ferais la leçon, car je n’ai rien d’un professeur et ne veut pas l’être ou le paraître. Cet ennuie, je l’avoue, transsude de l’orgueil comme la morue exsude son huile : il s’agit seulement de pas trop en manger pour ne pas s’en écœurer ! Mais c’est vrai que je ne suis pas très bien dans ce monde de bruits, de violence et d’incompétence volontaire dans lequel tout un chacun reste sur son quant-à-soi en vue d’améliorer son existence, ce qui donne que ce monde empire en pollutions diverses, alors que la femme qui récupérera les restes, y verra sa place réduire à peau de chagrin. Ainsi, il ne faut pas renvoyer la fatuité de ce monde à mon mode d’écriture, c’est à dire sur moi qui ne peut en recevoir une telle quantité. Tout bonnement, si chacun cherchait — pour la trouver ! — la satisfaction sexuelle, je n’aurais pas à écrire à un monde que se cache sans fin qu’il est incapable même de s’en approcher. À un tel monde, quoi que je dise et comment je dois le dire, sera comme de parler de la lune à la terre en faisant semblant de tendre l’oreille alors qu’on martèle une enclume pour rabattre une tige d’osier. Je sais très bien que la forme pédagogique que je devrais adopter pour me faire comprendre (alors que je ne tends qu’à faire voir ce qui n’est pas aperçu et se trouve sous le nez de mon interlocuteur) n’a pas de prise sur un esprit revêche au plaisir duel. Le mode que je devrais adopter pour que nous trouvions une satisfaction commune, n’est pas de ma partie, car ce que je devrais alors dire ne contiendra pas la substance, à mon goût, du jeu. Non pas du jeu comme le « tiercé » ou un « jeu de rôle » (encore que ce dernier s’en approche beaucoup), mais de cette sorte de jeu qui vous englobe dans son déroulement, bien que vous garder de part vous, l’éveil d’une idée qui rajoutera à cette force qui vous empoigne. La résignation générale au salariat donne la lassitude qui rend impossible, même en dehors des huit heures et du temps de transport, une disposition adéquate à ce phénomène. La généralité du salariat donne la résignation à la lassitude qui rend impossible une telle disposition à la liberté du jeu. Oui, j’entends la question « Mais pourquoi faut-il toujours jouer ? » ; Je ne dis pas qu’il faut toujours jouer, je dis qu’il n’est pas possible de jouer dans de telles dispositions sociales : la tension affective ne peut pas se tendre pou rendre passionnant le moindre jeu qui ait une teneur de jeu vivant, au moins dual. Le visionnage de la télévision, présente dans 97,5% des foyers, en dit aussi long que le temps que l’on passe, proportionnellement, au salariat ; et s’y rajoute en négatif son contenu : des « jeux » pour distraire son public assis, las et abruti. Jouer sérieusement à remettre sur ses pieds notre planète que ce monde de marchandisation du vivant (ajouter de la valeur à la moindre des choses qui s’écoule dans le temps vivant, qui donne la vie et la manifeste, dans lequel la vie trouve sa vérité et sa réalité) ? Pas le temps, il faut que je gagne ma vie, que je nourrisse mes enfants, leur donne à loger et à habiller, moi. Songer sérieusement à réduire l’impact de cet anthropocentrisme sur la vie la planète où il peut s’exprimer béatement, voilà encore un autre jeu passionnant. Que nenni ! J’écoute ma musique, avec mon ipod, ça me suffit — ce qui développe la socialité, ce n’est pas d’écouter de la musique, mais d’en faire — et j’aimerais tant que mon fils fasse un champion et ma fille une bonne mère ! Mais le pire est que ces personnes autonomes, finalement totalement aptes à la collaboration, n’ont le sens des critiques négatives que pour ce qui les obligerait à ce qu’ils se bougent les fesses et non pas à ceux qui les induisent à penser ce qu’ils adorent. Aussi, c’est un jeu difficile que d’écrire à deux partis en même temps : à celui qui impose la valeur aux choses et à celui qui contient ceux qui donnent sa valeur à la valeur.

J’imagine donc que mon style d’écriture est comme une pédagogie où, pour me comprendre (si tel est l’intérêt du lecteur qui admet que je peux dire quelque chose qui l’intéresse et à moins que cela saute tout de suite aux yeux), il faut suivre par le biais le contour de mes thèses de sorte que, par cette mise en panorama, on englobe davantage l’ensemble de ce que je veux dire alors que je ne puis en décrire, économiquement, que peu. Mais cela ne va pas non plus de soi pour moi, car ô combien j’envie le pédagogue qui dispose de l’énergie suffisante pour repasser tout par les mâchoires de la démonstration qui prédigèrent au lecteur, tel le phénomène de la fermentation, ce qu’il devrait comprendre, en l’aimant comme un baiser maternel ou une gorgée de vin. Je ne veux pas hypnotiser. Une fois, j’ai remarqué l’obnubilation de personnes qui buvaient les paroles d’un locuteur solitaire ; j’en ai été passablement dégouté, car je voyais bien que ce locuteur pouvait dire n’importe quoi dans son style jusqu’à dire n’importe quel pire qui aurait été admis (je le concède : sur le moment) par ses auditeurs.

Mais j’écris ainsi, parce que finalement, je voudrais que ce que je dis s’applique à n’importe quelle situation délirante de cette société, puisque qu’elle agit selon un principe qu’il est difficile de définir en un seul mot, mais peut-être en trois : la peur d’autrui ; cette crainte maladive de l’autre ayant été induite très tôt dans l’enfance par les personnes en charge du bon soin du nourrisson et de l’enfant. Il faut résoudre ce problème pour tenter de comprendre et de résoudre ceux qui en découlent.

Sinon, matériellement, la soumission au salariat est déjà un point d’appui phénoménal : pourquoi travaille-t-on, pour de l’argent ? Et que fait-on pour de l’argent ?

La planète du Singe

Je viens de visionner un film où des singes, ayant subi les malversations de laboratoires, ont « muté » grâce à un virus de sorte à devenir presqu’humain, puisque tel serait la meilleure des évolutions. Le problème intellectuel (qui se retourne sur l’aspect social) que soulève des films tels que la Nouvelle Planète des Singes, est l’élision de tout un processus cognitif indispensable pour que des animaux arrivent à ce stade de civilisation tel que nous décrivent ces images. C’est à dire que chacun de nous serait susceptible d’évoluer, comme un coup de baguette déïque ou viral, sans avoir à passer par des stades intermédiaires qui peuvent, ou non, induire une telle civilisation. Cela laisserait à penser que l’expérience qui ne s’acquière que par la pratique du temps et sur d’assez longue période de ce temps, est une extravagance de la nature dont l’accession d’un singe à l’état d’« humain » peut se dispenser ; ou bien que l’erreur n’est pas indispensable pour accéder à une telle ou telle civilisation, sans parler de la gestion des déchets qui, selon moi, serait l’aboutissement d’un grand pas civilisationnel.

En d’autres mots, transposée dans notre propre monde qui est bien réel, il serait normal qu’il soit tel qu’il se présente à nous, car il n’y a pas eu d’erreurs étant né nu de cette expérience, jugeant qu’il est parfait tel qu’on nous le montre, socialement. Ce raccourci de l’histoire est remarquable, supposant que la simple intellectualisation suffit pour avancer comme à pas de géant et traverser en deux jours le passage de la pierre comme outil de frappe à l’usage de l’épieu, et encore mieux, à l’usage de l’arc et de la mitraillette ; ou le simple déploiement collectif de la force musculaire — qui signifie l’effort socialisé —, comme des fourmis soudain devenues quadrupèdes mammifères, dans le transport de la nourriture collective ; ou la construction de remparts, dont on sait alors qu’ils sont des protections contre un autrui vindicatif ou de simples constructions anarchiques.

L’élision du temps de l’expérience comme fondement caché dans une œuvre d’art, un film, me montre que la notion du temps dans lequel cette démonstration se déploie, ne peut être admis que par des gens qui n’ont plus la notion du temps qui passe et que l’expérience leur est inutile. On me montre des singes qui, à cause d’un effet extérieur — ici : un virus — se trouvent tout à coup dotés d’une « intelligence » et voient la manifestation de leurs capacités augmentées et se manifester non plus du fait de l’expérience, mais de la baguette magique de ce virus. Ceci implique que ce virus était le contenant de toute la connaissance de centaines de milliers d’années d’acquisition lente ; sans compter que cette acquisition se fait non pas en fonction de leur forme (leur être-là, comment ils sont conformés, en soi), mais répondant à des critères relevant de l’humanisation.

Ceci me montre que certains peuvent penser que l’expérience est un contenu séparable du temps, qu’on peut la mettre en fiole et l’injecter ensuite pour qu’elle se déploie dans toute sa splendeur comme des ailes sorties d’une chrysalide. S’il y a bien une chose qui ne peut se défaire du temps, c’est bien l’expérience qui ne peut passer qu’à travers le vécu et être redessinée par le compte-rendu et la compréhension des conséquences. Dans ce film, effectivement, ce Singe a deux langues, elles aussi acquises par ce virus, une sorte de Langue des Signes et une humaine. Mais pour dire quoi, pour énoncer quels problèmes inhérents à leur constitution propre, quels problèmes remarqués, décrits et énoncés hors de toute évolution des relations sociales ? Et pour exprimer quelle affectivité ? Un langage est aussi évolué — et aussi borné — que la compréhension du monde de celui ou celle qui l’utilise ! On peut le dire de la bipédie (qui ne s’acquière que par l’apprentissage de la marche, en sus d’une conformation naturelle, dès le plus jeune âge) ; mais que dire de l’écriture qui, dans l’évolution de cette planète, est apparue il y a à peine cinq milles années comme une sorte de conclusion d’une longue période de bipédie qui a durée au bas mot un million et demi d’années…

Grâce à ce virus, ces singeries ont évité un tel saut temporel, c’est sûr, et se retrouve dans le besoin de l’usage du feu pour éclairer leurs lumières ! L’usage du feu a été découvert il y a à peu près 70 000 ans. Je peux supposer que toutes ces acquisitions ont trouvées leur rapide progression dans le mimétisme de leurs « créateurs », les humains. Mais qui sait aujourd’hui faire un feu sans allumettes ? Et qui parle la géniale Langue des Signes ? Ce mimétisme peut être perçu dans l’usage de la main dans la caresse, mais la main humaine a la peau douce, tandis que celle qu’on nous montre de ce Singe est lourde et gonflée. Vous rendez-vous compte de l’évolution du bestiau qui sait lier entre eux des poissons qu’il a pêchés, sans les manger sur place, pour les transporter à sa communauté ? En l’espace d’un virus ? c’est absurde, même dans un abrégé poétique. L’expérience demande de l’expérimentation, de la confrontation et du partage, et ceci, dans le temps.

Telles que décrites dans ce film, les relations sociales manquent de développement pour que la transmission lente des savoirs en arrive à un tel point. Car ce « virus » n’a pas amélioré les relations entre les êtres puisqu’on nous les montre agressifs les uns envers les autres, sinon à l’occasion d’une naissance. Peut-être est-ce la seule façon d’entrevoir de notre artiste, les relations entre êtres vivants : l’agressivité ? Dans ce film, le spectateur est amené à penser qu’il suffit d’un virus pour que tout bascule… sans rien changer, finalement, à l’état des choses, je veux dire aux relations affectives entre nous. Incidemment, ce spectateur qui n’a pas le temps de penser en terme de réalité devant tant de singeries, et qui n’a guère d’outils personnels en tant que réalisation de soi, par soi et en soi, puisqu’il est assis à contempler de telles idioties au lieu de se réaliser soi-même et collectivement, sans relation hiérarchisées compulsives, pour le moins (ce qui indiquerait le bon-soin qu’il prodiguerait à ses enfants hors du fait qu’ils doivent et devront ployer l’échine devant la marchandise dont la princeps est leur force de travail), incidemment, cela ferait penser au spectateur qu’il suffit d’un coup de virus pour que son monde change, et peut-être en meilleur, sans qu’il n’ait rien à faire, finalement, sinon qu’à subir ce virus, comme il subit son monde.

Sachant qu’un tel film n’est qu’une digression imagée sur le thème de « Qu’est-ce qui se passerait si… », on doit prendre en compte ce qui est proposé comme conditions initiales de la thèse pour constater la variante dans laquelle nous mène notre auteur. Ici, c’est : aujourd’hui, en gros. On constate que ce « présent » est bien abruti pour traiter de cette façon une telle idée, uniquement sur le mode de l’agression, qu’elle vienne de ce nouveau peuple dont le développement du cortex s’est vu tout à coup développé jusqu’à acquisition du langage, de la maitrise du feu et de l’usage du pieu, face à un plus ancien qui lui, détient des armes à feu : la rencontre nous est inévitablement montrée comme une agression mutuelle ayant pour base une idiotie mutuelle : l’un ne devant pas exister comme l’autre, l’autre étant l’étranger inné de l’un. Se voir face à face dans les yeux en étant d’une telle nature, il est vrai, doit être fortement angoissant ; angoisse que notre singe, acculé à la défense de sa survie, ne sait pas encore maîtriser, angoisse que notre humain, malgré tout ce temps passé à la constater, la décortiquer, la triturer, la psychanalyser, etc., n’a pas encore réussi à amadouer, ni en lui, ni chez l’autre ! Quel malheur !

On nous suggère même la présence chez ce Singe d’un « esprit de vengeance » sans aucun doute lié la densité de son esprit d’appartenance à une communauté : ha ! tient donc… On ne peut que craindre un animal qui sait se jouer de vos faiblesses. Il est vrai qu’une humanité qui a perdu le contact avec sa propre nature, ne peut qu’être aisément ballottée par les éléments qu’elle a produits et aisément fragilisée face à eux, elle ne peut qu’être prise de stupeur face à la nature, ici sous la forme d’un singe perçu comme plus intelligent ou plus agressif qu’elle. C’est dire que les relations qu’elle entretient en son sein ont pour base cette « intelligence » et cette « agressivité », loin de la collaboration et du bon soin qui sont sa propre nature, initialement ! Et cette nature humaine nous est montrée lorsqu’elle est mise « en danger », dans ses peurs irrationnelles, ses angoisses étouffantes, ses meurtres nécessaires : la bête rôde. Heureusement que la présence de quelques bases fortes et immuables, comme la famille, l’État et le travail, vont conforter la relation entre ces deux groupes de simiesques !

Ce qui est amusant, c’est qu’on retrouve chez les singes à virus, les mêmes schémas que chez les singes évolués : le chef, le prétendant à la chéfitude et le bouffon ; l’expression féminine n’a pas de chapitre chez eux. On affirme qu’il est absolument impensable de vivre « sans électricité » : quel aveu d’ignorance. L’humanité a vécu sans électricité 99,999% de son existence. Et qu’a donné, techniquement à ce monde cette électricité ? Une pollution impensable, physique, chimique, électromagnétique, nucléaire : on dit que si un extraterrestre nous observait depuis le fin fond du monde, il comparerait la terre à une supernova en explosion, tant l’émergence de l’électromagnétisme a inondé notre planète avec une rapidité foudroyante à l’échelle du temps du monde. L’électricité n’est qu’une technologie qui s’est poursuivie, seule, depuis à peine 150 ans et a donné notre monde, présent, où la solitude a crû d’autant que sa présence. Tant qu’une technologie ne sera pas passée au tamis de la collaboration et bon-soin, elle restera un poison pour cet humain. On nous présente souvent, à regorger, les temps plus anciens comme des temps déshumanisés, tandis que nous vivons sous la domination de la marchandise !

Ce pessimisme qui rend l’électricité obligatoire comme nœud de la contradiction entre la nature virale et l’humain, fait fi de l’ingéniosité humaine lorsqu’elle n’est pas liée à la marchandise pour ne conserver que ce vieux monde qui a besoin d’être dépassé. Hors les moteurs, à l’heure actuelle, le gros de l’électricité n’a d’autre fonction que le maintien de fichiers de police actifs et de gestion des marchandises, fiches de salaire incluses. Je vais comparer ces singes à notre jeunesse, pleine de révolte contre ce monde et qui veut vivre et non pas survivre à vendre sa force de travail monnayée en temps valorisé, un prix, sans la soumission qui est impayable. L’électricité n’est pas que la lumière, hélas ! quel sage unique usage en ferions-nous alors ! La « lumière » qui est l’éclairage de l’ombre, est pour peut-être 5% de l’usage de l’électricité1 avec l’éclairage des rues, c’est à dire moins de 0,02% de l’énergie totale détruite par l’humain. Ce qui consume de l’électricité sont les moteurs, ces innombrables moteurs électriques qui pulsent à 50 ou 60 Hz agitant l’air de leurs vibrations sans fin.

Quand on raconte à un singe que le chef pacifiste des Singes n’est pas mort, il lui revient l’espoir. Sait-on ce qu’est l’espoir pour un singe devenu quasiment humain ? L’espoir est toujours l’espoir d’un meilleur, d’une réussite (on voit mal d’espérer un pire, sinon qu’indirect pour se sortir soi d’une situation encombrante) ; c’est à dire qu’on sait qu’on est déjà dans la mouise, qu’on ne sait pas comment pratiquement s’en sortir et qu’on entrevoit un sentiment menant à une idée de ce qui sera alors qu’on sera sorti de cette mouise : l’espoir est cette transition entre deux situations pratiques incompatibles, une transition idéelle. Généralement, un animal dans une situation délétère fait ressentir une grande mélancolie et une grande tristesse, mais il n’a aucune idée de ce qu’est un espoir. Il désire se sortir de sa situation, mais il n’a pas la sensation de la transition possible, l’espoir, il ne veut pas même que son tyran cesse ses malversations, mais que cela cesse, sur le moment : il s’agit d’un présent, et non d’un futur, chez l’animal. Lorsque Pandore a fermé sa jarre pour éviter que l’espoir n’en sorte, c’est bien parce que c’est la seule chose qui permette de garder la vivacité vive face à ce qui est mortifère et qu’on garde la vie dans son cœur : tous les malheurs peuvent vous arriver, tant que l’espoir est présent, on peut s’en sortir, car la vie en vous est suffisamment entretenue pour qu’elle trouve l’énergie d’agir en vue de la suppression du délétère, au moins par l’idée d’un futur possible. L’espoir c’est la nique au destin des gens mis à situation d’impuissance sur leur propre vie qui est malheureuse.

En fait, il s’agit de comprendre ce qu’est la conséquence de quelque chose, c’est à dire, la voie quatrième d’une unité qui en compte quatre : l’acte, le résultat, le compte-rendu de l’acte et sa conséquence. Un mammifère peut très bien comprendre les deux premiers termes de cette unité, seul l’humain peut en appréhender les deux autres ; encore que ! bien souvent il oublie qu’il en est capable. L’objectif est le bon-soin, l’absence de malheur, mettons. C’est le terme quatrième de l’unité. Pour tuer, le singe ne tire qu’une fois, et non deux pour parachever son ouvrage.

Ha ouais ! et puis le singe de dire à la foule que c’est l’humain qui a tué César parce que c’est le fusil qui a tiré et non celui qui avait la gâchette sous le doigt : elle est bonne, celle-là, un peu comme cela se passe chez nous : c’est le messager qui meurt à cause de son message, ou c’est l’étranger qui est à blâmer et non pas l’accueil qu’on lui a fait… Et le peuple de le « croire », bien sûr, puisqu’il est aussi con que la connerie à laquelle il croit, qu’il n’est pas capable de distinguer l’entourloupe de la vérité pratique, technique, de ce qui n’a pas pu se passer. C’est une bonne manière d’affirmer que ceux qui soulèvent les révoltent sont des manipulateurs et que les manipulés sont des imbéciles. Et on appelle à la « justice », ça j’adore ! pour « venger » César. Ce qui signifie que, dès lors qu’on se voit doté d’entendement, la justice (qui est un mouvement différé de la pensée) s’accompagne de la vengeance (qui est aussi un mouvement de la pensée qui est différé). Plus qu’étonnant, mais non pas étrange.

« Commander » pour faire la guerre, prendre la tête des troupes : faut-il que l’intelligence des autres soit abruti pour obéir à un commandant ? Faut-il devenir intelligent pour n’avoir plus qu’à obéir à un ordre ? Sinon que dans notre société réelle, où il faut obéir à celui ou celle qui vous paye pour effectuer une tâche qui vous dépasse et sur le produit de laquelle vous n’avez aucune emprise, pour un salaire. De plus, cela suppose une discipline qui est une forme de soumission, mais ici, cette soumission n’a pas été discutée, comme à l’École de Summerhill, elle vous est imposée et vous n’avez aucune solution de discuter, même dans l’obéissance.

Ce film induit donc à faire penser que le commandement et l’obéissance aux ordres est « naturel », jusque dans une société sortie de « l’ignorance » par la grâce d’un virus, dans laquelle les rôles de ceux qu’elle abhorre, qui l’a maltraitée en laboratoire, se retrouve exactement sous la même forme d’organisation, la simiesque en plus. De là à se faire prendre pour un singe… De plus le « leader » est censé être aussi un rassembleur, on ne comprend pas trop sur quelle idée, sinon qu’il y aurait une agressive et l’autre pacifiste envers ses anciens persécuteurs. Nous sommes dans la politique urbaine, avec un programme dont les moyens se résument au nombre d’adhérents qui veulent bien se mouiller pour une cause dont on ne sait ce qu’il veulent en faire.

Car, de ces deux programmes, lequel est le meilleur, dites-moi : collaborer pour bien respirer ou se disputer l’oxygène de l’air ? Le peuple indécis laisse les deux chefs, représentants de tant de différences, régler son compte pour se mettre dans la queue du gagnant : c’est cela la démocratie aristocratique. D’autres vous demandent de voter pour des mandants dont la justification ne se rencontrera que dans les élections qui suivront, sans responsabilité pour les mandats qu’ils vont accomplir demain, après votre vote d’hier. Le plus fort, pourtant affaibli par les blessures du prétendant, va finalement gagner après un âpre combat. Le peuple ne les séparera pas, pour les isoler de tant de violence idiote, non, il sera un bon spectateur, prenant de loin parti pour l’un ou pour l’autre, en attendant que celui qui fait la préférence du réalisateur et sans doute sur lequel le cœur du public encline, réussisse l’épreuve du combat fratricide, mais légitime et indispensable.

Tant que ce moment n’a pas eu lieu, ce public reste haletant, peut-être même incertain, hésitant à faire son choix, car s’il venait à prendre parti pour le mauvais, comment se dépêtrer de l’affaire auprès du futur vainqueur ? La prudence est de mise, toujours, lorsqu’on devra s’assujettir à un puissant, de toutes façons, toujours contre son gré. Non seulement le public imagine qu’il se doit de rester inactif face à la violence (à croire qu’elle le nourrit quelque part, qu’il y trouve une satisfaction ou une indifférence qui le rend impotent), mais de plus, il doit accompagner l’ambiance des coups, poursuivre les protagonistes dans leurs élans, sans y prendre part. Le virus a aussi donné au singe le sens de la famille, enfin de l’amour familial qui est un amour moderne, un amour d’habitude face à la solitude.

L’amour existe, bien sûr, et il n’a pas besoin du cadre de la famille pour pouvoir se vivre. La famille, au contraire, contraint l’amour à l’habitude de l’insatisfaction, les petites insatisfactions qui font le quotidien de la famille et qui permettent, finalement, de pouvoir supporter celles sur lesquelles on a moins d’emprise et qui comble les interstices entre ces moments où on est en famille : c’est sans doute pour cela qu’il est si présent dans ce film, chez ces singes. Le mâle est toujours là pour protéger la femelle et l’enfant du mâle. Autrement, le singe protège les siens, ceux avec lesquels il se sent intégré dans une société qui donne forme à sa propre intégration : toucher à cette intégrité c’est le désintégrer, loin de le déstructurer amoureusement.

Remarques sur quelque incohérences :

  • Le chef et son sbire montent un cheval : quid de l’entretien du cheval : foin, pansage, litière, etc. ? Quid de l’usage du mors ? Et puis, si on regarde l’équilibre du singe virussé assis sur le dos du cheval, on voit que le poids des jambes n’est pas suffisant pour équilibrer le poids du reste du corps : le centre de gravité du singe est plus haut que chez l’humain, il ne devrait pas pouvoir tenir assis, ce qui rend improbable l’usage du cheval comme moyen de locomotion, puisqu’inconfortable. Il serait plus à son aise accroupi sur le dos plutôt qu’à califourchon.
  • Uniquement les femelles portent un collier, comme si c’était un privilège de femelle !
  • Le chef est absolu, pire que dans la nature : il n’y a pas de bagarre pour savoir si l’autorité est mise à mal, elle est d’office, de par la « supériorité » du chef.
  • Il y a comme une conscience de la mort, et de la souffrance d’autrui, d’une empathie, essentiellement envers de ses amis : il y a donc non seulement une distinction entre amis et ennemis, mais aussi entre souffrance intolérable infligée à l’un et l’indifférence vis à vis de celle de l’autre.
  • Par leur savoir technologique (électricité, armes, médicaments) l’humain reste tout de même celui de qui on peut accepter un secours en cas de maladie, souffrance, etc.
  • Les singes virussés travaillent d’eux-mêmes pour rendre service à l’humain !
  • En même temps que leur mutation due au virus, leurs cordes vocales ont aussi évolué, il sont donc capables de prononcer de manière audible et différenciée leurs pensées. L’épate.
  • Dans la bagarre, César étrangle son antagoniste !
  • Le singe qui a été battu demande « pardonne-moi », alors qu’il s’agit d’un acte, dans la nature, de recherche de conciliation qui amènera à la réconciliation. Ce n’est pas une demande de pardon, loin de là. Le pardon est moral, la conciliation est vitale à l’intégrité du groupe (c’est un outil de la grégarité) et à l’intégrité du protagoniste. De plus, le perdant refuse en quelque sorte la conciliation qu’il a demandée : impossible, car cela signifierait son propre rejet, de lui-même, de la communauté… qu’il devrait alors quitter.
  • Un humain qui offre un livre à ce qui s’apparente être le « sage » du groupe…on dirait un catalogue de la Redoute ? non, c’est un livre de contes, en remerciement d’un service effectué hier ! Le singe comprend non seulement les images, mais aussi l’écriture : arrêêête !
  • Le singe boit au goulot de la bouteille, le cul en haut ! comme s’il a compris que le liquide allait couler dans son gosier ! et il sait se servir de la gâchette d’une mitraillette !
  • La première chose à laquelle sert l’électricité c’est d’écouter de la musique d’un pub, avec la pub qui tourne dehors avec un moteur… à publicité !
  • Ils se serrent la main, humain et singe. Le singe aide de la main à monter une marche !
  • César n’est pas mort, bien sûr, et il va rétablir l’ordre, nous n’en attendons pas moins de lui.
  • Les singes qui progressent dans la nuit, éclairés par des flambeaux qu’ils tiennent à bout de bras.
  • Il y avait de l’électricité avant, et maintenant on peut utiliser des transmission et des tablettes.
  • Il faut que ce soit le chef humain qui dise de sonner l’alarme et apparemment, aucun plan d’alarme n’a été mis au point car c’est la panique générale : quelle organisation, même avec le retour de l’électricité. C’est à pleurer, tant de bêtise, tant d’impuissance devant l’adversité prévisible.
  • Durant l’assaut des « singes », ceux qui tirent derrière les premiers rangs sont suffisamment habiles, à cheval, pour ne pas tuer ceux qui les précèdent et l’instinct de vie est primé par le vouloir de battre à mort. Le chef redonne du courage à l’assaut et il sait même recharger une mitraillette qui ne se vide jamais de cartouches. Il sait même conduire une auto-mitrailleuse.
  • Tuer par obéissance ou alors c’est toi qui est tué. Ha ! le pavillon états-unien ! le peuple dominé par les singes en colère, alors qu’il est d’abord paniqué par sa panique, à lui ! Impossible alors de s’organiser collectivement pour le bon-soin collectif.
  • L’entendement intellectuel acquis par un virus amène à penser le pouvoir comme celui de « faire des prisonniers » : mais il faut les nourrir (comme le cheval, son foin et son eau, sa litière), un peu comme d’obliger l’autre à vendre sa force de travail pour en faire de l’argent qui va ensuite lui permettre d’entretenir son existence dans les conditions dans lesquelles il est né. Pouvez-vous imaginer la complexité du résonnement ? Et puis, si le nouveau chef a tué le précédent, pourquoi ne vient-il à l’idée d’aucun autre de tuer le dernier, simplement parce qu’on est pas d’accord avec lui. Car il faut indéniablement avoir une pensée de l’avenir et de ses conséquences bénéfiques pour entreprendre une telle entreprise. Les conditions intellectuelles qui permettre cette démarches peuvent tout aussi bien servir à une autre entreprise. Mais il faut que celle qui est en marche fasse appel à la propension à la domination des exécutants et non pas à produire du bon-soin. L’intelligence s’arrête à l’agressivité. Étrange qu’on ne voit pas de scène de viol, finalement, non ?
  • Quelle est rigolote : malgré le temps qui a passé, personne n’a trouvé le moyen de supprimer les tourniquets de métro : le héros doit les passer en les sautant !
  • Comment interpréter la confiance dans de telles conditions ? La confiance fait encore appel à l’avenir, au sens du temps.
  • Et il ne nous est montré aucun de ces singes jouer d’un instrument de musique pour faire de la musique. D’ailleurs, dans ce film, il n’y a pas de musicien… mais le singe devient caméraman, c’est dire qu’il apprend vite les abstractions, surtout pour ce qui est de l’image. Il sait l’allumer, et appuyer sur le bouton « review », car ça tombe bien la batterie est chargée, et ça le fait même pleurer ! C’est vraiment nul de prêter à des animaux ce qu’on est à peine capable de faire : ici, pleurer de nostalgie. Ça résume l’entendement, la compréhension qu’à cet artiste payé de la vie en général : il décrit ce qu’il comprend de ce qu’il vit. Le Singe referme même le visionneur de la caméra une fois que le film est fini.
  • Bon, l’autre meurt encore parce qu’il ne rentre pas dans la case singe, cette fois-ci. Faut bien qu’il meurt parce qu’il est différent, non ? Ce n’est pas facile à assumer, mais une fois que c’est fait, le meurtre se digère dans l’allégresse de la victoire et les applaudissements du public.
  • Les amitiés inter-raciales n’iront pas jusqu’au salut fraternel dans ce film, chacun quittera l’autre pour aller à ses affaires qui seront douloureuses, sont déjà douloureuses dans la séparation présente. Dommage.
  • Tiens ! la cicatrice de la blessure de César est à droite à la fin du film : le coup avait été donné à gauche, il me semble.

Bye-bye ! 1http://www.enertech.fr/pdf/55/Consommation%20eclairage%2050%20logements%20Bordeaux.pdf : « 3,7% », http://www.ecohabitation.com/guide/fiches/electromenagers-part-consommation-energetique-maison : 4%

Un outil de la grégarité

La cuirasse est principalement le cuirassement de l’empathie de sorte que cette empathie ne soit plus aussi sensible, qu’elle ne soit plus perceptible et qu’on ne se pose pas même la légitimité de son existence. La cuirasse, en tant que maladie sociale, est le cuirassement de l’empathie, phénomène affectif de la représentation de l’autre comme vivant et sensible autant que soi, et comme communication entre le vivant et soi. Je ne parle pas en l’air, je parle de la maladie de la personne qui n’est plus capable de ressentir la souffrance de l’autre (ne parlons pas du plaisir !) en tant que relation sociale, car l’empathie n’est qu’une singularité de la relation sociale. En tant qu’animal grégaire, l’humain détient des outils naturels, dont l’un est bien l’empathie, dont la réciproque sans contrepartie se nomme l’amour. Et lorsqu’on a « fauté » vis à vis de cette empathie, alors qu’on est amené à ressentir en son corps (et qu’on s’en rend compte de manière différée) de la souffrance qui a été infligée à autrui, il n’y a plus d’issue, sinon qu’à reconstruire cette cuirasse sous peine d’effondrement personnel. Il peut arriver qu’on compatisse à la souffrance jadis infligée à autrui, mais on ne peut remettre en cause le manque d’empathie qui a marqué cette souffrance infligée à autrui, car ce manque affectif se montre avec une telle intensité (correspondant à l’énergie mise en œuvre pour le maintien et l’entretien de la cuirasse qui a interdit son expression — acquisition douloureuse au possible incrustée en soi malgré soi !) sous le mode du gouffre, que la personnalité ne peut plus exister en tant que telle et refuse le risque d’imploser. On passerait son temps à demander pardon aux fantômes qu’on a créés. On remarque alors que les prétextes sur lesquels a été édifiée cette souffrance sont ridicules, ineptes et insanes par rapport à elle et donnent maintenant envie de vomir.

La question, conséquente, est quel est le mode d’existence qui donne naissance à cette monstruosité sociale : le manque d’empathie ? Quel mode de vie fait-on vivre à l’enfant pour que cet outil du vivre-ensemble disparaisse sous la boue du malheur ?

Dans la relation à autrui, on évoque essentiellement les déficiences manifestes de l’empathie : autisme, psychose, schizophrénie, névrose profonde, etc. où est systématiquement présente une carence dans la communication, la relation à l’autre. Mais on ne parle pas de la déficience de l’humain « normal » dans la relation hiérarchique, politique, dans la soumission à la police, à l’injustice et autres évidences de ces déficiences. C’est que le manque d’empathie est vraiment un standard dans notre société, standard où n’apparaissent comme des aberrations que des maladies de poids dans la relation à autrui, sans avoir la volonté de qualifier telles des malveillances à autrui communes, comme de brimades, les ratonnades, le fait d’imposer aux gens des choses délétères qu’ils ne veulent pas, et autres. La peur de la vie se transmet de l’un à l’autre et c’est toujours celui qui est le plus pourvu de peur qui gagne : comment cela peut-il se faire ? Je parle bien de la peur de la vie, pas de la vie de la peur, je veux dire, du simple fait que la peur est un phénomène de la vie.