Le poux secoue du vent devant la marée nue pour empêcher les vagues

Cette « démocratie » élitiste a quelque chose de plus vicié : comment des gens qui détiennent les moyens d’information peuvent-ils être aussi stupides sinon que dans l’optique de distordre une réalité qui leur est chère. Cette montée du FN aux élections européennes est factice, un simple calcul suffit à le montrer : prenez 45% de participation et 25% de voix obtenues, cela donne 10,75% des inscrits pour ce parti, ce qui est exactement le même taux que d’habitude, sinon même moins (4 711 339 voix). Il me semble que les plus ridicules ne sont pas seulement ceux qui vocifèrent cette idiotie, mais aussi ceux qui y croient : souhaitons qu’ils sont moins nombreux que les premiers !

À titre d’exemple : Vault en Velin, avec près de 79% d’abstention (ça c’est de l’élection !) a donné 5 députés, dont JM Lepen ou 1282 voix et une avec 262 voix, Sylvie Goulard, se voit propulsée députée européenne : non, ceci n’est pas scandaleux.

Quant à la défaite des autres partis, de toutes façon ils n’ont rien de mieux à dire ou à faire que d’être au plus hypnotisants possible pour maintenir la paix de leur classe sociale. Une déception notifiée de manière aussi puérile que des élections montrent simplement le pouvoir qu’ils ont sur l’absence de critique active sur les gens. Mais ces partis qui étaient plus ou moins représentatifs en leur temps, se retrouvent à avoir encore moins de légitimité avec un taux, relatif uniquement aux bulletins exprimés et non pas au nombre des inscrits, ridicules.

Et la médiocre participation — qui pourrait traduire un intérêt pour cette chose publique — n’est cachée pudiquement que par le flambeau — la lumière attire l’œil ! — qu’on brandit de cette pseudo montée du FN : il fallait bien la mettre derrière un épouvantail d’images, non ?

Face à ce contrôle indirect des conscience, c’est-à-dire, du contrôle du pouvoir de porter son attention sur des sujets qui vous préoccupent directement, qu’est-il possible de faire ?

La solitude est, par excellence, la maladie du genre humain du fait que cette espèce que nous composons est absolument grégaire, c’est-à-dire que nous avons besoin, qu’il nous est indispensable de vivre en troupeau, en ensemble et que NOTRE problème est de réaliser notre espèce : éradiquer cette solitude, LA solitude ; c’est ICI que nous devons porter notre attention pour que nous puissions ce faire.

Tant que la solitude existera, l’humanité en tant que genre et l’humain en tant qu’individu sont malades de cette maladie : la solitude. Qu’on y songe !

Le bruit de cette société fait dire que cet isolement dans lequel elle nous plonge, comme en arrière fond, comble la partie interne de la personne, intime, qui constate cet isolement-même, tandis que cette intimité ne peut admettre ce fait déplorable que d’être isolée, elle utilise comme paravent affectif cette désolation de la solitude.

C’est que la solution est posée à nouveau sous forme de problème. Il nous faut plutôt étudier les formalités de cet isolement. J’ai trouvé chez Bernard Stiegler cette explication selon laquelle nous ne sommes plus capables de soutenir une tension suffisante pour mener à son aboutissement une pensée critique de son propre état, du fait que cette société organise le « zap » permanent de toute pensées et de toutes formes de pensée. C’est à dire que la pensée est dépouillée de la tension nécessaire pour trouver sa solution. En d’autres mots, il n’y a plus de tension suffisante pour que la fonction de l’orgasme s’accomplisse, dans sa forme non-altérée, du fait de cette habitude sociale de, non pas d’éviter le point culminant de l’idée, mais de ne plus pouvoir atteindre même l’accès à l’idée, de détourner sans cesse le mouvement qui y mène par des piqures de mouches. Et Stiegler affirme que ce processus est un apprentissage en vue de soumettre la personne au zap de la marchandise, de devoir changer d’objet sans fin pour satisfaire la rotation du devoir marchant.

Les modalités du renouvellement des objets marchants demandent une absence de critique du moment vécu, ne serait-ce que sous l’aspect de cette activité assez médiocre, aujourd’hui  comme hier, du travail et celui de l’utilité-même de tels objets ; elles se retrouvent dans la publicité et le journalisme. Ici comme là, il s’agit de soustraire à la réflexion le temps qui lui est nécessaire pour qu’elle aboutisse quelque part. C’est un peu comme un voyageur qui n’arrive nulle part sans pourtant traverser d’endroits : il n’arrive nulle part car tous les endroits se ressemblent par accumulation et saturation ; on ne va qu’à de l’exceptionnel qui n’a aucun sens dans un monde fait d’exceptions se succédant sans fin ni limite.

lien court http://wp.me/p2tSoy-4S

 

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