Le poux secoue du vent devant la marée nue pour empêcher les vagues

Cette « démocratie » élitiste a quelque chose de plus vicié : comment des gens qui détiennent les moyens d’information peuvent-ils être aussi stupides sinon que dans l’optique de distordre une réalité qui leur est chère. Cette montée du FN aux élections européennes est factice, un simple calcul suffit à le montrer : prenez 45% de participation et 25% de voix obtenues, cela donne 10,75% des inscrits pour ce parti, ce qui est exactement le même taux que d’habitude, sinon même moins (4 711 339 voix). Il me semble que les plus ridicules ne sont pas seulement ceux qui vocifèrent cette idiotie, mais aussi ceux qui y croient : souhaitons qu’ils sont moins nombreux que les premiers !

À titre d’exemple : Vault en Velin, avec près de 79% d’abstention (ça c’est de l’élection !) a donné 5 députés, dont JM Lepen ou 1282 voix et une avec 262 voix, Sylvie Goulard, se voit propulsée députée européenne : non, ceci n’est pas scandaleux.

Quant à la défaite des autres partis, de toutes façon ils n’ont rien de mieux à dire ou à faire que d’être au plus hypnotisants possible pour maintenir la paix de leur classe sociale. Une déception notifiée de manière aussi puérile que des élections montrent simplement le pouvoir qu’ils ont sur l’absence de critique active sur les gens. Mais ces partis qui étaient plus ou moins représentatifs en leur temps, se retrouvent à avoir encore moins de légitimité avec un taux, relatif uniquement aux bulletins exprimés et non pas au nombre des inscrits, ridicules.

Et la médiocre participation — qui pourrait traduire un intérêt pour cette chose publique — n’est cachée pudiquement que par le flambeau — la lumière attire l’œil ! — qu’on brandit de cette pseudo montée du FN : il fallait bien la mettre derrière un épouvantail d’images, non ?

Face à ce contrôle indirect des conscience, c’est-à-dire, du contrôle du pouvoir de porter son attention sur des sujets qui vous préoccupent directement, qu’est-il possible de faire ?

La solitude est, par excellence, la maladie du genre humain du fait que cette espèce que nous composons est absolument grégaire, c’est-à-dire que nous avons besoin, qu’il nous est indispensable de vivre en troupeau, en ensemble et que NOTRE problème est de réaliser notre espèce : éradiquer cette solitude, LA solitude ; c’est ICI que nous devons porter notre attention pour que nous puissions ce faire.

Tant que la solitude existera, l’humanité en tant que genre et l’humain en tant qu’individu sont malades de cette maladie : la solitude. Qu’on y songe !

Le bruit de cette société fait dire que cet isolement dans lequel elle nous plonge, comme en arrière fond, comble la partie interne de la personne, intime, qui constate cet isolement-même, tandis que cette intimité ne peut admettre ce fait déplorable que d’être isolée, elle utilise comme paravent affectif cette désolation de la solitude.

C’est que la solution est posée à nouveau sous forme de problème. Il nous faut plutôt étudier les formalités de cet isolement. J’ai trouvé chez Bernard Stiegler cette explication selon laquelle nous ne sommes plus capables de soutenir une tension suffisante pour mener à son aboutissement une pensée critique de son propre état, du fait que cette société organise le « zap » permanent de toute pensées et de toutes formes de pensée. C’est à dire que la pensée est dépouillée de la tension nécessaire pour trouver sa solution. En d’autres mots, il n’y a plus de tension suffisante pour que la fonction de l’orgasme s’accomplisse, dans sa forme non-altérée, du fait de cette habitude sociale de, non pas d’éviter le point culminant de l’idée, mais de ne plus pouvoir atteindre même l’accès à l’idée, de détourner sans cesse le mouvement qui y mène par des piqures de mouches. Et Stiegler affirme que ce processus est un apprentissage en vue de soumettre la personne au zap de la marchandise, de devoir changer d’objet sans fin pour satisfaire la rotation du devoir marchant.

Les modalités du renouvellement des objets marchants demandent une absence de critique du moment vécu, ne serait-ce que sous l’aspect de cette activité assez médiocre, aujourd’hui  comme hier, du travail et celui de l’utilité-même de tels objets ; elles se retrouvent dans la publicité et le journalisme. Ici comme là, il s’agit de soustraire à la réflexion le temps qui lui est nécessaire pour qu’elle aboutisse quelque part. C’est un peu comme un voyageur qui n’arrive nulle part sans pourtant traverser d’endroits : il n’arrive nulle part car tous les endroits se ressemblent par accumulation et saturation ; on ne va qu’à de l’exceptionnel qui n’a aucun sens dans un monde fait d’exceptions se succédant sans fin ni limite.

lien court http://wp.me/p2tSoy-4S

 

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Bio 7

Les plus forts sont montrés comme les plus jouissifs, en maints films où on entend le susurrement de filles en pâmoison sur une musique d’orgue. C’est seulement pour rassurer les hommes qu’ils en peuvent sur les femmes et les femmes qu’elles en peuvent sur les hommes, car il n’en est rien. L’impuissance à la jouissance est le lit d’opium sur lequel dort le monde. Il a certes beaucoup de sons et d’images de chairs en chair, mais ce n’est là que bruits et fureurs comme ces images de batailles dans lesquelles le sang gicle sur l’écran sans laisser de trace autre que l’image suivante. Je ne veux pas me poser en moraliste, vous l’entendez bien, je ne veux que décrire mon monde, celui qui m’a accueilli le jour de ma naissance. Peut-être me posé-je en jaloux au peu de cas qu’il a accordé à ma venue, pourquoi pas, mais cela n’enlève rien à son vide. Le plus difficile pour moi est de ne pas devenir acerbe et de garder comme une sorte d’humour qui ferait sourire les lèvres de ma bouche pour le moins. Déjà, écrire avec cette machine de clavier d’ordinateur n’est pas une sinécure, avec mes « s », mes « d » et mes « e » qui traînent sans fin sur le mot suivant car je n’arrive pas à synchroniser ma main droite à ma gauche, ce qui donne pour résultat que je dois corriger ces « fautes » de frappe soulignée de rouge qui me font perdre le fil de mon histoire et la correction des accords de complément d’objet.

Tout est bafoué pour montrer que le plus fort est le plus fort en tout, non seulement du fait de sa musculature, de sa bonté ou de sa méchanceté (le vainqueur se voit à la fin, seulement) et aussi de sa bite qu’il a très raide à tous les moments opportuns. Non seulement raide mais aussi longtemps : c’est un homme de retenue adéquate dont les femmes raffolent car elles peuvent enfin (pas comme cette valetaille de spectateur à l’éjaculation toujours précoce et à la débandaison hâtive) jouir d’une queue qui les frotte en dedans, après avoir joui de l’avoir frotté de dehors. Ha ! Que c’est bon ! Dans de telles conditions qu’importe d’être dominée puisqu’on en retire du plaisir ! Cela compense des situations identiques où on n’obtient bien moins que cela et où on n’a rien à dire pour un salaire dérisoire. On montre un héros qu’il est le plus fort à des plus faibles : la nature de l’un est une image alors que la nature de l’autre est un aboutissement ; et l’image cache le cheminement de cet aboutissement du fait qu’on se sent trop faible pour être aussi fort et d’ailleurs, on sait bien que cette force est encore une image et qu’il est peu utile de vouloir lui ressembler sans la perte d’une certaine rationalité. C’est le bruit qui importe. Le bruit de coups d’alcool bu au litre et de celui des bagarres quand ce n’est pas celui du cri des femmes éperdus ou meurtries. Car cela arrive, en réalité, des femmes meurtries, aussi il faut aussi montrer à d’autres femmes que d’être meurtries c’est terrible, en image, et qu’on en peut rien contre cela, en réalité. S’agit-il d’un hasard qu’aux femmes qui rigolent ou piaillent ou gloussent de la sorte sont suivies à mille pour cent de femmes qui pleurent de maltraitance ? Si je réponds « oui », on dira de moi que je suis de la secte des complotistes, ceux qui voient tout en noir de paranoïa. Et pourtant, il faut bien que cet agencement sorte d’une ou de deux têtes et qu’il ait été transformé en nature, non ? Et, en conséquence, je peux y percevoir une réflexion ou un thème développé pour faire entendre un mode de vie tout aussi naturel, réintroduisant sur un plat blanc comme par calque, ce qui est vécu par ailleurs : la joie est suivie de la tristesse du malheur d’avoir été joyeux, ou même avoir osé être joyeux. Quel monde de misère ! On y bande dur à l’épée comme de la queue, à l’ordre comme de l’obéissance, à la sottise comme de la brute, aux visions d’horreur comme de cette dite joie poursuivie par le malheur, obstinément. Cela me rappelle ces enfants qui se surexcitent, sans être adoucis par leurs tuteurs et qui, à bout de nerf, se mettent tout à coup à pleurer dans une détresse qui à son tour énerve ces tuteurs qui en épaississent la couche. Ici comme là la solution est aisée.

On montre aussi une grave erreur. On montre que c’est facile. Facile de quoi. Hé bien : de jouir, bien sûr ! Or il n’en est rien. Pour jouir, oui, mais atteindre la perte de soi dans et à travers l’autre, est une autre affaire. L’orgasme des images est sensiblement toujours le même. La manière de l’obtenir aussi. Violence, brutalité, coups, cuistrerie, indélicatesse, précipitation, anticipations haletantes ; et au final un cri qu’on pourrait dire de joie s’il ne restait étranglé en gorge et passait en force, comme le reste. Un copain remarquait : « on entend peu de cris de joie, le samedi matin, dans les HLM. » C’est un peu ça. On en entend davantage dans les films qui passent sur leurs télévisions ! Et qui leur montre comment on fait. On y fait mal. Les schémas mentaux se greffent sur une mentalité de perdus comme le lierre au chêne qui en étouffe. Ces schémas mentaux, ce déroulement des événements varie peu : seul le nombre fait fonction de distraction et la distraction du spectateur participe dynamiquement à cette sensation de variété. Il faut dire qu’il suffit d’un changement de décor, pour celui qui reste toujours dans le même, pour donner la certitude qu’il est différent. Et un décor, au cinéma, est aussi variable que le quotidien du papier toilette, lorsqu’on s’en sert. L’époque sert de base, assez souvent, de mode variétal : cela dépayse et laisse flotter l’imagination à des meilleurs dans des mondes qu’on ne maîtrise pas et dont les « lois » sont différentes, à ceci près que restent toujours le bon et le méchant dans des modalités fluctuantes et des costumes aux tissus modernes, possédant des armes plus redoutables qu’une simple matraque et des gaz lacrymogènes, parfois de « flash-ball » (non-létaux) et des canons à eaux : tout cela relativise le monde de paix et de quiétude dans lequel nous vivons en bonne harmonie salariale. La distraction a besoin d’exotisme ! et d’érotisme.

Pour l’érotisme, il suffit souvent d’une ou deux fesses ou seins généralement belles et beaux, de muscles qui vous fasse ressentir en puissance votre impuissance à y résister alors qu’il vous force à vous perdre, d’une situation équivoque, d’une maladresse décrivant l’obligation de sombrer dans le stupre sans en avoir l’air et involontairement (à moins d’être le méchant, et encore!), comme par obligation, comme la femme se couche sous l’homme, le dimanche matin, parce que c’est dimanche matin. Mais ne nous y trompons pas. La méthode n’est pas la bonne et l’exemple l’est encore moins, bon. L’érotisme est pourvu de plusieurs vertus qui sortent de l’ordinaire. L’attraction de l’esprit de l’extraordinaire, pour l’épate, est aussi forte que l’eau pour la soude : la soude ne peut s’empêcher de l’absorber. Il faut de la discipline, dans un premier temps pour s’en défier ; l’habitude de le percevoir rapidement (quoiqu’on se fait toujours avoir!) permet ensuite de s’en protéger plus aisément. L’épate est l’enfant en nous qui a gardé la propriété de l’émerveillement du monde (qui est vraiment merveilleux sans les déboires humains impotents) et le sens de la poésie, de l’espace entre les choses du monde et sa perception. C’est un reste de magie dont use commodément la marchandise, même sous la forme décevante d’une fiche de paye, où tout à coup une ouverture aussi large que votre espoir d’un meilleur, comme le vin de Baudelaire « fait surgir plus d’un portique fabuleux », devient immédiat et tangible, ne fut-ce qu’un instant. Cependant, ces vertus corroborent le sens de la réalité de l’érotisme dans ce qu’on en attend et qu’on en a appris ; ce qui permet de lui donner une certaine consistance. Et là encore, plus variées seront les propositions que l’on vous présentera et plus on aura l’occasion de tomber juste dans quelque part de faux pour lui donner un semblant de vrai. Pour donner une apparence de vrai, un semblant suffit : l’imagination comblera le reste. Qu’elle soit grossière ou fine, l’imagination est aiguisée par la meule du désir et le mouvement de la meule est activé par l’espoir d’une satisfaction majoritairement envisagée comme gratifiante. Le jeu du spectacle consiste à transposer la dynamique de l’espoir dans le pantalon de l’imagination pour le soustraire du mouvement du désir, sinon que de loin : on lubrifie les roulement pour soi, comme en interne. L’excitation vivifiée par une sorte de réalisation de l’espoir de l’imagination peut être telle qu’elle évoque l’accouplement et on est bien content d’une érectilité plus ou moins manifeste qui entre en augmentation de la distraction dont je parlais tout à l’heure. Faute de trouver un goût aux choses qu’on lui présente, cette imagination et son train, aménage à son détenteur comme une certitude qu’il ne perd pas son temps à des futilités ou des indélicatesses. J’en ai vu qui se sont émerveillés d’un jambon, d’une voiture, d’un produit récurant ou quoi-ou-qu’est-ce, simplement parce que ce chose lui imprimerait socialement, physiquement et affectivement, dans l’âme, une substance assez similaire à ce que pensait Karl Marx de la valeur dont il disait qu’un microscope ou une balance ne pouvait en mesurer l’existence quelque soit l’objet où elle serait susceptible d’y être comparée. L’esprit perdu se rattache au fétu de paille futile et funeste de l’espoir imaginaire. On dit que c’est « humain » alors que c’est enfantin. On sait, pourtant, de quoi retourne l’érotisme de l’enfant, on le sait, mais on y est si bien !

La magie se jouera de la charge du désir et le désir se verra aigri dans l’âme et amaigri d’être déchargé au profit de l’espoir qui ne sait plus quoi penser des possibles incertains, devenu, face à tant d’énergie, incertain de ses propres aptitudes. Généralement, on décrira alors une brute qui n’a pu se vendre faute de mieux qu’il n’a pas su découvrir ou que personne n’a réussi à révéler, en affreux. Et il devient invincible : c’est normal ! Que peut-il être d’autre, dans cette sphère de l’imagination ? Quelle humilité, pourtant, on le comprend bien, à un si mauvais usage de tant de vertus alors qu’il serait si difficile, bien plus difficile d’être bienveillant et que la gageure vaudrait vraiment le coup d’être poursuivie dans ses retranchements pour la sortir de ses gongs et transformer la porte de cette prison en table commensale ! Mais non, on est méchant, on est bête… allez comprendre. Le bon est faible jusqu’à la finale conclusion arrivant au bout d’un temps graalien graissé d’angoisse et brûlé des peurs pour une peau déjà craquelante et fumante comme celle d’un poulet sortant du four. Le romantisme de la mort resurgit à la vie.

L’érotisme de la cruauté réside dans le fait qu’on y échappe, soi. C’est vraiment enfantin : c’est un érotisme d’impuissant qui demande à n’importe quoi ou qui le pouvoir d’échapper au malheur, comme à des protecteurs auxquels on se soumet pour un tel engagement dans un tel moment de panique. Raviver une blessure par l’imaginaire qui a été alimenté par lui-même faute de rationalisation correcte, est monnaie courante de la banque du manque. Et colorier de sons improbables des images qui montrent des « adultes » (des « grands », quoi) blesser autrui comme on l’a été, soi, au cours d’une enfance malheureuse fonctionne comme ce que les curés nomment un exorcisme : le rappel du diable des foyers infernaux à la différence que la formule magique est cette séparation entre l’écran et le fauteuil du spectateur, formule qui se débite en silence, dans la confusion des bruits de l’âme éperdue. Ne me dites pas que l’érection ou l’afflux de sang vaginal est perceptible dans l’érotisme de la cruauté, sinon que comme peur qui se ressent dans le scutum sous le frisson d’avoir échappé à l’émasculation ou l’excision. Cet érotisme de la peur est très perspicace : il sait qu’il en réchappe, mais il aime cette sensation d’y réchapper de justesse qui réveille ses sens endoloris et engourdis, comme un frôlement de la mort dont il ignore tout, cela va de soi, et que l’on veut obstinément ignorer jusqu’au parfum vital. Ces images imprègnent ensuite la réalité dont il est aisé de démontrer la dangerosité et d’y apposer incidemment d’autres images sur les visages et les corps en mouvement que l’on croise comme le navire en perdition un gouffre de mer. Pour cela on vous aide, car il n’est pas toujours immédiat de faire porter à son voisin la crainte que l’on porte à la vie. Beaucoup d’images vous y aide.

J’ai été choqué d’avoir lu dans un livre que pour améliorer positivement le comportement erratique d’un enfant, son apprentissage se voyait périodiquement récompensé par des « points ». J’en ai conclu que ces points devaient contenir une charge affective importante de sorte que l’enfant leur apporte une consistance suffisante afin d’être enviés. Et de là, j’ai glissé sur la planche, tombant dans cet étrange constat selon lequel il suffit de faire admettre à l’enfant une importance à une futilité pour qu’il lui accorde en retour toute son énergie et se satisfasse, je le pense, de vous satisfaire à travers elle. En gros : il est content d’obtenir comme récompense ces « points » (un, deux, trois, plus, plus-plus…) parce que ces points le gratifie de votre gratification ; de sorte que j’incline à reconnaître que la récompense passe par un intermédiaire dont vous être à la fois le garant, le dépositaire et le dispensateur. Rendre « content » (je n’ai pas dit « heureux ») un enfant consiste donc, en la matière, à le récompenser de ce qu’il considère comme une récompense parce que tel vous le considérez… qu’importe la réalité pour laquelle il reçoit cette récompense et sa nature, ici des « points » (de mon temps, des images religieuses). En somme, il reconnaît à travers la récompense un pouvoir qui lui certifie qu’il a réussi. Amusant, non ? Car il a réussi et cette réussite devrait être sa récompense : il faut la doubler d’une autre récompense qui est futile ; car le but de cette récompense n’est pas cette seule réussite, mais celle future où il s’améliorera encore davantage, jusqu’à un stade où on sera satisfait de lui, comme ensemble. Il est berné, en somme, pour son bien, par un lien transitoire et éphémère dans une réalité qui le dépasse, sans qu’il le sache et dont il est le jouet. C’est un enfant ; un adulte ne comprendra pas la chose de cette manière, à moins qu’il soit resté enfant, par trop, quelque part.

Il y a deux sortes de naïveté : celle qui regarde le monde comme une source intarissable de sujet de curiosité et celle qui écarte systématiquement toute implication de la sexualité, quelqu’en soit la forme, de la vie quotidienne. Cette dernière est la naïveté des anges, l’autre, ma foi, fait ce qu’elle veut. Oui, vous avez raison : il ne faut pas mélanger de la sexualité à toutes les sauces des relations humaines, car il est évident qu’elles n’en n’ont pas toujours besoin, je suis d’accord avec vous. Mais de là à en écarter toute implication, il y a un pas qui éloigne de la perception qu’on en a, puisqu’elle écarte une partie remarquable de notre existence. Par ailleurs on va dire, avec raison, que d’insérer par la force la sexualité dans la vie relève de la perversité et du viol… qui ne sont pas, de ce point de vue, mon objet. Mon objet est de montrer que cette innocence est, elle, perverse, au contraire, en ce sens où de rejeter des relations humaines la sexualité, ou la sexuation ­ce fait notable d’être doté et dotée d’un des deux (et il n’y en a que deux) sexes – poursuit un but qui est de ne pas faire cas, dans ces relations humaines, de la sexualité. Les anges n’ont pas de sexes car ils sont de purs esprits, non entachés de sperme, comme disait Philip Jose Farmer de la Vierge immaculée. C’est assez grave, car ceux qui s’intéressent à la sexualité selon des formes qui sont loin de se pencher sur la satisfaction duelle, eux possèdent cette force qui émane de la sexuation dans les relations entre nous ; et notamment le pouvoir sur les autres. On évite de penser ce fait que le pouvoir émane de la sexualité déformée, non duelle, car on se sent, soi, impotent à pouvoir l’affirmer, s’affirmer en tant que potentiellement apte à jouir de la vie… au moins à deux. Ainsi on voit des femmes blessées par des hommes qui ne veulent pourtant pas coucher avec elles, mais simplement les dominer, avoir une main mise sur elles sans qu’elles aient un mot de réprobation à dire, et même à penser ! Ce genre d’hommes n’oserait pas s’approcher d’une personne ayant parfaitement conscience de son potentiel sexuel, par peur, eux, d’elles, car ces femmes, précisément, savent ce qu’elles veulent des hommes qui est loin de cette forme de pouvoir. Cette société humaine serait tout autre, cela ne fait pas de doute. Cette société d’ambiguïté qui refuse de se reconnaître ambiguë, alors qu’elle transparaît dans ce qui inonde nos vie sans l’avoir demandé : la publicité, s’en régale.

L’ambiguïté tétanise. Il y a deux approches à un événement relatif à la sexualité qui sont totalement contradictoires : le néant et la sexualité. Et l’âme balance entre ces deux extrêmes donnant à penser n’importe quoi, comme une approbation, que la personne qui pose cette ambiguïté reconnaîtra la stupeur qu’elle a provoquée. Mais la personne sortirait-elle de sa stupeur, immédiatement et non pas deux heures après le viol, qu’elle saurait comment agir pour que cela cesse. Le petit livre « Non c’est non » est éloquant sur ce point : il ne faut pas être soi ambiguë pour n’avoir pas à subir l’ambiguïté, je veux dire la sexualité imposée par la force, par l’omission ou par la manipulation. L’objet du pouvoir, bien sûr est de maintenir cette ambiguïté. Je reviendrai sans doute sur ses manières de procéder. J’en touche un mot sous la forme du langage et de cette manière du refus du langage engagé sur ce point. J’avais entendu à la radio une femme du Planning familial qui décrivait la systématique du mouvement des événements et des opérations du pervers vis-à-vis de sa compagne. J’ai subi moi-même, quoique non sexuellement, ce genre de chose de la part d’un pervers qui m’a véritablement pourri la vie du fait qu’il sait parfaitement bien isoler « sa » victime du reste du monde, quoi qu’on fasse. C’est qu’il sait aussi parfaitement soulever l’ambiguïté sur les autres interlocuteurs auxquels vous faites appel pour qu’ils vous aident dans votre détresse, sans que ces interlocuteurs pensent qu’il se passe quelque chose, ni ne vous alourdissent de fautes issues de leur propre imagination que vous n’avez pas commises. L’ambiguïté est un champ où « on » ne veut voir que du plat, alors qu’il est pourri de ronces, d’aubépine et d’orties parce qu’on sait, en soi, qu’on possède en soi ces orties et ces ronces dont on ne sait se dépêtrer, tant c’est touffu ; et ce roncier n’est que de la sexualité ambiguë : ces sortes d’idées improbables et inavouables, pourtant présentes chez tout être humain et spécifiquement à son sexe dont a toujours imaginé soustraire du plaisir que l’on sait parfaitement improbable. Ici, les désirs sont tant chargés d’espoir qui s’en obnubilent, telle la goutte d’huile s’étend sur la surface de l’eau jusqu’à la seule épaisseur d’une molécule qu’un rien suffit à déchirer.

Lorsque l’ambiguïté est levée, on a mal, car on s’est fait ou faite avoir et on retourne sur soi cette douleur et cette souffrance, d’abord par la colère et ensuite par le ressentiment qui dure, dure et dure encore, sans souci de solution. Et cette douleur, à son tour, paralyse toute possibilité d’ouverture au monde, car elle vous charge de son inertie comme le pendule du Foucault laisse indubitablement sa trace, à chaque passage, dans le sable : la durée de son balancement est à multiplier par la proportion à la longueur du jour de l’expérience pour donner une sensation de son imprégnation quotidienne. L’aide ne peut venir que de personnes qui sont persuadées que la perversion existe et doit trouver une solution, encore qu’il faille que votre cas présente un poids dans le grand brouhaha de la vie quotidienne. Et puis, dans cet état de perdu (nous sommes des milliers!), à qui donc s’adresser et comment énoncer par des mots cohérents dans une syntaxe compréhensible ce qui vous arrive devant quelqu’un qui aura la patience de trier dans ce que vous dire ce qui vous est bien arrivé ? Dans son livre sur le harcèlement moral, Marie-France Hirigoyen démontre que le pervers veut rendre sa victime semblable à lui, à ce qu’il ressent de la vie : le vide, son vide intérieur. Mais ce vide intérieur est l’état extrême de l’ambiguïté, arrivée à un tel point qu’elle est et qu’elle seule. Elle a écrit un dernier livre qui pose la question d’une sortie de ce phénomène de la perversité lorsque la société entière l’est, perverse, en tant qu’organisation totalitaire et laisse une réponse assez pessimiste, au fond.

Des gens se battent avec l’ambiguïté qui règne sur leur existence ; d’autres veulent l’imposer à autrui. Je ne parle pas d’« orientation sexuelle », je parle d’ambiguïté sexuelle : ce qui vous fait ressentir ce que vous n’êtes pas, que vous êtes coupable de n’avoir pas pu être ce que vous êtes relativement à la sexualité, la votre qui est restée sans son affirmation parce que vous avez été surpris ou surprise par cette sexualité-. C’est sûr que le Père-Noël va éviter de s’occuper de ce genre de chose.

L’ambiguïté s’apprend aux enfants dès le plus jeune âge, dès les premiers mots. Elle s’apprend tout simplement dans le refus de l’immédiateté de la sexualité comme intégrée et intégrante dans l’ensemble de la vie : « Touch’pas, c’est sale » parce que c’est bon. On apprend, dès le plus jeune âge, à être seul face à ce que l’on ressent qui est décrit autrement que le bon qu’on en ressent. Ne pouvant vivre de solitude, l’être humain préfère l’indécision auto-castratrice qui le fait rentrer dans le giron du troupeau rassurant par le maintien de la permanence de cette ambiguïté. C’est une méthode de vie qu’il appliquera aussi loin qu’il pourra, même après la puberté. Les plus pervers, ceux qui ont été vidé de leur vitalité par l’ambiguïté poussée à l’extrême, s’en trouveront renforcés puisqu’il s’agit d’un combat opérant sur leur terrain, selon leurs modalités et leur fonctionnement. Pour refuser de se trouver face à l’ambiguïté, la personne parlera d’autre chose, plus conviviale, entre collègues… mâles.

Le fondement du patriarcat est cette ambiguïté initiale qui consiste à affirmer que l’amour est lié à la reproduction : j’y reviendrai plus tard. Pour les hommes, les femmes sont interchangeables ; les hommes non, pour les femmes.

L’ambiguïté permet de manier l’absurde avec déréliction et l’absurde n’est que d’images, en scénarios qui se retrouvent parfois à exécution dans la réalité où le ridicule n’a encore tué personne, sans doute, mais cloîtré des foules, sûrement, se débattant comme des forcenées dans les entraves de leur impuissance. Car le jeu de l’ambiguïté est de poser des dilemmes (je sais écrire ce mot depuis que j’ai lu un titre le comportant vers l’âge de 13 ans, tellement il est bizarre, cet orthographe), des alternatives principalement affectives d’une morbidité maladive, où chacune des propositions est aussi stupide l’une que l’autre. C’est la vie courante. Le pire dans cette absurdité est qu’elle vous paralyse l’entendement, captivé par sa force de frappe que vous êtes et les choses les plus bananes, les plus évidentes et banales, disparaissent tout à coup sous ses coups de butoir, choses qui, pourtant, permettraient avec l’aisance d’une poignée de sciure jetée dans une toilette à compost, de démontrer et de démonter cet absurde. Mais que faire devant tant de moyens matériels et humains qu’elle se met à disposition, hum ? Je pense parfois simplement « énergie » , ou plutôt « source d’énergie »: où donc vont-ils chercher toute la réalité de l’énergie déployée dans une image ? Dans les images, l’énergie déployée est généralement gigantesque, gargantuesque et cela me rassure sur son ridicule. Déjà que nous n’avons pas les moyens de nous chauffer, par exemple, l’hiver, il y est vulgarisé des quantités d’énergie proprement démentielles en pure perte… sur des images, la comparaison étant établie pour donner une idée des grandeurs de cet absurde et la profondeur de son ambiguïté. On nous montre avec grandiloquence des gens au faciès sérieux et grave, responsables et importants, qui prennent des décisions avec assurance, etc. Dans la réalité du monde, il s’agit généralement d’erreurs, de fourberie, d’impuissants comme des tenanciers d’une fonction publique qui pourrait faire penser que la police est pour vous protéger, protège aussi la liberté, d’une et de deux, sont aussi des êtres puissants, hors de notre contexte social, et que lorsqu’ils entrent chez eux, ils ne regardent pas la télévision, ne mangent pas du pain blanc ni de cassoulet en boite, et n’aiment pas leur femme avec l’ardeur qu’il se doit.

La gageure de l’énergie inépuisable ne cache pas celle de la source de cette énergie. C’est un désir si intéressant que de penser que l’énergie est inépuisable, que la vieillesse est une vue de l’esprit que le corps vit malgré lui, et qu’on peut regarder des films porno à souhait sans épuiser le stock de papier mouchoir que l’on a posé à côté de l’écran de l’ordinateur. La plus dangereuse de cette ambiguïté est l’industrie nucléaire. Il y en a qui sont aussi très dangereuse : celle du pétrole qui englobe quasiment toutes les autres qui lui sont indissociablement dérivées. L’état d’esprit du nucléaire qui a fortement été soutenu par les militaires, affirme être la source d’énergie inépuisable qui ne servira jamais qu’à être transformée par les petites mains au travail salarié, en autre chose, quelle qu’elle soit. Mais en plus, cet état d’esprit sait que les résidus de ces transformations initiales et secondaires (la production de l’énergie qui comprend l’extraction jusqu’à l’utilisation du minerai traité et ses résidus ; la dépense d’énergie dans le travail des petites mains et des résidus ; à laquelle s’ajoute la consommation de ses résultats et ses résidus) sont intraitables, comme ils le sont, comme ils se perçoivent et dénient d’admettre. L’ambiguïté de l’idée d’une énergie inépuisable sans considération de ses conséquences est un des piliers de cette société qui aimerait perdurer aussi longtemps que ses déchets radio-actifs qu’elle se laisserait à elle-même alors qu’elle ne sait quoi en faire. C’est la confusion, n’est-il pas, de l’atomique. S’il y a une chose que j’ai remarqué dans cette vie sexué, c’est que la puissance d’un orgasme est relative à la capacité du sujet à pouvoir soutenir une tension d’angoisse sans paniquer, je veux dire : jusqu’à un point où cette angoisse le dépasse, le sujet est apte à la soutenir… et la position de ce point a son importance relativement à cette tension que l’on sera capable de vivre pour augmenter la puissance de l’orgasme, sereinement. Les orgasmes de ce monde sont donc assez faibles, nous devons l’admettre aux vues des différentes faiblesses de tensions qui y sont vécues comme possible, qu’il est possible en ce monde de soutenir sans s’affoler. C’est un mode de gouvernement que de terrorisme, on le sait pourtant depuis l’assassinat d’Aldo Moro et les Tours jumelles de septembre 2001. Ce qui me désole, c’est que l’apprentissage à l’angoisse-liée-à-la-vie lié à la vie qui commence dès l’enfance, est soit bafoué, soit oublié, soit perdu ; et principalement sa méthode : le jeu. Nous, les animaux qui, avec les perroquets et les simiesques, sommes dotés de cette extraordinaire aptitude au jeu bien après la puberté, devenons sérieux dès qu’il s’agit de vivre en société, sinon qu’à travers des « spectacles » où des gagnants auxquels on s’identifie comme la mouche au papier du même nom à cette différence qu’elle n’est pas d’accord, mais fait le même bruit en battant des ailes, sont adulés pour nous avoir fait vivre l’angoisse de perdre, de se perdre à un jeu qui nous est étranger, auquel nous participons en tant que spectateurs. Ce qui vaut pour la dépense, vaut aussi pour l’énergie dépensée dans les coups auxquels on réchappe.

J’aime le sein, les seins parce qu’il m’évoque sans équivoque le vagin. Sauf une fois, où je me suis fait avoir, alors que j’étais déjà bien soûl dans les rues de Toulouse non loin de St-Sernin. Je rentre dans un bar et je vois une nana dont le corsage laissait à l’air un de ses seins, le gauche, j’en suis certain. Ouaou… Vous savez le genre de sein de jeune fille qui sort juste de la puberté : ni trop ceci ni trop cela, tout ce qu’il faut pour rendre tendancieusement fou. Je rentre donc et vais directement à la fille et lui suce ce sein délicieusement. Le dodu correspondait bien à ce qu’il paraissait. Ni une ni deux : ça a plu ! On discute un peu, le temps que je boive une bière, et on décide de changer de bar. On en fait deux ou trois. J’étais assez content de me balader avec un tel canon d’érotisme, puisque son sein était toujours aussi nu où que nous allions. Nous avons bavardé de ceci et de cela et elle m’a trouvé bien sympa. Il faut dire que dans ce genre de situation, je m’adapte pour obtenir d’en avoir un peu plus, si possible. J’aime la chair, surtout quand quand sa présence et son potentiel m’en donne comme un avant-goût et que j’en salive du cœur et de la queue. Et puis la fille m’invite chez elle, non loin de là. Passés la porte de chez elle, elle me parle de choses un peu brutes, alors que vous vous êtes rendu compte que je suis un peu plus romantique, si je puis dire. Alors, pour m’exciter elle se déshabille et quelle ne fut pas ma surprise de lui voir quelque bite entre les jambes… Je me trouvais fort embêté, car ce genre ne peut ni satisfaire ni m’en satisfaire, avec tout l’érotisme et l’alcool du monde, puisque je ne peux m’y identifier. Je peux, sans ambiguïté m’identifier « à tout ce qui porte jupon », mais pantalon… cela m’est délicat. J’avais été avec un homme une fois, au début de mes aventures, vers 20 ans, pour voir. J’avais été déçu : il s’agissait d’une masturbation mutuelle, mais sans – et c’est là le nœud du problème – identification à l’autre de sorte à sortir du soi pour augmenter la perception de soi, restant une sorte d’échange de service ; et j’en étais resté là en pensant que je ne pouvais effectivement pas me plaire à travers un homme. Alors, elle s’énerve et sort un revolver et commence à me menacer en le pointant sur moi. Il faut bien comprendre : je suis une « passe » et donc une perte de temps si je ne donne pas d’argent. Le pire est que je n’ai pas non plus peur des armes ; peut-être de celui qui la pointe sur moi, et encore, puisque cela tient de mon attitude. J’ai assez confiance en moi pour ne pas paniquer et calmer ce jeu – aidé par les vapeurs de boissons qui augmentent mon indifférence à ce genre de menace – en le rendant pour ce qu’il est : un jeu… d’amour foiré. Elle se désarme, finalement, à mon baratin soyeux. Et puis nous sommes ressortis dans la rue et elle m’a perdu dans un échange de porte. Depuis, je ne sais pas si je me suis fait une autre ambiguïté sexuelle : non. J’avais rencontré une fille qui voulait devenir homme et je n’ai jamais pu, lorsque je l’ai croisée plus tard dans le métro, avec sa moustache et ses biscotos, ne pas mettre un « e » à tous mes compléments d’objet lorsque je me suis adressé à elle. Je ne pense pas qu’elle m’en a voulu, car je suis aussi respectueux de son désir et les « e » de fin de mots s’entendent peu en français.

Il y a un assaut de l’ambiguïté, sexuelle qui plus est, en ce moment, à travers l’envahissement de l’idée du robot, souvent modelé sous la forme d’une femme largement désirable selon les critères de ce même moment. J’ai entrevu une affiche de film sur le sujet : de l’argent a été dépensé (sachant que les recettes d’un film sont aussi un pari, ce n’est pas seulement pour en gagner) de sorte que cette idée prenne consistance dans des images que l’on va regarder dans une salle obscure. C’est un constat de l’état de la confusion de la perception de la nature de l’émotion, si ce n’est que cette idée qu’un robot puis remplacer le vivant au point qu’une confusion soit possible, ne serait-ce qu’au niveau de la satisfaction sexuelle, circule sous diverses formes, comme pour se les rendre indispensable : puisqu’il y a satisfaction sexuelle potentiel, cela est réellement devenu indispensable dans une société où, comme le pain ou la bière, l’air frais et la pluie douce, « la tempête et ses convulsions », on ne sait plus à quoi cela correspond. On veut écarter de tous les esprits que l’émotion est ce qui distingue le vivant organique du vivant minéral : oncques n’a jamais vu, entendu – sinon qu’en roman – que le minéral puit éprouver une émotion ; tandis que la caractéristique du vivant organique est cette épreuve : l’émotion. Des savants, des scientifiques, des sociologues, des politiques et des économistes pensent donc que l’orgasme minéral est souhaitable et s’emploient à le réaliser, comme souvent on court après le plaisir alors qu’on l’a dépassé depuis longtemps et qu’il faut savoir attendre pour le ressentir à nouveau. L’agencement du minéral par l’humain devient si atomique et, en conséquence, si multiple dans les applications qu’on demande à cet ouvrage, qu’on en arrive à admettre que la pensée humaine est en passe d’être dépassée en force et en vigueur, sinon en poésie. Alors qu’il ne s’agit que de moteurs électro-magnétiques (demandant à nouveau la solution de la source puisable d’énergie) à marche séquentielle tributaire de logiciels adaptés à des calculateurs, on va insinuer que le bonheur amoureux va être tributaire de ces machines. Une pompe à nœud et un écouvillon vibrant sont assez pour des âmes mortes. Mais c’est oublier que la source de cette ambiguïté se situe précisément dans cette incapacité à la relation à l’autre passant par l’interface de la sexualité. Ici, aucun logiciel ordonnançant le calcul d’un substrat de silicium pourri au germanium ne pourra remplacer le mot et la caresse… qui sont ce qui manque en ce monde, remplacer par ces bêtises qui nous font perdre notre temps.