Désirabilité de la valeur

Je ne peux démontrer qu’il y a une « valeur de production » et une « valeur de distribution » que par tautologie ; je veux dire que par soi-même.

On sait que la « valeur de production » est relative à la production d’un objet :

  • la matière (elle-même relative à la valeur),
  • l’outil ou la machine, l’atelier,
  • le temps que passe une personne à transformer cette matière à l’aide cette machine compensée par un salaire et
  • un bénèf’ qui ne comprend essentiellement le retour sur investissement de la machine et de l’atelier, etc., mais le sur-plus que le patron se met dans la poche pour le plaisir de se dire qu’il est le chef.

 Quant à la « valeur de distribution » d’un objet, ici devenu « produit », elle est relative

  • au transport du produit,
  • au stockage,
  • à la culbute des cycles transport-stockage,
  • la pub (premier budget mondial, précédent celui de l’industrie d’armement et de la pharmacie), la mise en vente et
  • la DÉSIRABILITÉ de ce produit que l’on retourne alors en objet qui correspond à son ACHAT.

Nous ne sommes plus vraiment, ici, dans ce monde de « valeur d’usage » et « valeur d’échange » en ce sens où on ne produit plus des objets « utiles », mais des objets désirables ; et les pauvres pauvres qui en sont restés à cette « valeur d’usage » n’ont que les yeux pour pleurer un tel état, car ne mangant pas même à leur faim, je constate que le principe de la production qui leur est applicable dans son implacable dureté, en est réduit à ne servir à rien.

 Je suis d’accord avec les Critiques de la valeur pour ce qui est de constater que la socialité des personnes, dans notre monde, ne passe que par le travail salarié (les gens ne sont rien s’ils n’ont pas de travail, non pas seulement parce qu’ils sont pauvres et parce qu’ils sont maintenu dans un tel état qu’ils n’ont que des clous à manger, mais aussi parce qu’ils ne servent à rien socialement, et donc ne sont socialement rien), mais surtout parce qu’ils N’ont PAS accès à la satisfaction de la désirabilité.

 Ceci dit, je cherchais depuis très longtemps un lien entre la valeur et le caractère au sens de Wilhelm Reich et il se situe ici : la désirabilité d’un objet. C’est la cuirasse caractérielle qui permet la soumission au salariat, pas la soif ou la faim, sinon que comme moyen d’éducation, d’élaboration de ce caractère. Et c’est le caractère, au sens reichien du terme, qui est chatouillé par la publicité, la veulerie de la feuille de paye, l’acceptation de l’iniquité des rapports sociaux tournant autour de la valeur.

 La pratique de la cuirasse caractérielle est de désirer sans trouver à satisfaire, principalement par l’instillation dans la structure musculaire que tout ce qui vivant, qui bouge, est dangereux. Or l’objet désirable propose toujours de résoudre ce problème de la satisfaction par l’immobilité émotionnelle de la personne qui achète un produit — qui redevient alors un objet « personnel ». L’excitation initialisé par la mode, la publicité — excitation qui est un mouvement émotionnel — se trouve satisfaite par l’acquisition d’un produit qui contient la solution de cette excitation. Mais imagine-t-on que cette excitation soit satisfaite par un objet (même un sextoy), simplement parce qu’il devient votre « propriété » ? Et quelle « propriété » contient cet objet pour qu’il détienne un tel pouvoir, alors qu’il ne s’agira toujours que d’un simple complexe minéral ? (Je peux comprendre, dès lors, qu’on entrevoie l’avenir de l’humanité dans le seul minéral, le « robot », même pour ce qui est de satisfaire l’amour ! hahaha !!!). Tout produit sera donc considéré à la vente en relation immédiate avec son caractère de désir, qu’il soit ou non artificiellement augmenté. On va me dire, maintenant, que c’est évident. Oui, c’est évident, mais cela tient sur une structure qui n’a rien de naturelle, sinon que comme système de protection contre un moindre pire social socialement acquis, structure émotionnelle intégrée à la musculature de la personne.

 La cuirasse caractérielle expliqué par Wilhelm Reich est donc le joint entre la valeur de production et la valeur de distribution d’un objet. C’est sa désirabilité qui concrétisera la valeur de l’objet en argent, en quantité d’argent que l’on est prêt à « mettre », « investir », dépenser pour l’acquisition de l’objet, qui lui donne sa valeur « sociale » ET affective ; affectivité qui trouve sa solution immobile dans cette acquisition. Ce sera dès lors que se socialiseront des individus autonomisés par les objets.

Cette « désirabilité » est cuisiné par différents facteurs qui ne reposent, en fin de compte, que sur la satisfaction de la cuirasse musculaire, c’est-à-dire, la peur de la vie, de la vitalité et la vivacité de la vie !

 

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