La valeur en 4 temps

Il me semble que pour sortir du « capitalisme » (c’est à dire l’accumulation sous la forme d’argent – vecteur de la valeur – du travail mort, autrement dit déjà exécuté) il faut bien  prendre conscience de ses vertus, de ses défauts (énoncés ici dans cet article pour ce qui est de la partie, disons, « matérielle ») et de son impasse, celle que l’on voit sans fin se repousser, comme si NOUS repoussions le mur contre lequel nous ne voulons pas qu’il butte et y trouve sa fin.

À priori, lorsqu’on regarde un objet, on n’y voit une chose et plusieurs autres choses, suivant ce qu’on y voit. Je veux dire qu’on y voit beaucoup ou peu de choses et rarement  l’objet lui-même en tant que chose : un bout de ferraille, de bois et le reste. Bien évidemment, c’est parce que la chose est devenue « humaine », c’est-à-dire qu’elle a été humanisée. Un cas extrême d’humanisation est la transformation de n’importe quoi en objet d’« art » par la magie d’un artiste. Je ne dénigre pas ce qui est beau, ni l’artiste, je poursuis un cheminement de mes pensées. Ainsi, un objet n’est pas seulement un agencement moléculaire, une matière ou une forme plus ou moins naturelle modifiée ou non, à l’état brut ou raffiné, etc, un objet est chargé une chose chargée de pensées. C’est ce qui m’intéresse.

J’extrait de cet objet l’ensemble des pensées qu’il « contient » — entre «  » puisqu’il ne contient rien d’autre que ce qu’il est, nous le savons bien : une pensée n’a pas de poids, de consistance matérielle, etc. sinon que réalisée en matière. Je fais un paquet de cet ensemble de pensées que je nomme « valeur ». Ce n’est pas moi qui ait inventé le concept, mais je vais l’utiliser peut-être différemment.

Du point de vue de la valeur, on sait que la valeur d’un objet se scinde en deux parties : la valeur « d’usage » et la valeur « d’échange ». Chacune de ces deux valeurs se scinde à son tour en deux autres produits de la pensée : 
la valeur d’usage se scinde en valeur d’usage du point de vue de la quantité et la valeur d’usage du point de vue de la qualité.
la valeur d’échange se change en valeur d’échange du point de vue de la quantité et la valeur d’échange du point de vue de la qualité.

Une phrase va permettre de synthétisé cette affaire : Je vois 4 sextoys en bois à 5 euros chaque. On sait qu’ils ont été fabriqués par quelqu’un en telle matière : c’est la valeur d’usage quantitative ; on sait à quoi servent les sextoys : c’est une valeur d’usage qualitative ; on nous dit que chacun d’eux vaut 5 euros : c’est la valeur d’échange quantitative, le prix ; et ces 5 euros dénoncent un rapport entre celui qui a fait chacun des sextoys et la personne qui va les acquérir : ce rapport social est la valeur d’échange qualitative. Ça en fait des choses sur une seule chose, encore que je ne parle pas de la personne qui a inventé l’objet et pourrait en revendiquer un « brevet » pour consacrer à l’unique échange quantitatif cet objet dans des rapports sociaux exclusifs ; et que ce soit là que l’apparence.

Un objet se trouve être une « chose » investie de quatre éléments qui vont s’additionnés les uns les autres : à partir de la qualité d’usage qu’on lui donne, vient s’y ajouter une quantité ; puis, éventuellement, une valeur d’échange, se manifestant quantitativement par un prix à payer et qualitativement par un rapport de personnes qui procèdent à cet échange. On remarque que ce rapport de personnes est médiatisé (passif) par un objet (actif) ; que les personnes ont deux objectifs : l’une est d’acquérir l’objet et l’autre, le moyen d’échange. Deux « objectifs » signifient que les sujets d’un objet et éventuellement un objectif identique : la satisfaction.

Le « capitalisme » se défini et n’existe que par ces quatre facteurs qui transforment absolument tout en « marchandises ». La marchandise n’existe que par la valeur et la capital que par la marchandise.

En sus, il y a donc une valeur de production et une valeur de distribution. La valeur de distribution peut prend l’argent pour seule réalisation, dans l’intérêt ou les transactions monétaires.

Seul l’humain et le temps qu’il passe à la transformation des choses en objets, donne la valeur à ces choses. Non pas seulement du point de vue psychologique, en ce sens où il doit passer du temps, en l’injectant dans la transformation des choses, celui nécessaire à cette transformation, mais aussi dans le fait que c’est à travers cette transformation que cette valeur est établie comme moyen général d’échange. Je veux dire que sans le « travail » — cette injection de temps passé à la transformation des choses — humain, il n’y a pas de valeur d’échange, établie sur l’ensemble du temps humain passé à cette transformation, que nous appelons le « travail ».

Au surplus,  la valeur d’échange qualitative dénonce des rapports sociaux bien précis : 
– qu’une chose ou une matière a été transformée en objet par du temps humain (il y a un demandeur d’ordre et un qui se consacre à cet ordre quelque soit la demande – ceci est rès important : l’interchangeabilité de l’exécuteur est lea « dépersonalisation » du capitalisme) ;
– que l’objet a acquis selon certaines conditions, un prix en vue d’un échange ;
– que ce prix a été établi selon des critères en relation immédiate avec d’autres rapports sociaux : des rapports de production et de distribution extérieurs ; rapport de production où une partie détient, par exemple, l’usine ou la propriété d’un appartement ou encore les moyens de distribution et l’autre passe du temps à réaliser soit l’objet soit l’échange sous la forme de la transaction d’une quantité de monnaie d’une main à une autre, d’un compte en banque à un autre, correspondant à ce prix ;
– cette réalisation se manifeste par la valeur ajoutée au produit ;
– que l’ensemble des relations sociales sont tributaires de ces rapports de production dans lesquels des gens sont dans l’obligation 
– une organisation sociale que d’aucuns nomment « capitalisme ».

Cet ensemble de rapports sociaux déterminés par la valeur est le capitalisme ; et on pêut dire que l’ensemble de nos rapports sociaux sont conditionnés par cette valeur : le temps passé à produire une marchandise. Il ne s’agit donc pas d’accommoder le capitalisme à une sauce verte ou orange ou rose, mais de bien comprendre comment nous pouvons cesser de faire exister ces rapports sociaux affectivement, socialement, et physiquement délétères qui, eux, déteignent sur la planète.

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