La valeur est la solution inappropriée d’un conflit

La valeur est la solution inappropriée d’un conflit

  • Elle maintient ce conflit en place
  • Les forces en présence sont identiques à l’entrée et à la sortie du conflit
  • Le conflit n’est PAS résolu.

Quel est ce conflit ? Comment est-il né ? D’où provient-il ? Que se propose la valeur de résoudre dans ce conflit et que ne résout-elle pas ?

La valeur est le Tiers qui permet aux forces en présence de demeurer sur le statu quo.

Le fondement de l’humain est le Tiers, mais ici ce Tiers n’est pas choisi par les deux partis en conflit, il est imposé à l’un par l’autre. Si le fondement humain se retrouve dans le Tiers, il se manifeste dans l’objet ; ici, dans la valeur, le Tiers est une abstraction. C’est cette abstraction qui formule la valeur comme inopportune solution, car le Tiers doit être toujours et demeurer sans fin un objet. Pourquoi ? Car il est essentiel que la propension de l’humain à résoudre ses problèmes par l’abstraction, je veux dire le rêve, trouve sa matérialité dans l’objet et non dans le rêve. Et la valeur est cette manière de solution sans résolution : la part de rêve de la valeur surpasse et écrase le possible de bonheur, ici et maintenant, non pas seulement pour lui-même, mais aussi sur l’emprise que ce rêve a pris sur l’ensemble de la planète que ce rêve pourrit jusqu’à la moelle de l’os de la vie. L’emprise du rêve sur la vie est tel, aujourd’hui, du fait de la valeur — ce rêve de solution à un conflit issu d’une scission de l’humanité en deux entités opposées (les classes de K. Marx) dont il faut trouvé l’origine pour le résoudre réellement — que cette vie devient délétère à cet humain-même… alors que dire du reste de la vie qu’il partage sur cette planète ?

Les formes du conflit ont été excellemment clarifié par K. Marx, dans son Capital, parfaitement comprises par Guy Debord dans sa description de la Société du Spectacle, Wilhelm Reich et son Irruption de la morale sexuelle, sa Psychologie de masse du fascisme, son analyse du Caractère masochiste et sa Fonction de l’orgasme, l’équipe dynamique du groupe français de Krisis, et autres théoriciens auxquels je ne peux que renvoyer et remercier pour leurs immenses talents, et devant lesquels le mien fait la figure qu’il se donne.

La valeur comme Tiers dans le conflit entre classes, à la fois moyen, but et statu quo.

Le Temps comme point d’appui et l’argent comme bras de levier, pour soulever le poids de la vie du massacre des plaisirs, des disputes libres : la tare du néolithique.

La valeur est cette forme de Tiers qui est binaire : à la fois concrète et abstraite. Autant une idée dynamise un échange — idée qui tourne autour du plaisir de la réciprocité souvent directe et différée — autant dans la valeur, cette idée court après elle-même en tant que but et fondement, mais aussi comme moyen et brise toute possibilité de plaisir direct, immédiatement vécu alors qu’on se trouve dans l’obligation de la réaliser, puisqu’on la réalise pour un Tiers. Ici, le Tiers n’est pas seulement l’objet, mais aussi l’entité qui le détient sans partage, sinon que de condition qui est un retour à elle-même : la valeur à nouveau et même en pire.

Le Tiers n’est pas sensé être le facteur solvant d’un problème, il est généralement une richesse apportée au couple, à deux entités non-fondamentalement opposées, mais essentiellement complémentaires. Il peut être le facteur solvant d’un conflit puisqu’il se pose en extérieur à ce conflit — dans la mesure où cette précaution est prise, bien sûr. Dans le cas de la valeur, ce Tiers est le pivot du conflit : il le maintient, le justifie sans en formuler la résolution. Par son appropriation des espaces physique et psychique, au contraire, il obnubile les possibles de solutions, sinon que par sa propre mécanique, suivant ses propres schémas et les seuls moyens dont il dispose. La valeur, en tant que solution inappropriée d’un conflit, est hégémonique — d’autres dirons : impérialiste et le socialisme n’a jamais résolu le problème de la valeur !

L’humain est le fondement du Tiers : il n’existe nulle part ailleurs dans le monde animal sur cette planète — et je doute qu’il existe ailleurs, d’ailleurs. C’est ce qui le sort de la circularité du flux de sa perception du temps qui lui est si singulière. Le Tiers est sa source du renouvellement du flux irrégulier du temps et pourtant si identique à lui-même (de sorte qu’il en fasse son dieu caché dont il cherche la régularité à des fractions si petites qu’il n’en est cependant pas encore insatisfait !). La béquille douce sur laquelle il appuie sa pensée, extérieure à lui-même, focalisant sur un ailleurs à lui-même le passage de cette étendue qu’il matérialise par de multiples tintinabulesques événements mécaniques (fussent des tempi) sur lesquels il régularise le cours de son existence qui fuit à la mesure des espaces identiques qui séparent les pétillements de cette musique monotone, lui est indispensable du fait de sa vacuité ; et cette vacuité demande à être emplie de ces instants toujours identiques auxquels il accorde tant de valeur. C’est dans cette mesure qu’on entend qu’il résout un conflit dans cette perception de lui-même correspondante à ce monde du temps.

Mais là seulement n’est pas la chose entière. Car cette vacuité n’a de raison d’être que comme solution, elle aussi, à plus profond et dont il a peur d’autant plus qu’elle est profonde.

(à suivre)

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